Lettre de janvier 2010

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Editorial


       L’identité française, nous considérons comme un devoir d’essayer de la définir de façon positive, au moment où le débat actuel se focalise abusivement sur l’immigration.
      Se font jour, en effet, soit des réactions d’exaspération contre les violences verbales et physiques de certains membres de minorités animés par une véritable haine de la France, soit des propos pleins d’une excessive tolérance, voire d’aveuglement, envers ce que sous-tendent ces manifestations.
      Dans un sens ou l’autre, l’idéologie vicie, hélas, les échanges de vues !
      Nous voulons, au contraire, contribuer à définir ici surtout ce qui nous rassemble.
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      Exprimons d’abord notre désir d’affirmer et de rayonner notre fierté d’être Français.
      A cet égard, nous nous démarquons du médiatiquement correct qui chante à tous les échos les vertus du multiculturalisme et nous incite surtout à la honte et à la repentance. Nous récusons aussi ceux pour qui «l’identité française se réduit aux droits de l’homme, à la langue et aux acquis sociaux» (sic),
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      Nous n’ignorons pas pour autant les difficultés d’intégration des minorités qui vivent chez nous. Autant l’immigration a bénéficié à la France des 30 Glorieuses, autant ses conséquences actuelles, mal gérées, constituent un casse-tête politique et social et un facteur de discorde entre citoyens.
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      Nous, les anciens, nous avons vu nos soldats «indigènes» fidèles et valeureux au combat au prix de lourdes pertes. Nous considérons donc qu’ils ont droit, eux et leurs descendants, à notre reconnaissance.
      Nous avons aussi une dette de gratitude envers ces travailleurs que, pendant des années, nous avons recrutés dans le bled pour nos usines et nos mines.
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      Par ailleurs, nous savons bien que ce sont notre niveau de vie et nos avantages sociaux qui attirent surtout les candidats à l’immigration...
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      Pendant 40 ans, nos gouvernants ont occulté les conséquences humaines, pourtant prévisibles, de la «ghettoïsation» des nouveaux immigrés dans les cités. Conçues comme dortoirs de travailleurs, ces barres de HLM sont progressivement devenues des foyers de chômage, puis de délinquance, à travers notamment le trafic de la drogue, et de subversion. Les enfants y grandissent écartelés entre l’influence néfaste de notre TV et un reste de traditions familiales artificiellement maintenues et souvent contestées.

      Pendant ces années, l’assimilation de ces jeunes n’a pas constitué une vraie priorité gouvernementale. Ce souci est apparu plus tard mais les mesures prises ont contribué, à tort, à les maintenir entre eux. Il en résulte que seuls les plus chanceux réussissent à se faire une vraie place ici, grâce à leurs talents et à leur audace. Quant aux laissés pour compte, obéissant à une loi humaine ancestrale, ils se rassemblent en bandes. Ne nous étonnons donc pas de leur manque d’espérance sur fond de crise économique.
      Quant à leur ressentiment aveugle, il est aggravé par une propagande Islamiste militante.
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      Selon nous, il faut à la fois
- refuser et réprimer leurs violences,
- mais tout faire pour abattre les « murs » (psychologiques) qui les enferment, notamment en incitant nos enseignants et nos jeunes élites à aller vers eux pour les aider à saisir les chances qui leur sont offertes. *
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       Nous tenions à exprimer notre point de vue sur cet aspect des choses avant d’aborder l’essentiel.
Le dossier qui suit veut en effet mettre en évidence les Valeurs qui fondent la France.
      Au seuil de cette année 2010, parmi tous nos bons vœux, nous souhaitons à nos amis de redécouvrir et de rayonner autours d’eux
le bonheur et la fierté d’être Français.
Jean Delaunay             
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* S’agissant d’éducation et d’animation des jeunes en difficulté, issus pour beaucoup de l’immigration, l’expérience actuelle du lycée-internat de Sourdun s’ajoutant à celle de l’Association JET d’hier et à celles, entre autres, du P. Petitclerc à Argenteuil et Lyon, prouve que les chosent peuvent changer avec un encadrement exemplaire,, comme celui grâce auquel nos unités de Tirailleurs ont accompli des prodiges d’héroïsme pendant la guerre d’ Italie1943 / 44.

Dossier : L’Identité Française


       Il peut paraître prétentieux de prétendre résumer en 3 pages une réalité à laquelle Fernand Braudel a consacré toute sa vie. Je prends quand même le risque de répondre très simplement à la question posée. JD

Pour vous, qu’est ce qu’être Français aujourd’hui ?

       Pour nous, c’est bénéficier d’un certain nombre de chances et de droits, dont la Liberté, et c’est accepter les devoirs correspondants.
      C’est connaître la France. C’est l’aimer et l’assumer. C’est, chacun à sa place, se sentir responsable de son destin.

Géographie.

Regardons le monde autour de nous et constatons que la France bénéficie d’atouts nombreux :
- un territoire vaste mais assez ramassé, relativement bien délimité par des frontières naturelles,
- une position privilégiée sur deux mers au confluent de multiples voies de passage séculaire,
- un climat tempéré et agréable soumis presque partout à l’influence océanique,
- un réseau naturel de cours d’eau qui constituent autant de voies de pénétration et d’irrigation,
- une faible proportion de montagnes et, partout ailleurs, un sol assez riche pour avoir permis, au fil des siècles, le développement d’une agriculture prospère et diverse qui a constitué longtemps notre principale ressource naturelle, même si nous avons épuisé nos réserves d’énergie fossile.
- Vestiges d’un immense Empire, démembré en 1960, ses territoires d’Outre Mer vivent en étroite symbiose avec la métropole, et largement à ses dépens, mais, malgré des poussées fréquentes d’autonomisme, ils lui restent cependant très attachés et constituent pour elle un élément d’ouverture sur le monde.

Etre Français aujourd’hui, c’est avoir conscience de cette chance unique.
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Socio- démographie

      La population française était au XVIII° siècle la plus nombreuse d’Europe, ce qui lui a permis de surmonter la terrible saignée des années 1792 /1815.
      Après les pertes terribles de 1914 /18 et la récente crise de la natalité liée à des facteurs idéologiques, le taux de renouvellement de la population se maintient à un meilleur niveau que chez nos voisins, même s’il reste insuffisant pour empêcher le vieillissement général de notre société et équilibrer la pression démographique du Sud.
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      Bien qu’ayant subi une série d’invasions, et résultant donc de la superposition et du brassage de diverses couches ethniques, notre peuple a pris vite conscience de son héritage initial celte et gallo romain. Ce fond majoritaire a tôt facilité son unité. Sur lui sont venus se greffer, au fil des siècles, divers rameaux d’immigrés. Malgré les conflits passagers, inévitables en pareil cas, ils n’ont pas posé de graves problèmes, tant qu’il s’agissait de populations de cultures assez voisines : italiens, espagnols, portugais, et même polonais...
      L’arrivée plus récente et massive de personnes qui ont des mœurs et des traditions très différentes, et vivent entre eux, a, en revanche, changé la donne en introduisant dans notre peuple, des éléments de communautarisme.

Etre Français aujourd’hui, c’est vouloir mettre l’unité nationale au dessus des particularismes.
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Culture

      Malgré la longue persistance des dialectes et patois locaux, dans la classe paysanne surtout, la langue française, stabilisée depuis le XV° siècle, a été un puissant facteur de l’unité nationale. Elle est cependant en crise du fait à la fois, à des titres divers, de l’engouement des élites pour les études scientifiques, de la domination de l’anglais et du massacre systématique du bon français au quotidien à travers les échanges de SMS...

       Etre Français aujourd’hui, c’est savoir et vouloir pratiquer correctement notre langue.
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De même, depuis la fin des invasions barbares et jusqu’à la Révolution, avec l’intermède de la Réforme dans un petit nombre de régions, la religion catholique a profondément marqué notre pays, couvrant son sol de cathédrales, d’églises et de calvaires, et imprégnant notre culture et nos modes de penser..
       « Pour moi, l'histoire de France commence avec Clovis, choisi comme roi de France par les Francs qui donnèrent leur nom à la France. Mon pays est un pays chrétien et je commence à compter l'histoire de France à partir de l'ascension d'un roi chrétien qui porte le nom des Francs» (Charles de Gaulle 1965)
      D’ailleurs, une bonne partie des Valeurs dites Républicaines d’aujourd’hui est, en fait, d’inspiration chrétienne, les instituteurs laïcs ayant longtemps contribué à propager une morale d’essence chrétienne.

      La révolution matérialiste actuelle est fille à la fois de la philosophie «des Lumières» et du progrès phénoménal et mal digéré de la science. Son interprétation par des marxistes ,30 ans durant, a eu et garde une profonde influence sur notre intelligentsia. Elle a contribué au déclin du sentiment religieux initié au XIX° siècle et aboutissant à un anticléricalisme de combat.

      Etre Français aujourd’hui, c’est reconnaître et respecter cet héritage chrétien, tout en vivant la laïcité.
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       La puissance et l’audience des médias (TV notamment) sont telles qu’ils créent la mode et qu’ils surimposent au fond culturel classique un culte du divertissement, fondé sur l’émotion et le bruit, avec des apports artificiels majoritairement exotiques.

      Il en résulte que l’immense capital culturel de la France, accumulé au cours de siècles par nos écrivains, nos savants et nos artistes n’est plus goûté et exploité que par une partie de la population.

Etre Français aujourd’hui, c’est, sans ignorer ni mépriser les cultures étrangères, vouloir mieux connaître notre fond culturel et le faire revivre.
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Histoire

      Le peuple français a fait progressivement son unité laquelle était pratiquement terminée avant la fin de l’Ancien Régime (même si la Savoie et Nice sont arrivés en 1860 seulement.)
      La Patrie, étymologiquement, c’est la terre des pères. L’historien Fustel de Coulanges disait:
" Le véritable patriotisme n'est pas l'amour du sol mais l'amour du passé". Il ne s’agit pas tant de l’amour pour les vieilles choses que d’un sentiment de gratitude vis à vis de ceux qui nous ont précédés.

       Etre Français aujourd’hui, c’est savoir ce que nos anciens ont fait, avant nous et à notre profit, pour construire, pierre à pierre, embellir, et défendre la maison France.
       C’est éprouver et affirmer notre reconnaissance envers nos anciens : les défricheurs, les bâtisseurs, les paysans, les ingénieurs, les artistes, les soldats …
       Le sentiment de solidarité verticale entre les générations est en effet dans la nature profonde de l’homme et «le maintien du souvenir est un devoir envers l’avenir», dit Maurice Druon.

      Cela dit, notre histoire nationale comporte évidemment, comme toute entreprise humaine, ses lumières et ses zones d’ombres. Or, il n’est pas honnête de choisir ce qui vous plaît et de rejeter le reste…
      Etre Français aujourd’hui, c’est accepter et assumer tout l’héritage.
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Politique

      Par rapport à tant de peuples qui vivent sous la terreur, ou en état de tensions permanentes, inter ethniques ou autres, ou dans des systèmes où les opposants sont mis en prison, le vieux pays qu’est la France a une longue pratique du vivre ensemble sans s’étriper et du partage de multiples épreuves.
      Il en résulte que, par rapport au reste du monde, elle représente un havre exceptionnel de liberté de penser et d’agir, de relative paix sociale et de vie politique relativement équilibrée.
« Une nation est une famille spirituelle, c’est un vouloir-vivre collectif, c’est un plébiscite de tous les jours» (Renan):
      Etre Français aujourd’hui, c’est accepter ce point de vue et tout faire, les jours d’élections et quotidiennement, pour qu’il représente la réalité, et que celle - ci demeure.

Economie

On dit que l’argent mène le monde mais la crise actuelle prouve que l’absence d’éthique mène à la ruine. Cela dit, l’économie reste le facteur majeur de la prospérité. A cet égard, la France a bien des atouts :
  1. La richesse et la diversité de ses productions agricoles.
  2. Son remarquable réseau de communications qui favorise le tourisme.
  3. L’excellence de ses cadres et de sa main d’œuvre industriels et leur compétence affirmée, notamment dans certains domaines de pointe : automobile, air et espace, électro-nucléaire, santé, travaux publics…
  4. La densité et la qualité de ses réseaux commerciaux…

Etre Français aujourd’hui, c’est se comporter en bon professionnel capable, non seulement de faire, mais aussi d’exporter ses savoirs – faire et, pour cela, d’oser pratiquer le faire savoir.
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Caractère

      On nous accuse souvent d’être légers, inconstants, chicaniers, querelleurs, individualistes...
      Etre Français aujourd’hui, c’est, à l’inverse, observer un minimum de discipline individuelle et collective et accepter de placer le souci du bien commun au dessus de nos intérêts particuliers
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Droits et devoirs

      La France est la « Patrie des droits de l’homme », nous dit-on. A force d’entendre parler de ces droits, dont la liste ne cesse de s’allonger, on nous fait oublier les devoirs correspondants.
      Etre Français aujourd’hui, c’est accepter de remplir nos devoirs envers notre pays. Par exemple, aller voter, payer ses impôts, respecter les Lois, se comporter en bon citoyen dans la rue… et sur la route…
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Service

      « Chaque sentinelle est responsable de tout l’empire. » Paraphrasant Kipling, nous affirmons : Etre Français aujourd’hui, c’est accepter d’assumer un service au profit de la communauté.
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Europe

      L’attachement à la France n’exclut ni l’amour de sa famille ni l'acceptation d'une certaine organisation politique et économique de l'Europe. De Gaulle, qui avait une haute idée de la France, précisait: «Dante, Goethe, Chateaubriand appartiennent tous à l’Europe dans la mesure où ils étaient respectivement et éminemment Italien, Allemand et Français. Ils n’auraient pas beaucoup servi l’Europe s’ils avaient été des apatrides ou s’ils avaient pensé et écrit en quelque «espéranto» ou «volapük» intégré…»

       Etre Français aujourd’hui, c’est admettre qu’on appartient, en même temps, à d’autres groupes humains, donc accepter une certaine organisation de l’Europe et l’harmonisation des politiques mondiales.
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En guise de conclusion

             « Il est bon qu'une nation soit assez forte de tradition et d'honneur pour trouver le courage de dénoncer ses propres erreurs. Mais elle ne doit pas oublier les raisons qu'elle peut avoir encore de s’estimer elle-même.» (Albert Camus 1958)

« Et si les hommes n’usent pas, demain, de leur force diabolique de destruction, la France survivra à nos inquiétudes, à nos existences, à une histoire dramatiquement saturée par l’événementiel, une histoire dangereuse, dansant chaque jour comme le feu, clinquante, angoissante, mais qui passe. » (Fernand Braudel, l'identité de la France).

« Il faut donner quelque chose à aimer aux Français, la France. » (Simone Weil),
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Note : Sur le même thème lire aussi dans la série "Lettres à mes petits-enfants sur des sujets qui fâchent" "La lettre à Mayeul sur la France"

BRAUDEL Fernand
L'identité de la France
Flammarion
Champs histoire
14/01/2009
EAN 97 82 08 12 18 82 6
Lettre de France-Valeurs   bimestrielle ISSN 1260 643 X    Directeur de la publication: Jean Delaunay    France-Valeurs 32 rue de l’Orangerie 78000 Versailles    CCP 704724 K Paris    23° année    Lettre janvier 2010    Diffusée par SPEED 23 rue Dulong 75017 Paris    Déposée le 24 décembre 2009

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