Lettre de décembre 2011

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Editorial

Editorial de crise et d’espérance

        Devant l’étendue et la complexité de la crise actuelle et dans la perspective des prochaines échéances électorales, Dieu me garde de suggérer à nos responsables des mesures pour réduire la dette ou de donner des conseils de vote aux électeurs !
       Restant dans notre domaine, je me permets cependant de redire ici ce que je crois.

***

       Au-delà de la finance et de l’économie, nous sommes en pleine crise des esprits, de la société et de l'Etat. Tous les marqueurs sont au rouge. Cette réalité psychologique, morale et spirituelle, la confusion des cerveaux et des mœurs, les hommes politiques semblent ne pas la voir et ne font donc rien pour y remédier.
       Certes, ce devrait être à chacun de connaître, d’incarner et transmettre les principes qui donnent du sens à son existence personnelle. Mais, pour que la société tienne debout, il faudrait aussi que les dirigeants fassent respecter ces principes, notamment à travers les lois. Or, le législateur d’aujourd’hui cherche surtout à s’aligner sur les mœurs et les médias, qui façonnent l’opinion, banalisent souvent ce que ces mœurs présentent de moins noble.

       A l’heure de l’argent-roi, de la démagogie tous-azimuts, de la liberté dévoyée, de la classe politique stérilement divisée, des scandales qui ternissent l’image des élites, nous sommes nombreux à attendre le changement par le retour au bon sens, l’homme étant remis à sa vraie place.
***

       Nous voudrions que les responsables regardent la situation en face, qu’ils osent dire la vérité au peuple sans l’édulcorer mais sans dramatiser, en essayant toujours de tirer les citoyens vers le haut.
       Dans cet esprit, nous les exhortons à :
      • Mettre l’accent sur les « Devoirs » de l'Homme autant et plus que sur ses Droits.

      • Encourager, parmi les « vertus citoyennes », le sens de la responsabilité, parentale, familiale et civique, le goût de l'effort et du risque, le sens de l'honneur, à commencer par la simple honnêteté, la conscience professionnelle et, plus important encore, le respect de la vie et de la personne humaine dans leur dignité fondamentale.

      • Agir pour qu'au plan social soit partout restaurée l’autorité et que soient enseignés le sens de l'intérêt général, l'esprit de discipline, la volonté de cohésion, la générosité, le dévouement à la famille, à l'entreprise et à la Patrie.

      • Inciter les chefs de tout niveau à donner l’exemple.

      • Réinsuffler dans le pays la confiance et la fierté d’être français.
***

       Si, bravant le politiquement correct, nous réussissons à faire passer ce message dans l’opinion et, de là, au sommet, il y a des chances pour que l'Intendance suive et qu’on trouve des solutions équitables à nos graves problèmes matériels.

       Fort de cette espérance, je vous crie haut les cœurs et vous souhaite un bon Noël.
Jean Delaunay       


Les Valeurs humaines, un facteur-clé dans le traitement de la crise.

       Je devrais me réjouir d’entendre des partis politiques évoquer « les valeurs » mais, quant au contenu, je vois trop souvent leurs critères s’écarter des nôtres.
       Pour ne citer qu’elle, leur « Liberté » est, à mes yeux, carrément libertaire…

       En ce qui nous concerne, je redis ici que nous cherchons à définir et à promouvoir les Valeurs comme un ensemble cohérent de notions morales inséparables les unes des autres et qui se renforcent mutuellement. Par exemple, pour nous, pas de liberté sans responsabilité, pas de droits sans devoirs, pas d’autorité sans amour ni sans exigence…
       D’ailleurs, pour nous encore, les Valeurs, ça n’existe que par les hommes qui les font vivre !

       A partir de ces bases, je lance quelques réflexions (de bon sens ?) basées sur ce que je vois et que j’entends. Reprises et exploitées à haut niveau, elles pourraient être salutaires.

Regarder la réalité en face
       Le réalisme
devrait être à la base de toute réflexion sociale et politique. Or, beaucoup de personnes qui jouent un rôle important refusent de regarder la réalité en face.
        - Pourtant, chacun de nous sait que le bambin qui nous attendrit tant, va, un jour, essayer de mettre le doigt dans la prise électrique… et qu’il nous faudra réagir, pour son bien…
        - De même, quand, devenu adolescent, il cherchera à s’opposer à nous pour s’affirmer, nous jouerons (sans abus mais sans complexe) notre rôle debutoir pour cadrer l’essor de sa personnalité…
        - De même, au plan social, toute personne sensée et honnête voit que l’éclatement des familles provoque l’errance des jeunes et favorise la délinquance… Que la banalisation des rapports sexuels désordonnés contribue à la propagation du SIDA... Que l’absence d’exigence d’insertion des immigrants entraîne l’affaiblissement de la cohésion nationale… Que l’émergence consécutive de communautarismes ghettoïsés suscite la haine et de la violence…
        - De même que le tabac génère des cancers, que l’alcool et la drogue sont des fléaux, de même la triche à l’école prépare nos enfants à tous les types de corruption…
        - De même, s’agissant du budget d’un ménage, dépenser plus qu’on ne gagne amène au surendettement, début d’un cycle infernal…

       Tout cela, qui relève, au niveau des individus, du simple bon sens et de la simple bonne foi, semble changer de nature, et passer de l’évident à l’invisible, au douteux, voire au tout faux, quand c’est entrevu à travers le prisme déformant de l’idéologie et de la politique partisane.

        D’où le règne de l’attitude de l’autruche et de la langue de bois !

       Au nom du politiquement correct, l’on a longtemps masqué entre autres, l’attitude irresponsable des syndicats… le lien entre la pornographie audiovisuelle et l’augmentation des viols… la dégradation galopante de la sécurité avec l’apparition d’armes de guerre en ville… alors qu’en même temps l’on minimisait la portée des exigences croissantes de minorités ethniques arrogantes…

       Nous sommes nombreux à souhaiter que cesse d’avoir cours ce comportement quasi-suicidaire et que nos jeunes, notamment ceux qui sont appelés à devenir des responsables, soient formés et entretenus dans le respect de la réalité et le refus du mensonge sous toutes ses formes, y compris l’occultation et la déformation de la vérité.

Oser dire la vérité.
       Accepter de voir la réalité en face est donc inséparable d’oser dire la vérité (de préférence en faisant montre de pédagogie) avant d’agir en conséquence.

       Or, dire la vérité exige du courage. C’est déjà notoire pour le gamin qui doit avouer qu’il a volé un sac de bonbons. Ce l’est encore plus pour des parents qui se doivent de révéler aux leurs ce qu’on baptise secrets de famille. C’est encore plus méritoire de la part d’un responsable politique.
       En contrepoint du fameux discours de Churchill 1940 (« de la sueur, des larmes et du sang »…), l’on a vu récemment, à la tribune du Parlement italien, la nouvelle Ministre troublée d’être obligée d’annoncer des mesures de rigueur et pleurant même en prononçant le mot (honni )de sacrifices !

Agir
       Mais passer à l’exécution des mesures annoncées exige encore plus de force morale de la part des décideurs - et souvent dans la durée.
       De même que se déconsidère le père qui menace régulièrement son enfant de le priver de sortie et qui ne tient pas sa promesse, de même perd sa crédibilité l’homme d’état qui annonce comme drastiques des réformes qui seront édulcorées au fil des amendements ou des manifs, ou même passeront aux oubliettes.
       La volonté de tenir ses promesses (ce qui implique qu’elles soient a priori tenables) est ainsi un gage de vertu familiale et politique.

       A ce propos, je relève une contradiction fréquente dans notre société : les citoyens qui déplorent le laxisme des profs et des hommes d’état… sont souvent les premiers à signer des dispenses de piscine à leurs petits … et à protester contre les limitations de vitesse ou l’augmentation des taxes…

De la difficulté d’être chef en 2012
       Il est indéniable que chacun de nous demande l’impossible aux responsables d’aujourd’hui - parents, directeurs d’école ou d’entreprises et hommes publics - c’est-à-dire de posséder un ensemble de qualités dont chacune est très précieuse et d’autant plus rare.

       Nous voudrions en effet que tout dirigeant fasse preuve à la fois
      • de sagesse d’abord dans la conception : est-ce vrai ? est-ce utile ? est-ce possible ? ensuite dans la décision : (est-ce le bon moment ?)
      • de rigueur dans le contrôle (ce dernier étant souvent le plus mal traité des actes de gouvernement, pourtant essentiel à la conduite des hommes et à la marche des affaires.)
      • de sens pédagogique et d’aptitude à communiquer, via la TV notamment.
      • de la capacité à respecter les personnes et à galvaniser les foules, notamment en donnant l’exemple du comportement, notamment après un coup dur.
      • de courage physique quelquefois, et quotidiennement de courage moral, à commencer par celui de braver l’impopularité, ce qui implique une bonne dose d’indépendance d’esprit.
      • sans parler de la maîtrise de soi, d’autant plus nécessaire que s’accroissent les responsabilités. (Plus on monte haut à l’arbre, disent les africains, plus on montre son derrière !).

      Bref… d’être quasiment un surhomme !
       J’ajoute que, selon ma vision de l’autorité, nos responsables devraient chercher à tirer les hommes vers le haut, ce qui ajoute encore une dimension aux qualités que nous exigeons d’eux.
       Or, les hommes sont ce qu’ils sont…
       Prenons-les comme tels mais dans le contexte actuel de confusion des esprits, alors que tous les repères sont perdus, s’agissant notamment de sujets-clés de société, nous voudrions surtout qu’ils fassent en sorte
      • que les personnes * et la Vie humaine, elle - même, soient respectées et protégées par la Loi, de la conception à la mort, ce alors qu’on déplore en France plus de 200 000 avortements par an et que certains réclament l’instauration officielle de l’euthanasie ;
      • que soit défendue et soutenue la famille fondée sur le mariage d’un homme et d’une femme car elle est le lieu le plus favorable à l’éducation des enfants, le principal amortisseur des difficultés sociales et le pilier de la société.
       De plus, à l’heure où l’Europe à 27 montre journellement ses limites, au moment où la mondialisation nous menace, bien au-delà de notre économie et de nos finances, nous sommes un grand nombre de français qui gardons la volonté de préserver notre identité nationale, l’amour de notre pays et la fierté de notre Drapeau.
       Il est impensable à nos yeux que nos dirigeants n’incarnent pas cette volonté-là.

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       Ainsi, l’actualité nous fournit une bonne occasion de mettre sur le tapis ces sujets importants. Croyant rester fidèle à notre vocation initiale de (modeste) mouvement de «réarmement moral», France - Valeurs voulait attirer l’attention de ses amis sur la dimension humaine, psychologique, morale et spirituelle, de la conjoncture et les enjeux immatériels mais vitaux de l’échéance électorale.

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       Deux mots encore. En démocratie, l’on a les dirigeants qu’on mérite… (A cet égard, il est navrant que certaines émissions de TV à base de dérision contribuent à ternir l’image des hommes publics.)
       Sans verser dans l’angélisme, nous voudrions au contraire inciter nos amis à regarder ce qui se passe dans beaucoup de pays du monde où l’on ne voit qu’ambition personnelle, corruption et incapacité généralisées.

       Par comparaison, (tout en sachant que nul n’est parfait mais que le fait d’occuper un poste de responsabilité confère souvent au titulaire la possibilité d’acquérir une partie des qualités qui lui manquent) sachons reconnaître la sagesse, le dévouement, l’activité et le sens du service de beaucoup de personnages publics de notre pays alors que leur tâche est très lourde.

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       Il nous restera à choisir ceux qui nous inspirent le plus confiance pour gouverner par gros temps.
Jean Delaunay       
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* Point de détail peut-être mais révélateur d’une saine conception du respect de la personne, dans les centres de rééducation de l’EPIDE, le vouvoiement est exigé des éducateurs et la position du garde à vous exigée des stagiaires quand on s’adresse à eux.
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NB : Dans l’esprit de tout ce qui précède, nous recommandons vivement à nos amis de compléter leur information avec l’Association pour la Fondation de Service politique.
Son délégué général est Philippe de Saint Germain E-mail : psg@libertepolitique.com
83 rue Saint-Dominique BP 50 355 75366 Paris Cedex 08
Téléphone : 01 45 05 30 70 ou : 01 47 53 05 50
www.libertepolitique.com

Lettre de France-Valeurs   trimestrielle ISSN 1260 643 X    Directeur de la publication: Jean Delaunay    France-Valeurs 32 rue de l’Orangerie 78000 Versailles    CCP 704724 K Paris    25° année    Lettre décembre 2011    Diffusée par SPEED 23 rue Dulong 75017 Paris
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