Lettre de septembre 2015

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Debout les hommes !

Debout les hommes !
     A St Cyr, lors du baptême de promotion, le commandant crie : « A genoux les hommes ! » puis, le rite accompli : « Debout les officiers ! » Rien de tel ici. Simplement, face à la montée du féminisme, je veux adresser un clin d’œil à mes amis masculins pour les inciter à reprendre conscience de leur rôle et de leurs responsabilités d’hommes et à se comporter en conséquence.

    Ce faisant, je ne veux en aucun cas les appeler à une guerre des sexes qui serait contre nature.
    Je me crois même féministe car, en toute occasion, je soutiens que les femmes sont partout les gardiennes de la civilisation. Ayant eu souvent l’occasion d’admirer leur courage dans les épreuves, j’ai ainsi tenu à publier le livre : « Femmes de soldats d’hier et d’aujourd’hui ». A travers cet hommage rendu à celles que je connais le mieux, j’ai voulu célébrer toutes les femmes qui le méritent.
    Je sais aussi que leur influence réelle a toujours été grande dans la plupart des peuples, même en pays d’islam, à l’image du rôle proprement vital qu’elles y jouent au quotidien.
    C’est pourquoi je souffre de la place peu enviable de trop de femmes dans notre monde actuel.
    Je suis heureux et fier qu’il n’en soit plus de même dans notre pays.

    Cela dit, je trouve que, chez nous, leur influence devient quelque peu abusive.

La féminisation de notre société

    Il me semble en effet que notre société se féminise trop. C’est criant notamment dans les secteurs de la Santé, de l’Enseignement et de la Justice à tous les niveaux.
    Le féminisme s'est d’emblée voulu conquérant et a obtenu d’abord l'égalité des droits civiques, puis l'égalité devant le travail. On voit ainsi des femmes ministres et d’autres pilotes de chasse...
    Cette véritable révolution est due d’abord aux excellents résultats des filles dans les études (où elles sont souvent plus accrocheuses que leurs frères) et à la reconnaissance éprouvée de leurs possibilités dans tous les domaines. Aucun secteur ne leur est plus interdit.

    Luttant aussi pour l'égalité sexuelle, le féminisme a vite proclamé : « mon corps m'appartient ».
Pilule et avortement légalisés aidant, il en est résulté une deuxième révolution, celle des mœurs.
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    Comme le reste, la féminisation doit être examinée objectivement quant à son apport à la société.
- En positif, d’une part, une grave injustice a pris fin. D’autre part, les capacités de la moitié féminine du genre humain, autrefois méconnues, sont exploitées… Les femmes apportent à la résolution des problèmes, notamment dans le domaine social, leur vision spécifique et leur sens du concret…

- En négatif, l’opinion publique réagit maintenant davantage à l’émotion et aux sentiments qu’à la raison. Par ailleurs, « lancées à la conquête de l'égalité avec les hommes, les femmes se sont emparées de valeurs traditionnellement tenues pour masculines tandis qu'il était demandé aux hommes de se féminiser pour ne pas renouer avec les errements passés du «machisme». (Ph.Oswald)
  ;   ;   ;   ; Du coup, très préoccupées par leur réussite professionnelle, certaines femmes n’oublient-t-elles pas leurs caractéristiques essentielles : l’aptitude à transmettre la vie et à donner de l’amour ?
  ;   ;   ;   La majorité d’entre elles se marient en effet de moins en moins et ont des enfants de plus en plus tard. Ce sont aussi souvent elles qui demandent le divorce…

  ;   ;   ;   En même temps, alors que certaines femmes effraient littéralement les hommes, d’autres se découvrent seules dans la vie, donc vulnérables (même si elles sont fortes). Désirant se marier, elles se désolent de ne pas trouver un garçon capable de leur dire "oui" pour toujours !
  ;   ;   ;   Cette progression du féminisme entraîne évidemment des perturbations dans la vie des hommes qui sont, dit Philippe Oswald, « victimes d’une éclipse partielle ou totale dans la société occidentale contemporain. Tout se passe comme s'ils en avaient été licenciés... »
  ;   ;   ;   (Ce qui explique, à mes yeux, la montée de l’homosexualité masculine…)
  ;   ;   ;   « Relayé par les médias, puis par la loi, le féminisme a fait naître une mauvaise conscience de l'homme occidental devant la femme. On lui a trop dit qu'il l’avait réduit en servitude. Le résultat, c'est le désengagement des hommes. Puisqu'elles veulent tout faire, laissons-les tout faire ! Le féminisme encourage un vieux penchant de l'homme pour la fuite... La fonction paternelle est dévalorisée. »
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  ;   ;   ;   Il en découle naturellement des conséquences sérieuses pour les familles, piliers de la société, car « quand les pères sont absents ou démissionnaires, la famille se délite… écrit Tony Anatrella , une société sans père est aussi une société sans repère. »
***

La nature masculine
  ;   ;   ;   Elle est basée, disait-t-on sur la force et la primauté de la raison mais certains la mettent en question tant il est difficile de la définir en raison de la diversité des êtres. Dans la conjoncture actuelle, je crois donc plus utile de réaffirmer inlassablement la complémentarité homme / femme. Les attentes des uns et des autres sont différents et le mariage est là pour unir des personnes et non simplement des corps, des psychologies, des sensibilités.
  ;   ;   ;   Je ne développerai pas davantage ces idées pour me focaliser sur le rôle du père.

  ;   ;   ;   Je relève cependant ceci : « l’arrivée de l'enfant bouleverse la femme qui devient mère dans tout son corps mais elle le pressentait depuis sa puberté. Chez l'homme, elle éveille le sens de la responsabilité qui n'est pas si évident aujourd'hui. Ainsi l'homme, plus que la femme, est appelé à comprendre et à vivre sa paternité. Son cerveau se modifie profondément quand il devient père. Cette modification dépend cependant de l'accueil qu'il réserve à son enfant.
En somme, être homme et père, c’est surtout une réalité morale et spirituelle.»


Le rôle du père vis-à-vis de ses enfants
  ;   ;   ;   Le père, disent les psys, leur procure d’abord de la sécurité dans tous les domaines, principalement sur le plan affectif : ils ont d’abord besoin d’être aimés. Il joue aussi, ajoutent-ils, un rôle majeur auprès d’eux « en ce qui concerne les modes d'expression de l'agressivité, l'activité sexuelle, le rapport au monde extérieur et sa découverte, la capacité d'abstraction de l'esprit humain ».
Cela suppose qu’il ait géré sa propre agressivité et sa sexualité, en un mot assumé sa nature.

En partenariat avec la mère et d'une manière différente d’elle, il apporte à l'enfant, dès la naissance, l’amour et la protection. Par sa voix plus grave, par sa manière de porter le bébé moins coucounante, par le "non" dit de manière ferme et tran¬quille, l'enfant va apprendre à se situer entre deux pôles différents et complémen¬taires.

  ;   ;   ;   Son rôle primordial, affirment-ils encore, est de défusionner l'enfant de sa mère. L'enfant va ainsi comprendre, plus ou moins vite, qu'il y a une autre possibilité que ce duo réjouissant mais... étouffant (écrit une femme) entre sa mère et lui.
A partir de la loi fondamentale d'interdit de l'inceste, le père est le plus apte à transmettre la loi en général : un « non » dit par lui n'a pas le même impact que celui posé par la mère.

Par le phénomène d'identification à son père (qui va de pair avec un renoncement progressif à sa mère), le garçon en particulier va transformer ses pulsions pour les rendre acceptables. Le bébé, comme l'adolescent, a particulièrement besoin d'être contenu sans violence par des limites fermes: elles vont le protéger de lui-même. Son aspiration à l'autonomie bute sur des interdits qu'il supporte mal, d'autant plus qu'il en a besoin.

Identité et valeurs masculines
  ;   ;   ;   Aujourd'hui, les grands modèles idéaux susceptibles de toucher l'âme humaine sont remplacés par des idoles : le sportif, le chanteur, l'homme médiatique...
  ;   ;   ;   A leur différence, les vrais héros explorent toutes leurs possibilités, ne se dérobent jamais. Ils affrontent le mal, la souffrance, la peur, la trahison, pour frayer un chemin à la vérité et à l'harmonie. (...) Leur force est une vertu, à ne pas confondre avec la brutalité. Le courage de l'homme fort n'étouffe pas sa sensibilité et sa sensibilité ne fait pas obstacle au courage.

La voie masculine est avant tout active ; s'engager dans le monde, partir en quête. « Pas de cheva¬liers, d'explorateurs, de chercheurs et de bâtisseurs si l'on reste à l'abri ».
Le père incite son enfant à grandir, à prendre le risque d’affronter la vie.
(Ceci à condition de ne pas avoir peur de son enfant ou peur de ne pas être aimé de lui...)

L'interdit de l'inceste régit tous les modes de fonctionnement dans la famille et dans la société. Il consiste, d’abord, à rendre interdite toute sexualité avec les membres de la famille proche, de la famille élargie et des accompagnateurs : parrain, marraine, professeurs, chefs scouts, médecins, psy, guides spirituels, etc. Cet interdit intègre la différence des générations.

  ;   ;   ;   Si cet interdit est à faire passer par les deux parents, il revient au père de le manifester par tout son être et ainsi de tirer l'enfant à l'extérieur du corps de la mère pour aller au-delà de lui-même, pour se dépasser.

Le rôle du père vis-à-vis de ses enfants envisagé à travers le manque de père
Son rôle est contrarié par plusieurs facteurs :
- son absence prolongée, physique (les enfants de militaires en souffrent…) ou psychologique,
- son manque de réponse au besoin d'affection de l'enfant,
- la menace de l’abandonner dans le but de le punir,
- la référence abusive à sa culpabilité,
- sa faiblesse quand il s'accroche à son enfant alors même qu’il est alcoolique ou infantile...

  ;   ;   ;   Chez les garçons, le manque de père provoque le manque d'estime de soi, une confusion par rapport à l'identité sexuée, (ou au contraire une abusive affirmation de soi et de la curiosité exploratoire), une difficulté à assumer des valeurs morales, à prendre des responsabilités, à tenir des obligations vis-à-vis d'autrui, à exercer une autorité…
  ;   ;   ;   Et, fréquemment, une certaine mollesse de tempérament aboutissant à des problèmes psychologiques : addiction à l'alcool, à la drogue, à la pornographie, une difficulté à s'insérer dans le monde du travail et une révolte contre la société.
  ;   ;   ;   A l'inverse, une relation affectueuse entre un père et son fils va renforcer l'identité masculine de ce dernier. Aux côtés de son père, le fils acquiert l'estime de lui-même, la conscience de son identité sexuelle, la conscience et l'affirmation de lui-même, la fermeté de caractère, la curiosité du fonctionnement du monde, la capacité à tenir ses obligations vis-à-vis d’autrui, à assumer ses responsabilités et à prendre en charge les valeurs morales.
  ;   ;   ;   La complicité avec son père l'aide dans les bons cas à forger son propre caractère.

  ;   ;   ;   Chez les filles : l’absence du père provoque souvent de l’agressivité contre le sexe masculin, du mépris pour celui-ci, de la volonté de puissance avec le désir d'écraser les autres, y compris dans le travail, difficulté à faire confiance à l'autre, refus de l'autorité, rigidité, absence de féminité.
  ;   ;   ;   A noter que la fille souffre presqu’autant d’un papa poule que d’un père tyran

… A l’inverse, aux côtés de son père, la fille va apprendre à estimer et respecter les hommes, à découvrir qu'il est possible de leur faire confiance, qu'ils ne sont pas nécessairement des brutes à redouter mais une protection dont elle bénéficie... qu'il ne lui est pas nécessaire de devenir un "garçon manqué" pour se faire respecter et apprécier d’eux. La force n’est pas tout…

  ;   ;   ;   Cela dit, dans tous les milieux, beaucoup d’enfants pensent, à 8 ans: « Mon père est formidable ! »,
à 16 ans : « C’est un vieux machin qui n’y comprend rien ! » et, plus tard : « Ah, si Papa était là !… »

La récente négation du père
  ;   ;   ;   Une partie de ce rôle a disparu à travers ce que certains appellent la décapitation du père. Si la société est si violente, disent des experts, c’est parce qu’elle tolère ou organise l’effacement du père.

  ;   ;   ;   C’est vrai d’abord sur le plan technique. Avec la PMA, la femme peut faire un bébé toute seule ; l’homme non. Les moyens de reproduction artificielle permettent d'imaginer un monde où le père serait une option facultative réservée aux nostalgiques de la famille hétéro-patriarcale.

  ;   ;   ;   L’évolution de la législation conduit aussi à une profonde remise en cause la fonction masculine.
La loi « mariage pour tous » a mis en danger la présomption de paternité. « Le mariage n'est plus le socle de la famille. Depuis que l'on a aboli toute distinction entre filiation légitime et filiation naturelle, la présomption de paternité n'est plus le cœur du lien ma¬trimonial».
  ;   ;   ;   De même, pour le « nom de famille ». La loi du 4 mars 2002 permet d'éradiquer le nom du père car les parents peuvent désormais inscrire leur premier enfant indifféremment sous le nom du père, celui de la mère ou sous les deux noms accolés. Au plan symbolique, cette mutation dépouille le père d'une spécificité importante. On nie ainsi une complémentarité fondatrice : la mère donne naissance à l'enfant au plan naturel, le père au plan social en le déclarant publiquement sous son nom.

  ;   ;   ;   Quoi qu’il en soit, la présence du père (d’un père digne de ce nom) apparait bien comme une condition du bonheur et de l’équilibre des enfants - donc de la société.
  ;   ;   ;   La preuve : la France compte plus de 1,7 million de familles monoparentales avec enfant(s). (En vingt ans, leur nombre a augmenté de plus de 70 %.) Dans 86 % des cas, le parent avec lequel réside le jeune est la mère. Or, ce sont ces foyers-là qui connaissent les plus grandes difficultés matérielles et morales d’existence et où les enfants souffrent le plus d’inadaptation à l’école et à la vie moderne.
***

Transmettre le masculin aujourd'hui
  ;   ;   ;   ; « C'est grâce à son père que le fils s'affronte à la réalité du monde. Autrefois, ils partaient tous deux chasser en forêt... Le père est celui avec qui le fils risque, s'aventure, met ses forces à l'épreuve, prend conscience de toutes ses ressources. Le père permet à l'enfant de quitter l'univers familier, en lui montrant qu'il ne sera pas toujours accueilli, approuvé, préservé.
  ;   ;   ;   ; Inversement la mère est celle qui entoure, rassure, protège et console.
L'homme indique toujours une direction centrifuge, non pas pour que le fils renie ses parents mais pour qu'il prenne sa liberté. Rappeler la différence entre les rôles, ce n'est pas les opposer ni créer un conflit. Le père apprend au fils la droiture, la force d'âme et l'engagement, et la mère l'éveille aux valeurs du cœur : la bienveillance, l'amour, la compassion, le respect de la vie.

  ;   ;   ;   ;Les pères copains et les papas poules qui ont peur d'exercer leur autorité, de marquer les limites et de poser la loi, créent une faille parce que les mères sont enclines à excuser leurs fils : "Mais non, il n'a pas fait exprès", ou alors : "il est fatigué".
  ;   ;   ;   ; Si le père hésite à s'affirmer et à s'impliquer, il n'aidera pas son fils à devenir un homme. Tel père tel fils. C'est le respect et l'admiration pour son père qui conduisent Télémaque à partir sur les traces d'Ulysse» (Jacqueline Kelen, Famille Chrétienne, juin 2012).


Conclusion.   ;   ;   ;   ;   ;   ; A propos de l’éducation des garçons.

  ;   ;   ;   ; Il découle de tout cela la nécessité de préparer les garçons à leur rôle d’hommes et de pères.
1/ Information sur la femme.
  ;   ;   ;   ; Il n’est pas suffisant de leur faire donner à l’école une information sexuelle, trop souvent orientée idéologiquement, pour éviter grossesses non désirées et transmission des vilaines maladies. A des garçons qui sont souvent des lourdauds à cet égard, il faut enseigner le mystère de la femme.
Même s’ils sont aujourd’hui élevés avec les filles, je crains en effet que, dans tous les milieux, trop d’entre eux ne les considèrent que comme des copines susceptibles de devenir des rivales… ou des partenaires potentielles auxquelles, dès 14 ans, on peut sans crainte proposer « de jouer à deux »...
  ;   ;   ;   ;Il faut expliquer la psychologie féminine et les vraies dimensions de l’amour à trop de jeunes mâles qui les ignorent ou n’en tiennent pas assez compte, d’où l’échec plus tard de tant d’unions…

  ;   ;   ;   ;Il me semble que ce sont les parents les mieux placés pour s’acquitter sans complexes de ce devoir. Beaucoup d’entre eux le font maintenant, progressivement et en toute vérité et simplicité.
  ;   ;   ;   ;Il y a là un beau rôle à exercer alors que beaucoup des expériences précoces des jeunes les déçoivent et les marquent pour la vie et que le divorce concerne maintenant la moitié des couples.

2/ Enseignement du passé
  ;   ;   ;   ;Le père, disent encore les psys, est celui qui explique à chaque jeune sa place dans la chaine humaine car, pour un enfant, il est difficile de trouver sa personnalité s’il ne sait pas d’où il vient.
  ;   ;   ;   ;A condition de ne pas en abuser, la connaissance élémentaire de l’histoire de la famille, rapportée à l’histoire tout court, me parait donc un élément important de son rôle.
  ;   ;   ;   ;Je le ressens profondément et je conseille toujours à mes contemporains d’écrire leurs mémoires.
(Je regrette que certains de mes amis, anciens déportés, soient morts sans en avoir parlé aux leurs...)

3/ Formation du caractère
  ;   ;   ;   ; Beaucoup de parents donnant priorité aux résultats scolaires, la formation du caractère est la dimension la plus négligée de l’éducation. Or, elle me paraît particulièrement importante pour les garçons devant la crise générale de notre société dominée par les sentiments.
L’avenir est incertain. Or, écrit de Gaulle : « le caractère, c’est la vertu des temps difficiles. »
  ;   ;   ;   ; Pour former le caractère, je crois, par expérience, à la pratique du sport car c’est en maîtrisant son corps qu’on forge sa volonté : activité physique individuelle donc et pratique aussi d’un sport collectif qui a l’avantage d’inculquer, en plus, aux jeunes l’esprit d’équipe et la soumission à des règles.
  ;   ;   ;   ;Dans le même esprit, je crois très fort à la pédagogie scoute.

4/ Je juge aussi important de leur montrer des modèles à imiter : je précise : des exemples de comportement … et pas uniquement des vedettes de la chanson et des champions de tennis…
  ;   ;   ;   ;Je crois surtout qu’il faut très tôt leur apprendre à savoir dire « NON ». Répondre non à 10 ans à des camarades qui proposent un jeu stupide, c’est se préparer à savoir refuser un pot de vin à 40.

5/ Je crois enfin que les garçons fortifieront leur caractère s’ils ont très tôt un idéal de vie et des repères pour l’atteindre, d’où l’importance de la formation morale et religieuse, celle qui fait défaut à tant de jeunes d’aujourd’hui.

  ;   ;   ;   ;C’est cette formation-là qui permettra aux garçons de développer aussi de façon équilibrée leur intelligence et leur cœur, bref de devenir des hommes complets, capables, le moment venu de transmettre le flambeau à leurs enfants.
(Une grande partie de ce que je viens d’écrire est valable aussi pour les filles.)
Jean Delaunay

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Les passages en italique sont extraits de Permanences de mars 2015, la revue d’ICHTUS 49 rue des Renaudes 75017 Paris. Je signale aussi un excellent ouvrage de Philippe Oswald, consacré à ce même sujet
  ;   ;   ;   ; « Debout les pères ! » Éditions Le Sarment Fayard, 1998,195 p., 12 €

Annexe.
« Se reconnaître fils pour pouvoir être père.
Le père peut aider l’enfant à s'identifier à lui :
- d’abord par sa présence affectueuse notamment pendant les deux premières années de sa vie), -par des jeux et des activités partagés avec lui, - par des rites de passage qui lui donnent envie de grandir. Ces rites sont importants dans toutes les sociétés, on ne peut que regretter qu'ils aient été supprimés dans nos sociétés occidentales.
Les rites chrétiens (baptême, première communion, profession de foi, confirmation, mariage) aidaient l'enfant à grandir en même temps qu'ils aidaient la famille à se perpétuer, ainsi que la société toute entière.
Les familles qui ont conservé ces rites s'en sortent mieux que les autres ; mais cela ne peut surcompenser l'absence du père.

Les hommes qui ont été aimés par leur père, qui ont pu s'identifier à lui, ont moins de mal à se positionner par rapport à la loi, et à la transmission de la loi dans la société, dans l'école, dans le travail, dans la famille.
Pour transmettre, il est nécessaire d'être réconcilié avec son père, de reconnaître ce qu’il nous a donné et là où il a échoué ; en un mot, devenir adulte soi-même, se reconnaître fils pour pouvoir être père.
  ;   ;   ;   ; C'est ce qui fait cruellement défaut aujourd'hui : la disparition tangible de la filiation se traduit, par exemple, dans le fait de donner le nom de la mère aux enfants, manière d'effacer le père ; dans le fait d'avoir enlevé le vouvoiement entre générations, d’avoir oublié les termes d'oncle, de tante, de grand-père, de grand- mère, ce qui n'aide pas l'enfant à sortir de la confusion des générations.

Le besoin de l'affirmation masculine
  ;   ;   ;   ; II semblerait que notre inconscient collectif considère que les mères ont un sens inné de l'éducation à la différence des pères qui, en ce domaine, ont à faire leurs preuves.
Or, même dans les petites classes, il serait bon que l'enfant soit confronté aux deux sexes pour que l'éducation reçue soit réellement efficace ; nécessité qui devient indispensable lorsqu'il s'agit d'adolescents.
  ;   ;   ;   ; Le garçon et la fille ont besoin de se confronter à un adulte pour grandir. Quand celui-ci est trop bienveillant, trop protecteur, certains jeunes, garçons notamment, n'ont pas d'autre solution que l'auto-sabotage scolaire, ou d'autres comportements qui amènent à l'éloignement (la pension, par exemple...), sans que le jeune se sente coupable de quitter un "si bon père".
  ;   ;   ;   ; La solution est parfois de permettre au jeune de rencontrer d'autres adultes (grands-parents ?) et même de les faire séjourner temporairement chez eux).
  ;   ;   ;   ; Il faut surtout que les parents eux-mêmes cessent d’être trop gentils, qu'ils apprennent à dire "non" et à s'y tenir.

  ;   ;   ;   ; Plus de présence masculine dans les domaines qui concernent la transmission de la loi, serait des plus bénéfiques pour les garçons et filles. Un juge homme n'a pas le même impact qu'un juge femme, un policier homme qu'un policier femme, un éducateur homme qu'un éducateur femme....
  ;   ;   ;   ; Etant donné l'éclatement des familles et la fragilisation de la place actuelle donnée à l'homme, il semble urgent de proposer aux jeunes d'autres figures masculines au sens large du terme.
L'adaptation à la frustration et à l'interdit doit se faire dès la toute petite enfance (avant 3 ans) et tout au long de l'éducation, en augmentant la présence masculine et paternelle à l'adolescence.
  ;   ;   ;   ; Il est plus que temps de mettre un terme à la «papaisation» des pères, sorte de papa «chaudoumou», comme me le disait une jeune patiente de 20 ans. »
Ghislaine GUERRY


France-Valeurs 29° année Lettre de septembre 2015 Directeur de la publication: Jean Delaunay 32 rue de l’Orangerie 78000 Versailles Site Internet : www.francevaleurs.org courriel : contact@francevaleurs.org
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