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« Pour rouler droit sur les chemins de la vie! »
Le rayon "Respect"

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Rappel des chapitres précédents. Mon petit fils Matthieu réunit quelques amis dans notre maison de vacances et, au retour de courses en montagne, ces 6 jeunes adultes discutent librement entre eux de ce que j’appelle les Valeurs.

Pour rouler droit sur les chemins de la vie (suite)

Axel : « Au lieu de jouer les contestataires… je vais vous faire une proposition... Je voudrais qu’on parle de la tolérance. D’après les sondages, c’est la valeur N° 1 de la jeunesse…»

Capucine : « Pas d’accord. La tolérance est dans l’air du temps parce que c’est une Valeur molle. Le culte qu’on lui rend contribue à déboussoler tous ceux qui sont en panne de repères…»

Benoît : « Avec elle, toutes les opinions et toutes les attitudes se valent. On voit où ça nous mène aujourd’hui. Cherchons au contraire à mettre la vérité en lumière et à réhabiliter les Valeurs fortes …»

Caroline : « Holà ! Certes, toutes les opinions et toutes les attitudes ne se valent pas. Mais n’envoyons pas au Goulag ceux qui ne pensent pas comme nous ! »

Olympe : « Pas de danger ! Les victimes, ce sont surtout ceux qui ont l’audace de contester la pensée unique, comme ce courageux député condamné pour homophobie alors que, selon moi, il n’avait fait qu’exprimer des évidences… »(*1)

Matthieu : « On devrait s’entendre au moins sur un point ! Oui, il y a une vérité objective. On a le droit de condamner certaines idées comme fausses et certaines attitudes comme pernicieuses mais on doit respecter les personnes. Au lieu de citer, comme tout le monde, la tolérance comme valeur-reine, je propose donc d’évoquer le respect qui fait partie de ces piliers qui aident la société à tenir debout...»

Axel : « A propos, les Guignols de l’Info, c’est la meilleure émission de la TV car ça déboulonne ces rigolos professionnels de la politique qu’on a tendance à prendre trop au sérieux…».

Matthieu : « Tu viens de poser le problème du respect. Le dictionnaire le définit comme « un sentiment de vénération à l’égard de ce qui est sacré (la mémoire d’une personne par exemple) » ou une « attitude qui consiste à ne pas porter atteinte à quelque chose (la loi, le bien d’autrui…)
     Respecter quelqu’un, c’est le traiter avec déférence en raison de sa supériorité, de son âge, de son mérite…»

Olympe : « Il y a là dedans une part d’hypocrisie. Par exemple quand j’entends : « Je vous présente mes respects ! » C’est du folklore ! Où est le sentiment réel ?…»

Caroline : « Alain écrivait : « Confondu avec la politesse, aux limites de la servilité mais aussi de l’admiration, le respect apparaît plus comme le résultat de la pression sociale que comme une vertu…»

Axel : « A son procès à Jérusalem, Eichmann, le bourreau nazi, se justifiait en invoquant le respect de la parole donnée au Führer... Le respect, voilà où ça vous conduit !... »
Capucine : « Il en faut quand même dans la vie quotidienne. Respecter l’autre même s’il est différent, respecter la parole donnée, respecter les plates-bandes…Sinon, c’est le bazar… »

Matthieu : « Restons-en là sur les principes. Nous sommes d’accord sur trois points : le respect s’adresse surtout au sacré. Il concerne à la fois la loi de nature et la loi des hommes.
       S’agissant de « l’autre », il s’agit de le reconnaître d’abord comme une personne…. »
Axel : « Essaye donc de dire ça au brahmane face à l’intouchable et ici au flic face au délinquant !… »

Olympe : « A mon avis, le respect, ça commence par le respect de son propre corps. Quand je vois les gens faire la queue sur le trottoir pour se faire tatouer ou percer, je suis mal à l’aise …»

Axel : « Je vais plus loin. Nous nous indignons du burka que les afghans imposent à leurs épouses mais nous oublions la provocation que représente pour eux notre pub à base de femmes nues!... »

Matthieu : « Le respect des autres me semble quand même avoir progressé sous l’influence du Christianisme et des Droits de l’Homme.
Dans l’Antiquité, on égorgeait les vaincus, l’esclavage était communément admis et ceux qui pensaient mal étaient tués ou enfermés. Aujourd’hui, ces pratiques durent encore mais elles suscitent la réprobation générale…»

Axel : « Réprobation générale, tu parles ! Injures au volant...Crottes de chiens sur les trottoirs… Jeunes en rollers qui bousculent les vieux... Voisins qui mettent leur TV à fond…»

Caroline : « Je viens encore de me faire piquer mon vélo. La propriété d’autrui, on s’en fout…»

Benoît : « Et les journalistes qui livrent vos vies privées en spectacle... »

Olympe : « L’attitude du public sifflant la Marseillaise au Stade est scandaleuse mais les députés donnent le mauvais exemple : on le constate lors des séances télévisées... »

Matthieu : « Et pourtant, dans toutes les civilisations, un certain nombre de circonstances humaines revêtent un caractère sacré et donc méritent le respect : tout ce qui touche à la naissance, à la mort et à la religion. De même pour des symboles, lieux de mémoire comme l’Arc de Triomphe, Verdun, Auschwitz… ou les Cathédrales…»

Caroline : « Cependant on a relaxé un afficheur superposant la Croix du Christ et la croix gammée !... »

Benoît : « Il y a encore pire : les viols de sépultures se multiplient…»

Matthieu : « Vous semblez donc d’accord pour réagir. France-Valeurs veut réensemencer les Valeurs en reprenant tout à la base car tout est affaire d’éducation…»

Capucine : « …Et l’éducation, c’est une œuvre globale. Les Valeurs forment un tout indissociable. Pour «élever» un enfant, on l’aide à développer ensemble son corps, son esprit et son âme. On lui enseigne à la fois la générosité, le courage… et le respect…»

Benoît : « J’ai appris tout ça avec mes parents, « à dose homéopathique » et dans la tendresse …»

Capucine : « Ca s’enseigne d’abord la famille mais il faut que les autres agents éducatifs tirent dans le même sens. D’où l’importance de la cohérence dans l’éducation. »

Matthieu : « On pourrait commencer par apprendre à l’ado le respect de lui-même. Sans parler des piercings, il faut lui rappeler les règles de l’hygiène... A 14 ans, on craint plutôt la douche... »

Olympe : « On pourrait aussi réhabiliter une certaine pudeur. On brandit le principe de précaution vis à vis de la grippe aviaire et de la vache folle, pourquoi ne nous ne l’appliquerions pas à nous mêmes alors que grandit le nombre des pervers ? Beaucoup de filles n’ont pas même conscience du danger qu’elles courent – et qu’elles créent. Elles veulent d’abord faire comme les autres…»

Caroline : « ... Je voudrais qu’on évoque aussi le respect dû aux parents et aux maîtres. Dans mon école, je vois beaucoup de parents témoigner de la tendresse à leurs enfants… C’est évidemment l’essentiel mais ils oublient de se faire respecter.
       Lors des réunions de parents d’élèves, j’interpelle souvent des « parents-copains qui n’osent pas dire «non», même aux bébés. Je leur rappelle qu’ils ne doivent pas tolérer qu’on leur parle comme à des camarades de classe, et que leurs enfants doivent respecter leurs affaires et les lieux de leur intimité…»

Olympe : « …Il faut aussi que les parents et les maîtres respectent les enfants…»

Matthieu : « Bien sûr ! La famille est le meilleur espace d’apprentissage du respect des autres, surtout si elle est nombreuse. Mais la cohabitation ne va pas sans heurts même dans une famille normale…»

Caroline : « A l’école, nous apprenons aux enfants à lire et à écrire mais aussi à vivre ensemble, donc à accepter des limites à leur liberté. Dès la maternelle, nous enseignons aux gamins à accepter ceux qui sont de couleur ou à fortiori handicapés. Ca se passe assez naturellement, les enfants comprennent vite ces différences. C’est plus difficile vis-à-vis des camarades timides et solitaires, obèses ou bigleux. Ceux-là sont facilement moqués, souvent exclus des jeux, persécutés et donc malheureux… »

Olympe : « Mes amis profs de collège me disent, qu’en cette époque d’éducation mixte, ils surprennent beaucoup de petits mâles aux mains baladeuses... Il y a fort à faire pour réapprendre aux garçons à respecter les filles… »

Benoît : « La femme est l’éducatrice de l’homme et la gardienne de la civilisation » On connaît le refrain. Encore faudrait-il que les filles se fassent respecter et ne soient pas les premières à chahuter !… »

Matthieu : « Allons, allons ! Essayons d’élever le débat. Chez moi, j’ai appris tout jeune à considérer comme sacrées des choses aussi différentes que:
- le pain, synthèse de l’œuvre de la nature et du travail des hommes,
- la peine des autres, à commencer par l’humble boulot des éboueurs et des plongeurs…
- les lieux publics (parcs et jardins, espaces de jeux, rues…)
       Comme ado, j’ai appris à regarder la nature, à écouter le silence de la forêt et de la campagne, à ne pas piétiner les blés en herbe ni à casser les jeunes pousses. Cela m’a amené à respecter les arbres et les plantes, les animaux et les sites … »
Capucine : « C’est vrai ! A partir de bases comme celles-là, les jeunes acquièrent un certain nombre de repères. A partir de ceux-là, il est facile d’aborder progressivement des notions plus complexes comme le respect des monuments et des œuvres d’art, le respect de la Loi et de ses symboles comme le Code de la route, et le travail des autres, y compris ceux qui nous ont précédés et qui ont contribué à faire notre pays, à le protéger et à l’embellir….»

Axel : « Tout cela est bien beau mais on a rien dit du respect des opinions des autres. Pourtant, j’entends tous les jours : « Ceux qui votent X sont des abrutis et des fascistes… Et c’est pareil dans l’autre sens ! Malheur au mouton noir ! »

Olympe : « On pourrait en dire autant des manières de vivre. Il y a encore des gens pour condamner les couples non mariés, les mères célibataires et les homosexuels…»

Benoît : « Pourtant, aujourd’hui, ceux-là affichent bien haut leur différence et la revendiquent. Ce sont plutôt les mères de familles nombreuses qu’on ridiculise. On les baptise mères lapines. Dans ma boîte, l’annonce d’une future naissance est souvent reçue avec une expression de commisération apitoyée…»

Capucine : « C’est encore pire pour beaucoup de femmes enceintes après une échographie douteuse. En fait de respect, tout le monde s’y met : le médecin les copines… Quand on veut garder son enfant, quand il y a le moindre doute sur son intégrité physique, on se fait montrer du doigt ! »

Axel : « Il y a aussi des mots qui font mal. Des expressions d’autrefois comme bougnoul et bicot… ont fait beaucoup de mal à la cause de la colonisation…»

Olympe : « De même que franchouillard blesse les patriotes, que ratichon humilie les prêtres, que flicaille ou CRS = SS avilit les forces de l’ordre. Oui, l’injure est la forme élémentaire du manque de respect.
       A l’inverse, le respect passe par l’emploi des mots…»

Matthieu : « D’accord mais la question de fond demeure : comment concilier le respect des autres, de leurs opinions et de leurs modes de vie, avec nos propres convictions ? »

Olympe : « Essayons de séparer les principes et les actes d’avec les personnes. Je réprouve l’avortement mais je m’interdis de juger ma copine qui s’est fait avorter parce que je ne peux pas me mettre à sa place… »

Capucine : « Finalement, rester ferme sur ses convictions et mettre sa vie au bout de ses idées mais respecter les personnes, même si elles pensent autrement que moi, cela me paraît la voie de la sagesse… mais, une fois de plus, la voie est étroite !… »

Matthieu : « Tenir à la fois les 2 bouts de la chaîne et ne pas baisser les bras… Dans tous les domaines, c’est essentiel … ».


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