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Suite au décès du Président de France Valeurs, le Général Jean Delaunay "Le billet de la semaine" est terminé. Mais tous les billets parus peuvent être consultés dans la base"ARCHIVES" .




Éditorial posthume

La mort vient de mettre fin à ma présidence de France-Valeurs.
Personne ne s'étant présenté pour me succéder, l'association sera donc dissoute comme l'Assemblée Générale en a décidé depuis longtemps.

Conformément à ses décisions, ses biens seront dévolus pour moitié chacune, à VITA, association très proche de la nôtre, et à la FOP, association qui travaille au profit des malades atteints de la maladie de la pierre (FOP) comme mon arriere-petit-fils Alexandre (18 rue Papillon 75009 Paris ).

Je vous remercie, vous mes amis qui me soutenez, certains depuis le début. C'est grâce à votre fidélité et à vos encouragements renouvelés que j'ai pu conserver le dynamisme nécessaire pour continuer à animer si longtemps l'association en dépit de mon âge et de mes misères.

Avec ma foi Chrétienne, le souci de France-Valeurs a grandement contribué à me maintenir relativement alerte, donc à me permettre de vivre en ayant l’impression d’être encore un peu utile

J’exprime mon immense gratitude à Frédéric Jacquemet (+) et André Bouvet, respectivement trésorier de l’association et responsable de notre Site Internet. Ils ont été, des années durant, chacun dans leur rôle, les deux vrais piliers de France-Valeurs.
Catherine Hudelist, Pierre Vallino , Yves Le Bideau, Annick Francillon et Francis Hamilton ont droit aussi à ma reconnaissance pour leur dévouement.

Je regrette de n'avoir pas su mobiliser un plus grand nombre de militants, ce qui a nui à l'extension de notre influence mais j'estime cependant, qu’à notre modeste mesure, nous avons fait du bon travail.
En guise de testament, je vous charge de contribuer à entretenir ce sursaut de la « majorité silencieuse » dont j’ai salué l’apparition en 2013 alors que je l’espérais depuis 25 ans.

Ce sont les Valeurs que vous incarnez, vous, bons citoyens attachés à notre civilisation Chrétienne, qui maintiennent à flot le bateau France et lui permettent de garder son cap en dépit des courants et des vents contraires.

Cela, parce que vous vivez de ces valeurs qui s’appellent courage, sens de l'honneur, responsabilité assumée, respect, générosité, civisme. Que vous restez attachés à la famille et à la patrie et que vous défendez la Vie…

Continuez à rayonner et à transmettre ces vertus, envers et contre tout.

J’ai souvent écrit que ce sont 5 % des hommes qui mènent le monde. Grâce à vous et à vos descendants, la France saura dominer la crise qu'elle traverse.

Haut les cœurs, mes amis !

Que, par vous, vive la France !

A Dieu !
Versailles le 25 novembre 2016
Jean Delaunay
Rappel
Après une carrière de quarante années qui l'a amené en 1980 au poste de chef d'état-major de l'armée de Terre, le Général d’armée Jean Delaunay entre en conflit avec le Gouvernement sur sa politique militaire et démissionne en 1983.

Depuis sa retraite, il anime l'association France-Valeurs qu'il a créée en 1986 à la suite de la parution de son livre « La Foudre et le Cancer ».
Son projet était de contribuer à réensemencer dans notre pays ces Valeurs morales et spirituelles qui permettent aux hommes et aux sociétés de tenir debout.
A ce titre, il a fait pendant 15 ans plus de 300 conférences en France et à l’étranger.
Il a une longue expérience de visiteur de prison
Il a écrit des livres (liste ci-dessous) et quantité d’articles dont un partie figure sur le site de France Valeurs
Autrefois féru d’activité physique, il a continué à jardiner jusqu’à la fin.
Marié et père de 4 enfants, grand-père de 11 petits-enfants et 25 arrière-petits-enfants.
Il rendait quelques services dans l'Eglise.
Il était Grand Officier de la Légion d’Honneur

Introduction de son avant dernier livre
« Un coup d'oeil dans mon rétro...
»

« Le 14 Juillet 1980, j'ai eu la chance de passer, en J'espace d'une heure, des ors du Palais de l'Elysée au triste parloir de la prison de Fresnes où j'allais voir un « perpète » qui allait devenir un ami.

Le souvenir de cet immense décalage entre deux mondes m'a donné l'idée d'ouvrir cet album de portraits.

Il est fortement imprégné de ma triple expérience de catholique, d'ancien chef militaire et de familier du monde pénitentiaire.

On n'y trouvera donc pas de vedettes du show-biz, ni de patrons d'entreprises du CAC 40 -Loin de moi aussi l'idée de m'enorgueillir par exemple de notre entrevue (éclair) avec le Pape Benoît XVI ou de mes (rares) tête-à-tête avec deux présidents de la République successifs ou d'autres grands de ce monde...

Je veux au contraire montrer, à travers quelques échantillons-exemples, volontairement très contrastés, de mes rencontres, comment j'ai été marqué par des contacts, brefs ou prolongés, avec des gens très différents, modestes pour beaucoup et dont certains étaient même des blessés de la vie.

Tous ont largement contribué à enrichir mon expérience humaine.»

A travers celle-ci, je voudrais mettre mes lecteurs sur le chemin de l'Espérance. »
Jean Delaunay
Livres
La Foudre et le Cancer (Pygmalion) 1985 Prix Vauban
L’Antimilitarisme, une composante de la subversion 1987
Sous les drapeaux (Fayard Totus) 1991
Visiter les prisonniers (Fayard Totus) 1992
Histoire de l’Arme blindée Cavalerie 1942/ 1992 (Héraclès) 1992
Lettres à mes petits enfants sur des sujets qui fâchent (Téqui) 2000 Prix Renaissance
Femmes de soldats d’hier et d’aujourd’hui Prix UNOR
Un coup d’œil dans mon rétro ‘Satisfecit) 2008
En écho à St Ex (Satisfecit) 2013

En collaboration
Les parents de Julie ou l’éducation dans le bon sens
Les grands parents de Julie ou la famille dans le bon sens




MOT D’A DIEU AU GENERAL JEAN DELAUNAY


Cher Papa,
Mon Général,

Tu m’as confié une mission que tu as souvent remplie auprès de tes amis et de tes frères d’armes : te dire Adieu.

Mes mots sont à la peine et je n’ai pas trouvé mieux que Charles Péguy pour exprimer celui que tu as voulu être : « Tous les prosternements du monde ne valent pas l’agenouillement droit d’un homme libre ».

Tout est dit : la liberté, la droiture, l’agenouillement d’un homme qui devient officier un soir de Triomphe à Saint-Cyr.

Dans la foule des éloges qui ont surgi à l’annonce de la mort d’un grand officier, et pas seulement dans l’ordre de la Légion d’Honneur, j’en ai gardé trois : chef éclairé, homme authentique, et, avant tout, chrétien en tenue de service.

Cette triple vocation d’homme, d’officier et de chrétien, tu l’as eue d’emblée et tu l’as assumée tout au long de ta vie.
Ton regard bleu comme les ciels de Normandie t’a fixé l’horizon ; tes parents – elle et lui, respectivement infirmière et combattant - pendant la grande guerre, forgés par la foi et le sens du devoir, t’ont donné l’exemple ; tes humanités à Sainte Croix de Neuilly, puis à Ginette, les chantiers de jeunesse, le 13e dragons, ont conduit « l’enfant humilié », remontant à vélo en 1940 les colonnes de l’exode, à son ambition : Servir.
Le jeune homme effacé y a comblé son goût de l’action, son amour de la rencontre, son sens affirmé du commandement.
Je survolerai ton parcours militaire : lieutenant au 1er Spahis algérien à Médéa puis au 5e Cuirs en Indochine où, sauvé par Van qui s’est sacrifié pour toi, et amputé, tu décidas de « faire avec ».
Capitaine au 1er Cuirs en Allemagne, en état-major au Maroc, en Algérie puis à l’école de guerre tu arrives commandant à Saumur où ton imagination énergique et féconde marqua les esprits.
Lieutenant-colonel, chef de corps du fraternel 8e Hussards, colonel chef d’état-major de la région militaire de Lyon, tu commandes comme général la 10e brigade mécanisée de Reims puis l’école de Cavalerie de Saumur. Tu prends ensuite le commandement des écoles avant, enfin, d’être nommé, à ta grande surprise, chef d’état-major de l’armée de Terre. Tes « 10 commandements » de l’époque valent toujours une bibliothèque d’école de management. Pendant ces quarante années d’une vie de soldat conclue par une démission spectaculaire, la chance joua un grand rôle. Chance de survivre au sein d’une génération éprouvée, chance de vivre intensément un métier total, chance de croiser d’innombrables frères d’armes que tu as aimés, égaux devant l’exigence, l’attention et l’estime. Ils te l’ont bien rendu car tu ne suscitais ni mélancolie ni indifférence. Sans oublier ces exceptionnelles « Femmes de soldats » à qui tu as offert ta plume et ton cœur.
Car ta grande chance a été de repérer, grâce ton 6ème sens, ta merveilleuse Monique à la messe. L’Amour de toute une vie t’a suivi partout, a tout donné pour ton bonheur et beaucoup enrichi ta foi de charbonnier et ta réussite professionnelle. Vos 68 ans de mariage, marqués par la douleur de la perte de Pascale, ont tissé votre enthousiasme chrétien : sacrements, oraison, catéchisme, un engagement de 60 ans aux équipes Notre Dame et un soutien constant aux Enfants du Mékong.

Ta seconde vie a été en harmonie avec la première : accueillir, écrire, témoigner, rencontrer, transmettre. Le père parfois encombrant et le centurion intimidant ont muté en un grand père puis un arrière-grand-père rayonnant, empathique avec les humbles et les tout-petits, souvent sur la route pour visiter et réinsérer les détenus. Sage et généreux, tu as été à l’écoute bienveillante des tiens comme des soubresauts du monde. L’arpenteur des alpages, parti tôt pour admirer le lever du soleil en montagne, est devenu un jardinier patient et pédagogue, obstiné à faire pousser arbres et fleurs sur la pente ingrate de Talloires. Avec France-Valeurs, tu as veillé sans relâche, avec plus de prémonition que de succès, ces valeurs qui t’étaient si chères. Et tu es resté infatigable jusqu’à ton dernier souffle pour t’émerveiller et rendre grâce : merci ! merci encore ! merci toujours !

Tu nous as pardonné les « coups de poignard » qu’étaient nos misérables bulletins scolaires. Bien pire : tu as cru en nous. Quel exemple de confiance aveugle en l’avenir !
Pour tes 4 enfants et tes 48 petits et arrières petits-enfants, être de ta lignée est un honneur et un bonheur comme pour tous ceux qui t’ont choisi pour être leur grand-père adoptif.

Depuis la perte de notre patriarche, nous sommes assaillis par un tourbillon de souvenirs joyeux.
Nous n’oublierons pas ta vie donnée, tes idéaux toujours jeunes, ta pédagogie théâtrale de l’ardeur et de la confiance, tes belles histoires édifiantes, tes fréquentes imprudences, ta main en bois égarée, tes dessins sur le vif de ta main gauche contrariée, tes leçons de choses essentielles et ton insatiable « moulin à questions ».
Il nous reste à écrire le dictionnaire amoureux de tes formules fétiches et de tes sorties fracassantes : « Monique, tu m’as trahi ! » quand Maman faisait – sans permission - la vaisselle. Nous n’oublierons pas nos traversées de la France en chantant dans une 2 CV surchargée. Ni ton goût des soirées exaltées à refaire le monde, nos fêtes toutes simples accueillant la seconde famille de vos innombrables amis de cœur et d’âme, à l’enseigne de l’Auberge de l’ange gardien et du général Dourakine.
Nous n’oublierons pas ces lettres reçues aux moments décisifs de nos vies, ton testament, écrit à l’âge de 50 ans, où tu dis déjà tout ce qu’il adviendra du reste de ta vie.
Nous n’oublierons ni ton goût de l’effort ni ton courage de cuirassier chargeant en tête, ni, tel Cyrano, ton Panache.

Nous promettons de marcher à ta suite, « de labourer droit en attelant notre charrue à une étoile », de « Ne pas déroger » au joyeux esprit de famille que tu as fait croître. De continuer, dans nos humbles vies, à croire à l’Amour durable et de pratiquer, à notre mesure, la Miséricorde et l’Espérance.

Pour un officier chrétien de la promotion « Victoire », tu as réussi ta sortie : partir un 8 mai à l’heure de l’Angélus, dans la Joie du temps Pascal. Ta mort, lucide et abandonnée à la Providence, a été, pour nous, une preuve éblouissante de la force de la Foi et un signe de l’amour de Dieu.

A cette heure, tu as fait, enfin, LA rencontre de toute ta vie et tu RE vis quelque part en Eternité.

Général d’armée Jean Delaunay, ta famille, tes amis, tes soldats, ton pays te disent, eux aussi, merci.

Avec Amour, Cher et Bon Papa, nous ne disons A Dieu !

Versailles, en la cathédrale Saint-Louis, le 13 mai 2019