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« Pour rouler droit sur les chemins de la vie! »
Le rayon "La vie, l’amour et la mort"

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Rappel des chapitres précédents. Mon petit fils Matthieu réunit quelques amis dans notre maison de vacances et, au retour de courses en montagne, ces 6 jeunes adultes discutent librement entre eux de ce que j’appelle les Valeurs.

Matthieu : « Je vous ai demandé de revenir aujourd’hui car je suis associé à un projet professionnel particulièrement délicat sur lequel je demande votre avis. Il s’agit de réaliser une série d’affiches pédagogiques à l’usage des élèves des collèges privés, affiches susceptibles de compléter l’initiation sexuelle officielle. »

Axel : « Qu’est ce que tu reproches à cette initiation officielle ? A mon avis, elle correspond tout à fait aux nécessités de l’heure. Tous les gosses d’aujourd’hui savent dès 8 ans comment on fait l’amour et le mettent en pratique dès l’adolescence. Il faut surtout apprendre aux filles comment ne pas tomber enceinte et à tous comment éviter le SIDA et le reste…»

Caroline : « C’est quand même un peu court comme bagage pour une vie. Ce n’est pas avec des bases comme celles là qu’ils démarreront une existence équilibrée. Il faut surtout leur dire que l’amour humain ne se réduit pas, comme pour les animaux, à l’acte sexuel, encore que c’en soit une dimension importante… »

Capucine : « Entre la conception défensive et sanitaire de l’amour qu’on leur apprend à l’école et la conception fleur bleue des romans de nos arrière grand mères, on devrait bien trouver le ton juste… »

Matthieu : « Il faudrait d’abord leur montrer que l’Amour entre un homme et une femme, c’est quelque chose de merveilleux, qui peut ensoleiller toute une vie. A ne pas réduire au plaisir échangé avec un(e) partenaire de rencontre pour terminer une soirée…»

Olympe : « Les persuader aussi que l’acte sexuel, qu’on a tant tendance à banaliser aujourd’hui, ce n’est pas un jeu. C’est un acte grave qui engage toute la personne, surtout chez la femme… On aime avec tout son être, son cœur et son cerveau, et pas seulement avec son bas-ventre… »

Benoît : « Cet Amour là exige qu’on se sente responsable de l’autre, et en confiance avec lui, qu’on veuille lui donner du bonheur et pas seulement en tirer du plaisir… »

Capucine : « Sur tes affiches, tu devrais inscrire en lettres d’or les mots tendresse et dialogue … »

Olympe « … et le mot durée. « Le bel amour, c’est le long amour. », dit Bourbon Busset … »

Caroline : « Cet Amour là, il est si beau qu’il aboutit normalement à la conception de nouveaux êtres, donc, à la fondation d’une famille avec tous les bonheurs et les soucis qui en découlent … Il se vit surtout dans le mariage… »
Axel « … Ca non ! Même si, un jour, j’aime vraiment une fille, je ne vois pas pourquoi je l’épouserais… »

Olympe : « Parce que, si tu l’aimes assez, tu parieras sur elle. Tu choisiras de prendre soin d’elle jusqu’à la mort (et réciproquement). Tu t’engageras avec elle et tu en prendras la société à témoin car la famille, c’est le pilier de la société. C’est comme ça que ca se passe dans toutes les civilisations, depuis la nuit des temps... »

Axel : « Holà ! Trois objections. D’abord, je connais beaucoup de filles, dont plusieurs me plaisent, comment saurai-je celle qui est la bonne… Ensuite, notre amour ne regardera que nous, je ne vois pas pourquoi j’irais le faire labeliser à la mairie … Et puis, rien ne prouve que, cet amour, il ne s’usera pas… »
Capucine : « Ce sera la bonne si tu te sens bien avec elle au point de vouloir faire ta vie avec elle… si vous avez assez d’idéal et de goûts en commun pour envisager d’avoir des enfants l’un de l’autre... »

Matthieu « et si tu sens qu’il est raisonnable de t’embarquer avec elle… »

Axel : « Raisonnable… Quel mot horrible alors que vous évoquiez la poésie de l’amour ! »

Capucine : « On te répète qu’il ne s’agit pas ici d’une aventure de week-end mais de l’Amour pour la vie. Il suppose une certaine communauté d’éducation, de culture, de préoccupations, de sentiments… Il y a des unions contre nature dont on devine, dès le 1° jour, qu’elles ne vont pas durer. C’est ta raison qui t’aidera à ne pas s’engager dans une impasse en t’embarquant avec une jolie pimbêche, une superbe hystérique ou une sympathique droguée … »

Axel : « Alors, je la changerai… L’amour fait des miracles. C’est bien connu ! »

Caroline : « Tu ne changeras rien du tout car on ne change pas la nature profonde des êtres. Quand tu le réaliseras, vous romprez et, comme tant d’autres, vous serez malheureux tous les deux... »

Axel : « C’est bien pour ça que je ne veux pas me marier, et d’ailleurs, le divorce n’est pas fait pour les chiens…»

Olympe : « Le divorce, on s’aperçoit qu’il a, à terme, des conséquences psychologiques et affectives terribles, notamment chez les enfants… »

Axel : « Alors, je ne ferai pas d’enfant.... Les moyens contraceptifs ne manquent pas … »

Capucine : « Dommage ! Quand on s’aime vraiment, faire un enfant ensemble, se prolonger dans un nouvel être, c’est une merveille et c’est une loi de la vie … »

Caroline : « Pour en revenir à la contraception, les hommes pensent souvent que c’est l’affaire de leurs nanas ; or, on sait aujourd’hui que la pilule et le reste ont bien des inconvénients sur la santé et le psychisme des femmes… C’est au couple d’assumer ensemble la maîtrise de sa fécondité…»

Axel : « Alors, ma copine ou ma femme, je la ferai avorter, c’est légal et c’est devenu très simple… »

Benoît : « Simple, peut-être au plan technique mais affreux au plan moral. C’est une terrible responsabilité. D’abord, tu tuerais ton enfant… Ensuite, une femme reste marquée à vie par un avortement. Tu infligerais à la tienne une grave blessure… »

Axel : « Vous me cassez les pieds avec vos principes ringards et vos interrogations morales. Laissez-moi vivre comme j’en ai envie et comme j’en ai l’habitude ! Je ne manque jamais de filles qui acceptent de passer un bon moment avec moi et qui se posent moins de questions que vous. Nous, on s’éclate et c’est tout ! »

Matthieu : « Et dans quelques années, tu auras des cheveux blancs, tu feras le bilan de ta vie et tu t’apercevras que tu l’as traversée sans rencontrer le vrai bonheur … et sans en donner… »

Axel : « Alors, je me foutrais en l’air… »

Olympe : « Et ça te fera un échec de plus. Ta vie ne t’appartient pas. Elle t’a été donnée pour servir et pour aimer. Moralement, tu n’as ni le droit de la gaspiller ni de la supprimer. Tous ici, nous ne voulons que ton bonheur et celui de celle que tu finiras par choisir … Notre conception de la vie, c’est celle de millions de personnes car, même s’il y a des échecs, 2 couples sur 3 tiennent le coup… Crois-moi. Ce n’est pas si difficile d’Aimer avec un A quand on en prend les moyens…»
Axel : « Et c’est quoi ces moyens ? Les pantoufles et le biberon de 5 h du matin ? … »

Capucine : « C’est surtout la volonté d’aimer, de donner de la tendresse, le sens de sa responsabilité vis-à-vis de l’autre, la confiance, le dialogue permanent, le don de soi, la fidélité, l’engagement… et même la patience, le pardon et, oui, une certaine abnégation, pour le biberon du matin, la vaisselle … et le reste…

L’Amour, c’est tout cela… »
Axel : « Finalement, n’est ce pas plus simple d’être homosexuel ?… »

Capucine : « Ne crois pas cela. J’en connais plusieurs qui sont très gentils mais qui semblent foncièrement tristes. Cette situation doit être très lourde à porter, surtout quand on vieillit ou qu’on tombe malade… »

Axel : « Moi, si je tombe gravement malade, je n’attendrai pas d’être gâteux ou de beaucoup souffrir, j’aurai recours à l’euthanasie car j’estime avoir le droit de mourir dans la dignité... »

Olympe : « Je ne veux pas te faire un cours de philo mais, si tu es honnête avec toi-même, fais attention au sens de tes mots ! De même que ta liberté, ce n’est pas celle de faire n’importe quoi… De même, ta dignité d’homme, c’est celle de faire face avec courage aux circonstances de la vie… Se flinguer ou se faire faire une piqûre, pour moi, c’est le contraire de la dignité, c’est de la lâcheté… »

Matthieu : « Tout ça nous éloigne de mes affiches, comment les réaliseriez-vous et dans quel ordre les placeriez-vous ?

Capucine : « Moi, je partirais du Bonheur, qui me semble être - après la simple subsistance - la préoccupation essentielle des hommes et des femmes … »

Caroline : « Chacun le voit différemment… Pour mon patron, le bonheur, c’est apparemment le boulot !... »

Capucine : « Oui mais, même pour lui, c’est aussi la satisfaction du besoin d’aimer et d’être aimé… Elle est dans le cœur de chacun, même si certains ne le savent pas ... »

Matthieu : « D’accord pour le départ. Ensuite, j’embrayerais bien sur l’amour physique pour dire qu’il ne suffit pas… »

Caroline : « C’est le moment de glisser le couplet tendresse, poésie et le reste… »

Olympe : « Les jeunes te répondront qu’on peut vivre tout cela dans l’union libre, sans passer par le maire et le curé … et que le mariage tue l’amour… »

Capucine : « Tu leur réponds : votre cohabitation, c’est une SARL (société affective à responsabilité limitée) …
Je prends de toi ce qui m’intéresse … et pour le reste, tu te débrouilles… C’est pas mon problème !»
Benoît : « Il faudrait donc consacrer une affiche à la dimension nouvelle que le mariage confère à l’Amour : les notions de prise en charge complète et définitive, ainsi que d’engagement pour le meilleur et pour le pire.»

Olympe : « Puis déboucher sur l’arrivée d’enfant, et l’éducation à leur donner… »

Caroline : « Attention quand même à ne pas vouloir en dire trop : notre public, c’est le monde scolaire… »
Axel : « Croyez-moi, les scolaires d’aujourd’hui en savent plus long sur ces choses que bien des grand mères… »

Benoît : « En tout cas, face aux horreurs qu’on leur montre aujourd’hui, via la porno notamment, il faudrait que ces affiches soient belles, que les photos soient vraies et rayonnantes (donc pas de mannequins professionnels) et que les visages donnent envie aux jeunes d’être heureux profondément, comme ceux qui posent…»

Matthieu : « Nous devrons quand même répondre aussi aux questions que se posent les jeunes, par exemple sur l’IVG, la contraception, l’homosexualité et le suicide… »

Olympe : « Oui, mais de façon positive, et surtout sans jugements blessants car ces situations là, on en trouve dans toutes les familles… Je crois qu’on peut à cet égard mettre le bonheur partout en avant … »
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Axel : « Vous m’avez quand même ébranlé. Je vais maintenant regarder les femmes avec un autre œil … »
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