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UNE DEFENSE POUR LA FRANCE :
CONTRE QUELLES MENACES ?

LA MENACE IDENTITAIRE


par Bernard WEIGEL


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(10 pages)


PLAN

"Si chacun de nous
prend conscience de son rôle, il se découvre plus qu'un serviteur,
il est une sentinelle
et chaque sentinelle
est responsable de tout l'empire" (Saint-Exupéry)

     INTRODUCTION
      " On n'a pas seulement livré mon corps, on a installé quelqu'un dans mon âme. Maintenant, c'en est fini des chimères, voici l'ordre indubitable et froid. On s'est assis sur mon coeur et j'entends quelqu'un qui parle à ma place. (Paul Claudel)
Reprenons conscience de notre identité et préparons-nous à la défendre.


      I - ESQUISSE DE L'IDENTITE FRANCAISE - Le terrain.
a ) Histoire Grecs et Latins. Empire romain. Christianisme. Royauté. Révolution 1789
b ) Géographie "Frontières naturelles", frontières de rencontres.
c) Langue française Racines grecques et latines. Nuances et précision. Langue universelle .
d ) Culture Ses fondements. La Cathédrale, le Palais, le théâtre, la musique, l'artisan, le travail et la souffrance.
e ) Humanisme Honnête homme du XVII° siècle. Chevalerie. Amour courtois.
f ) Institutions Droit naturel. Droit romain. Séparation des pouvoirs.
g ) Patrie "Objet d'une des multiples formes de l'amour"..

     II - FORCES ANTAGONISTES - L'ennemi. .
a) Histoire :Doctrine de Gramsci. Oubli, mépris, "repentance" et falsification de l'Histoire .
b) Géographie (humaine): Atteintes à l'intégrité du Territoire spirituel et à la cohésion de notre Peuple.
c) Langue française: Illettrisme, appauvrissement et déformation de la langue française, seul vecteur d'une pensée commune. Langues étrangères et dialectales
d) Culture: Saccages, barbarie, profanations des monuments de la culture.
Caractère provocateur et blasphématoire de certaines oeuvres.
e) Humanisme: Emergence du consumérisme et du matérialisme.
Montée du communautarisme.
f ) Institutions: Atteintes à nos Institutions et au droit. Mépris de tout ordre et de tout règlement ou loi. Menace de l'islamisme et de la charia
g ) Patrie: Perte des vertus, du sens du devoir et de l'amour de la Patrie.
Egoïsme et indifférence.

     CONCLUSION
Parades possibles à ces menaces.
Elargissement de la construction commune à l'Europe et ouverte sur le monde
.


LA MENACE IDENTITAIRE
par Bernard WEIGEL


INTRODUCTION
       En 1942, en pleine situation mondiale dramatique d'une Patrie meurtrie, Paul Claudel faisait ainsi parler la France : "On n'a pas seulement livré mon corps, on a installé quelqu'un dans mon âme.....On s'est assis sur mon coeur et j'entends quelqu'un qui parle à ma place";
      Mais, dans un cri d'espérance, en dépit de cette identité perdue, il disait encore :
      "Et moi, dans la profondeur de la nuit, je faisais un pacte avec mes racines !
      Mes racines qui ne sont pas.... dans la boue, dans le sang et dans la matière.
      Mais dans la volonté de Quelqu'un, épousé par ma volonté tout entière".

      Dans un premier temps, nous essaierons de décrire les valeurs qui ont été déterminantes pour l'identité de la France.
      Dans un deuxième temps, nous nous attacherons à cerner les forces qui s'y opposent.
      Et nous conclurons sur l'ouverture nécessaire de nos efforts à l'Europe et au monde.

I - UNE ESQUISSE DE L'IDENTITE FRANCAISE
      Ce n'est qu'au plus profond de l'humus nourrissant nos racines millénaires et la chair de notre Peuple que nous pourrons tenter une approche de son identité.

a ) Histoire
      L'Histoire nous en fournit les repères. Notre âme commune en est le fruit, car, l'écrit Jean-Claude Barreau : " Les peuples ont besoin de mythes fondamentaux, du passé épique dont ils peuvent être fiers. Les mythes ne sont pas des mensonges, mais ce sont des exagérations lyriques".
      Notre Histoire inscrite commence avec les Celtes, prend forme cohérente sous l'égide de Rome et se poursuit avec la christianisation de l'Empire. Les tribus des invasions diverses, enrôlées par Rome, bénéficieront ainsi, à la fois de la pax romana et de l'épanouissement de la Chrétienté. Après l'Empire, se fonde la Royauté, dont les Maisons successives prendront le pouvoir, exercé par un Roi, père de ses sujets et gouvernant sous la garantie d'un sacre, jusqu'au XVIII° Siècle. La Révolution déniera la dimension spirituelle de ce pouvoir, en sacrant le Peuple, désormais souverain de son destin, mais n'empêchera pas le christianisme d'inspirer encore sa démocratie, jusqu'à la fin du XX°Siècle.
      Toutefois, amorcée une première fois, en 1598 par l'Edit de Nantes, la laïcité du Royaume fut adoptée par toutes les Constitutions de la République, faisant de la religion une liberté, déjouant ainsi toute tentative de rassembler dans une même main le pouvoir politique et l'autorité religieuse, en opposition à certains intégrismes modernes.
      Mais, nés dans une lente et sanglante gestation, dont les fondements sont pourtant également chrétiens, les mots de la devise de notre Pays, Liberté, Egalité, Fraternité, en succédant à la gesta Dei per Francos, prennent alors, sous leur forme laïque, une valeur de rayonnement universel.
       Notre Histoire est aussi celle du monde.

b ) Géographie
       Merveilleusement serti sur la Terre, à l'abri de ses mers et de ses montagnes, notre Pays est bien délimité par ce que l'on a appelé, au XIX° siècle, des frontières naturelles. La France a été protégée par elles et s'est aussi battue pour les faire respecter, au prix du sang de ses enfants, ensevelis dans sa terre et auxquels nous devons la vie et la liberté.
       Mais, il ne faudrait pas non plus oublier, dans un trop grand radicalisme territorial, que ces frontières, bien avant les affrontements du XIX° et XX° Siècles, étaient enjambées par des cultures et des langues partagées ( Savoie, Catalogne, Pays basque, Flandres, Bretagne, Lorraine Thioise, Alsace), comme si l'obstacle géographique séparateur, n'avait pas été en lui-même, un incitateur permanent à la rencontre des hommes des deux versants et des autres rives.
       Situées aux Marches de notre Territoire, ces Provinces frontières, enrichirent notre Peuple, d'ouverture et de particularisme.
       Notre identité s'est aussi nourrie de sa diversité.
              "Je vous salue ma France où les vents se calmèrent
              Ma France de toujours où la géographie
              Ouvre comme une paume aux souffles de la mer
              Pour que l'oiseau du large y vienne et se confie".


c) Langue française
       Qui donc mieux qu'un poète, Aragon cette fois, aurait pu nous amener à parler de notre langue.
       "L'Histoire de France commence avec la langue française" écrit Michelet, suivi un siècle et demi plus tard, par André Malraux : "Ma patrie, c'est la langue française".
       La Patrie est le Pays du Père, la langue maternelle, celle de nos premiers balbutiements et du premier amour que notre coeur a ressenti. La France est ma Patrie, le français est ma Matrie.
       Notre langue française, gréco-latine, a une clarté, une précision, une logique, une beauté, un sens de la mesure et de la nuance, qui constituent la structure même de notre identité et nous permettent de la transmettre par l'expression de notre pensée et de notre voix. Langue diplomatique par excellence, elle est parlée dans le monde entier
       Ainsi que le chante le Poète canadien Claude Beausoleil
             " J'écris que ma langue est d'Europe et d'Amérique...
             ... la langue est un pays aux frontières fictives.
             J'habite une langue aux accents universels."


d ) Culture
       Culture...mot maintenant galvaudé, prostitué sur les quais des canaux des médias, il ne recouvrirait, à entendre certains, que des moeurs, des modes, des habitudes, des coutumes ou des comportements.
       La culture de la France, c'est Homère et l'épopée, Socrate et ses disciples, Platon et Aristote, transmis et complétés par les Pères de l'Eglise. C'est Rome, l'architecte de la Cité. C'est le travail des Moines, couvrant la France (et l'Europe) de bibliothèques, d'écoles et d'universités, éduquant le Peuple et lui enseignant l'art graphique et pictural, l'agriculture et l'économie, modelant le paysage rural dans la solidarité et le partage.
       C'est aussi le jaillissement architectonique et transcendantal de la Cathédrale, sur le parvis de laquelle toute une culture populaire s'exprime.
       C'est Descartes pour l'esprit, c'est Pascal pour l'âme, c'est Molière pour le rire, Corneille pour la générosité, Racine pour la connaissance du coeur.
       C'est la splendeur des Palais, le travail des artisans, où se déroule une vie sociale, intellectuelle et artistique, ainsi que l'art de vivre et de se comporter avec la politesse d'un homme de bien et d'honneur.
       Notre culture est aussi le travail et la souffrance, le sens profond et courageux de l'activité humaine.
       Notre culture est le mouvement perpétuel de l'homme en quête de ses références, de l'Histoire de son Peuple et de son humanisme en vue d'une communion partagée.
       Telle est la nôtre dans son identité.

e ) Humanisme
       Que voilà donc encore un mot dénaturé par un journalisme approximatif qui le confond vulgairement avec " l'humanitaire" !
       A la Renaissance, Pétrarque, fonde, un mouvement d'ampleur qui baignera toute l'Europe. Suivi par Guillaume Budé en France, il crée une "république des lettres", dans laquelle l'homme de son époque, retrouve les racines de sa culture et rassemble les connaissances de son temps.
       (Le Collège de France est fondé en 1530 et, dans cet esprit, Pic de la Mirandole par son traité " De omni re scibili ", n'est-il pas déjà le précurseur de Diderot et de son Encyclopédie ?)
       Au XVI° et XVII° siècle, apparaît la notion de "l'Honnête homme". Idéal humain complet, il comprendra non seulement le savoir, mais encore l'ouverture et l'ornement de l'esprit, ainsi qu'une éducation faite de politesse, de maîtrise de soi et de noblesse d'âme.
       Notons aussi que dès le XI° Siècle, le code de la Chevalerie avait introduit, pour la première fois, une morale chrétienne du Soldat, opposant la force à la violence, le consacrant défenseur des plus faibles et en déterminant aussi toute une conception de la place et du respect de la femme dans la société. Il inspire encore les règlements de notre Armée dans la profondeur de son éthique. La Convention de Genève de 1854 ne fit que reprendre l'esprit de ce code pour le monde entier et faire ainsi se rejoindre quelque peu l'humanisme et l'humanitaire.

f ) Institutions
       Héritières des principes de la République athénienne, inspirées du droit romain, collationné dans le Corpus Juris civilis de Justinien, influencées par le droit canon et les Ecritures, nos Institutions sont marquées dans leurs structures d'un fil conducteur millénaire.
       Comme tous les ordres juridiques de tradition romaniste, les prémices de notre droit reposent sur " le droit naturel non inscrit", qui peut se définir comme "l'ensemble des règles de conduite de l'homme en société, procédant, soit de sa nature animale, soit de sa nature raisonnable". Antique, chrétien, laïque ou scolastique, on peut le résumer par les termes du Décalogue.
       Il est à l'origine même de tous les devoirs fondamentaux de l'homme jusqu'à ce jour.
       Enfin, la notion de Montesquieu de la "séparation des pouvoirs", permet, depuis la Révolution, d'asseoir nos Institutions sur une base irréfragable, par la suite adoptée par un nombre immense de vraies démocraties.

g ) Patrie
       Le mot apparaît peu à peu aux alentours du XVI° Siècle et désigne l'attachement affectif et charnel à la terre de naissance et se rattache à l'idée de la famille la plus proche :
       " Mes antiques amis, mon plus riche trésor
       " Et le plaisant séjour de ma terre angevine". (du Bellay).

       Jusqu'à la Révolution en effet, l'appartenance à la terre est à peu près seule en cause. Les Français sont les sujets du Roi, et n'ont que peu de relations directes, ou sentimentales avec ce que l'on peut nommer la Nation.
       La République, en conférant à tous les Citoyens le droit de disposer de leur part de pouvoir sur leur Pays commun, leur fait prendre conscience de l'appartenance à celui-ci, "le seul bien de ceux qui n'ont rien" comme le dit Jaurès, ou Saint-Just : "La Patrie n'est point le sol, elle est la communauté des affections. Chacun combat pour ce qu'il aime".

       Telle est une esquisse bien imparfaite des éléments qui ont constitué l'âme collective de notre Peuple français et contre laquelle s'amoncellent des menaces, cachées comme des armes sous des manteaux de conspirateurs hypocrites.
       Essayons maintenant de les dépouiller de leurs oripeaux.

II - FORCES ANTAGONISTES

       Hélas méconnu parmi les doctrinaires du marxisme-léninisme, figure l'un des plus influents, dont l'action fut masquée par celle des plus violents d'entre-eux. Il s'agit d'Antonio GRAMSCI
       (1891-1937), fondateur du Parti communiste italien, dont la doctrine se résume en deux phrases précises et claires :
       1) "Le pouvoir culturel permet d'accéder au pouvoir politique".
       2) "Changer les repères culturels des hommes est plus long, mais plus efficace que la révolution sanglante".

       Cités ainsi en exergue de notre deuxième partie, nous garderons ces deux principes en mémoire tout au long de celle-là pour aborder les différentes menaces pesant sur notre identité.

a) Histoire
       Notre Histoire sera d'entrée la plus menacée, car soumise à des relectures perverses visant à détruire les faits, la Geste et les mythes fondateurs de notre identité nationale. Ecoutons, pour ne pas l'entendre, ce jeune Professeur de Lycée proclamant à ses élèves : " Si l'on brûlait tous les livres d'Histoire du monde, il n'y aurait plus jamais de guerres ! ". ( !!!)
       Le "devoir de mémoire" est, en son esprit, une bonne chose. Mais ce n'est pas servir la mémoire que de la cultiver sans discrimination, ni arbitrage de l'ordre des valeurs qu'elle contient. Toute l'Histoire est faite de relations dures et d'affrontements divers dans lesquels les Nations se sont construites ou détruites, et tous les gouvernements se sont un jour établis sur la force.
       Qu'une repentance soit à la rigueur prononcée une fois pour tel excès commis, dû à la sauvagerie de la guerre, dont les causes sont pourtant toujours partagées, soit ! Mais toute repentance ne peut avoir de valeur créatrice que si la partie adverse l'accepte comme un don généreux et non comme une raison supplémentaire de mépris et de revanche ultérieure. Car c'est alors ouvrir la porte à l'imprescriptibilité, qui crée la responsabilité éternelle et transmissible, à la négation du pardon et à la soif de vengeance.
       Parmi les "lois" fondatrices du marxisme-léninisme, figure au premier plan la "loi de contradiction interne" que les doctrinaires utilisent pour déstabiliser le Peuple à conquérir et s'emparer de son âme.
       Gramsci vient alors en renfort de Lénine pour menacer l'identité de notre Histoire.

b) Géographie (humaine)
       Le temps n'est plus où les yeux de la France fixaient "la ligne bleue des Vosges et où le Pays se portait en masse aux frontières pour défendre ou reconquérir les territoires perdus.
       Là nous vivons et là est notre France, administrée et structurée dans son organisation nationale et territoriale. Les caractères propres à chaque Province nous enrichissent de leur diversité et il n'est pas à regretter qu'un renforcement de la régionalisation s'effectue, pourvu que, pour autant, l'unité de la République n'en soit point menacée.
       Mais, dans le même temps, une population allogène croissante, issue d'une ample immigration, souvent errante, se répand sur notre sol, sans souci de nos particularismes, ayant eu pour but premier et unique de choisir "la France" pour y refaire sa vie.
       Cette population, mue par le besoin, la nécessité économique ou politique, constitue une communauté d'intérêts globaux qu'il s'agit d'éduquer et d'assimiler individuellement dans les Valeurs françaises communes et non de favoriser leurs regroupements dans un damier de communautarismes divers. La menace pour la France serait qu'elle se couvrît d'un réseau "de nouvelles classes, de races ou de religions," engendrant à long terme, un éclatement et une révolte, dévastateurs de notre sol et de notre identité.

c) Langue française
       Marc Fumaroli, citant le Panégyrique d'Isocrate, fait l'éloge de la langue en l'identifiant à la parole, le logos donc à "l'idée" ou à la pensée même. Il ajoute qu'elle est inséparable d'une éducation du corps et de l'esprit et d'un éveil à la liberté. Elle fait, dit-il, "mûrir l'humanité en l'homme".
       Support essentiel à la transmission des Valeurs de notre Peuple, à l'intérieur, comme à l'extérieur de son territoire linguistique, la langue française constitue le ciment même de notre construction nationale.
       Les menaces qui pèsent sur elle sont nombreuses
       A l'intérieur, l'illettrisme est en progression dramatique et constante, tandis que de plus en plus nombreux sont les infirmes linguistiques dont le français n'est pas la langue maternelle et qui se réfugient pour leur vie sociale courante dans leurs parlers vernaculaires.
      Subissant gravement ces influences dans l'anarchie d'un "multiculturalisme" erratique, notre langue française perd d'autant plus sa force et son exactitude que les mots sont chargés d'un sens nouveau et d'apocopes mutilantes, quand ils ne sont pas réduits à un vocabulaire de français de base, appauvri à quelques centaines de mots, voire détournés de leur sens par des agitateurs politiques conscients de leur rapt.
       De plus, si l'on persiste à penser que tout enseignement magistral est une agression de l'élève, si l'on continue à enseigner la pédagogie à des pédagogues, en négligeant la raison et l'objet même de toute pédagogie et en professant, par exemple, que la tâche des Instituteurs serait de "déclencher chez leurs apprenants une démarche cognitive propre à les faire passer du stade de la lecturation au stade de la scripturation" (sic), on aura raté l'occasion de leur dire, en bon français, que leur mission est tout bonnement de leur apprendre à lire et à écrire le français.
       Par ailleurs, si l'on peut saluer le soutien de l'enseignement des langues régionales, pour la richesse qui est la leur, cela devrait non seulement ne pas se faire au détriment du français, mais encore ne pas donner prises aux revendications, qui se font déjà jour, de faire passer pour telles, des langues ou des idiomes totalement étrangers à notre Histoire et à notre culture.
       A l'extérieur, nous passerons plus rapidement sur les menaces qui pèsent sur notre langue, en butte essentiellement à un basic english plat et approximatif, envahissant la planète. Dans cet état moyen et médiocre, très loin d'Oxford et de Harvard, il est, au mieux, un langage d'échange d'informations, indispensable ... comme un code.
       La défense contre les menaces qui pèsent sur notre langue dans le monde passe obligatoirement par l'éducation foncière et la culture en profondeur de notre Peuple.
       Car, comme l'écrit Pierre Nora : "On n'est pas vraiment français si on ne parle pas le français. Et inversement, qui le pratique, l'aime et le respecte, est, sans même les deux conditions précédentes, français de la seule manière qui compte : par le coeur."

d) Culture
       La menace contre notre culture revêt deux formes différentes, l'une physique et l'autre structurelle.
       Sur le plan physique, les Monuments de notre Patrimoine, architecturaux, muséographiques ou bibliographiques ne sont pas à l'abri de tentatives de destruction, non seulement inspirées par un pur vandalisme, mais encore la cible possible d'actes terroristes, guidés par une doctrine religieuse ou politique extrémiste. Pierres lancées dans des vitraux sacrés, déprédations de statuaire profane ou religieuse, pillage et profanation de lieux de culte, de Monuments aux Morts ou de Nécropoles militaires, violation de sépultures symboliques et de lieux de Mémoire, défraient déjà la chronique de la délinquance et de la criminalité, sans qu'il apparaisse toujours que beaucoup de ces actes peuvent, ou pourraient, être guidés par des intentions infiniment plus perfides.
       Plus insidieuse, la négligence de l'entretien de notre Patrimoine peut également provoquer à long terme, une détérioration semblable de ce support matériel de notre identité culturelle.
       Plus sournoise et perverse encore est une deuxième menace, décrite par le Peintre Georges Mathieu, dans son livre percutant : "Le massacre de la sensibilité", dans lequel il dénonce l'intrusion provocatrice et blasphématoire de "l'art conceptuel" dans la sensibilité de notre Peuple. Que l'artiste ait "tous les droits" de chercher et d'exprimer son art, sans aucune contrainte, ni limite, dans le subconscient ou l'aventure de l'imagination, personne ne le conteste. ( Il n'appartiendra qu'au public d'élever son art jusqu'à la renommée ou de le reléguer dans l'oubli.). Mais, qu'il utilise comme cadre et comme faire-valoir, l'insertion de cette oeuvre ( lorsqu'elle en mérite encore le nom ) dans un Chef-d'oeuvre consacré par le génie et des siècles de vénération, change, transforme et meurtrit, toute la symbolique de ce dernier. ( Palais-Royal, Cloître de Brou, Cathédrale de Nevers...).
       "Changer les repères culturels des hommes...."
       Toujours Gramsci, ses disciples et ses comparses !

e) Humanisme
       Au temps des séminaires marxistes-léninistes d'URSS, où étaient formés les propagandistes, on enseignait l'homme sous forme de deux tableaux. L'un comportait une silhouette humaine renseignée par les poids spécifiques des corps chimiques de sa substance, totalisés et exprimés numériquement : "L'homme = 80 kilos de matière". Au regard, figurait sur le deuxième panneau : "L'âme, la pensée, l'amour...etc = 0 kilos; ils n'existent pas".
       On a vu les ravages, les massacres et les ruines que le matérialisme dialectique engendra !
       Sans pourtant qu'il soit marqué par l'instrumentation d'une doctrine philosophique semblable, le matérialisme actuel, considérant l'homme sous son seul aspect de producteur de richesses d'une part et de consommateur d'autre part, tend à réduire l'homme cette fois, non pas à son poids de matière, mais à celui, purement économique, de la valeur marchande qu'il représente. Même les créations de l'esprit et du coeur : art, littérature, spectacles, musique, sports et jeux, cinéma, en viennent à être évalués, non plus en fonction de leur valeur spirituelle ou artistique, mais mesurés à l'aune du seul profit que l'on peut en retirer.
       Certes, ces constatations ne sont pas propres à la seule société française, mais s'appliquent à toute une partie du monde, emportée dans un mouvement planétaire économique difficilement maîtrisable. Mais si le monde se transforme ainsi en une dictature de l'économie en réduisant l'homme à n'être qu'un enjeu et un rouage de son impérialisme, le Pays de la Renaissance, de Pascal, de Descartes, des Lumières et des droits de l'homme sera, plus tôt encore que les autres, menacé dans la dimension humaine de la conception historique et philosophique de son humanisme.
       " Il faut situer la racine du totalitarisme dans la négation de la dignité transcendante de la personne humaine" ( Encyclique "Veritatis splendor").

f) Institutions
      Depuis la Déclaration des droits de l'homme et du Citoyen de 1789, jusque dans les Constitutions qui s'ensuivirent, la laïcité de la République est solennellement affirmée. La Loi du 9.12.1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat, tout en réaffirmant la liberté de conscience, encadre soigneusement la pratique des cultes de toute religion. Elle précise, en particulier qu'est interdit "tout discours, prononcé ou écrit, affiché ou distribué publiquement dans un lieu de culte, contenant une provocation à résister à l'exécution des lois ou aux actes légaux de l'autorité publique, ou s'il tend à soulever ou à armer une partie des citoyens contre les autres".
       Non sans heurts, ni difficultés diverses, ces dispositions légales assurent au moins depuis un siècle, un équilibre satisfaisant entre l'Etat et les religions des Français. (Il est à noter que la Loi ne mentionne pas la religion musulmane, celle-là n'ayant pas donné lieu à être mentionnée dans le contexte de l'époque, mais peut inférer qu'elle s'y applique.)
       Le problème de l'islam est que, depuis Mohammed, à la fois "prophète", fondateur de religion et chef civil et militaire de son peuple, la pensée musulmane tend toujours à réunir, en une seule entité, le pouvoir politique et le pouvoir religieux, dans l'application institutionnelle, politique et sociologique de la loi coranique. (Commandeur des croyants, charia).
       Une "séparation de l'église et de l'état" ou un "Vatican II" de l'islam s'impose impérativement, comme l'écrit avec courage Mohammed Charpi, Professeur, Docteur en droit et ancien ministre tunisien : "La paix et la concorde régneront entre les personnes et les peuples lorsque nous aurons séparé politique et religion et quand nous aurons enseigné ces fondements à nos enfants".
       Sans cette condition dirimante, si la diffusion de l'islamisme poursuit la croissance exponentielle qu'il annonce, au point d'aboutir à une véritable "substitution de peuple", la menace sur nos Institutions, notre Constitution et notre droit, prendra l'aspect d'une fatalité, assassine de l'identité républicaine et sociologique de la France.
       Jointe à la pression démographique et à l'arrivée incontrôlée de populations inassimilées, en majorité musulmanes, cette menace est, de loin, la plus actuelle et la plus grave qui pèse sur notre avenir immédiat.

g) Patrie
       "Un Zollverein n'est pas une patrie" écrivait Ernest Renan en 1882, en ajoutant : "Une patrie, c'est une âme, un principe, ...un plébiscite de tous les instants"
       Et Lucien Febvre la définissait : "l'une des multiples formes de l'amour".
       Or, qu'est l'amour, si ce n'est connaissance, estime, partage et don de soi-même pouvant aller jusqu'au sacrifice.
       Nulle plus que l'Armée française n'a porté plus haut le sens de ces valeurs en rassemblant les Citoyens sous les armes, pour défendre ou reconquérir notre intégrité et en célébrant ainsi ses "noces de sang" avec le Pays.
       En temps de paix, elle est chargée de la protection et de la "Liturgie de la Nation".
       La suspension (et non la suppression) du Service militaire ne lui donne plus actuellement la possibilité d'instruire la jeunesse de France, ni surtout de la convier collectivement et individuellement à une oeuvre commune pour le Pays. En dehors de l'impôt ( qui n'est pas universel), les jeunes Français n'auront plus jamais conscience de participer positivement à une action de don d'eux-mêmes au service de la Patrie, mais seront toujours dans l'attente, voire dans la revendication, des bienfaits matériels qu'elle peut leur apporter.
      La menace contre la Patrie, c'est l'intérêt personnel, l'égoïsme et l'indifférence !
       "Fais-les bâtir ensemble une tour et tu les changeras en frères ; si tu veux qu'ils se haïssent, jette leur du grain !" (Saint-Exupéry)

CONCLUSION
       Hélas, la contemplation de ces hypothèses dangereuses peut faire penser que beaucoup d'entre elles ont déjà franchi le stade de la simple menace pour revêtir l'aspect d'une triste réalité par laquelle nous sommes déjà atteints. De plus, nombre d'entre elles ont leur point d'application, non seulement en France, mais en Europe et dans le monde occidental entier.
       C'est à cette échelle qu'il faudra également construire un système de défense propre à y parer. Cela exige que l'étude en soit menée très rapidement et traduite d'urgence en actes vigoureux et forts.
       Mais, si la France peut, et doit, être amenée à jouer sur la scène européenne et internationale, le rôle de lumière et de force qui a, tout au cours de son Histoire, été le sien, le fondement premier et essentiel de son action future ne peut reposer que sur la force inexpugnable de la personnalité irremplaçable de son identité.
       Car, comme l'écrit Ernst Jünger :
       "Ce n'est pas la force des moyens d'action, mais celle des esprits, qui transforme le monde".
Marie-Bernard WEIGEL

***


PETIT FLORILEGE de quelques CITATIONS UTILES


France
" Je suis de France comme d'un arbre". (Lettre à un otage - Antoine de Saint-Exupéry)
" Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l'Histoire de France : ceux qui refusent de vibrer au souvenir du Sacre de Reims, ceux qui lisent sans émotion le récit de la Fête de la Fédération" (L'étrange défaite - Marc Bloch -1940).

LANGUE FRANçAISE
"Un Etat est un assemblage d'hommes
réunis sous un seul gouvernement. Une Nation est un assemblage d'hommes qui parlent une même langue maternelle.
( Turgot)
" L'Histoire de France commence avec la langue française" (Michelet)
" Ma patrie, c'est la langue française" (André Malraux)
" J'habite une langue aux accents universels. (Claude Beausoleil)
" La France est ma Patrie, le français ma Matrie" ( B.W.)

culture
" J'ai eu souvent l'occasion
de rappeler que la culture constitue le fondement de l'identité d'un peuple"
( Jean-Paul II - Discours aux enseignants, le 22.09.02)
" Kunst ist Betrachtung der Welt im Zustand der Gnade" : "L'Art est la contemplation du monde en état de Grâce" ( Hermann Hesse)
"La Lecture sans amour, le Savoir sans le respect, la Culture sans le coeur sont les plus grands péchés contre l'esprit." ( Hermann Hesse)
" La mélodie se compose de trois éléments: les paroles, l'harmonie et le nombre. (Platon).

droit , institutions , citoyennete
" Lorsque les pères s'habituent
à laisser faire les enfants, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus l'autorité, alors c'est là, en toute beauté, le début de la tyrannie".
( Platon)
" Sans la loi, pas de civilisation; sans civilisation, pas de sagesse; sans sagesse, point de pitié; sans pitié, point de sagesse; sans raisonnement, pas de savoir; sans peine, point d'études; sans études, point de paix". (Traité des Principes - Rabbin Eliezer)
" Droits - Art 2 : La liberté consiste à pouvoir faire ce qui ne nuit pas au droit d'autrui.
" Devoirs - Art 2 : Tous les devoirs de l'homme et du citoyen dérivent de ces deux principes gravés dans la nature et dans tous les coeurs :
       Ne pas faire à autrui ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fît.
       Faites constamment aux autres le bien que vous voudriez recevoir"
(Constitution de la République française du 22.08. 1795 - 5 Fructidor an III)
"Droit naturel : certains principes de la droite raison qui nous font connaître qu'une action est moralement honnête ou déshonnête, selon la convenance ou la disconvenance qu'elle a avec la nature humaine" ( Grotius 1583-1645)
" Je ne te demande pas de quoi ( woran ) tu es libre, mais pour quoi ( wozu ) tu es libre." Nietzsche, cité par Gustave Thibon)

PATRIE
"Il doit y avoir quelque chose, dit Dieu, entre nos Français et cette petite Espérance. Ils y réussissent si merveilleusement.
"Il faut, dit Dieu, qu'il y ait une accointance,
qu'il se soit passé quelque chose entre ce Royaume de France et cette petite Espérance. ( Le Porche du Mystère de la deuxième vertu - Charles Péguy ).

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QUELQUES ELEMENTS DE BIBLIOGRAPHIE


FONDEMENTS PHILOSOPHIQUES ET HISTORIQUES

PLATON (La République), ARISTOTE (Ethique de Nicomaque), SAINT-AUGUSTIN (La Cité de Dieu), PASCAL (Pensées), PEGUY (tout), SAINT-EXUPERY (Citadelle)

"Honneur et Patrie" ( Lucien FEBVRE) Ed. Agora - Pocket

"La France - Histoire de la sensibilité des Français à la France"(P.CHAUNU) Ed.R.Laffont

"Qu'est-ce qu'un Français ?" ( Patrick WEIL) Ed. Grasset

"Histoire et tradition des Européens- 30.000 ans d'identité"( D. VENNER) Ed. Rocher

"L'amour de la France expliqué à mon fils" (Max GALLO) Ed. Seuil

"La grammaire est une chanson douce" (Eric ORSENNA)

"Pour la Nation" (Jean-Marc VARAUT) Ed.Plon

"Le massacre de la sensibilité" (Georges MATHIEU)

"L'étrange défaite". (Marc BLOCH) Ed.Folio Histoire

ACTUALITE

"La France va-t-elle disparaître ?" (Jean-Claude BARREAU) Ed. Grasset

"La destruction de la France." (Jean-Claude BARREAU) Ed.Grasset

"La République minoritaire". (Robert GROSSMANN, François MICLO) Ed. Michallon

"Géopolitique de l'apocalypse" (Frédéric ENCEL) Ed. Flammarion

"Les maîtres censeurs". (Elisabeth LEVY) Ed. J.Cl.Lattès

"Petits pas vers la barbarie" (Guy CUQ, Isabelle RICHEBE) Ed. Renaissance

"La guerre des rues - La violence et les jeunes" (Christian JELEN) Ed.Plon

"La liberté détruite" (Tony ANATRELLA ) Ed.Flammarion

"Ignare Academy-Le naufrage de l'enseignement" (Claire LAUX, Isabel WEISS) Ed. NIL

"La rage et l'orgueil" (Oriana FALLACI) Ed.Plon

"Le drame des Harkis" (Abd-El-Aziz MELIANI) Ed. Perrin

"La Revue des Deux-Mondes : "La maison francophone" N° de nov/déc 2001


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