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« Pour rouler droit sur les chemins de la vie! »
Le rayon "Patriotisme"

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Matthieu : « C’est bientôt le 14 Juillet. Est-ce qu’on achète un drapeau à accrocher à notre portail puisque c’est redevenu à la mode ? »

Axel : « Pour moi, pas question ! Le patriotisme, c’est une notion à supprimer. Comme dit Oscar Wilde : « C’est la vertu des brutes"... D’ailleurs, selon un sondage récent, la Patrie est, pour 45 % des 15/20 ans, la première Valeur à rejeter… »

Caroline : « Arrête ta provoc permanente… D’abord, Oscar Wilde n’est pas une référence. Ensuite, la Patrie, c’est bien autre chose que tes sondages-bidon…»


Benoît : « Cependant, moi qui connais un peu l'histoire de France et qui suis plutôt content d’être Français (pas seulement au moment de la Coupe du Monde…), je ne me considère pas comme un bon patriote.
D’ailleurs que veut dire patriotisme dans la France métissée d’aujourd’hui ? Et puis, nous ne pesons pas lourd, face aux grandes puissances comme les USA, la Chine et l’Inde...

Olympe : « Et pourtant, sans verser dans un nationalisme outrancier, notre génération a besoin de connaître notre histoire pour découvrir nos origines et mieux vivre notre vie… »

Capucine : « Connaître notre histoire, parlons en ! Les livres scolaires évoquent surtout la révolte des poilus de 1917, la Collaboration 1940/45 et la torture en Algérie… C’est du vrai sabotage anti patriotique…Moi, je crois que, face à l’afflux des immigrés, nous devons absolument redécouvrir les sources de notre identité… avant de rétablir la préférence nationale…»



Moi : « Je viens justement de recevoir un mail d’un inconnu. Je vous le lis :

« Bonjour. Les récentes élections ont conduit à reparler d'amour de la France. J'aime mon pays. Le civisme est pour moi quelque chose d'important. Les commémorations patriotiques également. J'aurais pu être résistant pour lutter contre le totalitarisme. Mais j'aime aussi les pays voisins où je pars de temps en temps en vacances. En effet, je trouve parfois que nos voisins ont une meilleure qualité de vie, une histoire et un patrimoine au moins aussi riches que les nôtres, des paysages de qualité, un sens de l'accueil supérieur...Alors, depuis plusieurs semaines, je me demande sur quoi doit se fonder la transmission de l'amour de notre pays, puisque les autres pays sont au moins aussi estimables. Je me pose cette question en particulier car je suis instituteur et que j'ai un devoir de transmission. Et je suis également père de famille. Mais personne ne peut me répondre, et votre site ne répond qu'imparfaitement à ma question. Peut-être pourrez-vous m'aider ? Cordialement Francis » (texte réel)

Olympe : « Voila qui nous met au cœur du problème. Qu’est ce qu’on va lui répondre ? »

Benoît : « Que la Patrie, ça ne se démontre pas. C’est une notion affective et culturelle quasi naturelle, avec des cercles concentriques. J’aime bien mes cousins et mes voisins de palier mais, dans l’ordre de l’amour, je place d’abord ma mère, ma femme et mes enfants quand j’en aurai… C’est pareil pour la France, l’Europe et le Monde…»
Capucine : « Oui. Essayons donc d'avoir une vision en stéréo de la réalité en la regardant sous plusieurs angles. Mon amour de la France ne m’empêche pas de souhaiter une certaine organisation de l'Europe. Je suis aussi très attachée à mon coin du Périgord. Et ça ne m’empêche pas de me sentir aussi citoyenne du monde, préoccupée par le sort du Darfour et la paix au Moyen Orient… »
Matthieu : « Il me semble finalement que, malgré les sondages, c’est a priori bon d’aimer sa Patrie. Ce qui en revanche peut faire problème, ce sont ces déformations de l'idée de Patrie qui aboutissent, comme dans le cas des Nazis, au mépris des autres hommes, à travers un culte abusif - d’ailleurs rendu à la Nation plutôt qu'à la Patrie…» Moi : « Mon Littré dit : « Patrie (du latin PATER: père) = pays où l'on est né ou auquel on appartient comme citoyen. Exemple, la France est notre patrie. Ensemble des personnes qui sont associées entre elles de coeur ou de volonté en une nation, que celle-ci soit ou non organisée en un état indépendant.
Par extension, pays que l'on aime par dessus tout." Le véritable patriotisme n'est pas l'amour du sol mais l'amour du passé ", dit, peut-être abusivement, le vieil historien Fustel de Coulanges…»

Olympe : « Pour répondre à votre internaute inconnu, on pourrait partir du civisme en disant : pour nous, la personne humaine a le pas sur la société. Le but de celle-ci est de favoriser l'épanouissement des personnes qui la composent. Cela dit, l'homme est un animal social. Comme la fourmi, il vit en société mais il est capable, lui, de réfléchir à l'organisation du groupe et de la modifier. Le civisme, c'est le sentiment qui nous pousse à admettre que la Cité est régie par des règles qui visent à préserver l’intérêt général. Il nous amène à nous sentir individuellement responsables du bien commun et appelés à travailler individuellement à le promouvoir. Il nous fait admettre que nos droits sont inséparables de nos devoirs et nous incite à accepter des responsabilités dans la Cité et à prendre les risques correspondants.
Cette conception du Civisme n'est pas concevable sans une parcelle d'Amour. Elle englobe et dépasse le simple respect, la tolérance qu’on nous rabâche à tous les échos… et même le pardon…»

Axel : « Que voilà un beau morceau de philosophie ! »

Olympe (imperturbable) : « Ainsi le Civisme serait le fondement du Patriotisme qui y ajoute une dimension affective. Le PATRIOTISME comporte, en effet, un sentiment de solidarité verticale entre les générations : l'impression que nous avons une dette de reconnaissance envers nos anciens et que c'est à nos successeurs que nous devrons la rembourser, si nous sommes honnêtes… ».

Caroline : « Il y a aussi un sentiment de solidarité horizontale entre gens qui parlent la même langue, ont la même culture et des intérêts communs, notamment la même terre, et qui veulent vivre ensemble…»

Axel : « Attention, les Kurdes et d’autres peuples parlent la même langue, ont les mêmes coutumes, la même volonté de vivre en commun mais ils ne peuvent occuper la même terre…»

Capucine : « Vous avez dit que l’attachement de chacun à son coin de terre et à sa culture était compatible avec l'amour de la patrie. Le cas de la Corse montre pourtant que l'exacerbation du particularisme local peut générer des situations de tension au détriment de la paix et de la prospérité générales...»

Matthieu : « Et l’Europe, là dedans ? Aujourd'hui, elle a perdu son rôle dominant dans le monde ; chacune des nations qui la constituent est trop petite pour exercer une influence politique ou être compétitive au plan économique. Nos nations ont donc ressenti le besoin de s'associer. A ce besoin s’ajoutait le souci d’empêcher une nouvelle guerre. Par ailleurs, malgré les différences de langue et au delà des conflits qui les ont opposés pendant des siècles, nos pays se sentent des racines et des traditions communes nées du triple héritage d'Athènes, de Rome et du Christianisme…»

Axel : « Les Français ont voté « non » au référendum et pourtant nous constatons que grandit un certain esprit Européen. De plus, les jeunes voyagent beaucoup. C’est pourquoi ils s'intéressent moins à la France en tant que telle...»

Capucine : « Ca, ça reste à démontrer ! Moi, je rencontre de tout, des ultra nationalistes et d’autres qui attendent, avec le grand soir, un nouvel ordre mondial. Lammenais affirmait déjà : " Souvenez vous bien qu'à la patrie, vous devez préférer l'humanité. ( ...) Les maux qui désolent la terre ne disparaîtront que quand les nations, renversant les funestes barrières qui les séparent, ne formeront plus qu'une unique et grande société…".
C’est cette utopie qui inspire aujourd'hui les Altermondialistes…. »

Olympe : « Il n’empêche que la Patrie n’a pas bonne presse et que, la mauvaise conscience et le mondialisme jouant, les bons Français, les simples patriotes, sont aujourd’hui qualifiés de Franchouillards, présumés fascistes et racistes !…»

Capucine : « Pour revenir à notre correspondant, on peut d’abord lui suggérer de montrer aux jeunes que, comme disait Renan, " l'existence d'une Nation est un plébiscite de tous les jours " ... (Il y a d’ailleurs fort à faire à cet égard alors qu'on leur parle surtout de défense des acquis et des intérêts catégoriels) Il faudrait aussi leur faire toucher du doigt ce que représente notre patrimoine historique, culturel et spirituel. Leur montrer que, pour que nous vivions mieux, nos pères ont défriché la forêt, tracé les routes, amendé le sol et rebâti les villes, guerre après guerre.

Quand on pense que tout cela s’est fait à la main et avec des chariots à bœufs, on peut leur tirer notre chapeau. Mais la façon dont s'est accomplie cette oeuvre, c'est toute notre histoire, celle des Rois mais aussi celle des hommes et des femmes, des paysans, des marchands, des savants, des soldats et des clercs…»

Axel : « Un vrai discours à l’Académie ! … modèle d’avant guerre !…»

Olympe (imperturbable) : « Connaître notre histoire, c'est aussi vital que, pour l'arbre, plonger ses racines dans le sol. Le Patriotisme, c'est un amour à base de connaissance. Notre langue, notre culture, nos modes de pensée et d'agir… tout cela y rentre. Après ces années de repentance stérile, iI faudrait aussi mieux mettre en valeur notre immense capital spirituel, tout ce qui s'est fait de bien et de beau au long des siècles pour que les hommes soient davantage hommes. Le Patriotisme, c'est la perception de tout cela, l’Amour instinctif et raisonné de tout cela et la volonté de le transmettre après l'avoir protégé et embelli…»

Benoît : « L'éducation civique semble remise à l'ordre du jour. J’espère cependant que les maîtres ne se contenteront pas d'enseigner les bases d'un comportement de citoyen mais qu'ils formeront aussi les enfants à l'amour de la France…. »
Matthieu : « On pourrait leur rappeler ce que Jaurès disait à leurs devanciers au début du XX°:
" Vous tenez en mains l'intelligence et l'âme des enfants. Vous êtes responsables de la Patrie. Les enfants qui vous sont confiés n'auront pas seulement à écrire et à compter. Ils sont français et doivent connaître la France, son histoire, sa géographie, son corps et son âme. Ils seront citoyens et doivent savoir ce qu'est une démocratie libre: quels droits leur confère, quels devoirs leur impose la souveraineté de la Nation. Enfin, ils seront hommes et il faut qu'ils aient une idée de l'homme. Il faut qu'ils sachent quelle est la racine de notre grandeur: la fierté unie à la tendresse. Il faut leur enseigner le respect et le culte de l'âme en éveillant en eux le culte de l'infini qui est notre joie " ...

Axel : « Essaye donc de faire passer le message dans les IUFM ! »

Capucine : « On peut au moins recommander aux profs d’emmener les enfants dans des sorties à thème, de leur faire rédiger des petites monographies, de leur faire découvrir les monuments commémoratifs, de les associer aux cérémonies patriotiques. De leur faire visiter non seulement le Futuroscope et la Cité des Sciences de la Villette mais aussi les champs de bataille de 1914/18, le Mémorial de Caen, la Vendée, le Vercors et le pays de Jeanne d’Arc…»

Caroline : « Moi, c’est surtout auprès de ma grand-mère que j’ai découvert cela, goutte à goutte et dans la tendresse, quand elle me racontait « Sa » guerre, l’Occupation et la Libération.... Je crois que c'est dans la famille qu’on apprend le mieux l'amour de la patrie…. »

Benoît : « C’est d’autant plus facile que les bons livres et DVD d’aujourd’hui retiennent très bien l'attention des enfants. Il faut bien leur parler des batailles car, comme écrivait de Gaulle: " La France s'est faite à coups d'épée " mais insister aussi sur l'oeuvre immense des bâtisseurs, ceux du viaduc de Millau comme ceux des cathédrales, du travail de Pasteur et de celui des médecins de campagne, de celui de Marie Curie et d’Eiffel comme de celui des mineurs et des bûcherons, des bergers et des terre-neuvas... Bref, de tous ceux qui ont contribué au développement économique, culturel et spirituel de notre pays. C'est en effet leur travail opiniâtre, souvent très pénible, qui a permis, saison après saison, de tisser cette trame qui constitue la France d'aujourd'hui, celle des autoroutes et du TGV... »

Capucine : « La TV pourrait contribuer davantage à cet effort qu’elle a d’ailleurs commencé, à condition de diffuser ce genre de programmes à des heures d'écoute convenables, de ne pas déformer la vérité historique et de prendre davantage conscience de ses responsabilités en ce qui concerne la cohésion nationale et l'amour de la France.
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Matthieu : « On va essayer de résumer tout ça pour notre ami Internaute…
En attendant, le patriotisme a besoin de symboles, j’irai demain acheter un drapeau … »
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