Document

Kalachnikovs, bombes volantes, bacilles et télévision:


Présentation
Manifeste
Argumentaire
Lettres FV
Documents
Livres
Adhésion
Contact




Le texte peut être téléchargé pour l'imprimer
(15 pages)


Dialogue avec Marie Anne
sur
le terrorisme et la
guerre révolutionnaire.


Supplément au livre
" Lettres à mes petits enfants sur des sujets qui fâchent "
Téqui éditeur

par le Général Jean Delaunay (CR)


***

" L'art suprême de la guerre, c'est de vaincre l'ennemi sans combat. "
Sun Tsu, 6 siècles avant JC

" La forêt n'est jamais brûlée que par ses propres arbres. "
Proverbe bantou

" La vérité vous rendra libres. "
Jean Paul II, citant St Jean ( 8,32 )

***
Juin 2006
1


Pourquoi ce texte ?

    Depuis le 11 septembre 2001, le " Mardi Noir " américain, beaucoup de gens me demandent comment on en est arrivé là, ce qui pourrait arriver demain et ce qu'on peut faire pour contrer la sinistre entreprise terroriste…

    J'ai donc relu le chapitre " la guerre révolutionnaire " de mon livre " La Foudre et le Cancer " et je l'ai réécrit à la lumière des récents évènements.

    Dans cet ouvrage paru à la suite de mon départ volontaire de l'armée, alors que l'URSS disposait encore d'un potentiel guerrier formidable, je défendais la thèse suivante qui me paraît encore plus vraie aujourd'hui :

- " La Foudre ", le danger militaire, classique ou nucléaire, est un péril virtuel qui me paraît moins redoutable que cet espèce de "Cancer", bien réel lui, qui nous ronge doublement :

- A l'intérieur de nous mêmes, c'est l'effondrement de notre volonté de vivre ( que traduit notre dénatalité ) et celle de nos Valeurs à vivre: entre autres, courage, honneur, sens des responsabilités, respect de l'autorité, générosité, culte de la famille, civisme et patriotisme, foi religieuse…

- Venant de l'extérieur, c'est une conjonction d'agressions sournoises. Dans le cadre de celles-ci, le battage médiatique autour du terrorisme révolutionnaire risque d'occulter d'autres réalités comme les entreprises maffieuses, le piratage informatique et la guerre psychologique qui se déchaîne contre nos Valeurs.

    Les pages qui suivent centrées sur le terrorisme ne prétendent pas dire toute la vérité sur ce sujet alors que des milliers d'opinions contradictoires s'expriment chaque jour sur cette nouvelle guerre des ombres.

    Elles ont au moins le mérite d'esquisser une synthèse entre la conception des précurseurs marxistes d'hier (Lénine, Trosky , Mao et Ho Chi Minh) et la stratégie démoniaque des commanditaires, Islamistes et autres, des massacres terroristes.

    En simplifiant, la guerre révolutionnaire, c'est un ensemble de procédés violents, fondés sur l'intimidation et la propagande, permettant à une minorité faible mais décidée d'imposer progressivement sa loi à une majorité riche et puissante mais molle et divisée.

    En 1950, cette stratégie avait permis à Mao Tsé Tung d'achever, de l'intérieur, la conquête de l'immense Chine.

    Elle permet aujourd'hui, à une poignée de fanatiques de défier nos démocraties, au nom d'Allah.

    Une telle force que nos autruches occidentales n'ont pas voulu voir monter mérite cependant qu'on l'analyse de près.

C'est ce que je tente de faire ici en faisant ressortir que
nos adversaires sont forts surtout de nos propres faiblesses.

Jean Delaunay
***
2

Kalasnikovs, bombes volantes, bacilles et télévision :
terrorisme et guerre révolutionnaire


Marie Anne, ma petite nièce, est une jeune étudiante à Sciences Po

Marie-Anne - Toi, l'ancien d'Indo et d'Algérie, je dois t'avouer que tu m'énervais un peu en donnant l'impression de voir du Rouge et du Vert ( Islamique ) partout... Comme si les cent cinquante conflits qui ont ensanglanté la Terre depuis 50 ans avaient tous été imputables au Kremlin et aux Talibans ! Comme s'il n'existait pas un peu partout des tensions et des injustices génératrices de guerres ! Comme il vous faut absolument un ennemi, je trouvais que tu assimilais trop la situation de la Corse à celle de " votre " Indochine et que vous imputiez un peu vite les attentats parisiens aux Islamistes prenant la relève du KGB !
    Et puis, le drame du 11 Septembre et les attentats plus récents m'amène à penser qu'il y a une part de vérité dans tout ce que tu nous racontes depuis 21 ans. Mais laquelle ?

Moi- Bravo, tu poses bien le problème. Je vais essayer de répondre le plus clairement possible, et avec le plus de nuances possible.
    Ma conviction est totale. C'est le communisme international qui, dès 1917, a initié la guerre révolutionnaire. Même s'il n'était pas à la source de tous les conflits survenus depuis 1945, il a essayé de tirer partout les marrons du feu. Il est aujourd'hui relayé par d'autres forces parmi lesquelles figure l'Islamisme. C'est le même genre de combat qui était livré, avant hier au Vietnam, hier à New York et en Russie, et qui le sera peut-être demain à Paris, avec les mêmes méthodes et les mêmes objectifs, sinon toujours les mêmes commanditaires.

Marie-Anne Tu as décidé de me faire tout un cours de guerre révolutionnaire ?

Moi Non, si tu le veux bien, je vais t'emmener au cinéma...

.................................................................

    La scène se passe quelque part dans des montagnes désertiques ou dans une forêt tropicale. Nous sommes dans une baraque ornée des photos de Mao, de Che Guevara et de Ben Laden et de quelques fortes sentences du genre :
" L'art suprême de la guerre, c'est de vaincre l'ennemi sans combat "
(Sun Tsu, 6 siècles avant JC).

    Une vingtaine d'hommes, blancs, noirs ou basanés, et quelques jeunes femmes, font connaissance en attendant le début du cours. Ils parlent anglais avec des accents variés :
" D'où viens-tu, toi ?
Du Sri Lanka.
" Et toi ?
De Corse.
" Et toi ?
De Colombie…
Un homme entre, en treillis, casquette à la Fidel Castro, pistolet au côté. .
Le commandant -.Bonjour, camarades. Je suis heureux de vous accueillir pour ce stage de formation à la guerre révolutionnaire. Vous venez de faire un long et difficile voyage, en changeant plusieurs fois d'avion et de passeport pour déjouer la surveillance de nos ennemis impérialistes. Voilà qui vous donne un avant-goût de la rigueur que l'on attend de vous ici. Vous aurez à travailler dur pour être dignes de votre mission révolutionnaire.
    Vous n'appartenez pas à la même race et vous n'avez pas la même culture. Mais vous avez en commun la volonté de renverser chez vous l'ordre bourgeois et capitaliste et vous êtes prêts à verser votre sang pour cette cause.
3


    Vous avez été sélectionnés dans vos cellules de base, à cause de votre foi et de votre dévouement. Je vous félicite.
    Nous sommes là pour vous apprendre les techniques de la guerre révolutionnaire.
    Ces techniques sont applicables partout car les hommes sont partout les mêmes et les représentants de vos gouvernements impérialistes se comportent partout de la même façon.
    Il vous appartient cependant, chacun rentré chez soi, de porter votre effort sur tel ou tel point en fonction de la situation locale et des ordres que vous recevrez.

    Maintenant, je vais vous poser quelques questions pour savoir où vous en êtes et ce que vous venez chercher ici.

Le commandan1(désignant un homme) - Toi, qu'est-ce que tu as à me dire ?

L'homme - J'arrive d'Irlande. Je connais bien les explosifs. Je voudrais apprendre le sabotage scientifique de bâtiments...

Une femme - Je suis boudhiste. J'ai horreur de la violence. Je viens apprendre à parler aux foules, à rédiger des tracts et des articles.

Un homme - Je suis Palestinien, je vois du sang tous les jours. Je viens apprendre à mieux organiser des attentats en ville et à éliminer les opposants.

Une femme - Je viens du Pérou pour découvrir comment organiser des réseaux de femmes pour recueillir des renseignements.

Un homme - Je suis Tchéchène ; je veux apprendre la guérilla urbaine pour transporter notre combat à Berlin et Paris, après Moscou.

Un autre - Moi, je suis étudiant en droit et Basque. Je veux apprendre la technique de l'agit-prop et les méthodes psychologiques de prise en main et de contrôle des foules.

Le commandant - Chacun dans votre genre, vous avez déjà de bonnes notions du métier. On vous apprendra tout ce que vous venez de m'indiquer... et beaucoup d'autres choses encore: l'art du déguisement pour échapper aux recherches et aux filatures, l'organisation des caches, des relais, des boîtes aux lettres, des filières, l'approche des objectifs, la façon de résister aux interrogatoires si, manque de chance, vous êtes pris... et même, toi le futur avocat, des astuces de procédure pour embarrasser vos juges, le cas échéant... Elles sont fondées sur les failles du droit impérialiste.
    Camarades, vous faites maintenant partie d'une puissante organisation où l'on met en commun l'imagination et l'expérience de tous pour abattre l'ennemi commun.
    Mais, je veux insister sur quelque chose d'essentiel.
    Sachez faire sauter un immeuble et assassiner un notable mais sachez surtout exploiter psychologiquement l'effet de ce sabotage ou de ce meurtre. Sachez aussi bien utiliser le micro et la caméra des journalistes que votre kalaschnikov car les haut-parleurs des radios et les écrans des télévisions capitalistes sont nos meilleures armes.
    Ce sont les caisses de résonance indispensables pour nous permettre d'atteindre l'opinion publique à travers les médias.
***

Le vice-commandant va maintenant vous donner lecture de votre emploi du temps journalier.

Le vice-commandant - Lever 6 heures, petit déjeuner 7 heures, footing et musculation de 7 h 30 à 8 h 30, à 9 heures et jusqu'à midi: cours techniques, armement, tir, sabotage, transmissions. A 13 heures, déjeuner. A 14 heures, films d'instruction et discussion dirigée autour d'un cas concret d'agitation ou de propagande. A 17 heures, travaux pratiques sur ces mêmes thèmes jusqu'au dîner.
    Entraînement de nuit 3 fois par semaine car la nuit est notre royaume, comme le secret qui nous entoure et la crainte que nous inspirons.
4


Le commandant - En somme, le kalaschnikov le matin et le haut-parleur l'après-midi.
    Nous allons maintenant parler un peu de nos objectifs et de nos méthodes. Toi, quel est ton but ?

Un élève - Renverser le pouvoir impérialiste établi dans mon pays.

Le commandant - Très bien. Comment vas-tu faire ?

L'élève - En mettant au maximum la population dans le coup et en apparaissant nous-mêmes le moins possible...

Le commandant - Toi, comment réagit la population ?

Un homme - Elle est composée de veaux qui ne cherchent qu'à bouffer. Ce que nous faisons ne l'intéresse pas.

Le commandant - Toi, comment amener cette population à réagir ?

Une femme lève la main - D'abord, on cherche à trouver et à dénoncer une situation réelle (ou supposée telle ) d'injustice, puis on la monte en épingle par la propagande clandestine, par des tracts et des inscriptions...

Le commandant - C'est bien. Et après ?

La femme - Un soir, on fait un " grand boum ", une démonstration bien sanglante, pour nous faire connaître et expliquer notre cause... et puis, c'est parti...

Le commandant - Oui, c'est parti mais il faut entretenir le feu. Comment fait-on ? Toi...

Un homme - On sabote des installations-vitrines, on tue des notables liés au pouvoir en place et on organise des attentats contre les autorités et les forces de l'ordre.

Un autre - Oui, mais tout cela, c'est de la violence... Or, tu viens de nous dire que la violence ne sert à rien si elle n'est pas exploitée par la propagande. Il faut expliquer ce qu'on fait et pourquoi on le fait. Pour cela, les journalistes adverses sont nos meilleurs alliés.

Le commandant - Très bien. Mais la population...

Une femme - Elle continue à s'en foutre... ou bien elle a peur des gendarmes. Il faut lui faire encore plus peur pour la faire bouger... Pour l'intimider, il faut tuer des innocents.
    La bombe au supermarché ou à l'école, il n 'y a rien de tel pour créer la panique collective... Et, pour ce qui est de la peur individuelle: lettre anonyme, coup de téléphone, puis visite musclée à domicile...

Le commandant - Et l'argent ? On n'en a pas parlé... Toi...

Une femme - L'argent, c'est le nerf de la révolution. Il en faut beaucoup pour acheter du matériel, des armes et des complicités. Trois méthodes pour en trouver: les hold-up, le racket individuel et la vente de drogue.

Le commandant - Et comment recruterez-vous ?
5

Un homme - C'est facile. D'une part, pour les basses besognes, on réussit toujours à attirer quelques excités qui ont envie de " casser la baraque " ... D'autre part, le chantage reste le meilleur moyen connu. On commence par menacer: " Paye ou ton magasin brûlera " , puis on continue en disant: " Va coller des affiches, sinon on te casse une jambe " . Enfin, on emploie les grands moyens: " Tu plastiques la gendarmerie, sans ça on enlève ta fille... ", et pendant qu'on y est, on fait quelques exemples.
    Restent à recruter des gens de haut niveau, capables à la fois d'apprendre à piloter un Boeing ( ou de percer l'informatique adverse ) et de se sacrifier pour la Cause.

Le commandant - Dans ce domaine, nos frères Barbus nous ont prouvé qu'ils sont des champions. Je vois que vous connaissez déjà l'essentiel de nos méthodes mais personne n'a parlé d'organisation.

Une femme - C'est pourtant l'élément clé de la guerre révolutionnaire... A partir du moment où une partie au moins de la population commence à bouger par peur ou par persuasion, il faut l'organiser et l'encadrer clandestinement de façon à la contrôler et à la faire agir en fonction de nos objectifs...

Un homme - Par exemple ?

La femme - Dans chaque groupe d'immeubles, tu désignes secrètement un responsable par bâtiment ou par étage. Tu fais nommer de même une responsable des jeunes filles, un responsable des jeunes gens. Ainsi à l'échelon des rues, des quartiers, des écoles, des métiers, des associations sportives. Chaque responsable ne connaît que son chef immédiat, donc pas de risques de fuites. C'est ainsi que tu arrives à toucher discrètement chaque homme et chaque femme par plusieurs canaux à la fois. Cela permet de faire passer les slogans et les mots d'ordre élémentaires du genre: " grève générale demain ", en attendant de déboucher sur une forme plus élaborée d'agitation et sur la formation politique.

Le commandant - Tout à fait d'accord. Vous commencez à entrevoir les objectifs du stage. Je vous laisse maintenant entre vous. Vous allez vous instruire mutuellement en échangeant vos expériences. Vous avez compris en tout cas que la population est à la fois le moyen et l'enjeu de la guerre révolutionnaire.
Apprenez à la retourner, à la fois par la peur et par la propagande, et à l'utiliser pour casser l'ordre établi en ridiculisant les autorités et en rendant inopérante l'action des flics.

Le vice-commandant l'interrompant - Encore que quelques bavures de leur part, quelques cadavres dans la foule, ça ne fasse pas de mal, au contraire. Nous, on aime les martyrs !

Le commandant - D'accord, camarade, c'était important à ajouter ; d'où l'importance de la provocation dans notre stratégie. Quelqu'un a-t-il encore une question à poser ?

Une femme - On n'a pas parlé du tout d'idéologie.

Le commandant - Non, c'est vrai... Nous sommes ici des techniciens de la guerre révolutionnaire et l'idéologie ne nous intéresse pas en tant que telle. D'ailleurs, nos méthodes sont applicables sur des fonds idéologiquement très différents, à condition, je le répète, qu'il y ait au départ une situation réelle d'injustice ou de contradiction à exploiter. Mais, si elles n'existent pas, il suffit de les susciter...

    Cela dit, les héros du 11 septembre nous ont montré l'impact supplémentaire de la foi religieuse poussée jusqu'au sacrifice.

    Au revoir. Je vous verrai à l'oeuvre. Et, surtout, n'oubliez pas:
le kalaschnikov et l'explosif ne servent à rien sans les radios et les télé...
***
6

Moi - Alors, que penses-tu de mon film ?

Marie-Anne - Il m'a permis d'entrevoir que la guerre révolutionnaire est un moyen hideux mais efficace de conquérir le pouvoir dans un pays.
    Mais comment le terrorisme s'intégrait-il autrefois dans la stratégie globale de l'URSS et comment peut-il servir maintenant les objectifs mondiaux de l'Islam radical ?

Moi - Commençons par le commencement. En plus de l'apparition de la bombe atomique, deux données dominent l'après-guerre. Premièrement, la "longue marche" victorieuse de Mao Tsé- Toung qui a consacré en Chine l'efficacité de la guerre révolutionnaire. Deuxièmement, le processus mondial de décolonisation exploité par quelques leaders inspirés des pays " non alignés " comme Nehru, Tito et Nasser.
    Fidel Castro a très vite compris le parti que l'on pouvait tirer de la conjonction de ces deux facteurs pour exporter la forme de lutte qui lui avait permis de remporter, chez lui, la victoire.
    Aussi, dès 1966, réunissait-il à La Havane la "Conférence tricontinentale". Après plusieurs congrès des "non-alignés", comme la conférence de Bandoeng où le Tiers monde a pris conscience de lui même, elle a représenté le coup d'envoi de la révolution mondiale.
    Elle prévoyait d'utiliser la décolonisation comme thème majeur et la guerre révolutionnaire comme stratégie de base pour éliminer l'influence occidentale dans le monde. L'Occident était présenté à cette occasion comme impérialiste mais, curieusement, cette épithète n'était pas attribuée à l'URSS, ce qui suffit déjà à classer le non-alignement en question...

Marie-Anne - Et quel était le rôle de l'URSS là dedans?

Moi - Ses dirigeants ont vite compris le parti à tirer de cette situation. Elle leur permettrait de continuer à viser les objectifs qui étaient les leurs depuis 1917, sans que l'Union Soviétique ait besoin d'apparaître au grand jour. Moyennant quoi, elle a accordé d'emblée à la cause de la révolution mondiale un appui moral total et un important soutien matériel.
    La majorité des armes employées par les guérilleros, du Cambodge à l'Afrique, sont d'origine soviétique, au point que le fusil d'assaut kalaschnikov est devenu le symbole du soutien soviétique à la révolution mondiale. ( Encore que beaucoup de marchands d'armes internationaux soient maintenant présents sur le marché clandestin terroriste !... )

L'URSS exportait aussi des mines, des chars, des Mig et des lance-fusées multiples, et certains pays comme la Libye sont devenus de véritables arsenaux soviétiques outre-mer.

A tout cela s'ajoutait
- un soutien inconditionnel en matière de propagande et de diplomatie, notamment à l'ONU mais aussi en France même. On a vu notamment, entre 1946 et 1954, la propagande communiste se déchaîner contre la "sale guerre" d'Indochine où nous essayions d'arracher le nouveau Vietnam à la terreur rouge. De même, entre 1954 et 1962, les saboteurs de la pacification en Algérie, déserteurs, propagandistes et porteurs de valises du FLN, étaient communistes ou manipulés par eux.
- une aide considérable sur le plan de la formation des cadres ( en matière de terrorisme notamment ) et de la diffusion des méthodes de prise en main des masses,
- et des contributions financières importantes.

    Voilà un certain nombre de domaines où la collusion de l'URSS et des mouvements révolutionnaires est largement démontrée.
On sait également qu'il existait jusqu'en 1989 un centre de Coordination du terrorisme international, à Karlovy-Vary en Tchécoslovaquie.
7

Marie-Anne - Avec quel résultat ?

Moi - On a d'abord vu la révolution s'étendre en Amérique Latine, avec des fortunes diverses, il est vrai. Che Guevara a été tué en l967 et Régis Debray capturé, ce qui semblait démontrer l'échec initial de la révolution castriste. Aujourd'hui, cependant, Castro est toujours au pouvoir à Cuba, à la porte des USA, et les guérilleros à étoile rouge, mi-bandits, mi-miliciens, sont nombreux du Rio Grande, à la frontière du Mexique, au détroit de Magellan.

Marie-Anne - On retrouve ce genre de types un peu partout dans le monde !

Moi - Oui. Bien avant leurs interventions en Irak, La guerre du Vietnam a focalisé contre les USA la haine de tous les révolutionnaires, lesquels ont triomphé en 1975 quand les Nord-Vietnamiens sont entrés à Saïgon.
    Simultanément se poursuivait le pourrissement progressif de l'Afrique par Cuba et Libye interposés. Ethiopie, Angola, Mozambique, Polisario, Tchad… autant de théâtres de sanglantes guerres révolutionnaires, sans compter des coups d'État et des massacres ethniques, du Libéria au Rwanda, du Congo à la Somalie en passant par le Soudan...

Marie-Anne - Tu ne forces pas un peu la note ?... En Afrique notamment, on a assisté à bien des renversements de tendance, en Egypte par exemple, en Guinée et au Mali, sans parler de la rupture entre Moscou et Pékin, puis du recul de l'influence soviétique après l'invasion de l'Afghanistan…Les vieilles rivalités nationales et tribales ont suscité aussi beaucoup de conflits, par exemple entre l'Irak et l'Iran, entre l'Inde et le Pakistan, et même aujourd'hui en Côte d'Ivoire, au Soudan et dans bien d'autres pays.
Mais, en 1989 l'implosion du système soviétique a changé toute la donne.

Moi - Pas si sûr. Tout se passe en effet comme si les nouveaux régimes en place, issus de la guerre révolutionnaire, utilisaient, sinon toujours l'idéologie marxiste-léniniste orthodoxe, du moins les méthodes de gouvernement du camp socialiste.

Marie-Anne - Mais tout cela nous éloigne du terrorisme Islamiste et de ses extensions à l'Europe hier et à l'Amérique aujourd'hui...

Moi - Selon moi, c'est le deuxième volet d'une même réalité révolutionnaire. La dégradation de la situation au Moyen-Orient, avec les guerres israélo-arabes, la crise du Liban et l'Intifada, a offert aux chefs Islamistes le prétexte en or pour s'attaquer, à travers le soutien à la cause palestinienne, à ce qu'ils appellent la collusion entre le Sionisme et l'Impérialisme. Leur entreprise rejoint donc la vieille stratégie indirecte du KGB.

    Formés dans les mêmes lieux et de la même façon à Cuba, en Libye, au Yémen, en Afghanistan ou ailleurs, les terroristes islamistes utilisent le même genre d'armes et d'explosifs que les européens. Ils semblent bénéficier des mêmes complicités. Ils se replient, leurs mauvais coups faits, dans les mêmes repaires. Fous d'Allah, Fraction Armée Rouge, Action Directe et autres ont des liens étroits avec l'ETA et l'IRA. Ils ont ensemble, déclaré une guerre à outrance aux sociétés démocratiques occidentales affaiblies de l'intérieur.

Marie-Anne - Est ce que les Verts ne participent pas, à leur façon, à cette entreprise ?

Moi - Bien sûr. Au nom de l'antimondialisme et de le protection de la planète, ils ont décidé aussi de prendre l'Amérique comme cible préférentielle. Ils sont d'ailleurs encadrés par des troskystes.

    Souffler à la fois le froid et le chaud, faire donner simultanément ici les écolopacifistes qui arrachent le maïs transgénique et ailleurs les terroristes... c'est une manière d'agir typiquement révolutionnaire.
8

Marie-Anne - Avant d'analyser dans le détail le terrorisme islamiste, je voudrais savoir comment l'assassinat de quelques centaines de personnes - si horrible soit-il - pourrait mettre en péril les démocraties occidentales.

Moi - Tu n'as pas entendu le refrain des émeutiers de 68 :"Ce n'est qu'un début, continuons le combat.. " L’attentat du World Trade Center et ceux de Moscou pourraient n'être que la première phase d'une action appelée à se développer, notamment dans les parties de nos pays particulièrement vulnérables. En ce qui concerne la France, nos DOM/TOM et nos banlieues ont déjà été le théâtre de flambées révolutionnaires. La combinaison de l'agitation sociale et du terrorisme n'y est pas impossible.
Ce sont des éventualités à prévoir pour ne pas être pris de court, comme en Algérie à la Toussaint 1954.

Marie-Anne - Nous n'en sommes pas là et je maintiens que, si meurtrières qu'il ait été, le drame du 11 septembre ne menace pas plus notre sécurité que les assassinats en Corse.

Moi - Je ne partage pas ton optimisme. Chaque fait isolé ne lèse pas directement nos intérêts vitaux. Mais leur accumulation peut, à la longue, avoir des conséquences sérieuses.

Marie-Anne - Explique-moi pourquoi et comment.

Moi - Parce que ces actes terroristes visent à créer une psychose dans la population. Or, la peur est à la base de ce qu'on appelait autrefois la guerre des nerfs. Cet état d'esprit est dangereux s'il sévit dans un contexte général de tension alors que le sang-froid, le calme et la résolution du pays sont nécessaires aux responsables pour faire face à la crise.

    Cette psychose risque de s'aggraver si les moyens des terroristes changent de nature. Or, ils sont passés des bonbonnes de gaz bricolées et des véhicules piégés à l'attaque des symboles même de la puissance américaine ou de l'ordre russe. C'est, pour parler comme les marxistes, un saut qualitatif majeur. Il pourrait y en avoir d'autres et tu vois, depuis la grippe aviaire, comme les opinions publiques occidentales prennent déjà très au sérieux la menace biologique. Comme les mauvais plaisants en rajoutent, la panique risque de s'étendre.

Marie-Anne - Des thrillers faisaient déjà état de bombes atomiques introduites clandestinement dans le port de New - York. C'étaient des fictions mais des terroristes japonais ont bel et bien utilisé un gaz asphyxiant dans le métro de Tokyo….

Moi - Cette psychose, redoutable en soi, contribue à discréditer les autorités et la police aux yeux des citoyens qui considèrent que leur sécurité est un dû. Or, cette coupure entre les autorités et la population, c'est justement l'un des principes édictés par Sun Tsu pour vaincre sans combat, ce qui me paraît le but majeur de nos adversaires.

Marie-Anne - Le terrorisme leur assure-t-il d'autres avantages plus directs ?

Moi - Bien sûr. En nous obligeant à multiplier les précautions et les mesures de sécurité, il nous amène à disperser nos forces et à gaspiller notre argent Pense à tous ces gendarmes et policiers qui montent la garde devant des points sensibles pour dissuader d'éventuels agresseurs de passer à l'action ! A ces soldats qui patrouillent au nom du Plan Vigipirate ! Aux frais énormes occasionnés par ce déploiement de forces, par le remboursement des dégâts, par les soins aux blessés, l'indemnisation des victimes...
   Mais cela n'est rien à côté de l'impact psychologique des attentats. Ils réagissent sur l'embauche, sur le tourisme, sur la Bourse, sur toute notre vie...
9

Marie-Anne - Je sais tout cela mais parlons enfin de l'Islam, de l'Islamisme et de sa collusion avec le terrorisme.
Moi - De belles âmes nous répètent: attention, ne diabolisons pas l'Islam qui est une religion de paix ! Des millions de musulmans vivent tranquillement d'Agadir à Djakarta ! Ne créons pas les conditions d'une guerre de religion.
    J'ai tendance à répondre: oui mais ne faisons pas non plus d'angélisme !

D'une manière générale, c'est un fait :l'Islam s'est radicalisé depuis la décolonisation.
    Si divers soient-ils, les musulmans ont pris conscience de leur force numérique, due à la fécondité de leurs femmes. Le pétrole leur a aussi donné des moyens d'apostolat et d'action.
Ils construisent des mosquées partout.
    D'ailleurs, en constatant la décadence morale de l'Occident, en regardant nos télévisions, leurs imams ont beau jeu pour crier plus fort que jamais qu'ils enseignent la seule vraie religion
    De Kaboul à Hyde Park, certains d'entre eux appellent à la conversion du monde entier à l'Islam.
    C'est ce langage-là que les terroristes ont entendu et qui leur sert de mot d'ordre.

Marie-Anne - Est ce que l'Islam lui-même n'est pas foncièrement violent ?

Moi - On trouve de tout dans le Coran, des conseils de douceur et de mansuétude et des appels pressants à la guerre sainte, la Djihad. Celle-ci fait l'objet d'interprétations diverses.
    Certains parlent plutôt d'effort sur soi-même mais c'est l'acception la plus radicale, la guerre contre les roumis, que les Talibans et leurs amis essayent de populariser.
    Je note d'ailleurs que la rapide progression de l'Islam, au 7° siècle au sud de la Méditerranée, puis dans les Balkans, s'est faite surtout bessif (par le sabre). Aujourd'hui encore, la religion musulmane n'est rien moins que tolérante et les prêcheurs de nos banlieues ont bien du mal à concilier la laïcité bien comprise et l'enseignement coranique.

Marie-Anne - En somme, l'Islamisme serait la tendance radicale de l'Islam !

Moi - Oui, et comme partout, ce sont ceux qui crient le plus fort qui font le plus parler d'eux !

Marie Anne - Et le terrorisme Islamique là dedans ?

Moi - Je t'ai expliqué que, pour se développer, la guerre révolutionnaire a besoin d'un milieu humain favorable. Elle réclame aussi des militants déterminés qui sachent prendre en main les masses et mener des actions terroristes. Toutes ces conditions sont aujourd'hui réunies. Le vivier humain est constitué par ces foules de jeunes sans espoir qui vivent misérablement dans les camps de réfugiés et les mégapoles du Moyen Orient ou du Pakistan. Ceux de nos banlieues sont bien moins malheureux mais ne se sentent guère plus d'avenir. Les uns et les autres n'ont rien à perdre et il est facile aux Mollahs - qui ne sont pas des traîne-misère, eux - de les endoctriner au nom d'Allah et de la solidarité musulmane avec les "frères opprimés" en Palestine.
    Les plus fanatiques ont appris dans des camps les recettes de Mao et du Che et les ont appliquées en Algérie, en Bosnie, en Afghanistan, en Tchéchènie, en Israël … ou chez nous
    Les anciens ont formé des jeunes qui brûlent d'en découdre en Irak.
   Fait gravissime, les réseaux Islamistes terroristes ont maintenant des collusions avec les maffias et avec les extrémistes du monde entier.
10

Marie-Anne - Est-ce que nous ne sommes pas responsables en premier lieu de leur développement ?

Moi - Oui. Comme le prévoyait Lénine, " nous leur avons fourni la corde pour nous pendre ".
    En plus des pétrodollars, ce sont nos consommateurs de drogue qui alimentent leurs finances. Nos romans de fiction leur fournissent des idées de scénarios catastrophe. Notre Internet et nos réseaux de téléphones portables facilitent la coordination de leurs sales entreprises. Au temps de la guerre froide, la CIA aidait déjà les maquis afghans. On sait aujourd'hui que les kamikazes du 11 septembre ont été formés au pilotage aux USA avant de retourner contre eux, sous formes de bombes volantes, ces avions de transport qui symbolisent leur prospérité - et la nôtre…

Marie Anne - Je sais tout cela. Est-ce que la responsabilité de l'Occident n'est pas engagée dans d'autres domaines ?

Moi - Oui, c'est vrai, de façon au moins indirecte.
    Non seulement nous n'avons pas vu venir ce coup particulier mais, d'une façon générale, nous n'avons pas suffisamment pris au sérieux la menace terroriste Islamiste.

    Sur le plan technique, c'est une faillite notoire du renseignement. Les services secrets américains couvrent le monde de grandes oreilles électroniques pour écouter toutes les communications de la planète. Ils sont capables de restituer le numéro d'un véhicule repéré par photo satellite au fin fond du désert afghan mais les radars et les télescopes ne savent mesurer ni le degré de haine et de détermination des commandos-suicides, ni le niveau de leur préparation opérationnelle. En cette matière, il n'y a qu'une solution: infiltrer les réseaux adverses pour savoir ce qui s'y passe. C'est notre expérience d'Algérie.

Marie-Anne -  Ca, c'est l'affaire des spécialistes.
La responsabilité des politiques n'est-elle pas lourdement engagée aussi ?

Moi - Bien sûr. D'abord, ils n'ont pas cru à la menace Islamique qui était pourtant identifiée. Ceci pour 2 raisons.
    D'abord, c'est classique, parce que les gouvernements ne veulent pas voir ce qui les dérange.
    Il n'y a qu'à regarder ce qui se passe dans nos banlieues et que nos dirigeants successifs ont feint d’ignorer pendant des années… Nous avons entassé des milliers de gens de culture étrangère dans des ghettos où leurs jeunes traînent sans travailler et nous voudrions qu'ils s'assimilent de bon cœur. C'est totalement irréaliste…
    Ensuite, ravitaillement en pétrole oblige, l'administration US ne voulait pas faire de la peine aux magnats musulmans de l'or noir…Elle a au contraire favorisé l'Islam dans les Balkans après avoir aidé la résistance afghane contre l'URSS. Et nous lui avons emboîté le pas ! Au Liban, nous n'avons pas assez soutenu les Maronites devant les musulmans. Nous laissons crever les Chrétiens du Soudan ! En Yougoslavie, nous avons aidé les républiques musulmanes à se renforcer et nous avons écrasé sous les bombes notre amie traditionnelle, la Serbie, alors que, depuis des siècles, elle constituait un rempart contre l'Islamisme. Nous envisageons d'introduire la Turquie au sein de l'Europe alors que, sur le plan culturel, elle est très éloignée de nos traditions et que la République laïque créée par Ataturk est en train d'évoluer vers la charia.

    Les combattants révolutionnaires marxistes ou islamistes sont forts de leur courage et de leur foi mais ils sont surtout forts de nos faiblesses et du fait que nous jouons le jeu de la démocratie alors qu'eux n'en ont rien à foutre ! Les dés sont pipés !

    La puissante Amérique, qui possède déjà des milliers d'armes nucléaires, songe à se doter d'une défense spatiale à la fois pour relancer sa technologie de pointe, donc son économie, et pour afficher encore plus sa supériorité matérielle.
    Selon moi, elle ferait mieux de former ( ou d'acheter ) davantage de linguistes capables d'écouter ce qui se trame autour des mosquées !…
11

Marie Anne  - Toutes proportions gardées, c'est le contournement de la Ligne Maginot !

Moi  - C'est du même ordre. Nos amis américains ont été atteints, dans leurs intérêts et leur orgueil, par quelques pirates de l'air armés de rasoirs mais qui acceptent de mourir - et de tuer - pour leur cause.
    Au départ, ils ont fait un grave contresens. Ils ont lancé les concepts de guerre propre et d'opérations zéro mort. Or, par définition, la guerre est sale. Ils le constatent en Irak.

Marie Anne  - Il n'empêche que l'Amérique a montré après le 11 septembre une grande dignité et un patriotisme qui fait envie.

Moi - C'est vrai et je l'ai admirée pour cette merveilleuse réaction de santé morale qui est bien dans ses traditions.

    Cela ne m'empêche pas de considérer qu'elle a facilité le travail des terroristes, imitée en cela par nos démocraties occidentales dont les frontières sont des passoires, dont les lois sont abusivement libérales, dont les organismes de renseignement, de police et de justice travaillent en ordre dispersé … et où, par dessus tout, on ne sait même plus pourquoi on vit.

    J'ajoute que notre conception même de la liberté et des droits de l'homme est antinomique d'une défense anti terroriste sérieuse. Alors que les bandits d'en face n'ont aucun scrupule à tuer 3.000 personnes, nous votons des lois sur la présomption d'innocence et la mise en liberté provisoire! Certains de nos concitoyens contestent même la fouille des coffres d'autos suspectes !

Marie-Anne  - Dans ces conditions, comment juges-tu la guerre d'Irak. Bush la présentait comme une riposte à l'attaque du 11 septembre mais elle semble s’enliser sous la forme d’une atroce guerre civile.

Moi  - Je ne veux pas hurler avec les loups de l'antiaméricanisme ni jouer au stratège du café du Commerce. J'espère que les effets pervers de leur stratégie de puissance ne leur feront pas regretter leur initiative. Il leur fallait certes démontrer leur détermination de façon visible mais on ne contrebat pas le terrorisme seulement avec des chars et des aéronefs.
J’espère que, la lassitude des populations aidant, ils sauront jouer davantage de la carte psycho politique…

Marie-Anne  - Et que pouvons nous faire, nous Français, pour réagir ?

Moi  - Nous avons une véritable révolution culturelle à accomplir :
-Sur le plan opérationnel, que ce soit outremer ou en Métropole, être renseignés en permanence, y compris et surtout dans les milieux à risques. Pour cela, revenir dans les cités de non-droit où la police elle-même ne pénètrait plus.
-reprendre la surveillance de nos frontières en dépit des désastreux accords de Schengen,
-réprimer sévèrement la délinquance, pour affaiblir le vivier des terroristes
-et être capables d'intervenir très tôt et très vite: un extincteur tout de suite évite de déplacer une caserne de pompiers deux heures plus tard.

Marie-Anne  - Qu'est-ce que tu veux dire avec ton extincteur ?

Moi  - L'extincteur, c'est le GIGN ou le RAID qui démantèle un groupe terroriste avant qu'il n'ait fait son mauvais coup.

Marie-Anne  - Intervenir, soit... Mais il faut encore savoir contre qui ? J'ai l'impression que nous sommes engagés dans une guerre contre des ombres !
12

Moi  - C'est vrai et c'est tout le problème de la bataille du renseignement en guerre révolutionnaire. Notre génération l'a découvert sur le tas dans les deltas d'Indochine et dans la kasbah d'Alger. On nous le reproche assez… Aujourd'hui, l'opinion et sans doute les dirigeants découvrent que la quête des indices est la clé de la défense...

Marie-Anne  - À ce propos, j'avais entendu parler d'un grand succès de la police ouest-allemande, il y a quelques années...

Moi  - Oui, elle a persuadé la population, grâce à la télévision, de dire d'urgence tout ce qu'elle remarquait de suspect. Les Allemands, disciplinés comme on les connaît, ont joué le jeu à fond et, remontant le puzzle pièce par pièce, la police fédérale a réussi à démanteler la Bande à Baader... Cela dit, les milieux Islamistes actuels sont sans doute moins perméables

Marie-Anne  - Voilà, en tout cas, qui illustre bien le rôle positif des médias face au terrorisme.

Moi  - Oui, mais, a contrario, la caméra qui s'attarde, en gros plan, sur les débris d'un attentat fait le jeu des tueurs... De même, le battage politico-médiatique sur l'enlèvement des journalistes…

Marie-Anne  - Tu ne veux tout de même pas que la presse fasse silence sur ces drames!

Moi  - Certes non. Mais les médias devraient contribuer à donner à la population des réflexes d'autodéfense au lieu d'un simple sentiment d'horreur et de peur.
    La déontologie des journalistes a besoin d'être mise à jour sur ce sujet...

Marie-Anne  - Et qu'est-ce qu'on peut faire d'autre pour contrer la révolution mondiale ?

Moi  - " Vaste programme ", aurait dit de Gaulle ! En Occident, on semble enfin avoir compris le danger que représente le terrorisme.
J'espère que cette prise de conscience portera ses fruits mais il y a du pain sur planche:
- la législation à adapter, car je répète que le "droits de l'hommisme" est incompatible avec cette guerre sans merci que nous livrent des gens qui n'ont, eux, aucun scrupule…
- la coopération entre la justice, les polices, la gendarmerie et les services secrets à resserrer, y compris à l'échelon de l'Europe et de l'Occident.
- les moyens de traitement de l'information à moderniser,
-la surveillance et la protection des frontières à reprendre, celle des points sensibles et des personnalités à améliorer,
- les forces armées à réorienter de façon plus réaliste.
    Je crois, en tant qu'ancien responsable militaire, que la situation actuelle du monde doit nous inciter à nous remettre en cause en matière de défense.
    Arrêtons de proclamer officiellement que personne ne nous menace et que la seule intervention envisageable pour nos forces se situe loin de nos frontières !

Pensons à défendre notre sol et tout ce qu'il représente!

    Ne nous fions pas abusivement à notre technique et considérons nos soldats, non pas comme des agneaux potentiels à casque bleu, mais comme des guerriers - et formons les en conséquence ! Qu'ils s'instruisent pour vaincre ! comme dit la devise de St Cyr …

Marie-Anne  - Et sur un plan plus général ?

Moi  - Au delà de l'aspect militaire et policier des choses, la guerre révolutionnaire repose d'abord sur l'exploitation de notre propre faiblesse.
13

    Nos adversaires cherchent aussi à tirer parti d'une situation réelle ou supposée d'injustice qu'ils s'efforcent d'envenimer à des fins de propagande idéologique. Essayons donc d'éliminer ces causes profondes de déséquilibre, au Moyen Orient pour commencer.

Marie-Anne  - Pour diminuer les causes de guerre, il faudrait donc lutter contre la misère dans le monde, et contre l'exploitation d'une ethnie par l'autre... C'est de l'utopie !

Moi  - … Il faut pourtant y travailler et, d'abord, chercher à empêcher l'exploitation des populations par leurs propres dirigeants...
    En France, au lieu de RMI, il faudrait donner un vrai travail aux jeunes Beurs et Black, donc améliorer leur éducation, tout en osant lutter réellement contre leur marginalisation galopante : c'est en passant par la délinquance qu'ils fournissent des recrues au terrorisme.

Un seul exemple. (Visiteur de prison depuis des années, je suis habitué à ces situations.) La semaine dernière, j'attendais devant la Maison d’Arrêt de Fresnes au milieu de familles qui venaient voir chacune « son » détenu. Une femme de prisonnier, ses 2 enfants et moi, nous étions les seuls "blancs". En parlant avec mes voisins, j'ai compris que fort peu d'entre eux avaient des occupations régulières. C'est typique d'une situation de fait à la fois inacceptable au plan moral et très dangereuse au plan politique et sécurité.

Marie-Anne - Pour être efficace, la lutte antiterroriste ne devrait-t-elle pas être le fruit d'une véritable coopération internationale...

Moi   - Oui mais certains pays parmi les plus riches consacrent au contraire une grande part de leur énergie et de leurs ressources à soutenir la révolution mondiale à travers l'Islamisme.
    Commençons donc par réagir ensemble au sein de notre propre camp et de notre propre pays, et les choses iront déjà mieux.

    A cet égard, le plus important de tout, au sein de nos démocraties occidentales très menacées parce que très molles, c'est d'afficher notre volonté de vivre et de réagir.

    Le général de Lattre nous répétait souvent "NE PAS SUBIR". Suivons son mot d'ordre.

Marie-Anne - Et qu'est-ce que tu fais, toi, pour apporter ta pierre à la lutte commune ?

Moi  - Premièrement, j'essaye d'en expliquer les causes profondes. Au delà de l'idéologie qui est certes très puissante et des techniques terroristes qui s'avèrent, hélas, très efficaces, l'affrontement actuel me paraît résulter de l'immense décalage entre les moyens de vie des peuples de la planète et, plus encore,
entre leurs conceptions de la vie - et de la mort.

Finalement, cette monstrueuse tuerie nous ramène à la question éternelle :
Pour quoi vit-on ?

A cette question d'ordre spirituel, il n'y a de réponse que spirituelle.
Si on refuse de la regarder en face, la guerre d'Irak et les moyens techniques de traquer les terroristes n'auront servi à rien car le Cancer qui est en nous continuera de nous ronger, et nos adversaires continueront de l'exploiter…

Marie Anne - Et quel est ton " deuxièmement " ?

Moi - J'y viens. Sachant que l'adversaire est fort surtout de nos propres faiblesses, notre survie réclame un véritable réarmement moral.
14

   En effet, nous souffrons d'un désordre généralisé des idées et des mœurs. Au nom de la tolérance, on nous pousse à tout accepter.
Du coup, nous pataugeons dans le mensonge:
- mensonge direct par désinformation au quotidien
- et mensonge par omission parce qu'on nous cache la vérité sur un certain nombre de sujets vitaux, par exemple le vieillissement dramatique de la population française et le danger correspondant de l'immigration incontrôlée.

    Il faut donc que nous redécouvrions et que nous apprenions à nos enfants la différence entre le vrai et le faux, le beau et le laid, le bien et le mal …

    Les personnes comme la société ont besoin de piliers pour tenir debout.

Ce sont ce que j'appelle les Valeurs et ce sont elles que "France-Valeurs" essaye, avec d'autres, de contribuer à réensemencer dans ce pays à travers l'éducation des jeunes: le courage, le sens de l'honneur et celui de la responsabilité, la générosité, le civisme, l'attachement à la famille et à la Patrie, le tout éclairé si possible par la foi religieuse car il n'y a pas de morale sans fondement.

Marie Anne  - N'est-ce pas le thème de ton livre :
" Lettres à mes petits enfants sur des sujets qui fâchent " ?

Moi - Oui.   Et c’est tout l’esprit du combat de France-Valeurs, un combat d’idées.

En tout cas, pour lutter contre le terrorisme,
Je crois qu'il faut d'abord que nous sachions, nous,
POUR QUOI NOUS VIVONS.

***
15
Haut de la page