Lettre de janvier 2007


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Nous sommes donc, depuis 20 ans, à l’avant-garde !

       Tout porte à le croire si on suit le journal la Croix qui titrait, à la Une, le 11 décembre: « A droite comme à gauche, les candidats à la présidentielle font campagne sur le thème des Valeurs, critiquant une partie de l’héritage de 1968»

       Je me réjouis certes de voir des candidats évoquer certaines idées que nous défendons depuis 20 ans. Je ne prends cependant pas pour argent comptant l’affirmation précédente, si flatteuse soit-elle pour France-Valeurs.
       D’une part, je ne suis pas sûr que les candidats fassent campagne, comme nous, pour promouvoir les Valeurs. J’imagine qu’ils cherchent surtout à rejoindre et à exploiter les préoccupations des électeurs.
       D’autre part, je crains aussi que toutes leurs Valeurs ne correspondent pas aux nôtres. La Valeur Liberté, par exemple, n’a pas le même sens si on l’entend au sens social ou juridique, comme le font les politiques, ou au sens moral, comme nous... Il s’ensuit que nos échelles de Valeurs respectives ne sont pas, toujours et partout, les mêmes.

       En ce qui nous concerne, nous cherchons à définir et à promouvoir « les Valeurs » comme un ensemble cohérent de notions inséparables les unes des autres et qui se renforcent mutuellement. Pour nous, par exemple, pas de Droits sans Devoirs, pas de liberté sans responsabilité, pas d’autorité sans amour ni sans exigence…

       D’ailleurs, pour nous: «les Valeurs, ça n’existe que par les hommes qui les font vivre»
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      Cela dit, la perspective électorale nous paraît une bonne occasion de mettre en commun nos réflexions sur des sujets importants, sujets de société notamment.
      Sans chercher à influencer votre vote, et en essayant de rester fidèle à notre vocation initiale de modeste mouvement de «réarmement moral», France - Valeurs veut donc attirer votre attention sur certains aspects des principaux enjeux de l’échéance électorale.

     C’est l’objet du dossier joint et de la Lettre ouverte aux Electeurs qui l’accompagne. Ils expriment notre vision de la situation française actuelle et en tirent des conclusions. Je souhaite que ces documents puissent vous aider à affiner, si nécessaire, votre jugement avant d’aller déposer utilement votre bulletin dans l’urne.
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     Ces réflexions voudraient aussi rendre, un peu, justice à nos hommes politiques.
     On entend fréquemment dire qu’eux et « la politique » sont discrédités dans l’opinion. C’est certes de leur faute mais ils sont aussi victimes des médias qui mettent complaisamment l’accent sur leurs rivalités, réelles ou supposées, plutôt que sur leur action.
     Plus navrant encore, certaines émissions TV de dérision contribuent à ternir leur image, oubliant de rappeler, qu’en démocratie, on a les dirigeants qu’on mérite…
     Pour rétablir l’équilibre, et sans verser dans l’angélisme, nous voudrions au contraire inciter nos amis à regarder ce qui se passe dans beaucoup de pays du monde où l’on ne voit que corruption et incapacité généralisées. Par comparaison, et tout en pointant leurs service de beaucoup de personnages publics de notre pays, en commençant par les maires.
Jean Delaunay
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Remise en forme de notre Argumentaire
     Au cours de l’année qui vient, nous avons l’intention d’actualiser notre Argumentaire, en rendant sa lecture plus attrayante, en l’allégeant et en y incorporant des dessins spécialement réalisés pour nous comme celui qui figure ci-dessous. Les personnes qui accepteraient de participer à ce travail peuvent utilement se faire connaître.
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Administration       Ayant dû supprimer notre secrétariat, pour des raisons d’économie et faute de relève pour les bénévoles qui le tenaient depuis 20 ans, nous nous excusons de devoir limiter à l’essentiel notre envoi de courrier postal administratif. En revanche, nous sommes toujours heureux de recevoir vos messages, par voie électronique ou autre, surtout s’ils portent sur le fond.
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Site Internet
     Nous continuons à faire des efforts pour améliorer notre Site Internet. Le billet de la semaine y contribue. Il change chaque mercredi. Nous venons d’ailleurs de recevoir une série de félicitations et d’encouragements pour ce Site, notamment du Canada.
      Ils nous font chaud au cœur.
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Assemblée Générale 2007
      Elle se tiendra le 23 Janvier 2007 à 15 H au siège. Nous demandons aux personnes désireuses d’y assister de nous prévenir de leur présence avant le 12 Janvier.
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Voeux de bonne année
                    « Les Valeurs, ces piliers qui permettent
                    à l’homme et à la société de tenir debout.»…


« ...des piliers qui sont à renforcer d'urgence !»

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France-Valeurs entend y contribuer,
et
souhaite à la France , dans cet esprit, une bonne année 2007.
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Je vous remercie de la fidélité de votre soutien
et vous présente mes meilleurs vœux.
Jean Delaunay
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Dossier
LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ

1/ De quoi s'agit-il ?
2/ Un certain divorce
3/ Conclusion
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1/ De quoi s’agit-il ?
« La devise de la République est « Liberté Egalité Fraternité. » Associées par Fénelon à la fin du XVII° siècle, ces 3 notions sont partiellement reprises par la Convention et remises en honneur lors de la rédaction de la constitution de 1848, où elle est définie comme un « principe de la République ». Boudée sous le Second Empire, elle reparaît avec la III° République et est inscrite sur les édifices officiels à l’occasion du 14 Juillet 1880.»(Source Site Internet du Gouvernement) Certains critiquent cette devise car ils préféreraient le mot «solidarité» à « égalité ». La connotation chrétienne de « fraternité » en hérisse certains autres.
      Pour nous, il ne s'agit ici que d’amorcer une réflexion confrontant les principes sous tendus par notre devise nationale avec la situation actuelle en France.

2/ Un certain divorce
      La France est un pays de contradictions. On y fait souvent le contraire de ce qu'on proclame et on y mène parallèlement des actions contradictoires.
Liberté
      Pour ceux qui ont connu les années noires de l’Occupation et pour ceux qui voyagent dans certains pays de dictature, la France apparaît comme un pays de liberté.
      Avec deux correctifs cependant, correspondants aux 2 sens du mot liberté : social ou moral.
- d’une part, au plan moral, la liberté tend à devenir celle de faire n’importe quoi car la notion de droits a occulté celle de devoirs.
- et, d’autre part, au sens social, le droit de certains s’oppose quotidiennement aux droits de la majorité (exemple : grève des transports…) Plus grave encore, notre liberté d’expression est mise en péril par le terrorisme intellectuel.

La tentation libertaire
      L’égoïsme, l'individualisme et la perte des Valeurs incitent les gens à faire ce qu'ils ont envie de faire, même si cela dérange les autres (pollution sur le trottoir…) et même si leur comportement nuit à l’intérêt général (travail au noir), et bafoue la morale naturelle (avortements et abandon d’enfants…)

La liberté de pensée est mise à mal
      Certaines lois et décisions de justice récentes limitent notre liberté d’expression sur certains sujets. Porter des jugements sur l’homosexualité, la colonisation, l’immigration… est dorénavant interdit par des groupes de pressions et des minorités influents. C’est le règne du «politiquement correct»…
      Un professeur est ainsi rayé du jury de CAPES car il a osé critiquer les méthodes de l’Education Nationale dans un livre ; une pièce de théâtre est censurée par la Comédie Française ; un député est condamné en justice pour avoir exprimé un jugement moral sur l’homosexualité… Le gouvernement lui-même a cru devoir revenir sur un texte législatif soulignant « certains aspect positifs de la colonisation »…

      A cet égard, notre démocratie est en danger. Nous avons mis le doigt dans un engrenage : nous sommes libres mais tout se passe comme si certains étaient «plus libres de s’exprimer que d’autres.»…Voilà qui viole aussi le principe d’égalité…

Egalité
      Il était sans doute nécessaire de proclamer en 1790 que les hommes sont égaux en droits. Mais, ce principe étant aujourd’hui unanimement admis et juridiquement acquis, il faudrait surtout oser rappeler aux citoyens qu'ils sont aussi égaux en devoirs car c’est une notion carrément occultée alors qu’on vénère les droits de l’homme ».
      Quant à l’objectif politique (assez démagogique) d'égalité des chances, il mérite, selon nous, d’être remis en cause dans bien des domaines.
L’inégalité au départ est une loi de nature.
Les hommes de bon sens le savent mais savent aussi que la volonté et le travail opiniâtre font souvent la différence, et les chrétiens ajoutent « Chacun sera jugé sur l’emploi qu’il a fait de son talent… ».
      Le culte abusif rendu, ces années-ci, à l’égalité à tout prix a conduit à supprimer l'émulation (qui est un puissant moteur des hommes) et à décourager les meilleurs. On le constate tous les jours dans les écoles où l’on mélange systématiquement les bons élèves et les cancres, où l’on a supprimé la notation, les sanctions et les distributions de prix pour ne pas traumatiser les moins bons...

     Une mesure prétendument égalitaire comme « la discrimination positive » représente donc un superbe exemple d'inégalité. Elle est donc à manier avec précaution, compte tenu des effets pervers qu’on peut déjà entrevoir.

      Dans un autre domaine, la pression fiscale abusive qui pèse sur ceux qui réussissent, édictée au nom de l’égalité devant l’impôt, provoque l’actuelle fuite des cerveaux…

Fraternité
     Notre ami B nous écrit: «…Avec Saint-Paul, le christianisme a étendu à tout le bassin méditerranéen, puis à l’Europe Occidentale, l’appel à l’amour mutuel. La fraternité, prônée aux chrétiens, les a aidés à convertir d’autres peuples et à étendre l’influence de l’Eglise. Assez récemment, le sentiment d’appartenir à la même espèce humaine a tenté d’élargir cette fraternité à tous les hommes considérés comme frères. Belle vision mais un peu naïve !
      Les faits s’obstinent en effet à rendre cette incantation dérisoire. Drôles de frères que ces hommes qui s’entretuent en 14/18 et 39/45, assassinent des millions de leurs semblables dans les camps de la mort et au goulag, lors des tueries de paysans en URSS et en Chine, et des massacres interafricains.
     L’histoire de France nous enseigne que la fraternité a été profondément ressentie et vécue en de rares moments, au 13éme siècle, le 14 juillet 1790, pendant la guerre 1914-18.
Aujourd’hui, on ne ressent que rarement ce sentiment de fraternité. Cela peut arriver dans son village natal ou son entreprise, lorsqu’on ne croise que des regards bienveillants, chacun étant prêt à rendre service aux autres car tous ont en commun une histoire ou des objectifs.
(Mais on connaît aussi dans les campagnes, des brouilles séculaires entre familles...)
     On évoque souvent aujourd’hui l’esprit agressif de la jeunesse qui se fixe sur des différences d’origine géographique, d’ordre vestimentaire ou religieux… les échauffourées que provoquent certains matches de foot… l’appel à la «haine» de groupes de rap (que des sociologues trouvent très explicable !)… De fait, on voit mal les plus radicaux des éléments allogènes de notre population se prendre, peu à peu, de sympathie pour ceux avec qui ils cohabitent… (et qui contribuent pourtant à les entretenir…). Mais on pourrait parler aussi des algarades entre voisins de paliers ou entre conducteurs aux carrefours, et des nombreuses formes modernes d’exploitation de certains hommes( y compris des femmes et des enfants ) par d’autres hommes…

      En somme, conclut B, « la fraternité reste une valeur hautement louable, étroitement liée à la justice, à la paix et au progrès. Malheureusement, sous l’effet de la montée d’idéologies conquérantes, comme l’islamisme, mais aussi de différences excessives des niveaux de vie sur la planète et d’égoïsmes croissants partout ( j’ajouterais « y compris dans le Tiers Monde » car, partout, l’homme reste un loup pour l’homme »), elle stagne sinon recule. »
      J’ajouterais encore : «…malgré certains exemples admirables et, finalement, assez répandus et réjouissants, de dévouement altruiste. »

3/Conclusion
      1/ La devise de notre République reste un bel idéal dont la mise en œuvre au quotidien demande cependant beaucoup de réalisme et de discernement car l’application abusive d’un noble principe peut conduire à des effets pervers.

      2/ Cette réflexion trop rapide et superficielle nous conforte dans notre certitude que les Valeurs sont inséparables les unes des autres. Notre slogan « Tenir à la fois les deux bouts de la chaîne» s’applique ici comme ailleurs : pas de liberté sans responsabilité, pas de recherche d’égalité des chances sans encouragement à l’effort et sans émulation, pas de générosité sans exigence, pas d’autorité sans amour et surtout pas de Droits sans les Devoirs correspondants.
***
A l’occasion de l’élection Présidentielle
Lettre ouverte aux Electeurs

France-Valeurs est préoccupée surtout du réveil des forces morales dans notre pays. Son point de vue, volontairement élevé, n’évoque donc pas des problèmes concrets pourtant vitaux comme la réduction du déficit budgétaire.

Madame, Monsieur.

      Ce qui nous préoccupe le plus, en tant que membres de l’association France- Valeurs, c’est d’abord le renouvellement insuffisant des générations, indice de notre manque de dynamisme vital et de notre confiance en l’avenir. Le vieillissement de notre population en est la conséquence dramatique.
     C’est ensuite le climat délétère qui règne en France. Bien que bénéficiant de conditions de vie exceptionnellement favorables (rapportées à la Planète), qu’il s’agisse, entre autres, de géographie, de ressources, de patrimoine culturel, de régime politique, de protection sociale ou d’équipement… nous restons d’incorrigibles Gaulois, individualistes et frondeurs. Beaucoup d’entre nous sont désormais incertains de notre identité nationale malmenée ; ils ont perdu leurs repères mais se polarisent, dans chaque secteur, sur les avantages acquis.
     Nous affectons de réclamer des réformes mais nous en contestons tous les projets.
Nous voulons à la fois être libres de faire tout ce que nous voulons et garantis par l’Etat contre tous les risques... Et, par-dessus tout, nous avons peur.

      Il en résulte que notre pays est, plus que jamais, difficile à gouverner. Nous trouvons nos dirigeants trop souvent suiveurs au lieu d’être meneurs, et naviguant apparemment à vue, sans projet d’avenir mais nous ne leur facilitons guère la tâche.

      Or, nous sommes dans un monde qui bouge : des superpuissances nouvelles émergent comme autant de concurrents, la misère et la guerre attirent chez nous des populations pauvres, le terrorisme menace partout. En France, la mentalité des hommes a changé depuis que les paysans sont minoritaires, que la majorité des gens habite en ville et travaille dans les services; que la durée de la vie ne cesse d’augmenter et que le 4° pouvoir (médiatique) est, de fait, devenu le premier car le plus influent.
      Qu’on en soit satisfait ou non, nous devons aussi compter avec ces 10 % des habitants qui ne sont pas des Français de souche. Il faudrait plutôt construire avec eux que de continuer à rêver qu’on peut les renvoyer...

      A cause de tout cela, la France recule sur la scène internationale, hésite à s’engager ferme dans une Europe en mutation trop rapide, n’arrive pas à guérir ses maux chroniques: emploi, immigration, sécurité, éducation, équilibre budgétaire… alors que nous gaspillons une partie de notre énergie en conflits sociaux d’un autre âge et en palabres électorales…

      Quoi qu’on nous en dise, nous ne croyons pas que ce soit l'économie qui mène le monde; ce sont plutôt les idées, servies par la volonté des chefs et leur capacité d’entraînement.

Conséquences
      De ce constat sommaire, nous semblent découler les critères de choix du futur Président :
Sur le fond,

1/ En toute priorité car « Il n’y a de richesses que d’hommes », qu’il encourage la natalité française et qu’il soutienne les jeunes parents qui portent l’avenir du pays (tout en décourageant en revanche des situations illégales comme la polygamie, fréquente chez certains immigrés...)
2/ Qu’il renforce la cohésion nationale menacée (par l’individualisme et le communautarisme, et qu’il exalte la dignité de la personne humaine.
3/ Dans tous les domaines et à tous les échelons, qu’il réhabilite le bon sens, le réalisme et les Valeurs naturelles donc éternelles.

      Qu’il s’attache à promouvoir, dans cet esprit, le courage, l'initiative, le travail, l’émulation, la prise de risques, le sens de l’effort, de la responsabilité et de l'engagement, la générosité, avec mise en place de repères concrets et d’incitations correspondants : (dégrèvements fiscaux et autres, contrôle strict de l’assistance …

      Qu’il rétablisse l'autorité partout mais en la faisant reconnaître et accepter( par les assujettis.

4/ Qu’il rééquilibre les pouvoirs, face notamment au pouvoir médiatique qui conditionne l'opinion de façon souvent irresponsable.

5/ En matière de défense nationale, qu’il réveille le sens du civisme et celui de la Patrie;
(Qu’il s’attache en outre, à limiter l'immigration et la réguler, à faire assurer la sécurité intérieure, limitant au besoin les interventions extérieures et réexaminant, sinon le dogme, au moins les moyens de la dissuasion nucléaire.

6/ Qu’il lève nos contradictions sur l’Europe, (en acceptant cette évidence qu’elle est un fait et que ses origines sont chrétiennes.

Sur la forme

      Qu’il tienne la barre ferme
, en montrant aux Français leur chance et en leur redonnant du moral : fierté, courage et confiance en l'avenir…

     Qu’il refuse les tyrannies, notamment celle des terrorismes, terrorisme idéologique y compris.

     Qu’il parle franc, en osant affronter la critique mais surtout qu’il explique inlassablement pour convaincre les Français, et notamment les jeunes, à travers un immense effort de pédagogie.

     Qu’il fuie les pas de clerc et surtout, (leçon du CPE !), qu’il n’essaie pas d’imposer des réformes qu'il n’est pas sûr de pouvoir faire appliquer.

En ce qui nous concerne

     En échange, nous nous engageons à lui faciliter le travail

-en disant non à la nostalgie et aux récriminations.

-en donnant l’exemple du courage civique, de la lucidité et de la générosité.

      Nous pensons surtout à nos petits-enfants. Nous voulons construire et planter pour eux, en tournant, si nécessaire, certaines pages, tout en restant fidèles à ce que nous avons vécu. Nous accepterions, le cas échéant, de remettre en cause certains acquis et certaines habitudes pour sauver l’essentiel à leur profit.
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      Puissions-nous élire comme Président une personne capable d’inventer et mettre en œuvre un projet d’avenir pour la France en aidant les Français à relever les bras.
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Lettre de France-Valeurs bimestrielle ISSN 1260 643 X
directeur de la publication: Jean Delaunay

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