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« Pour rouler droit sur les chemins de la vie! »
Le rayon "Responsabilité"

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Moi : « Pour vous, la responsabilité, qu’est ce que ça évoque ? »
Olympe : « L’accident que je peux causer en grillant un feu rouge… ou le pot de fleurs que je peux faire tomber sur un passant en ouvrant ma fenêtre … »

Capucine : « L’un de mes enfants qui met son doigt dans une prise électrique alors que je fais du babysitting !… »

Axel : Alors tu es « responsable mais pas coupable! » C’est bien connu... »

Benoît : « Il y a plus grave comme responsabilité : celle du garçon qui fait un enfant à sa copine, ou, pire, qui lui refile le SIDA ! Celui-là, c’est un vrai coupable !… »

Axel : « Il y a aussi le dirigeant d’entreprise qui met sa boîte en faillite ou qui pique dans la caisse… »

Moi : Vous êtes donc d’accord : la responsabilité : « c'est L'obligation de répondre de nos actes, car nos actes nous suivent.»

Capucine : « On pourrait ajouter que c’est le corollaire de notre liberté…»

Matthieu : « Bravo mais il y a bien des formes et des degrés de responsabilités On est d’abord responsable de soi, de son hygiène personnelle, de sa nourriture, de ses abus de tabac et d'alcool, de son déficit d’activité physique ou de sommeil...… »

Axel : « Objection, votre Honneur ! La pub nous conditionne littéralement, les grandes marques sponsorisent et alcoolisent les WE d’intégration des grandes écoles et la densité de nos programmes nous empêchent de faire du sport…»

Capucine : « …J’en connais quand même qui boivent de l’eau et qui se bougent… Les muscles, c’est comme les neurones, il faut les exercer pour les maintenir en forme. Et je parle non seulement de la mémoire mais aussi de l’esprit critique…. »

Axel : « Esprit critique, tu parles ! Avec le matraquage qu’on subit sur Internet, violence, porno et compagnie, comment faire accepter aux camarades qu’ils sont responsables de leurs comportements ?»

Matthieu : Ils sont quand même conscients qu’ils recherchent et prennent plaisir à regarder des saletés… « Bernanos dit : « Il y a des gens qui rendent leur âme à Dieu sans même savoir qu’ils en avaient une !…»

Caroline : « Vous avez parlé de la responsabilité de chacun vis-à-vis de l’autre partenaire, qu’il s’agisse de faire un enfant ou de transmettre une maladie. Mais il y a aussi le traumatisme subi par celui ou celle qui est largué(e) par leur copain (ou copine). Même chez les jeunes « libérés », beaucoup de ruptures sont à l’origine de dépressions et même de suicides…

Moi : « Le petit renard de St Exupéry parle d’apprivoisement : « Tu es responsable de ta rose. Tu deviens responsable de moi que tu as apprivoisé. » On est d’autant plus responsable qu’on est plus intime avec l’autre. Un écolier peut déjà repérer chez un camarade une tendance à la fugue ou à la drogue pour donner l’alerte. A plus forte raison s'il s'agit d'un(e) vrai(e) ami(e) ou des parents…

Olympe : « D’où l’importance de pas cacher aux jeunes les drames de l'avortement et les difficultés des mères célibataires pour leur montrer leur responsabilité.

Capucine : « …On pourrait aussi parler des parents qui soucient pas assez de l'éducation de leurs enfants. Ils les ont pourtant appelés à la vie… »

Benoît : « Sur le plan professionnel, il faudrait aussi que les Grandes Ecoles apprennent aux futurs patrons, non seulement à faire tourner leur boîte en gagnant de l’argent, mais aussi à aider chacun des hommes et des femmes qu’ils ont en charge à se réaliser et à s'épanouir.
C’est ça l’assistance à personne en danger !

Moi : « …Et d’abord en confiant à chacun des responsabilités à sa mesure car, les responsabilités, ça vous grandit ! "
Donc déléguer largement des portions de sa responsabilité, selon le principe de subsidiarité (que chacun fasse ce qu'il peut faire, et faire bien).

- Cela dit, être responsable, c'est accepter un risque, c'est s'exposer, c'est donc avoir un minimum de confiance en soi, ce qui suppose que quelqu'un vous ait dit (fût-ce implicitement) : « j'ai confiance en toi ! »

Axel : « C’est souvent aussi avoir soif de pouvoir ! »
Moi : « Je témoigne que c’est surtout le fait d'exercer des responsabilités qui a donné du goût à ma vie. C’est pourquoi je vous recommande de les rechercher à votre tour, dans votre sphère, sans viser pour autant le pouvoir en tant que tel...
Car les responsabilités, c'est comme la chance, « ça ne vous tombe pas tout cuit dans le bec !»
« Les responsabilités. ça se ramasse !»
Il faut donc vouloir les assumer.
Matthieu : « Encore faut-il qu'elles ne vous écrasent pas. D’où l’importance d’un apprentissage progressif de la responsabilité. Le fait d’avoir dirigé une troupe scoute à 20 ans vous prépare à diriger une usine à 40 et à être PDG à 55.

Capucine : « Je voudrais qu’on en revienne à la notion de liberté qui me tient à cœur. L'homme n'est responsable que parce qu'il est libre. Si un caïd force un jeunot à voler un scooter ou à vendre de la came, le gamin n’est pas responsable car il est sous contrainte.

La responsabilité est le corollaire de la liberté.
Olympe : « On pourrait aussi parler de la dimension sociale de la responsabilité. Je suis libre de choisir le mode de vie qui me convient ; c'est une affaire entre moi et ma conscience, à condition que mon comportement n'engage que moi, et moi seule.
Mais je vis dans un cadre social. Dans mon immeuble, j’ai des voisins. Mon père a des responsabilités vis-à-vis de sa femme, de ses enfants et, moi, vis-à-vis de mes parents. De même pour le patron, le Maire et le Président. Notre vie sociale repose sur un enchevêtrement de responsabilités dont le respect permet de resserrer les liens sociaux.

Moi : Et l’autorité des chefs n’est justifiée que s’ils travaillent pour le bien commun.

Capucine : « C’est pourquoi le législateur a établi un code: les infractions à la loi sont punies et différentes formes de responsabilité sont envisagées: morale, civile et pénale.
Cette dernière concerne les dommages prévus par la Loi avec appréciation de la part de responsabilité par la Justice. (Cette appréciation, évidemment difficile, détermine la peine ... )

Benoît : « J’ai trouvée un texte d’Edouard Herriot dans un de mes polycopiés. Il l’a écrit à la fin de sa vie et il est très actuel :
« Ce fût une erreur grave de la démocratie de croire qu’il était bon pour elle de se confier à des gouvernements faibles, accessibles aux influences, complaisants pour les particularismes sans cesse en variation. L’intérêt bien compris de la liberté veut qu’il se trouve, au sein du pouvoir, des hommes assez préparés à leur devoir pour le comprendre, assez fiers pour opposer aux assauts de l’opinion une volonté claire et forte, exigeant l’autorité, acceptant la responsabilité. »
Un de ses commentateurs ajoute : « La discipline sociale fabrique de la liberté. Elle fabrique aussi de la responsabilité, par rapport à la Patrie, au gouvernement et à l’entreprise.
Nous n’avons pas encore l’expérience d’une société dans laquelle les hommes n’auront pas été impliqués dès l’enfance dans l’idée d’effort et de responsabilité. Mais cette société d’assistés et d’irresponsables est envisageable aujourd’hui. C’est pourquoi la responsabilité doit faire l’objet de soins attentifs de la part des pouvoirs publics qui ont à se substituer à la carence de l’éducation familiale dans ce domaine. L’école, le service militaire et la télévision devraient prendre le relais et développer cette notion indispensable à la formation du citoyen et à l’harmonie des sociétés.C’est pourquoi l’éducation à la responsabilité est l’un des objectifs majeurs des écoles de formation des cadres dans tous les pays.»


Benoît : « Tu parles… Depuis Adam et Eve, chacun de nous a tendance à dire dès son jeune âge: « C'est pas d’ ma faute ! »
Aujourd’hui, chacun constate l’effondrement généralisé du sens de la responsabilité.
On retrouve souvent son auto emboutie au parking sans carte sur le pare brise...
Et le reste à l’avenant.
Le drame de la transmission du SIDA évoqué dans le film « Les nuits fauves », basé sur un fait réel, montrait la responsabilité formidable de personnes qui se savent contaminées et qui se comportent comme de véritables assassins vis à vis de leurs partenaires.

Capucine : « Les grandes voix chargées de prévenir l'extension du SIDA se bornent à brandir le préservatif et à réclamer de l'argent public, tout en continuant à banaliser les déviances sexuelles dans l'opinion. On écoute trop peu, en revanche, ces ringards clairvoyants qui osent évoquer Ia responsabilité personnelle de chacun, la nécessité de contrôler son corps et qui exaltent le vrai amour et la fidélité.

Olympe : « Au niveau national, même si la recherche de l'enrichissement personnel semble rare en politique, les affaires en cours montrent que des hommes en vue ont eu tendance à oublier leurs responsabilités en confondant servir et « se servir »...

Axel : « Beaucoup de parents divorcent au nom du « Il faut que j'm'éclate » et ne mesurent pas assez les perturbations psychologiques que leur séparation va causer chez leurs enfants. De même, à un moindre degré, ceux qui laissent leurs gamins seuls pendant des heures face à la tentation de la drogue, de l'alcool ou simplement de la télé ...

Caroline : « J’ai râlé contre la rigueur relative de mon éducation mais je réalise, comme jeune enseignante, que Ie laxisme représente l'une des plaies de notre société. Certains de mes collègues se bornent à faire leur cours et refusent d’exiger de leurs élèves la tenue et la politesse pourtant indispensables à l'équilibre de la vie en société ...

Axel : « Moi, j’enrage contre ces grèves à répétition qui constituent un véritable démenti à la notion même de service public responsable du bien commun: je suis, comme usager, littéralement pris en otage au nom de revendications catégorielles...

Matthieu : « De leur côté, beaucoup d'hommes et de femmes des médias semblent ignorer leur écrasante responsabilité morale. (Pourtant Sartre, lui-même, disait: « L'écrivain est en situation à son époque; chacune de ses paroles à des retentissements ! »)
Les producteurs recherchent l'audimat à tout prix, à travers le sexe et la violence. Ils exercent une influence désastreuse sur l'esprit de beaucoup de téléspectateurs.
Dans le même temps, la justice condamne à 10 ou 15 ans de prison les auteurs de crimes sexuels alors qu'il s'agit souvent de sujets fragiles dont les esprits faibles et déréglés ont été empoisonnés par les films et cassettes X qui sont , eux, diffusés en toute liberté. »

Moi : « La crise se vérifie aussi dans le recrutement des bénévoles. Les associations ont du mal à trouver des hommes et des femmes qui acceptent de prendre des responsabilités. Il en va de même pour les élus dont la base de recrutement est sans doute trop étroite.
Vous, les jeunes, vous n'échappez pas à la règle. Sauf exceptions, vous ne vous bousculez ni pour faire partie du bureau des élèves de vos grandes écoles ou du bureau des étudiants de vos facultés, ni pour encadrer les mouvements de jeunesse.
De même, au temps du Service National, certains garçons de familles aisées préféraient trop souvent d'obscures «planques» aux fonctions d'officiers de réserve.

Capucine : « Je retiens 2 choses. D’abord, la notion de responsabilité est méconnue et dévaluée par rapport à celle de liberté qui est très populaire. Or elles sont inséparables.
Ensuite, le sens de la responsabilité n'est pas inné. Comme le reste, il faut l'apprendre. L'éducation à la responsabilité est donc complémentaire de celle de la liberté.
Mais comment la mener ? »

Axel : « Cà commence à la maison, à travers l'apprentissage de la vie quotidienne.
On m’a d'abord montré comment être responsable de moi-même, à me laver les dents, à lacer mes souliers, à traverser la rue au feu vert...
Puis, progressivement, à me sentir responsable des autres, de ceux avec lesquels je vivais en desservant la table, en faisant des courses, en conduisant ma petite soeur à l'école ...
J’ai appris le reste au collège et au lycée, et je me réjouis que les nouveaux programmes d'éducation civique veuillent contribuer à former des citoyens responsables.

Matthieu : « J’avoue que je dois beaucoup au rugby. J’avais tendance à jouer perso et j’ai appris à jouer solidaire en me sentant responsable du succès de mon équipe…

Capucine : « Moi, j’ai été marquée par le scoutisme qui m’a initiée progressivement à la responsabilité. Cela a commencé par le lavage des gamelles, l'entretien du feu et le montage des tentes pour la « culd'pat » que j’étais à 10 ans. Cela a continué quand, à 14 ans, j’ai pris en charge 7 ou 8 adolescentes avec des personnalités différentes. Cheftaine à 20 ans, j’ai eu à diriger des camps pendant 3 semaines avec de larges responsabilités humaines, éducatives, logistiques et financières.
N’en déplaise à nos détracteurs, on n'a rien inventé de mieux que le scoutisme comme école de pédagogie sociale ...

Moi : « Cela dit, la meilleure école de responsabilité, c’est la vie dans ses dimensions personnelle, familiale, professionnelle et sociale - à condition d’y avoir été bien préparé. »

Axel : « Je retiens surtout que l'entraînement à la responsabilité est inséparable de l'éducation à la liberté, au courage, à l'honneur et à la générosité car un homme est indivisible.
C'est tout l'homme qu'il faut éduquer au départ et dont il faut ensuite entretenir l’éducation.
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