Lettres à mes petits-enfants sur des sujets qui fâchent
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LETTRE  À  AGNÈS  sur  LA  GUERRE  DES  IDÉES 

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Ma chère petite Agnès

La dernière fois que nous nous sommes vus, tu m'as reproché ma vision pessimiste du monde.
Tu m'as dit:

"Grand père, sois donc cool! Tu as eu une belle vie. Malgré tes misères, tu vas bien. Qu'est ce que tu veux de plus? Arrête de jouer les Cassandre et de te prendre pour Jeanne d'Arc !"

Je t'ai répondu: "Oui, j'ai été comblé par l'existence. Non, je ne me prends pas pour Jeanne d'Arc mais je suis inquiet pour vous ..
Parce qu'il y a 10% de chômeurs en France, parce qu'on s'y fait agresser pire qu'au Moyen Age, parce qu'on vous offre partout de la drogue, parce que vous êtes initiés au sexe dans les pires conditions, parce que trop d'entre vous n'ont plus confiance ni dans la famille, ni dans la société ... Et surtout, parce que vous n'avez plus d'étoile où accrocher votre charrue !"

Là dessus, en vieux soldat dressé à évaluer la menace afin d'y faire face, je suis parti dans une peinture des périls qui pèsent sur votre France :

            - péril noir comme la poussée démographique du Tiers monde misérable et anarchique,

            - vert comme l'effet de serre, la pollution et le manque d'eau, ou vert comme l'intégrisme islamique militant,

            - jaune comme le dynamisme économique de l'Asie et l'inconnue chinoise,

            - gris comme le narco terrorisme,

            - rouge comme la rémanence de l'influence marxiste en dépit de l'implosion de l'URSS,

             - étoilé comme la tentation américaine à l'hégémonie,

et surtout tricolore... et j'ai commencé à énumérer : dénatalité, violence, délinquance, déprimes en série ...

sans parler de nos divisions de tribus gauloises et surtout de notre manque de foi et d'espérance...

Là dessus, tu m'as interrompu avec trois arguments que j'ai pris comme autant de coups de poing au plexus :
     "1/ Tu parles de foi et d'espérance mais ce n'est pas avec des discours comme ceux-là que tu nous les rendras !
      2/ D'ailleurs, de tous temps, il y a eu des drames
, et me balancer pêle-mêle la Guerre de 100 ans, la Peste noire, la Terreur et Hitler. ..
      3/ Ce que tu appelles crise de civilisation, ce n'est que l'évolution des idées et des mœurs qui découle du progrès technique. Enfant, tu montais dans la carriole de ton grand-père. Maintenant, tu prends l'avion et ton chirurgien vient même de te refaire un genou et une hanche neufs en titane.
      Le monde change, grand-père ... "


Là dessus, tu es partie en coup de vent avant que j'aie pu placer un mot.
    Ma réponse la voici, en différé.
***

     C'est vrai que le monde change. Toute ma vie, j'ai essayé de m'adapter et aujourd'hui, je tente de rester dans le coup sur un certain nombre de sujets: je sais même surfer sur le Net....

     C'est vrai qu'il y a un certain nombre de signes positifs dans la situation actuelle. Au sein de l'Europe, la France conserve une position importante. Notre culture et notre équilibre font envie au reste du monde.

     On perçoit, dans tous les milieux, un certain ras le bol de la chienlit post soixante-huitarde. De même, on observe dans une partie de notre jeunesse (et tu en es ... ) un grand idéal et de merveilleuses qualités (de générosité notamment).

     Ce sont des signes du retour du pendule dans le bon sens.

     C'est vrai que les rapports humains ont toujours été des rapports de force. De tout temps, on a volé, tué et incendié.

     Ce qui est nouveau, c'est la cible de ces affrontements.

     Autrefois, c'étaient la vie et les biens matériels qu'on essayait d'ôter à l'adversaire.
     Aujourd'hui, on vise d'avantage les cerveaux et les cœurs ; la dimension psychologique de la lutte est devenue déterminante.

     Tu me répondras que ça ne date pas d'hier et je te donne raison puisque Sun-Tsu disait déjà, 6 siècles avant Jésus Christ:

"L'art suprême de la guerre, c'est de vaincre l'ennemi sans combat et, pour cela, d'utiliser des hommes vils, de compromettre les chefs, de désorganiser l'autorité, de ridiculiser les traditions, de semer la discorde entre les citoyens, de dresser les jeunes contre les vieux, de perturber l'économie, de répandre l'immoralité et la débauche ... "
LA FOUDRE ET LE CANCER

     Il y a une quinzaine d'années, en quittant l'armée, j'ai exprimé dans un livre, "La Foudre et le Cancer: mes convictions d'ancien responsable militaire.

     Pour moi, "la Foudre", la menace nucléaire qui pesait virtuellement sur notre pays était infiniment moins à craindre qu'un péril bien réel, "le Cancer"psychologique, moral et spirituel qui rongeait déjà notre société ..
Ce que j'appelle "le Cancer", c'est la conjonction des formes modernes et subtiles de violence avec l'effondrement des Valeurs de vie.

     Depuis 15 ans, il me semble que ce Cancer a proliféré. Le suicide est la 1ère cause de mortalité des jeunes ...

     Les crimes sexuels prolifèrent, comme les cassettes porno ... Les violences urbaines deviennent quotidiennes et les affaires en tout genre remplissent les journaux...

     Les causes de ce "Cancer" sont multiples. Les optimistes (comme toi) ne veulent y voir qu'une irréversible évolution des mentalités amorcée au "siècle des lumières" et développée progressivement depuis dans tous les pays riches.

     J'estime, moi, qu'il s'agit d'une véritable crise de civilisation liée à notre phénoménal progrès matériel. Beaucoup d'hommes ont les moyens de vivre mieux mais ils en oublient trop souvent de se préoccuper de leurs raisons de vivre. Il s'ensuit que notre société est vulnérable.
Nous sommes riches
mais vulnérables
La vulnérabilité de notre société

     Tu me rediras que, par rapport aux Balkans et à l'Afrique, nous représentons un havre de paix et de prospérité.

     C'est vrai mais nous sommes en même temps devenus très vulnérables et l'action des révolutionnaires s'appuie d'abord sur notre faiblesse. Comme dit le proverbe africain, la forêt n'est jamais brûlée que par ses propres arbres.

     La majorité des Français d'avant 1940 étaient d'origine paysanne et restaient imprégnés de traditions terriennes et chrétiennes. Aujourd'hui, nous vivons dans le béton, l'œil sur l'écran de TV, ou en auto, devant un haut parleur. Nous sommes dépendants non seulement des grandes surfaces où nous remplissons notre caddy mais surtout de ce qu'on nous raconte à la radio.

     Notre confort nous a rendus à la fois matérialistes, hyperassistés et souvent indifférents à autrui, au point que nous n'osons même plus porter secours au vieillard qu'on agresse dans la rue ou le métro.

     Depuis trente ans, on a négligé à l'école l'instruction civique et l'histoire. On nous a dit que la bombe atomique nous éviterait la guerre. Résultat: nous oublions les impératifs de notre propre défense.

     Plus grave encore, nos "maîtres à penser" se réfèrent journellement à nos droits mais ne nous rappellent pas souvent nos devoirs....

     Par dessus tour, l'énorme poids de l'opinion publique complique la tâche de nos gouvernants qui sont encore plus tributaires des médias que les simples citoyens.

Les progrès faits par la psychologie sociale, appliquée par exemple à la pub, contribuent en effet à accentuer la domination des médias sur l'opinion et de celle-ci sur les pouvoirs.

L’impact de la TV et de la radio est donc formidable, au plein sens du terme (formidabilis = qui fait peur), d'autant plus que, liberté oblige, ils ne font l'objet d'aucun contrôle sérieux.

En effet, le caractère libéral de nos lois nous empêche de réagir contre ceux qui agressent la société*. Cette conception de la liberté me paraît carrément suicidaire, d'autant plus que les lois modernes ont tendance à s'aligner sur les mœurs.

Un vieux principe de droit Romain considérait au contraire que les lois constituent des "butoirs" pour empêcher la société de dériver vers l'anarchie. A ce titre, elles doivent s'appuyer sur des principes moraux considérés comme supérieurs aux libertés individuelles. Tout cela est, hélas, révolu!

Enfin, nos divisions de "tribus gauloises" représentent un facteur aggravant de toutes ces vulnérabilités.

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Ceux qui veulent casser la baraque

J'admets, certes, que des conditions de vie nouvelles (comme la pilule et l'explosion informatique) ont conduit à une certaine transformation des esprits. Mais je crois aussi que la crise est amplifiée, aggravée et exploitée par des hommes qui cherchent à accélérer et à étendre ce processus de décomposition de notre tissu social pour casser la baraque, c'est à dire pour renverser l'ordre établi et le remplacer par un autre.

Parmi eux, je repère, en simplifiant, 3 groupes qui agissent de façon différente et qui peuvent nuire ensemble le cas échéant.

1/ Les révolutionnaires violents, les poseurs de bombes, utilisent le terrorisme comme moyen majeur d'intimidation et de propagande. On les voit sévir tous les jours en Corse et on sait qu'il y a des Fous d'Allah prêts à tout.

2/ Les marxistes ont conservé leur prédilection pour la lutte des classes et l'agit prop. Ils préfèrent exacerber les conflits sociaux nés des nouvelles conditions économiques. Comme tu peux le constater chaque jour, la grève et les manifs sont leurs armes principales et les immigrés leur servent de masse de manoeuvre.

3/ Le troisième groupe pratique une stratégie plus subtile et plus sournoise, celle que j'appelle la guerre des idées.
C'est d'elle que je veux surtout te parler.

La révolution masquée

Sans assassinat, ni déploiement de foules, certains de nos concitoyens cherchent à prendre, très progressivement et de façon quasi imperceptible, le contrôle du coeur et du cerveau des hommes.

Ils ont compris avec Gramsci que " la prise du pouvoir politique exige au préalable la conquête du pouvoir idéologique et culturel" et en ont tiré les conclusions.

La théorie de Gramsci

Tu ignores probablement qui est Gramsci. C'est le communiste Italien qui a posé les principes de cette stratégie. (Incarcéré par Mussolini, il a écrit en prison "Les cahiers" et "Les Lettres de prison" qui constituent l'essentiel de son oeuvre politique. Il est mort en 1937 mais ses idées continuent à inspirer la subversion).

Pour prendre le pouvoir, disait-il, il est possible de faire l'économie de la violence à condition de prendre son temps et de procéder avec méthode. Il n'est pas nécessaire d'aller attaquer les préfectures et les commissariats de Police: ils ont par définition la capacité de se défendre et de réagir. C'est indirectement qu'il faut les investir en agissant de l'intérieur sur la mentalité des hommes, c'est à dire en exerçant de l'influence dans les domaines intellectuel, moral et philosophique.

Pour Gramsci, faire la révolution consiste d'abord à chercher à modifier la façon de penser et de vivre des hommes et de transformer leurs repères culturels.

"Si on y arrive, dit-il, le pouvoir politique s'effondrera de lui-même car il ne sera plus en prise avec la société civile qu'il est chargé d'encadrer". Cette conception rajeunit la stratégie révolutionnaire, en complément des actions violentes qu'on garde, j'imagine, pour les grandes occasions.

Elle présente l'avantage de nous prendre à contrepied, nous, autruches qui ne voulons pas voir venir la menace, aveuglés que nous sommes par toutes les nouveautés de notre civilisation.



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Nous sommes d'autant plus vulnérables à l'offensive culturelle.

Les intellectuels de gauche en sont les acteurs principaux et travaillent à renverser les valeurs anciennes, à lancer de nouvelles valeurs, à créer de nouveaux héros, à promouvoir un nouveau type d'art, de musique, d'architecture, de mode vestimentaire ... Ils contribuent, je le répète, à changer la façon de penser et de vivre des hommes et des femmes.

L’application de cette théorie

Il est impossible de trier ce qui, dans la situation actuelle, résulte de l'évolution naturelle des idées, de ce qui est imputable à notre crise de civilisation et ce qui relève de la volonté de certains de casser la baraque.

Tout semble cependant se passer comme si cette volonté était mise quotidiennement en œuvre.

Le traitement du passé

Rappelle-toi la polémique de 1996 à propos du baptême de Clovis. Elle a opposé deux camps : ceux qui, comme moi, pensent que c'est l'effort opiniâtre de nos Rois qui a réalisé progressivement l'unité nationale, et ceux pour qui la France est née à Valmy ...

Les mêmes dénigrent et déforment depuis des années notre oeuvre colonisatrice, dans des films, des émissions TV et les livres scolaires. On a l'impression qu'ils veulent vous couper de vos racines, vous donner honte de notre passé qu'ils vous présentent comme synonyme de mal, alors que la modernité est a priori, selon eux, synonyme de bien.

Le renversement des valeurs traditionnelles

Sous prétexte que 1a "Collaboration"pratiquée par une minorité a compromis la devise "Travail-Famille-Patrie", et pour empêcher le retour d'un soi-disant ordre moral ils dénigrent ou raillent, comme obscurantistes et réactionnaires, des notions simples et éprouvées comme la famille fondée sur le mariage et le mariage fondé sur un engagement définitif, le devoir par rapport au droit, la responsabilité par rapport à la liberté, le sens de l'honneur, l'autorité, la politesse (en même temps que la cravate, symbole de conventions vestimentaires dépassées ... )

Ensemencement de nouvelles valeurs

Le travail de sape précédent mené pendant des années a porté ses fruits et a abouti à une véritable déprogrammation des cerveaux. Elle est encore facilitée par l'effondrement de la foi et de la pratique religieuses, ce qui fait que beaucoup de jeunes (ceux que je rencontre en prison mais aussi des jeunes BC BG ... ) n'ont plus aucune idée du Bien et du Mal ...

Nos adversaires en profitent pour promouvoir de nouvelles valeurs à travers les émissions radio et TV branchées, les BD, les magazines, les films et romans à la mode. La musique et la chanson leur sont d'un puissant secours en créant de nouvelles idoles dont le comportement a valeur d'exemple.

Tout cela est d'ailleurs encouragé par une large partie du personnel politique qui craint par dessus tout de passer pour ringard.

C'est ainsi qu'on essaye de vous enseigner, en même temps que le nouveau type d'art, des valeurs sympa, soft et cool telles que la tolérance et la sincérité (tout est semblablement beau et bon, du moment qu'on est sincère: la vérité n'existe plus ... ), les droits de l'homme considérés comme un absolu (y compris les droits des enfants d'échapper à l'autorité des parents et le droit pour ceux-ci de se désintéresser, le cas échéant, de leurs enfants pour pouvoir mieux s'éclater), l'égalitarisme forcené qui tue l'émulation, la liberté de tout dire, de tout faire et de tout montrer, au risque d'empoisonner les yeux et les coeurs des jeunes et des moins jeunes et de provoquer beaucoup de dégâts ... (Visiteur de prison, je vois fréquemment des hommes con¬damnés très sévèrement pour crimes et délits sexuels et je suis scandalisé que les diffuseurs de cassettes X, qui sont les vrais inspirateurs de ces crimes, ne soient pas, eux, poursuivis ... )

Sémantique

Tu sais que la sémantique, c'est l'art d'utiliser les mots. Elle joue un rôle important dans cette guerre des idées et des cerveaux.

Si les jeunes immigrés pratiquent le verlan dans les banlieues, c'est pour faire un pied de nez (ou pire ... ) à notre langue française et à notre pays dont ils ne veulent pas faire réelle¬ment partie.

Dans le langage courant, des mots comme fasciste et raciste sont utilisés comme de véritables "armes à tuer".

D'autres mots sont simplement destinés à faire rire et à abaisser car la dérision est une arme terrible. Il n'est pas innocent, par exemple, d'appeler un patriote franchouillard, un cadre chefaillon et, à un moindre degré, un soldat bidasse... Plus significatif encore d'appeler, en Nouvelle-Calédonie, un loyaliste anti-indépendantiste...

A l'inverse, (sans parler des facteurs qui sont devenus préposés... ) on lance de nouveaux vocables, volontairement déchargés de tout contenu affectif, pour déculpabiliser ceux qui pourraient se sentir coupables:



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l'avortement devient ainsi IVG, l'assassinat se traduit par exécution, le vol s'appelle récupération et l'euthanasie droit de mourir dans la dignité...

Deux thèmes d'actualité

Deux domaines, entre autres, sont largement exploités dans une volonté marquée de fausser les esprits:

• Le thème de l'antiracisme est ainsi devenu le nouveau vecteur du message révolutionnaire. Sous prétexte que tous les hommes sont égaux en droit (ce qui est incontestable), nos casseurs de baraque ont réussi à rendre tabou toutes les questions relatives à l'immigration.

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Prononcer seulement ce mot, c'est encourir le risque d'être traité d'extrémiste et, a fortiori, exprimer des opinions comme: l'immigration non contrôlée est une menace pour l'identité française ou la concentration des populations immigrées dans les banlieues représente un fléau social à cause du fort taux d'illettrisme, de chômage et de délinquance qu'elle entraîne (je parle, moi, de cela d'autant plus librement que je consacre, en prison, une partie notable de mon temps à des noirs et maghrébins)..
A cet égard, nos adversaires sont champions dans l'art de nous donner mauvaise conscience et nous sommes souvent assez stupides pour donner dans le panneau (les hommes politiques de droite y compris ... )

• Le thème de la libération sexuelle est également utilisé pour déstabiliser la société traditionnelle. C'est vous qui êtres principalement visées, vous les femmes. Dans toutes les civilisations, en effet, vous êtes les gardiennes des Valeurs.
Vous constituez donc l'objectif N° 1 de la subversion des idées à travers des mots d'ordre comme la femme est maîtresse de son corps; l'avortement est un acquis social; la femme au foyer n'est qu'un légume... et autres slogans féministes et libertaires.
Ne t'y trompe pas, derrière les superbes photos de top-models, les magazines féminins que tu feuillettes chez le dentiste, diffusent le même genre de message! Les jeunes sont la 2° cible de cette offensive, notamment à travers les campagnes "d'éducation sexuelle". Ce qu'on leur diffuse, tu l'as constaté en parcourant les manuels scolaires de tes frères et sœurs, c'est une vision vétérinaire des rapports sexuels et de l'amour humain d'où tout sentiment et toute poésie sont exclus (On leur apprend presque à jeter le partenaire après usage, comme un "kleenex" )
Sous prétexte de santé publique, nos adversaires favorisent la distribution publique de documents qui banalisent les déviances sexuelles et devraient être réprimés comme autant d'incitations à la débauche.
Le "lobby" homosexuel exerce dans ce domaine une grande influence. Bien en cours dans les milieux de l'art, des médias et de la politique, ses associations ont appuyé la campagne d'information sexuelle à l'école et mènent le jeu en ce qui concerne la prévention du SIDA.
Elles sont aussi à l'origine du concept de PACS et on pouvait lire l'autre jour dans le Nouvel Obs : "On ne va pas contre le sens de l'histoire! Les réacs ont perdu! Mille indices montrent que l'homosexualité est en voie d'acquérir droit de cité !..."
Ce qui, vu de notre fenêtre, est bien la preuve que la création du PACS n'est pas une loi parmi tant d'autres. Il s'agit bel et bien d'une véritable opération de guerre des cerveaux. Elle contribue à casser (en douceur) la baraque, c'est à dire à changer la société.
Parmi bien d'autres, la proposition de dépénaliser le cannabis est une autre façon d'y travailler.
Tout cela est grave, d'autant plus que la désinformation achève le travail...

La désinformation

L’origine du mot est soviétique et le procédé aussi: c'est tout un programme. C'est une véritable arme de guerre, selon W. Volkoff qui la définit comme: "un arsenal de moyens avoués ou occultes utilisés pour influencer un gouvernement étranger, discréditer ou tromper les opposants politiques, miner la confiance entre alliés hostiles à l'URSS et fausser chez l'adversaire l'appréciation de la vérité."

C'est sous ce dernier angle que, chez nous, la désinformation participe à la guerre des cerveaux. Compte tenu du formidable impact des médias, elle contribue journellement à troubler nos jugements et à fausser nos esprits.
      Il y a bien des façons de désinformer :


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• La plus simple, c'est d'occulter partiellement ou complètement la vérité. Par exemple, un présentateur de TV ne parlera pas d'une manif organisée par un mouvement qui n'a pas sa sympathie.
• Il peut aussi, c'est l'enfance de l'art, présenter les faits de façon orientée pour les besoins de "sa" cause.
- soit en les sortant de leur contexte.
- soit en les commentant de façon partiale.
• La TV faisant beaucoup appel à l'émotion, une photo-choc ou un coup de zoom sur un cadavre vaut tous les commentaires.
• Dans certains cas, on nous assène quantité d'informations pour saturer nos cerveaux et détourner notre attention de l'essentiel qu'on veut soit nous cacher, soit minimiser.
• Il arrive aussi qu'on nous diffuse une information carrément fausse mais vraisemblable. Cela prend souvent car la majorité des gens gobent n'importe quoi!
• Depuis Beaumarchais, la calomnie reste l'arme de base dans la guerre des cerveaux ... Même démentie, il en reste toujours quelque chose.
• Les faits de désinformation sont rarement isolés car la répétition est à la base de toute pédagogie. C'est pourquoi nous sommes souvent l'objet d'un véritable matraquage médiatique. On nous envoie plusieurs fois le message, de façon qu'il finisse par rentrer.
• Enfin, les gens n' ayant pas tous les mêmes goûts et la même perception, de vraies campagnes de désinformation sont orchestrées, avec des supports différents et sur des tons différents mais toujours sur le même thème.

Je pourrais continuer longtemps sur ce sujet et parler d'autres procédés classiques de manipulation de nos cerveaux: l'allusion, le soupçon, l'amalgame et surtout la dérision. Demande-toi par exemple si des émissions comme les Guignols de l’1nfo n'ont pas contribué à dévaloriser la politique aux yeux des Français ...

Le terrorisme intellectuel et le "politiquement correct"

Ce sont des notions annoncées par Aldous Huxley il y a longtemps dans "Le meilleur des mondes" mais très actuelles. Pendant que le terrorisme tout court essaye de nous intimider par des attentats et des assassinats, le terrorisme intellectuel nous empêche d'exprimer nos opinions en nous menaçant de nous faire passer pour fascistes, racistes ou réactionnaires retardataires. Du coup, la langue de bois est passée dans nos mœurs, bien qu'elle soit une invention du stalinisme, champion du mensonge toutes catégories.

Pour ne prendre que deux exemples du succès de cette intimidation, personne ne se risque actuellement à parler de dénatalité et personne n'ose dire que ce sont de jeunes immigrés maghrébins et noirs qui brûlent les autos, agressent les policiers et pillent les magasins. On ne les désigne, de façon "politiquement correcte", que sous le nom de jeunes...

Cette langue de bois a donné naissance à une version, adoucie mais d'autant plus redoutable, qui sert aussi à travestir la vérité. Ainsi, quand un Ministre qualifie les délinquants précédents du nom trop gentil de sauvageons, il utilise la langue de coton ...

Et tout est à l'avenant! On est loin de la parole de Jean Paul II:

"La vérité vous rendra libre"

En fait de liberté, nous risquons, si nous n'y prenons pas garde, d'être prisonniers de la langue de bois, du terrorisme intellectuel et du politiquement correct.

D'une façon plus générale, à travers tout ce que je viens de te raconter, tu as compris qu'il s'agit bel et bien d'agir sur nos cerveaux et de manipuler nos esprits, de façon à transformer peu à peu notre société.

Face à cette menace, il faut absolument que vous sachiez et que vous vouliez vous défendre.

COMMENT VOUS DEFENDRE DANS LA GUERRE DES CERVEAUX ?

Je résumerai ma pensée en quatre verbes qui sont autant de conseils d'ancien: Vous informer, vous former, vous rassembler et oser.


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1/ VOUS INFORMER

Il faut d'abord que vous preniez conscience du DANGER et que vous LE DENONCIEZ. Nous sommes en effet dans la position d'Œdipe devant le Sphinx qui disait à son otage: "Comprends ou tu seras dévoré'.

En ce qui te concerne, essaye de comprendre et d'analyser l'actualité à la lumière des révélations que je viens de te faire et aide tes amis à en faire autant.

Cela dit, fais attention en même temps à ne pas être obnubilée par la désinformation et la subversion au point d'en voir partout. Sois vigilante mais garde la tête froide et le sens de l'humour.

Evite aussi de te comporter comme si tu partais en croisade: tout ce qui est excessif ne compte pas. Notre force à nous, ce doit être l'appel au bon sens.

En revanche, sache reconnaître aussi les faiblesses de l'adversaire et nos propres atouts lesquels restent nombreux.

Rappelle-toi par exemple la véritable volte-face des médias lors des JMJ. Une semaine avant, les JMJ étaient annoncées comme un bide assuré et le Pape présenté comme un moraliste retardataire, moribond de surcroît, impopulaire jusque dans sa propre Eglise. Les "forces de progrès n'en feraient qu'une bouchée. Une semaine plus tard, la situation était renversée. Les journalistes avaient pris le train en marche!

C'est que la loi du pendule régit l'univers et que les excès finissent par entraîner le rejet des idées fausses et des comportements aberrants.

Ce qui est vrai de la tyrannie dans les régimes totalitaires, l'est aussi dans nos sociétés permissives. C'est aux USA qu'avait commencé en 1968 la contestation des valeurs, c'est là qu'aujourd'hui elles reviennent en force.

Tu remarques d'ailleurs que le renouveau du spirituel accompagne et éclaire le retour des valeurs traditionnelles car, plus que jamais, les gens ont besoin de donner un sens à leur vie.

2/ VOUS FORMER

Ayant pris conscience du danger, essaye de renforcer tes " défenses immunitaires", celles de ton cerveau. Pour cela, aiguise ton esprit critique, vérifie ce qu'on te raconte, trie et compare les points de vue.

Cela te demandera du travail. Cela impliquera surtout que tu aies l'oeil et l'oreille pointus ...
Cultive ton indépendance d'esprit. Face à la contamination de la pensée unique, cela me paraît la vertu cardinale de votre génération.

A cet égard, il faut commencer tôt. Tu t'occupes de jeunes (et j'en suis fier). Tout en les faisant jouer, saisis toute occasion de leur apprendre que tout n'est pas vrai dans ce qu'on leur montre à la télé et que tout n'est pas bien même quand " tout le monde le fait'.

3/ VOUS RASSEMBLER

Je viens de te montrer que, sur le plan des idées, nous sommes en guerre. Or, à la guerre, malheur à l'homme seul. Cherche donc des alliés, des gens qui pensent comme toi et avec lesquels tu puisses échanger des informations en vous confortant mutuellement et en essayant de monter des actions coordonnées.

Quand on est minoritaire, ce qui risque de devenir notre cas - mais, rassure-toi, les minorités actives mènent le monde - IL EST VITAL DE S'ASSOCIER.

4/ OSER

Cela dit, ce qui est encore plus important, c'est d'avoir du courage.

Cette vertu est nécessaire tous les jours aux adultes dans leur vie familiale et professionnelle. Elle l'est encore plus pour vous, les jeunes, qui êtes très sensibles à la mode, et très tentés de penser, de parler et de faire comme les autres.

Votre courage, c'est parfois celui d'OSER dire "NON" et c'est toujours celui d'oser affirmer vos convictions et de vous comporter comme vous pensez, même si vous risquez de passer aux yeux de beaucoup pour des demeurés.

***

Voilà ce que j'avais à te dire en réponse à ta sortie de l'autre jour.

Oui, la vie est belle et vaut la peine d'être vécue mais la guerre des idées existe bel et bien et nous y sommes quotidiennement confrontés.

Pour jouer ton rôle de femme libre qui a une place importante à remplir dans la société de demain, il me semble qu'il te faille

savoir pourquoi tu vis,
oser affirmer ce à quoi tu crois
et
"mettre ta peau au bout de tes idées"

C’est la grâce que je te souhaite.
***

Deux livres à lire, entre autres

A propos de la drogue
"Et si on parlait du haschich !" par Marie Christine d'Welles
(témoignage de 28 lycéens et collégiens bien de chez nous)
Editions Presses de la Renaissance

A propos de la désinformation

"Petite histoire de la désinformation" par Vladimir Volkoff
éditions du Rocher


Note :"Parmi bien d'autres, l'affaire NTM est typique. Alors que le Procureur avait requis pour incitation au crime, le Garde des Sceaux lui-même a demandé au Parquet de faire appel du jugement au nom de la liberté des programmes culturels...
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