Lettre de mars 2015

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Sécurité de notre pays face à la montée d’un dangereux islamisme. Que faire ?

     Le monde va mal et la France elle-même est à tous égards dans une situation inquiétante. A cet égard, je veux m’exprimer sur un point de l’actualité que je considère comme vital.
     Il s’agit de notre sécurité extérieure et intérieure face au dynamisme conquérant de l’Islam qui menace notre identité nationale et suscite un terrorisme qui confine désormais à la folie.

     Ce problème est d’autant plus préoccupant que de nouveaux immigrants arrivent chaque jour chez nous, au péril de leur vie, dont beaucoup de clandestins africains, alors que la faiblesse de notre économie et la baisse de notre moral compromettent notre capacité de réaction.

     Je précise que j’ai fréquenté beaucoup de musulmans outremer en tant qu’officier et que j’en ai visité quelques - uns en prison. Je les ai surtout vus combattre avec nous et travailler pour nous et j’ai sur eux un préjugé favorable. Je suis donc à même d’imputer une partie de nos difficultés avec eux à notre méconnaissance de l’Islam et de ses fidéles .
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     Les problèmes qu’ils posent sont devenus très complexes, je vais donc les aborder en essayant de tenir à la fois les deux bouts de la chaine pour tenter d’être objectif et si possible positif.
     On a perdu des années en déni de la réalité mais j’espère que le choc psychologique récent permettra de relancer toutes les énergies pour réparer dans la paix les lézardes de la maison France.

Jean Delaunay         

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La sécurité de la France en question

    Il aura donc fallu une tuerie chez nous et une série de drames au Moyen Orient et en Afrique pour que l’on ose enfin nous dire que nous étions entrés dans une ère d’affrontements – en prononçant même le mot guerre.

    Le danger actuel réside en effet dans la conjonction des méfaits très inquiétants des terroristes islamistes avec la présence chez nous de plusieurs millions de musulmans.
    La plupart d’entre eux s’accommodent de leur situation et n’aspirent qu’à la paix mais leurs jeunes générations ont de plus en plus tendance à se radicaliser, à refuser notre (pseudo) vivre- ensemble, tout en revendiquant des droits spécifiques sans accepter les devoirs correspondants.
     Ils constituent le terreau potentiel de troubles graves à l’ordre public - voire pire.
     J’y vois une menace grave pour notre identité nationale et pour la survie de notre France.

     Nos soldats sont engagés en Afrique contre des acteurs de ce dévoiement de l’Islam qui rêve d’instaurer un califat musulman par-dessus les frontières. A ce propos, nos stratèges parlent avec raison de guerre asymétrique. J’étendrais quant à moi cette notion d’asymétrie à nos deux mondes que beaucoup de choses opposent.

Sur le plan anthropologique.
    Les musulmans font plus d’enfants que nous. Leurs populations sont jeunes. Les nôtres vieilles. Du coup, ils ont le temps alors que nous sommes pressés.
Leur société reste sous l’emprise des mâles et la nôtre se féminise : enseignement, justice, santé notamment. Du coup, elle pourrait avoir tendance à s’amollir en cédant trop au sentiment…
Leurs filles sortent de plus en plus voilées et, chez nous, le bikini se porte beaucoup l’été…
Leurs femmes ont des droits limités alors que chez nous la parité a droit de cité.

Sur le plan philosophique et religieux.
- Il y a interpénétration entre leur foi et leur vie alors que nous faisons de la laïcité un dogme.
- Ils n’ont pas peur de la mort et recherchent même le martyre pour aller au Paradis.
     Nous, nous occultons la mort et en faisons même un quasi tabou.
- Ils vénèrent le Sacré alors que nous avons tendance à tout tourner en dérision.
- Leur maître mot, c’est Islam, c'est-à-dire soumission, et le nôtre est Liberté.
- Ils acceptent de vivre en régime autoritaire alors que nous sommes férus de démocratie.
- Pour eux, l’utilisation de la violence est licite à l’encontre des infidèles.
- Nous, au contraire, si nous nous laissons aller à la violence, c’est en contradiction avec nos principes car, même incroyants, nous restons imprégnés de la loi chrétienne d’amour du prochain.

Le contexte historique.
    L’Islam a connu une expansion rapide après l’an 622. Une brillante civilisation arabe est née alors mais le monde musulman, très éclaté, a ensuite semblé stagner pendant que les chrétiens maîtrisant de plus en plus de techniques, leur influence s’étendait sur le monde via la colonisation.
     Cette situation a pris fin après 1945 du fait de la guerre froide, de la décolonisation et de la place du pétrole dans l’économie.
    L’ancien complexe d’infériorité des musulmans s’est donc souvent mué en désir de revanche sur les « croisés infidèles », ce qui correspond à leur doctrine religieuse par essence conquérante.

Dissymétrie sur le plan guerrier.
     Confiants dans notre supériorité technique, nous avons fondé notre stratégie militaire actuelle sur la puissance. Sauf au Sahel, nous tentons de neutraliser Daech par des frappes aériennes alors que les enragés d’en face, partout présents au sol, contrôlent, asservissent et exploitent la population.
     Les cavaliers arabes d’autrefois étaient précédés par la terreur qu’inspiraient leurs cimeterres. Leurs milices d’aujourd’hui combinent adroitement les raids profonds et une intense guerre psychologique qui leur a permis de mettre en déroute des unités régulières d’Irak au Nigéria.
     Les attentats suicides aveugles, les assassinats ciblés (y compris chez nous), les prises d’otages, les vidéos d’égorgements transmis à nos TV - et la récente menace d’une émigration forcée et massive de musulmans misérables vers nos côtes - constituent une redoutable stratégie d’intimidation bien financée, sous tendue par l’idéologie Islamiste et relayée chez nous par les réseaux sociaux.

     De notre côté, « Valeurs et Discipline », respect de la légalité, maigre budget et gilets pare-balles…

Tout cela est aggravé par nos propres erreurs et contradictions.
1/ Il a fallu qu’adviennent ces odieux massacres pour que l’opinion prenne enfin conscience de la montée de l’islamisme radical. Ceux qui, hier chez nous, l’annonçaient étaient vilipendés.

2/ La récente conversion de nos dirigeants risque de les amener à certaines prises de décisions hâtives sinon désastreuses s’agissant des interventions à l’extérieur comme en Libye 2011.

3/ La montée de l’Islamisme a été favorisée chez nous par le déficit d’autorité à l’école, à la maison, dans la rue et dans les quartiers, liberté de tout faire, de tout dire (sauf ce qui est politiquement incorrect…) et de tout montrer (à travers la publicité, via notamment les images de femmes).

De manière générale, elle a été encouragée par notre faiblesse : politique d’assimilation irréaliste, regroupement familial aveugle, tolérance de fait de la polygamie, laxisme judiciaire (face aux exactions quotidiennes et aux émissions haineuses émanant notamment de groupes du rap), construction abusive de cités, acceptation de mosquées financées de l’extérieur, cantines halal et autres faveurs contraires à la laïcité affichée et tranchant avec l’hostilité montrée aux chrétiens…

4/ La mobilisation du 11 janvier, magnifique en apparence et célébrée comme telle, a été en fait ambiguë avec des conséquences gravissimes. La majorité des participants se sont rassemblé pour montrer leur indignation et leur détermination face à l’offensive de terreur. Sous le coup de l’émotion, ils ont repris sans réfléchir le slogan « Je suis Charlie » .
     Il leur avait été adroitement suggéré par ceux voulaient faire prévaloir la liberté d’expression sans limite, occultant ce faisant le risque d’offenser gravement un adversaire potentiel.
    Cela a été le cas et les répercussions en terre d’islam de cette manifestation se sont retournées contre notre cause : les égorgeurs et leurs soutiens ont tué des chrétiens locaux et brulé des églises alors que Charlie Hebdo maltraite le Pape et l’Eglise autant ou plus que Mahomet.

    Tout cela a aussi fait grandir les risques courus par nos soldats déployés dans des conditions très difficiles dans des pays où les musulmans, majoritaires, sont tentés d’aider Daech.

5/ 130 ans de présence au Maghreb n’ont pas suffi à nous enseigner l’attitude équilibrée à tenir vis-à-vis de ces populations fières et ombrageuses : la bienveillance alliée à la fermeté.
     En effet, ayant recruté des ouvriers au bled nous les avons installés ici où leurs conditions de vie matérielle sont meilleures que là-bas mais nous les avons laissés livrés à eux-mêmes, souvent travaillés de surcroît par de dangereux idéologues de chez nous ou de chez eux.
    Un petit nombre d’entre eux (femmes souvent) ont réussi à bien s’intégrer dans notre société. Malheureusement, des milliers d’autres résidents dans notre pays refusent d’être de vrais français, notamment ces jeunes non scolarisés, qui vivent entre eux, déboussolés, désœuvrés, frustrés, proies toutes désignées pour les trafiquants, les mauvais prêcheurs et les recruteurs pour le djihad.

Dans ces conditions, au-delà des problèmes de police et de justice, la question centrale de notre sécurité intérieure, c’est comment faire évoluer favorablement l’état d’esprit et le comportement de ces personnes alors que, il faut le reconnaître, monte chez nous l’islamophobie ?

Conséquences fâcheuses de notre autisme passé
« Baise la main que tu ne peux couper mais coupe la main qui te caresse », ce proverbe arabe illustre la nécessité pour nous d’être forts pour lutter à l’extérieur contre une forme d’islamisme dévoyé dans la cruauté et contenir à l’intérieur un islam revendicatif.

     Or, à l’inverse, quoique utilisant à l’occasion un langage presque martial, nos dirigeants donnaient souvent des preuves de faiblesse dans leur comportement par refus de regarder en face les vrais problèmes, par irrésolution et tendance fâcheuse aux allers et retours décisionnels.

    De plus, le fond même de leur politique apparaissait marqué par l’idéologie et la démagogie :
peur de déplaire à des électeurs potentiels, peur aussi de remettre en cause des mesures financières et sociales coûteuse et inappropriées dans le cadre d’une politique de la ville irréaliste.

    J’ajoute qu’a sans doute ajouté au désordre des esprits musulmans la volonté affichée du gouvernement de changer notre civilisation, d’en finir haineusement avec l’héritage judéo chrétien qui la caractérisait et continue à la marquer, vis-à-vis de l’islam notamment.
     (A cet égard, j’ai souffert récemment d’entendre le chef de l’Etat parler des 21 ressortissants égyptiens décapités sans ajouter qu’ils l’ont été parce que chrétiens. Laïcité oblige ?)

    De même, notre activité législative littéralement contre nature dans le domaine sociétal a dû choquer le rigorisme de l’islam: encouragement à l’avortement, invention du mariage pour tous avec ses déplorables suites logiques : tolérance de fait de la gestation pour autrui, (d’où des usines à bébés dans les pays pauvres et naissance d’un nouveau trafic), propagande pour l’euthanasie.
     Cette situation contribue à faire monter à un double titre l’animosité de beaucoup de musulmans contre nous. D’une part, ils nous en veulent parce qu’ils nous supposent chrétiens, donc descendants des croisés. D’autre part, les plus rigoristes d’entre eux nous accusent d’être des mécréants : non seulement nous avons rejeté Dieu mais nos publicités, nos films et la tenue de nos filles les scandalisent : c’est tout cela que les plus radicaux d’entre eux prétendent combattre.

Que faire ?
    Je discerne un frémissement de la gouvernance de notre pays vers le bon sens et le réalisme.
    Il s’agit par exemple de mesures concernant la restauration de l’autorité à l’école, le retour de l’enseignement du civisme, l’extension du service civique, la surveillance des sites malfaisants sur internet, le durcissement d’autres contrôles et l’encouragement au dialogue entre religions.
Ces annonces vont dans le bon sens.

     Malheureusement, a contrario, l’enseignement de l’histoire demeure orienté, celui de l’histoire des religions n’est pas d’actualité (et pourtant …), les réformes judiciaires s’apparentent presque à un encouragement à la délinquance… L’on envoie un porte-avions en Syrie tout en exaltant Charlie, et nos soldats montent ici la garde au lieu de s’entrainer en vue de leur prochain départ en OPEX.
     Par ailleurs, certaines des mesures récemment décidées s’apparentent à des rêves, ainsi les conférences sur la laïcité à des élèves musulmans qui regardent la TV Aljazeera à la maison…
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En conclusion, apparait un grand besoin de mettre partout de la cohérence et de la rigueur

Cohérence A l’extérieur, nous voulons faire la guerre à Daech… alors mettons-y les moyens et ne favorisons pas le recrutement de combattants ennemis par l’apologie de la liberté d’expression.

    A l’intérieur, pour inciter les musulmans à devenir des citoyens français, coordonnons tous les moyens de l’Etat qui semblaient jusqu’ici tirer à hue et à dia : prévention et répression, justice et police, forces de l’ordre et médias, urbanistes, travailleurs sociaux et éducateurs.

Rigueur Introduisons-en partout : dans la politique de naturalisation, la distribution des subventions, l’attribution des allocations (qui permettent la polygamie), le contrôle du contenu des prêches des imams, l’absentéisme scolaire, la pratique de la langue française, l’exécution des peines judiciaires… sans parler des cantines hallal et des mosquées financées par le Qatar et l’Arabie…

Et par-dessus tout, mettons en avant l’élément humain des problèmes.

     Citoyens français de souche, comme dit le Président, reprenons conscience de la richesse de notre patrimoine culturel et spirituel et soyons fiers de ce que nous sommes. En même temps, vis-à-vis des musulmans, faisons nôtres cinq principes : connaissance, respect, réalisme, force et conviction.

    Cherchons à exorciser la crainte qu’inspire l’Islam, le nombre de ses fidèles, le fanatisme de certains d’entre eux et les excès auxquels se livre une minorité.
    Essayons de mieux connaître les musulmans et d’abord cette majorité qui vit ici honnêtement et nous rend de grands services. Allons vers ses jeunes. Créons des structures pour « bâtir ensemble ».

    Le temps du complexe de supériorité est révolu. Leurs pratiquants nous donnent l’exemple de la piété, de la fidélité et de l’exigence. Tous méritent notre respect en tant qu’hommes égaux à nous en dignité. Ils sont fiers et ombrageux. Evitons ce qu’ils considèrent comme des provocations.

C’est en renforçant nos convictions religieuses et patriotiques, plus qu’en faisant l’exégèse comparée du Coran et de l’Evangile- ou en exaltant la laïcité- que nous leur donnerons envie de s’assimiler nos Valeurs. Comptons sur notre exemplarité plus que sur notre discours.
     A défaut, ils auront tendance à ne prendre chez nous que les commodités de vie...

    La solution de tous ces problèmes passe d’abord par des rencontres de personne à personne.
Traquons sans relâche les porteurs de kalachnikovs mais, chacun à sa façon, essayons d’aider ces jeunes. Ils sont violents parce qu’ils sont malheureux mais ils sont très attachants quand on leur témoigne au minimum de l’intérêt − et si possible de l’amour… C’est le message de Lyautey.
Jean Delaunay         

France-Valeurs 29° année Lettre de mars 2015 trimestrielle ISSN 1260 643 X Directeur de la publication: Jean Delaunay 32 rue de l’Orangerie 78000 Versailles Site Internet : www.francevaleurs.org courriel : contact@francevaleurs.org
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