Lettre de juin 2013

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Cette lettre est centrée sur la présentation du nouveau livre de Jean Delaunay :

« Nouvelles lettres à mes descendants »


      Rappel de l’introduction d’un livre précédent « Lettres à mes petits-enfants sur des sujets qui fâchent.»

J’ai passé 40 ans sous l'uniforme et j'ai été nommé en 1980 chef d'Etat- Major de l'Armée de terre. En 1983, en désaccord avec la politique de défense du gouvernement, j'ai jugé nécessaire de marquer mon opposition à cette politique en démissionnant de mon poste.

Réfléchissant ensuite, dans la sérénité, aux problèmes que posent la sécurité et la survie de notre pays, j’ai écrit : «La Foudre et le cancer» paru en 1985. Ma thèse est simple : "La foudre", c’est-à-dire la menace militaire, notamment nucléaire, est moins redoutable à mes yeux que ce "cancer" moral, psychologique et spirituel qui ronge de l'intérieur nos forces vives.
      Pour lutter contre ce "cancer'', il me semblait nécessaire de commencer par réensemencer ce que j'appelle des Valeurs fondamentales, c'est-à-dire les piliers moraux et spirituels qui permettent aux hommes et à la société de tenir debout.
      C’est dans cet esprit qu'en 1986 j'ai fondé France-Valeurs. Cette association rassemblait initialement ceux de mes lecteurs qui partageaient ma manière de voir.
      Elle vise à identifier, définir et promouvoir les Valeurs Humaines Fondamentales.
C’est ainsi que nous avons d'abord réalisé un Argumentaire qui rassemble des données sur ce que nous considérons comme des Valeurs de base et la manière de les transmettre.
      Sur ces thèmes, j'ai, pendant des années, beaucoup écrit personnellement, donné quantité de conférences et pris de nombreux contacts en France et ailleurs.
      Passionné depuis longtemps de formation humaine, je constatais en prison que la délinquance résulte le plus souvent d'un déficit d'éducation.
      Simultanément, souvent amené à parler d'éducation à des parents inquiets pour leurs enfants, je leur disais que ce dont les jeunes avaient le plus besoin (en plus de vrais repères pour mener leur vie), c’étaient l'esprit critique et l'indépendance d'esprit, seuls antidotes à la pensée unique et à la dictature intellectuelle dans lesquelles nous baignons.

      C'est pour aider nos jeunes à développer ces qualités que j'ai publié mes "Lettres à mes petits enfants", en abordant volontairement des questions souvent considérées comme tabou, bref "des sujets qui fâchent"...

***
Dix ans après :

Introduction des « Nouvelles lettres à mes descendants
»

       Depuis que j’ai fait paraître ces Lettres, beaucoup de choses ont changé qui justifient la mise à jour de mes prises de positions d’il y a treize ans. Par exemple :

A l’échelon de la planète
      La démographie galopante d’une grande partie du monde n’a pas été accompagnée du développement parallèle des ressources. Les habitants de ces territoires sont donc victimes de la misère, de la mauvaise gouvernance et de conflits inter-ethniques. Le tout désespère beaucoup d’entre eux, d’où la montée des haines et des violence internes, et le désir de nombreux jeunes d’émigrer vers nos vieux pays (supposés) riches.

       L’attentat du 11 septembre 2001 et ses suites montrent la redoutable capacité de nuire d’une frange de l’islamisme radical qui a adopté, renouvelé et développé le terrorisme.
       En outre, les printemps arabes, initialement fondés sur la soif de liberté et de démocratie des élites, semble évoluer vers un Islam raidi, passionnel, anarchique et complexé. Il attire cependant des jeunes déboussolés de chez nous et cela m’inquiète doublement.

      La mondialisation de l’économie a eu de graves conséquences dans nos pays.
Du fait de la différence des salaires entre le Nord et le Sud, beaucoup de nos entreprises ont en effet choisi de délocaliser leurs usines, ce qui entraîne ici un chômage massif.

       La finance parait aujourd’hui déconnectée de la production de richesses. Du coup, le contrôle de la puissance financière semble échapper aux Etats et aux personnes.
Cela contribue à la perte de confiance des peuples en eux-mêmes et en leurs gouvernants.

       Dans ce cadre, l’on commence à percevoir le déclin relatif de l’Occident, et notamment de l’hégémonie des Etats Unis d’Amérique, face à l’émergence de nouveaux pays, notamment celle d’une immense Chine à l’ambition démesurée.

      S’ajoutent à ce sombre tableau de graves menaces contre l’environnement dans un contexte d’urbanisation massive et de consommation effrénée dans les pays riches.
La perception accrue de ces vrais périls entraîne des réactions souvent irréalistes des écologistes, ce qui masque la nécessité pourtant vitale de réduire notre train de vie.
***
En Europe,
L’entrée de nouveaux Etats très divers dans l’Europe à 27 provoque l’incapacité de celle-ci à parler d’une seule voix et à agir en conséquence.
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En France
- Les pouvoirs publics ont pris conscience du vieillissement de notre population.
- En revanche, ils semblent ne pas percevoir la vulnérabilité de notre société et ses contradictions.
      Je déplore notamment leur refus obstiné de regarder en face des réalités comme le délitement de la famille et de la société, désormais sans repères, et l’impossibilité de contrôler l’immigration et d’assimiler nombre d’immigrés, d’où une menace pour l’identité et la sécurité françaises.
       S’y ajoutent le poids abusif de groupes de pression, dont certains syndicats, et l’échec de l’école...
      Pire, alors que notre crise morale et psychologique s’aggrave, on voit surgir et s’imposer des utopies prétendues porteuses de progrès alors qu’elles sont fondées sur le mensonge et la négation du bon sens.
       La preuve, entre autres : le vote récent d’une loi inique qui annonce la volonté explicite du gouvernement actuel de changer la civilisation
***

       Dans ce contexte, mes petits-enfants sont devenus, pour mon bonheur, de solides adultes, la moitié d’entre eux entrés dans la vie active et déjà chargés de famille.
D’autres n’ont pas encore pris leur autonomie complète.
       C’est pour ceux-là surtout et leurs amis que j’écris.

      Quant à moi, j’ai gardé mes certitudes de base mais j’essaye de nuancer mes jugements. Du coup se renforce ma conviction que la vérité n’est pas souvent une, ni simple, et que, pour être juste, il faut tenir en même temps les deux bouts de la chaîne.

      Année après année depuis 26 ans, j’ai tenu à maintenir France-Valeurs à flot : un peu pour moi, pour défier les atteintes de l’âge, et surtout pour contribuer à conforter ce petit reste de bons citoyens sur qui repose, selon moi, la survie de notre pays.
      Sans nier l’importance des facteurs économiques dans la vie des peuples, je persiste à focaliser ma réflexion sur les aspects moraux et spirituels de l’existence des hommes.
      Tout cela m’a incité à reprendre certaines de mes lettres de l’an 2 000 pour les actualiser et à en écrire d’autres qui témoignent davantage de ma foi catholique.

      Je m’apprêtais à jeter cette nouvelle bouteille à la mer, convaincu d’avoir beaucoup reçu et d’être donc tenu au devoir de transmettre. J’avais conscience en même temps de la modestie de mon testament. De plus, j’étais un peu déçu, ces années-ci, par la discrétion abusive des silencieux, en majorité chrétiens, qui représentaient pourtant mon espérance.

      Or, je viens de recevoir de ceux-ci à la fois un cinglant démenti et un immense encouragement à travers la magnifique réaction de santé et de bon sens de milliers de nos concitoyens (dont beaucoup de jeunes) à laquelle nous venons d’assister.

      Ce sursaut que j’espérais depuis 26 ans, nous venons d’en entrevoir les prémices sous la forme de manifestations à la fois massives, tranquillement opiniâtres, calmes et même joyeuses mais résolues.

      Elles ont donné lieu à une sévère contre-offensive des pouvoirs publics, à la fois psychomédiatique et policière qui s’apparente à une persécution laquelle n’en est peut-être qu’au premier acte.

       Cela renforce ma conviction que nous sommes entrés dans une vraie « guerre civile des idées ».

      D’où ma volonté encore accrue d’affirmer aux jeunes que la vie est un combat auquel ils doivent se préparer mais qu’elle est belle malgré les épreuves quand on a, comme nous en avons la chance, une étoile à quoi accrocher notre charrue.

      Pour leur combat à la fois vital et multiforme, ceux qui, comme moi, ont fait leur temps souhaitent aux jeunes la foi, la lucidité et le courage… un courage différent de celui des héros de Verdun et de la Résistance mais tout aussi méritoire.

       En toute confiance, jeunes de la manif pour tous, je vous dédie donc ces pages en vous passant le témoin. Haut les cœurs, mes jeunes !
***

       Attention cependant à ne pas vous polariser de façon restrictive sur la contestation de la funeste Loi Taubira.
      Certes, vous êtes révoltés comme moi par le contenu de cette loi qui contredit à la fois la nature profonde de l’homme, notre héritage séculaire et le bon sens élémentaire.
      Vous avez été choqués par la façon dont elle nous a été présentée et en fait imposée avec des procédés qui rappellent ceux des fascistes. Vous avez relevé l’autisme méprisant que nous a valu la manifestation de notre esprit de résistance.

      Mais l’affrontement socio culturel d’aujourd’hui touche à des domaines si importants qu’il nous faut élargir notre angle de vision et de réaction. Non seulement nos adversaires prétendent effacer la différence et la complémentarité des sexes mais ils veulent soustraire nos enfants à notre influence parentale et utiliser l’école comme le lieu et moyen de formatage des jeunes cerveaux.
       Monsieur Peillon écrit ainsi dans : « Une religion pour la République », page 277 :
       (…) La révolution implique l’oubli total de ce qui la précède. Et donc l’école a un rôle fondamental, puisque l’école doit dépouiller l’enfant de toutes ses attaches pré-républicaines pour l’élever jusqu’à devenir citoyen. Et c’est bien une nouvelle naissance, une transsubstantiation qui opère dans l’école et par l’école, cette nouvelle église avec son nouveau clergé, sa nouvelle liturgie, ses nouvelles tables de la loi. »

      C’est le même qui s’exprime, comme Ministre de l’Education Nationale :
« (il faut) arracher l’élève à tous les déterminismes : familial, ethnique, social, intellectuel » (afin de) « s’appuyer sur la jeunesse pour changer les mentalités ».

      Comme parents et comme chrétiens, nous sommes indignés par ce langage.
- Oui, nous aussi, considérons que notre révolution n’est pas finie, celle qui verra remises à l’honneur les Valeurs qui permettent aux hommes, aux familles et aux sociétés de tenir debout.
- La révolution de l’honnêteté : celle qui extirpera triche scolaire, dopage sportif et concussion.
- Celle qui renforcera la famille et exaltera la devise « Servir et non se servir », qui incitera les gens arrivés à>B> renvoyer l’ascenseur aux pauvres.
- Celle qui éduquera les futurs citoyens au devoir à accomplir et pas seulement au droit à exiger.
- Celle qui essayera de tirer les hommes vers le haut et de les aider à trouver un sens à leur vie.
***

      C’est cela que je développe sur notre site internet www.francevaleurs.org qui présente quelques chapitres de mon nouveau livre. (rédaction et titre provisoires) En voici le sommaire :

Nouvelles lettres à mes descendants
Introduction
Préambule : ma réponse à St Exupéry qui s’exclame avant de mourir « Il faut parler aux hommes… »

1° partie
Ce qui m’inquiète ou m’indigne
La guerre civile des idées
Ce meilleur des mondes qu’on tente de nous imposer
Les séquelles de la colonisation
(assez réussie) et de la décolonisation (entièrement ratée)
L’Islam, l’islamisme et le djihad
La rémanence chez nous de la mentalité marxiste
La montée des violences
Les addictions modernes
La Défense Nationale
Sont soulignés les chapitres déjà mis en ligne


2° partie
Ce que je crois
La vie et la mort
L’amour, le mariage, la famille
La foi
L’autorité
L’éducation
Le service des autres
La France
Conclusion
Annexes (notamment ma vision sur l’homme en prison)
***

      Tel qu’il est, ce document (mis en ligne mais transitoire) rassemble l’essentiel de ce qui m’inquiète et qui, à l’inverse, me fait vivre.
A partir de ces éléments rédactionnels, je rédige et je publierai un nouveau livre, plus compact, plus unifié et portant davantage l’accent sur « ce que je crois » que sur « ce qui m’indigne ».
       Si vous êtes intéressés a priori par cet ouvrage, dites-le nous en précisant le nombre d’exemplaires que vous envisagez de retenir. Les conditions de sa publication dépendront du nombre de lecteurs prévisibles.
Merci d’avance.
Jean Delaunay             

Lettre de France-Valeurs de juin 2013 trimestrielle ISSN 1260 643 X Directeur de la publication: Jean Delaunay
France-Valeurs 26° année 32 rue de l’Orangerie 78000 Versailles CCP 704724 K Paris
Site Internet : www.francevaleurs.org               courriel : contact@francevaleurs.org

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