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Réflexions d’un grand ancien sur la révolution jaune.
Réflexions d’un grand ancien sur la révolution jaune.

A la fin de ma vie, après avoir été témoin de tant d’évènements dramatiques, comme la défaite et l’exode de 1940, ou heureux comme la Victoire 1945, je ne peux m’empêcher de crier ici ma tristesse, mon impression d’un immense gâchis et mon indignation en entendant ces nouvelles navrantes et répétées, et en voyant ces images révoltantes.

Je souffre notamment du viol et du saccage de l’Arc de Triomphe, ce monument sacré à nos yeux de Français et de Saint Cyriens. Ce, à la veille de notre fête, l’anniversaire d’Austerlitz, où nous avons l’habitude d’aller ranimer la Flamme en pensant au sacrifice de tant de nos anciens et de nos camarades morts pour la France.

Je me réjouis quand même que des courageux vrais gilets jaunes aient protégé la tombe du Soldat Inconnu contre des casseurs sans foi ni loi déguisés en manifestants. Je salue aussi l’initiative du Président du Comité de la Flamme d’avoir voulu donner, le 4 décembre, à la cérémonie de l’Etoile un aspect exceptionnel de réparation morale.

Concernant le fond de cette inquiétante révolte aux causes si diverses et aux perspectives de dénouement si complexes, je me garde de tout jugement hâtif et notamment de tout amalgame. Je sais qu’une partie des Français ont rejoint la révolte parce que, vivant difficilement, ils ont l’impression que le Pouvoir, et ce qu’ils appellent la France d’en haut, les ignore, les oublie ou même les méprise. Ce n’est sans doute pas le cas mais, pour parler comme à la télé, c’est du ressenti.

Je ne tiens pas à épiloguer sur les causes de cette révolte populaire que commentent d’innombrables analystes.

Tout en rendant hommage aux forces de l’ordre, je veux quand même vous partager trois réflexions personnelles.

1/ Ancien visiteur, je continue à accompagner certains libérés de prison qui sont devenus des amis. L’un d’eux a eu une vie à tous égards très triste et me confie (à ma demande) qu’une fois réglées ses dépenses obligatoires, il ne lui reste que 300 € par mois pour manger, lui et sa grande fille. Je sais qu’ils sont nombreux comme lui (qui n’est pas jauni pour autant…) et je comprends dès lors que le sort de la planète les angoisse moins que leurs fins de mois…

2/ Par ailleurs, ayant commandé des hommes pendant 40 ans, j’ai essayé d’appliquer la devise de mon illustre ancien, le Général Frère, mort en déportation : Commander d’amitié, c’est-à-dire être très ferme pour le bien commun mais proche des hommes. A cet égard, je ne peux m’empêcher d’imputer la chienlit d’aujourd’hui à la faiblesse généralisée de l’autorité. A l’inverse, j’ai admiré la récente interview télévisée du Général Pierre de Villiers, l’ancien CEMA. Selon moi, elle a été un modèle de communication, d’autant qu’il a écrit aussi deux excellents livres dont le dernier, « Qu’est-ce qu’un chef ? », pourrait utilement être mis au programme de toutes nos Grandes Ecoles.

3/ Enfin, soucieux de livrer chaque semaine à nos amis de France-Valeurs un billet porteur d’un message simple, j’ai fait appel cette fois à l’une de nos jeunes amies qui achève ses étude de psychologie. Il vient de paraitre sur notre site sous le titre « Vers une psychologie française positive ? » Comme le livre précédent, il tombe à pic dans la conjoncture actuelle et pourrait inciter les politiques à réaliser que l'éducation et la psychologie positive - dont le fil rouge est celui de la confiance et de la bienveillance - sont des composants essentiels de l'autorité moderne. Le ministre de l'Éducation l’a compris qui souhaite construire "l'école de la confiance", cela revient dans tous ses discours et ses directives, alors que les français réclament, dit-on, non pas moins mais plus de démocratie.

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Pour conclure sur une note d’espoir, je crois que la France s’en tirera comme elle l’a toujours fait, même quand elle semblait avoir touché le fond. Il faudrait pour cela que ses deux parties acceptent de se rencontrer, de s’expliquer et d’entendre le point de vue de l’autre. Il faudrait surtout que, dans ce cadre, les responsables politiques s’engagent à nous montrer à la fois le chemin et l’exemple.

Si c’est réalisé, et malgré la coûteuse casse et l’impression désastreuse sur le monde, la révolte des gilets jaunes aura été bénéfique pour que Vive la France.
Jean Delaunay

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