Lettre de juillet 2005


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Lettre aux adhérents

Certains de nos amis se sont peut-être étonnés que France Valeurs n'ait pas pris position dans le récent débat référendaire. Ce fut de notre part un choix délibéré.

Depuis 19 ans, nous avons essayé de ne pas mâcher nos mots quand il s'agissait d’exalter le courage, le sens de la responsabilité et le rôle éducatif de la famille… ou, à l’inverse, de condamner la désinformation, la pornographie, la corruption ou l'homofolie

Concernant le projet de constitution pour l'Europe en revanche, le sujet était si complexe et les voix pour le commenter si discordantes que nous n'avons pas cru devoir ajouter au trouble de la plupart de nos concitoyens. Ce, d’autant plus que notre association se veut apolitique : son objectif est d’identifier, de définir et de promouvoir les Valeurs fondamentales qui permettent à l'homme et à la société de tenir debout.

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     Cela dit, le résultat du vote étant connu, nous voudrions continuer à nous intéresser à ce qui nous paraît l’essentiel. D’abord, la première des Valeurs est, pour nous, la Vie. Ensuite, les forces morales priment la puissance matérielle mais le facteur numérique est un élément essentiel dans les rapports humains qui dépendent souvent des équilibres de forces.

Or, quels que soient le degré de leur coopération et la qualité de leur organisation et de leurs techniques, nos pays autrefois influents parce qu’entreprenants, nantis et peuplés, vont avoir du mal à étaler la triple poussée des géants d’Asie, de l’Islam et de ces pays pauvres où la moitié de la population a moins de 15 ans.

La clé de la survie de l’Europe, et notamment de la France en tant que telle, c’est donc le maintien d’un niveau suffisant de population attachée à nos Valeurs. D’où l’importance des mesures favorisant la famille, pilier de la société et principal amortisseur des difficultés sociales.

Au-delà de la nouvelle pétition conjoncturelle qui vous est proposée in fine, c’est donc surtout un «Oui à la famille ! » que nous voudrions dorénavant contribuer à proclamer. Le mini-débat qui suit sur la condition féminine couvre une petite partie de cet immense sujet.

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     Encore faut-il que nous acceptions en même temps de faire des efforts pour mieux vivre ensemble.
     La civilité est l’un des piliers de la vie en société. Mais le mot est passé de mode et la chose aussi : c'est surtout l’incivilité qui parait régner dans nos écoles et dans nos lieux publics…
     C’est pourquoi, nous croyons devoir réagir à notre niveau en consacrant aujourd'hui un dossier à ce sujet. Il pourra devenir un nouveau chapitre de notre argumentaire.
     Beaucoup de jeunes ménages remettent en usage les prénoms de leurs arrière-grands- parents. Plus profondément, essayons, dans l’intérêt général, de rénover la Valeur Civilité.

Toutes vos réflexions sur ce sujet nous serons utiles, d’autant plus que nous songeons à créer sur ce thème une série d’affiches à placer dans les écoles, comme celles qui concernent la prévention de la violence (et qui restent à votre disposition).
     Merci d’avance.

Jean Delaunay
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Ce qui va bien

Des réactions de santé face à la subversion et aux provocations

Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées le 18 juin à Madrid pour témoigner de leur attachement à la famille dans une ambiance festive et refuser les projets de loi du gouvernement sur le mariage d’homosexuels: la manifestation la plus importante en Espagne depuis 30 ans...
     Des prélats Catholiques s’y sont joints ainsi que les représentants des communautés juive, musulmane, orthodoxe et protestante qui rejettent aussi ce projet de loi. En dehors d’Espagne, l’appel du Forum avait été soutenu et retransmis par 15 fédérations internationales, plus de 1000 ONG présentes dans 60 pays et représentant plus de 30 millions de familles - dont notre collectif « Oui à la famille, non à l’homofolie ! ».

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     A Paris, Life Parade, une manifestation festive organisée par des jeunes s’est déroulée sur le thème « Oui à la vie » avec 8 000 personnes.
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     Par ailleurs, la pétition lancée pour s’indigner de la scandaleuse parodie de mariage homosexuel à Notre-Dame a rassemblé 25 000 signatures.
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     Nous joignons, page 12, la protestation de JM Le Méné contre l’épreuve imposée aux candidats au bac en sciences de la nature: on leur demandait de justifier l'avortement…
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     Une lettre de « Famille et Liberté » adressée à la Commission Famille de l’Assemblée Nationale figure également en annexe. Chacun peut la signer et la renvoyer directement à Famille et Liberté.
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Associations familiales catholiques

     A l'occasion de leur 100° anniversaire, les AFC ont organisé une série de manifestations sur le thème « Le mariage est la plus belle des promesses » avec le soutien d’un comité de parrainage dont je fais partie.
     Par ailleurs, elles publient, d'une part, un livre de leur président : « Pour que la famille ait droit de Cité» éditions CLD 15 € et, d'autre part, « L’histoire des AFC » éditions FX de Guibert 20 €.
     CNAFC 28 place Saint-Georges 75009 Paris. Tel. 01 48 78 81 61.
Courriel cnafc@afc-France.org. Site Internet www.afc-france.org

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Fédération Famille-média
     Le Général Dominique de Longeaux était fondateur et animateur de l'association depuis 17 ans. Il y a accompli un travail considérable à la fois en diffusant des vidéocassettes de qualité dans des vidéothèques de prêt et surtout, en tant que président d'association de téléspectateurs, en réclamant inlassablement un contrôle accru des programmes télévisés par le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel et les chaînes elles-mêmes.
     A ce titre, il a pris quantité de contacts avec des élus intéressés par la question et des professionnels. Malgré un contexte défavorable et de graves soucis personnels, il a obtenu des résultats intéressants; nous lui en savons un grand gré. Il a aussi été notre allié dans tous nos combats pour les Valeurs.
     Au moment où il décide de passer la main, je lui exprime notre gratitude pour son soutien permanent, fraternel et efficace. Je dis notre confiance amicale à son successeur.

Fédérations famille médias 4 rue de l'Annonciation 75016 Paris BP 105-16, 75763 Paris cedex 16 – Tél. 0145 25 22 52 F.famillesmedias@free.fr –Site www.famillesmedias.com

Jean Delaunay

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Lettre à mes soeurs sur la condition féminine

     32 ans, mariée, trois enfants. Depuis la naissance du dernier, j'ai choisi d'arrêter de travailler pour élever mes enfants. Je ne le regrette pas.
     En ce jour de Fête des Mères, et au risque de passer pour une attardée présumée facho, je vous confie trois observations et une interrogation:

- Nombre de mes amies ont fait, comme moi, des études supérieures. Elles exercent une activité professionnelle très prenante et, de ce fait, semblent hésiter à se marier. J'ai même l'impression que plusieurs se marieront trop tard pour avoir plus d'un enfant ou ne se marieront pas.
     Cet état de fait me semble contribuer au déséquilibre actuel de notre population où le nombre des personnes âgées va dépasser celui des jeunes, ce qui réagit fâcheusement sur le dynamisme de notre pays.

- A la sortie de l'école, je bavarde avec des nounous – dont beaucoup sont étrangères. La plupart de ces femmes me semblent sérieuses et maternelles avec les bambins qui leur sont confiés mais leur niveau de culture et d’éducation est très variable. Une d’entre elles a un DEA de Droit mais d'autres sont quasi-analphabètes et leurs manières sont à l’unisson. Je me demande donc si ces excellentes personnes, même « techniquement » qualifiées, seraient capables de contribuer à l’éducation de mes enfants, c'est-à-dire de leur transmettre les Valeurs que je considère comme essentielles.
     En généralisant, compte tenu du nombre important de familles qui choisissent cette solution, n’y a-t-il pas là, à terme, un risque de perte d’identité pour notre société - ce danger s’ajoutant à tous les autres ?…
>BR> - Plusieurs amies, qui ont arrêté de travailler, éprouvent un certain malaise quand leur dernier enfant entre en 6°. La pression sociale est en effet si forte qu’elles souffrent de frustration et de non - reconnaissance de leurs capacités et de leur identité…

Mon interrogation donc est la suivante :
     A force de présenter aux jeunes filles les succès scolaires comme un but en soi (alors qu'elles sont en même temps plus accrocheuses que les garçons…), on leur laisse entendre, du même coup, que la réussite professionnelle représente aussi un idéal de vie. Dans ces conditions, le mariage et la maternité ont tendance à devenir pour elles des éléments accessoires. D'où les conséquences ci-dessus.

     A l’ère de la sacro-sainte parité hommes femmes, n'est-il pas temps de rééquilibrer l'éducation des filles et de mieux mettre en valeur la spécificité féminine et la magnifique vocation de mère ?
Nathalie
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Repères sur le travail des femmes :
- Avec deux enfants dont un de moins de trois ans, 28 % travaillent à temps complet (contre 88,5 % des hommes),25 % à temps partiel (et 2,7 % des hommes)
- Avec trois enfants ou plus, dont un de moins de trois ans,13 % des femmes (et 83 % des hommes) travaillent à temps complet,16 % à temps partiel ( source INSEE) Au dernier recensement, 3 millions de femmes se sont déclarées « au foyer ».
Pourquoi certaines femmes s'arrêtent-t-elle de travailler à la naissance de leur enfant ?
- Parmi les mères qui se sont arrêtées, les cadres représentent 18 %, les ouvrières 22 % et les employées 59 %.
- 93 % indiquent que « profiter de l'enfant » a beaucoup compté dans leur décision.
- 92 % mentionnent « l'envie de lui consacrer du temps ».
- 51 % considèrent que « c'était trop compliqué », 39 % évoquent des horaires incompatibles avec la vie de famille, 43 % indiquent que « ça ne valait pas le coup financièrement ».
- Plus des deux tiers disent ne pas regretter de s’être arrêtées. Quand elles le regrettent, c’est par manque de contact avec les adultes et besoin d’avoir une activité extérieure. (Enquête de La Croix. Mai 05)


Quelques réactions à la lettre de Nathalie

C
  Papier bien péremptoire sur un problème que je connais puisque je suis dans ce cas. !
      C'est une question de choix personnel. Dans le fond de son coeur, la femme qui élève ses enfants sait qu’elle a choisi la meilleure part. Dès lors, que lui importe le jugement des autres !
      De tout temps, des nounous ont élevé les enfants des familles nobles et royales, et même ceux des bourgeois, il y a un siècle. Chez les paysans, c’étaient les grands-mères qui s’occupaient des petits. Combien de Scarlett O’ Hara ont été élevées par une merveilleuse et volumineuse doudou comme celles qui rendent encore les meilleurs services ?
      Quelle que soit la couleur de leur peau la majorité de ces personnes étaient (et restent) compétentes et dévouées, d'autres sont insuffisantes…mais c'est pareil pour les mamans
      J'en sais qui restent à la maison et qui ne s’intéressent guère à leur progéniture…
      J’en connais aussi qui travaillent et qui trouvent le temps nécessaire pour être au bon moment aux côtés de leurs enfants. J’ai même rencontré une femme qui occupe un poste de haute responsabilité. Elle a eu six enfants et les a bien élevés. Elle a trouvé le moyen en outre, entre autres, d'écrire des livres de théologie avec son mari. Certes, elle s'est fait aider pendant 15 ans, pour les tâches matérielles, par deux étudiantes à domicile. Il est vrai aussi que c’est la première fille entrée major à Polytechnique !
      Cela dit, tout ce qu'on pourra faire pour améliorer le sort des mères de familles qui travaillent sera utile mais n’on empêchera pas qu'il faille beaucoup d'amour et de débrouillardise pour tout combiner. C'est ainsi… et il faut faire avec !
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E   Je comprends les préoccupations de Nathalie. Il est probablement impossible d’assurer sa vocation de mère lorsque l’on travaille, et souvent je le vis assez mal.
      Mais il est bien loin le temps où le salaire du mari suffisait à faire vivre femme et enfants.
      Bien loin aussi le temps où l’on se mariait pour la vie ; autour de nous, chaque année des couples se séparent, même parmi ceux que l’on croyait solides. Qu’arriverait-il à une femme seule qui ne travaillerait pas ou n’aurait jamais travaillé ?
      Bien loin enfin le temps où les mères étaient admirables…( C’est elle qui le dit ! NDLR)

      La réussite scolaire pour les filles n’est donc pas un but en soi, mais un « mal nécessaire.»

      Sans doute le gouvernement pourrait-il profiter de cette dure période de fort chômage pour inventer un nouveau concept d’emploi qui permettrait à toutes ces femmes de conserver une activité professionnelle, tout en gardant le temps nécessaire pour leur vie « d’éducatrice familiale »…

      Malheureusement, la mère d’antan ne peut plus être, mais la mère doit être, la mère doit mieux être… et le désir d’être mère doit renaître. Serait-ce le moment de créer « Le Parti des Mères de Famille » ?
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M  Nous serons probablement nombreuses à être d'accord sur ce texte, encore que l'agressivité y soit palpable et les raccourcis un peu trop faciles exemple : la nounou africaine qui risque de nous fait perdre notre identité nationale…) (
      Pour une femme qui revendique l'importance de ses études supérieures, un discours plus subtil aurait permis de faire passer son message avec plus de force.

      Mais je suis d'accord sur le fait que la femme d’aujourd’hui se croit obligée d'assurer son job, de soigner ses enfants et de tenir sa maison… tout en essayant d'être fraîche et jolie à longueur de temps…
      Par ailleurs, la garde d'enfant est pour nous une vive préoccupation.
Je suis encore étudiante, ce qui signifie que cette garde d'enfant est nécessaire. Or, je me fais jete r de toutes les crèches : ou il n'y a plus de place ou les prix sont exorbitants !...

      Cela dit, toutes les femmes n'ont pas qu'une alternative: « mère au foyer présumée facho » ou « farouche carriériste » ! Les employeurs acceptent souvent des négociations dans les contrats de travail. Il est alors envisageable de proposer des horaires arrangés, à condition de s'en donner les moyens, d’être réaliste et inventive.

      Enfin, j'estime que la réponse aux problèmes posés est dans la conclusion du texte. L'éducation des enfants est fondamentale. N’exagérons pas "La pression sociale" sur les enfants de 6ème. J’ai été élevée dans une famille nombreuse où les parents nous ont enseigné que le T-shirt à la mode des camarades de classe n'était pas, chez nous, une priorité…
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B
Qu'on se rassure : le vent commence à tourner ! En ce qui me concerne, j’arrête de travailler le mois prochain ... au grand soulagement de tous, dans ma famille.
      Après l'euphorie ( « Maman travaille, elle qui n' était qu' une "sans profession", fallait voir le regard hautain, parfois odieux, des autres ! ») , ce fut la désillusion :
être au bureauet à la maison est impossible sans casse...

      Ce n'est pas la peine de vouloir mettre ça dans la tête des femmes ; elles ne le savent que trop bien. J'en ai beaucoup d'exemples. C'est effectivement les jeunes qu'il faut toucher, eux qui voient leur mère vivre cette situation au quotidien, y compris les garçons. Ils ne rêvent pas forcement d'une super nana mais tout simplement d'une femme et d'une mère…

      Il est vrai que, de nos jours, pour une fille, ne pas étudier, puis travailler parait inconcevable ; ne pas mettre à profit son savoir est dur… mais franchement dur aussi de vivre avec les loups (professionnels) qui n'attendent qu'un faux pas pour vous croquer d’une façon ou d’une autre, et alors … c'est l'oubli dans un placard.
      Finalement, c'est une chance merveilleuse de ne pas être obligée de travailler
      Mais la présence, la disponibilité aux siens, l'écoute, l'échange, l'apprentissage des gestes et des sentiments transmis aux petits ( et aux plus grands aussi !), le temps donné sans compter à sa propre « entreprise », plutôt qu'à d'autres, c’est un bon investissement sur l'avenir. Pour que les jeunes filles se rendent à l'évidence qu'elles pourraient passer à coté de l'essentiel, il faut que les mères osent dire tout haut qu'un travail ne remplit pas une vie… (La preuve en est que toutes mes connaissances qui le peuvent s'arrêtent de travailler ou pensent à la rigueur à un mi-temps…)
      On parle de parité, mais la vraie égalité serait, pour une femme de pouvoir de choisir son statut sans être montrée du doigt et traitée de « légume »…
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M ( 54 ans de mariage)
      Je suis étonnée que ces dames ne parlent que du bien des enfants… Certes, nous sommes responsables de ceux que nous avons mis au monde … mais le mari là dedans ?
      Alors que la moitié des ménages de cadres supérieurs divorcent, sans doute parce qu’ils n’ont plus le temps ni le goût de se retrouver le soir après le travail, il faudrait rappeler qu’une famille, c’est d’abord un couple, et qu’une famille qui marche, c’est d’abord un couple qui marche…
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D Mère de famille (nous avons 3 enfants) exerçant une activité professionnelle (dans l’enseignement) à temps partiel, je me sens interpellée par les réflexions de Nathalie. Elle est souvent au cœur des discussions que nous pouvons avoir en couple ou avec nos amis.

Première remarque : de nombreuses familles se sentent et sont fragilisées dans notre société : le chômage touche 10% de la population active, le divorce concerne 1/3 des couples (même plus en région parisienne), les familles sont géographiquement plus éclatées et le coût de la vie ne cesse d’augmenter (il n’y a qu’à considérer le prix des loyers ou du litre d’essence). Le travail des femmes n’est donc pas nécessairement un choix mais bien un moyen de sécuriser son foyer et d’assurer l’avenir de sa famille.

Deuxième remarque : faire des études est une chance pour les hommes comme pour les femmes et si on les réussit, tant mieux ! Sur ce plan, l’égalité des hommes et des femmes n’est plus à démontrer. Exploiter ses capacités au service de tous ne semble pas répréhensible en soi et chercher une reconnaissance dans une vie professionnelle bien compréhensible d’autant plus lorsque l’on commence ses études ou son travail avant d’avoir rencontré «l’âme sœur»!

Troisième remarque : les enfants sont élevés, avant tout, par leurs parents et font bien la différence entre les nourrices ou auxiliaires de puériculture qui s’en occupent et les Valeurs transmises à la maison. Le bourrage de crâne qu’ils subiront devant la télé ou, hélas, dans une certaine mesure, à l’école me semble bien plus pernicieux et dangereux.

Alors vive le travail des femmes ? Pas si simple !

Malgré les beaux discours, le choix maternité ou carrière est souvent implicitement imposé par les entreprises qui rechignent à recruter des femmes ou à leur donner des postes valorisants après les congés maternité. Le nombre significativement plus faible de femmes dans les postes à responsabilité ou à l’Assemblée Nationale prouve bien que notre société « fait semblant » de donner sa chance aux femmes.

D’autre part, envoyer une baby-sitter chercher ses enfants à la crèche parce qu’elle refuse de les garder plus de 10h par jour, les laisser seuls devant la télé ou avec une jeune fille au pair, si gentille et diplômée soit-elle, peut ne pas être une solution raisonnable et risque effectivement de laisser bien des séquelles qui occuperont psys et/ou magistrats.

Tout est, me semble-t-il, une question d’équilibre, et d’équilibre délicat, à repenser sans cesse, avec pour seule boussole l’épanouissement des membres de la famille et, en premier lieu, celui des enfants. Cela demande des concessions de tous, et pas uniquement de la mère de famille… Nos choix successifs de travailler ou de s’arrêter un moment, de reprendre à temps partiel ou de changer de projet professionnel - et leurs conséquences- sont autant d’occasion d’éduquer nos enfants à être à leur tour des parents responsables.

Pour conclure, je pense qu’une politique ambitieuse pourrait grandement arranger la situation. Pourquoi ne pas reconnaître le travail des mères de familles en leur donnant un statut, un salaire, une retraite ? Pourquoi ne pas aider les femmes qui souhaitent travailler à le faire dans de bonnes conditions (horaires raisonnables, même pour les cadres, crèches d’entreprise etc.) ?
    Au lieu de donner des vacances à ne plus savoir quand les prendre, ne faudrait-il pas mieux organiser le temps de travail de tous ? Petits et grands ont besoin de sommeil, de temps en famille, de sport, de vie associative etc. Le travail ne sera pas plus mal fait et le trou de la sécu moins creusé par les antidépresseurs et les arrêts maladie !

***

La Civilité

Plan
1/ De quoi s’agit-il ?
2/ La crise de la civilité
3/ L’éducation à la civilité

1/ De quoi s’agit-il ?
    Mon dictionnaire dit : civilité = observation des convenances, des égards, en usage chez les gens qui vivent en société. « La politesse flatte les vices des autres, la civilité nous empêche de mettre les nôtres au jour… », dit Montesquieu.

    Il nous parait nécessaire de dépasser ces aspects là, formels, ceux qu’on pastichait sous le terme « civilité puérile et honnête » et qu’on détaillait dans les « manuels de savoir-vivre ».
    Elle comporte en effet des éléments de la politesse, très importants et à actualiser, mais aussi, plus profondément, une part de respect, de solidarité et de générosité.

    L’un de nos amis Lyonnais nous propose : « La civilité c’est l’ensemble des conduites quotidiennes non imposées par la loi et qui font que la vie en société est vivable. »
    Retenons pour l’instant sa définition.

La CIVILITE
    Au 1° degré, c’est une conception relativement passive. (Ne pas gêner les autres, ne pas leur faire de mal…) C'est l'acceptation d’un code implicite de vie en société, la politesse élémentaire en fait partie.
    S’y ajoute, au 2° degré, plus actif, l’attention aux autres, un certain altruisme, le sentiment d’une certaine solidarité humaine à plusieurs cercles concentriques.( Son voisin de palier avant l’habitant du Zambèze…) : la volonté de faire du bien, d’être utile, de rendre service …
    Précisons que la civilité concerne d’abord quelqu’un qu’on ne connaît pas : la civilité, s’exerce d’abord dans la rue ou le métro ; l’amitié se ou la camaraderie ne sont pas du même ordre.

2/ la crise de la civilité

Il est inutile d’épiloguer longuement.
     Injures échangées au volant ou adressées même à des professeurs, graffitis sur les murs fraîchement repeints, pieds sur les banquettes, portables qui sonnent en tout lieu et à tout moment, resquille dans les transports, bousculade des personnes âgées, y compris sur les trottoirs par des patineurs, papiers gras, mégots et déjections canines dans la rue, tenues vestimentaires masculines et féminines débraillées et / ou provocantes…

les incivilités en tous genres sont la marque de notre époque.

Non seulement les règles de politesse élémentaire sont ignorées mais sont aussi bafoués le respect de la personne ou de la propriété des autres, et même celui du domaine public et de l’intérêt général.

Sous prétexte d'effacer les traces d'hypocrisie que pouvaient receler certains « usages» sociaux, les contestataires de 68 et d’après ont jeté le bébé avec l'eau du bain. Les « mots magiques » comme bonjour, merci, pardon… ont disparu de certaines bouches et les attitudes correspondantes sont devenues rares.

Dans les services publics, on apprécie, depuis quelque temps, un gros effort d'accueil de la part des préposés mais il n’est pas toujours payé de retour…

Mais le mot incivilité représente ici plus qu'un euphémisme ! Ce serait plutôt un exemple de la volonté actuelle de désinformation sémantique démagogique, alors qu'il s'agit en fait de désigner de véritables actes de vandalisme vis-à-vis des choses (tags, poubelles renversées, voitures incendiées... ), ou de barbarie à l’égard des hommes et encore plus des femmes et quelquefois des enfants…

Les causes de cette déplorable situation sont à chercher, à la fois, dans l'individualisme et le matérialisme grandissants qui caractérisent notre société de consommation, et dans le laxisme idéologique des parents, des éducateurs et des pouvoirs publics.
     Par flatterie et faiblesse coupables à l'égard des jeunes, on a toléré la montée de l’incivilité et on oscille en permanence entre la carotte démagogique et le bâton abusivement répressif.
     Les jeunes défavorisés, immigrés en particulier, sont souvent mis en cause mais l’incivilité sévit aussi dans les beaux quartiers.

La situation est donc grave d'autant plus que, par lâcheté, on ne veut pas la regarder en face. Il faudra donc plusieurs générations pour réapprendre la civilité.

Cela suppose un effort patient mais généralisé d’éducation, une pédagogie adroitement adaptée, et la volonté d'entretenir les réflexes correspondants dans la population.

Il s'agit là d'une cause nationale, aussi importante que celle de la sécurité routière.

3/ L’éducation à la Civilité

Elle commence dans la famille ; elle continue à l'école, et d’abord à la maternelle dont l'importance est fondamentale. Y participent aussi les mouvements de jeunesse, les équipes sportives et, bien entendu, les Eglises.

Le bambin qui découvre la vie est naturellement égoïste : il faut lui apprendre à accepter les autres sur le tas de sable, à prendre son tour sur la balançoire et à partager son gâteau.

L'éducation à la civilité, c'est d'abord l'acquisition et l'entretien d'un certain savoir et de certains réflexes, avec sanction en cas de dérogation.

C'est surtout l'acquisition d'un certain état d'esprit.

Les deux domaines sont étroitement imbriqués car le fait de faire ou de ne pas faire certains gestes crée des habitudes, d'où procède l'état d'esprit. C'est tout petit qu'il faut apprendre à l'enfant à respecter les autres et à promouvoir le bien commun. Cette initiation doit être progressivement approfondie, élargie et consolidée car rien n'est jamais acquis.

Les adultes jouent à cet égard un rôle essentiel en donnant le bon exemple aux jeunes.

L'éducation à la civilité, c'est donc une création continue. La TV pourrait y participer, alors qu'elle est surtout, hélas, une école de violence.

A L’ECOLE

Après la famille, l’école est le lieu par excellence de la sociabilisation, celui où les enfants apprennent à respecter le maître et les autres, à dompter leur agressivité vis-à-vis du plus faible, à acquérir des notions élémentaires d’ordre, d’hygiène, de discipline et les bases de la morale.

Encore faut-il que les enseignants soient convaincus de leurs responsabilités en la matière, qu’ils soient formés en conséquence et qu’ils aient le courage d’exiger !

ET, PAR DESSUS TOUT, DANS LA FAMILLE

La meilleure leçon de civilité que les parents puissent donner à leurs enfants est de la pratiquer devant eux à la maison et au fil des jours.

Comme le reste, cela s'enseigne très jeune, à petites doses, (gare à la saturation moralisante !) mais souvent, dans la joie et la tendresse, et sans faiblesse.

Chez les tout petits, il faut d'abord inculquer des réflexes de politesse:
on dit bonjour le matin, on salue les gens de la maison qu'on rencontre dans l'escalier; on dit merci quand on vous sert. On tient la porte, même à un inconnu…On cède sa place dans le Métro. On apprend à rendre service y compris dans la rue ( avec la prudence nécessaire… )

Dès 6 ans, Il faut aussi inlassablement EXPLIQUER le POURQUOI des choses.

D'une façon générale, essayons d'expliquer aux jeunes comment marche la société dans laquelle ils vivent et persuadons-les

qu’elle marcherait mieux si chacun y mettait du sien-
et que chacun de nous doit balayer devant sa porte, au propre et au figuré….

Mais ce que nous appelons les Valeurs Fondamentales sont indissociables et cet apprentissage resterait bien formel si on ne le complétait pas par l’éducation à l'altruisme.

C’est pourquoi notre ami nous propose de développer notre argumentation en 10 points autour du thème

« Tu as peut être besoin de moi ! En tout cas, j’ai besoin de toi !»

1/ respect
     Quand je suis avec d’autres ; non seulement, je les laisse prendre leur place mais je leur fais une place ; je suis amené à les écouter ; même sans le dire, je mets implicitement en place des règles pour permettre une bonne entente entre nous.

2/ solidarité
     J’ai des obligations à leur égard. Les droits qu’ils m’accordent se transforment en devoirs pour moi - et réciproquement - non parce que la loi m’y oblige mais parce que j’ai envie que les autres profitent aussi de ce que j’apprécie.

3/ générosité
     Quel que soit mon rôle dans la société, je consacre mon temps et mon travail à mes proches, à mes clients, à mes coéquipiers… Ce faisant, si je ne fais que ce qui est obligatoire, les autres le sentiront, ce sera moins agréable.
     Mon corps et mon temps m’appartiennent, ainsi que tout ce qui m’a été donné ou que j’ai gagné par mon travail… mais d’autres n’ont pas reçu comme moi la santé, un toit, une famille, un travail… Je peux partager avec eux un peu de mon temps, de mon argent, de mes forces.
     L’Etat m’y oblige à travers les impôts, mais ce n’est pas l’Etat qui fait traverser les vieilles dames, qui débouche leur lavabo, qui apprend à lire au fils du voisin aveugle…

4/ gratuité
     Un service gratuit donne du bonheur. Faire les choses gratuitement, ce n’est pas se faire exploiter, c’est «renvoyer l’ascenseur», … et pas toujours à ceux dont ont on a reçu !

5/ modestie et humilité.
     Même en situation de supériorité hiérarchique, ou intellectuelle, ou même physique par rapport à un plus petit que moi, je sais que je ne vaux pas plus que l’autre…C’est le métier, l’ordre, les dons reçus qui créent une certaine inégalité.
     Je peux en profiter, comme font certains petits chefs ou bien, au contraire, montrer que je n’utilise pas mon autorité pour écraser mais pour aider les autres, en leur témoignant d'abord de la courtoisie et du respect, et en leur prouvant que je suis de la même chair qu’eux et que nos différences peuvent être des richesses.

6/ indépendance d'esprit.
     Faire preuve de civilité, suppose qu’on aie une certaine personnalité, une certaine indépendance d’esprit.
     Il en faut pour ne pas faire comme tout le monde, pour ne pas rechercher l’appui des puissants et des malins. La loi ne punit pas les mensonges, les tricheries dans la queue au cinéma, les injures dans la rue. Mais avoir le courage de l'honnêteté et de la vérité, cela vous rend plus « homme » et cela rend la vie quotidienne plus juste !

7/ discrétion
     Pour autant, il ne s'agit pas de jouer les stars ! N’apparaître ni timide ni grande gueule… Ne se faire remarquer ni par le bruit de sa moto, ni par son parfum ou ses vêtements. De même que la fleur dans la prairie, rester naturel

8/ participation
     Devant un conflit, certains s’enfuient, d’autres veulent tout régler par la force…On parle de démocratie mais on est pas obligé de voter…On préfère critiquer, se contenter de subir. Un vrai citoyen s’engage personnellement, prend des risques et ajoute sa pierre à l’édifice…

9/ douceur
     Dans un monde de brutes, on peut penser que les faibles ne servent à rien. Ils apportent pourtant la douceur de vivre : la star a besoin de sa maman, le sportif des conseils de son entraîneur, le voyageur perdu des indications du passant. Celui qui prend le temps d’accueillir apporte plus au monde que le costaud qui roule des mécaniques.

10/ confiance
     On entend dire : c’est le plus filou qui gagne, il faut se méfier de tout le monde…Mais qui sent qu’on ne lui fait pas confiance va avoir tendance à tricher pour arriver au résultat… Si on lui fixe un objectif et qu’on parie sur lui, il se dépassera...
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Ces notions de bon sens relèvent soit de la sphère privée, soit de la sphère publique,
Je les fais miennes.
Mais j’ajoute trois éléments.

- Deux sont indispensables dans les rapports humains en général et les rapports conflictuels en particulier.
Ce sont le sourire et le sens de l'humour.

- Complémentaire et non contradictoire, le troisième reste à redécouvrir par nos responsables à tous niveaux : parents, éducateurs et décideurs politiques.
C’est la rigueur

A lui seul, l’affligeant spectacle de nos pelouses et de nos places au lendemain de la récente Fête de la Musique devrait les inciter à réagir en « serrant (un peu) les boulons. »
     L’Amérique et la Suisse sont des pays de grande liberté mais petits et grands y pratiquent une stricte discipline civique et urbaine. Chez nous aussi, la crainte du gendarme serait sans doute le début du réapprentissage de la civilité…

JD
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Ces Français qui ont fait la France

Après l'affichage dans les écoles sur le thème « Non à la violence » proposé dans notre dernière lettre, nous envisageons de contribuer à une autre campagne du même genre.

Il s'agirait d'apposer des affiches éducatives sur le thème : « les Français qui ont fait la France. » dans des lieux privés mais fréquentés par un public supposé réceptif car disposant d'un peu de temps : centres de loisirs et de vacances, maisons de la culture etc.

Nous voudrions, ce faisant, simultanément mettre en valeur, cas par cas, les spécificités de chaque région et couvrir très largement les préoccupations de nos concitoyens : c'est-à-dire signaler non seulement les Français qui se sont distingués en (grande) politique, au combat, en littérature, en réalisations industrielles, en découvertes scientifiques… mais encore en peinture, en gastronomie, en actions caritatives…

A côté de figures historiques incontournables au niveau national comme Jeanne-d'Arc, Louis XIV, Pasteur, de Gaulle ou l'abbé Pierre, nous envisageons donc de représenter des personnes moins connues comme Eiffel à Paris, Robert Schumann en Lorraine, St François de Sales, Jacques Balmat et Tom Morel en Savoie, Dom Pérignon en Champagne, Peugeot en Franche-Comté, Pagnol en Provence … bref des noms peut-être moins familiers mais susceptibles d'attirer l'attention des jeunes, y compris quelques sportifs, peut-être Tabarly en Bretagne, ou artistes en renom disparus récemment…

L'inventaire préalable, difficile à réaliser, ne pourra l’être que grâce à la coopération de tous nos amis qui couvrent ensemble un large éventail de lieux et de préoccupations.

Nous nous permettons donc de vous demander de bien vouloir nous adresser, si possible rapidement, deux listes de noms d’hommes et de femmes défunts méritant, selon vous, de faire l'objet, chacun dans son genre, d'une affiche de vulgarisation,
    o d'une part, personnes à destin national
    o d'autre part, personnes ayant particulièrement illustré leur région d'origine.
Un petit mot de présentation pourrait accompagner certains noms méconnus…

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« L’éthique des décideurs »

Le livre d’Henri Hude signalé dans une lettre précédente se révèle finalement difficile à exploiter immédiatement par des personnes qui sont, à des titres divers, en responsabilité directe. Pour compléter la recension (à venir) de cet ouvrage de philosophe, je souhaite donc consacrer à cet important sujet un article (évidemment non exhaustif) qui s’appuie sur des cas concrets et qui en tire des principes simples et généraux de commandement ou de décision applicables si possible à tous les corps de métier et à tous les niveaux.
    Ayant passé 40 ans dans l’armée et y ayant occupé d’importantes fonctions, j’ai, bien entendu, quelques idées sur la question mais je voudrais les confronter avec l’expérience de personnes ayant exercé d’autres types de responsabilités.

Je demande donc à nos amis qui sont dans ce cas (patrons d’entreprises diverses, professeurs, présidents d’associations, élus, parents…) de bien vouloir nous adresser au moins quelques lignes indiquant certaines de leurs convictions appuyées si possible sur des faits d’expérience.
    Par ailleurs, d’innombrables livres ayant été écrits avant nous sur ce sujet, une bibliographie pourrait être jointe à notre texte et toute référence précise à des ouvrages de qualité nous serait utile.

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    A ceux qui répondront à ces demandes, j'adresse d'avance un grand merci.
Jean Delaunay

Pour l'honneur de rater son bac

Il faut décerner un double zéro au ministère de l'Éducation nationale. Non pas au ministre lui-même, bien sûr. Sa volatilité structurelle ne lui permet pas - hélas - de laisser la moindre trace. Non, le double zéro vise les responsables irresponsables qui ont imposé aux candidats du bac de première L une épreuve de SVT (science de la vie et de la terre) objectivement totalitaire. En leur demandant de dégager des arguments unilatéraux en faveur de l'avortement en France.

Double zéro parce que l'épreuve est d'abord nulle juridiquement. Il y a eu rupture du principe d'égalité entre les candidats. Les candidats n'ont pas eu la liberté de choisir également entre plusieurs sujets susceptibles d'être traités. En effet, la justification de l'avortement est un sujet irrecevable, impossible à soutenir pour beaucoup, croyants ou non d'ailleurs. Imagine-t-on qu'on puisse choisir de justifier la torture ou la peine de mort, de dégager des arguments en faveur de l'esclavage ou de la déportation ?

L'épreuve est encore nulle juridiquement parce que le sujet n'était pas présenté de manière neutre. Le parti a été pris de considérer l'avortement comme un bien à défendre, indubitablement, indiscutablement, incontestablement. A-t-on le droit d'oser penser un peu en dehors du cadre ? Si, encore, l'épreuve avait au moins permis aux élèves de dresser la liste des prétendus " avantages " et inconvénients de l'avortement… L'épreuve eut tout de même été parfaitement détestable, mais les apparences du relativisme moral – qui constitue la charte du Pacte Républicain - eussent été sauvegardées. Ce n'est même pas le cas, la discussion n'est plus ouverte, la cause est entendue et les élèves, en rang par deux, sous la férule d'idéologues sourcilleux, doivent ânonner un catéchisme de la terreur.

Zéro intellectuel

Mais il faut décerner un autre zéro parce que l'épreuve est nulle intellectuellement. Elle conduit à une déstructuration des cerveaux de ceux qui sont mis à l'épreuve. Car le sujet à traiter était accompagné de documents. Or ces documents, sur lesquels les candidats étaient censés s'appuyer étaient faux, scientifiquement faux.

Par exemple, un extrait du journal le Monde était fourni qui apportait cette citation : " […] contrairement à ce qu'affirmaient les opposants à l'avortement lors de l'adoption de la loi, la légalisation de l'IVG n'a pas eu d'impact démographique. Une IVG ne constitue pas une naissance en moins mais une naissance reportée à plus tard dans un contexte plus favorable […] ". Autrement dit, l'exercice a consisté à donner aux élèves un postulat erroné à défendre avec des arguments ineptes. Les candidats ont été, en quelque sorte, jetés dans un bain de mensonges d'où ils ne pouvaient sortir que par le mensonge… Sauf à rater l'épreuve.

Voilà qui en dit long sur la machinerie anti-éducative placée en amont du bac et sur ses effets. Et qui révèle la sinistre mission du corps enseignant en certaines matières. Il ne s'agit pas d'apprendre, les réponses sont imposées. Il ne s'agit pas de chercher à comprendre, l'article de foi est assené. Il ne s'agit pas de discerner, il s'agit de débiter du dogme.

L'affaire n'est pas futile. Elle est grave car elle touche des millions d'adolescents qui ont subi un double viol, celui de leurs consciences d'abord, celui de leurs intelligences ensuite.

Le sujet non plus n'est pas anodin, il concerne la vie et la mort du plus jeune des membres de la société, l'enfant à naître. Les associations de parents d'élèves et les autorités morales du pays devraient demander des comptes au ministère. Ils réagiront peut être. Le père de famille que je suis considère désormais qu'il peut y avoir de l'honneur à rater son bac. En osant un acte de résistance.
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Jean-Marie Le Méné , président de la Fondation Jérôme-Lejeune

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Paris, le 17 mai 2005
Association Famille et Liberté
17 rue Dupin
75006 Paris
Mme Valérie Pecresse
Député des Yvelines
Mission pour la famille
Assemblée nationale

Madame le député,

La mission dont vous avez été nommée rapporteur s’est donné comme président M. Bloche, qui n’a jamais caché sa revendication d’un « droit » au mariage et à l’enfant pour les homosexuels.

Les variations sur le Pacs de la majorité parlementaire, son ralliement, sans motifs réels, à une loi réprimant spécialement « l’homophobie » et les explications peu convaincantes de M. Accoyer sur l’octroi de l’autorité parentale au partenaire d’un homosexuel me conduisent à vous faire part de mes observations sur les points suivants.

Les variations de la majorité parlementaire
Alors dans l’opposition, la majorité actuelle s’était vigoureusement opposée au Pacs, en repoussant sa discussion, en 1998, par le vote d’une motion d’irrecevabilité, et en déposant un recours devant le Conseil constitutionnel en 1999, après son adoption par le Parlement.

Pour M. Douste-Blazy, le texte en discussion touchait « à un élément fondamental : le droit de la personne. » 7/11/98 AN 8361. Pour M. Marini, rapporteur pour avis de la commission des finances, « Accorder à des couples sans projet familial - ce qui manifestement est le cas de la quasi-totalité, voire de la totalité des couples homosexuels - le bénéfice de l'imposition commune, c'est offrir une rémunération publique à une affection privée dont l'Etat n'a pas à connaître et qui ne débouche sur aucune fonction sociale justifiant l'aide de la collectivité. » 30/06/99 S 4679

Depuis son retour au pouvoir, il y a deux ans, la majorité a légiféré deux fois pour rendre le Pacs plus attrayant et s’apprête à le faire une troisième fois.

La répression de l’homophobie

Un premier projet du gouvernement, que M. Perben, garde des Sceaux, avait présenté, au mois de juin dernier, en déclarant qu’il s’agissait « au fond quelque part » (Dépêche AFP du 23 juin 2004) d’une loi Nouchet, ayant été retiré après l’avis négatif de la Commission nationale consultative des droits de l’homme qui le jugeait, non sans raisons, attentatoire à la liberté d’expression, des dispositions réprimant spécialement l’homophobie n’en ont pas moins été prises dans la loi créant une « Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité ».

Or M. Nouchet, dans un entretien publié le 19 mai 2004 sur le site homosexuel www.e-illico.com, a raconté comment il a été agressé en 2001, par deux jeunes qui, après qu’il leur eut refusé les clefs de sa voiture, l’ont roué de coups, lui ont arraché ses clefs et sont partis avec la voiture.

M. Nouchet a porté plainte, et identifié un de ses agresseurs qui a été arrêté. C’est alors qu’ont commencé les menaces, les bris de vitres de sa maison et enfin l’agression par trois jeunes, celui qui a allumé son briquet lui criant « Tu vas crever sale pédé ».

A la question : « Auparavant aviez-vous, Patrice et vous, été victimes d’agression, d’actes ou d’insultes homophobes ? » M. Nouchet répond : « Jamais. Nous n’avions jamais été interpellés ou insultés parce que nous sommes homos. Nous n’avions connu aucun ennui. En fait, tout a commencé par ce banal vol comme il en arrive tous les jours. Après pour nous intimider, on a cassé les vitres de notre maison et on a, par deux fois, mis le feu à notre porte. A chaque fois, nous avons porté plainte et il y a même eu des arrestations et des condamnations. Je sais d’ailleurs qu’une personne purge encore sa peine. »

De ce récit, il ressort sans ambiguïté que, lors de la première agression, ni M. Nouchet, ni son orientation sexuelle n’étaient connus de ses agresseurs ; que la seconde agression est la conséquence directe de la plainte qu’il a eu, contrairement à tant d’autres qui préfèrent se taire, l’audace de déposer, et non de son homosexualité.

La marche vers l’homoparentalité

Par ses déclarations au Figaro du 10 février, M. Accoyer semble écarter la question de l’adoption par les couples homosexuels au profit d’une réflexion sur la situation des enfants qui « seraient élevés par deux parents du même sexe».

Il eût été mieux inspiré de rappeler que la loi et la nature ne connaissent pas deux parents du même sexe.
    Je souhaite que la mission le fasse et se préoccupe des moyens de faire respecter la loi, en s’inspirant, par exemple, de la pétition et de la proposition de loi de M. Muselier, signée par plus de 250 parlementaires de l’opposition, en 2000, qui stipulait qu’une personne vivant en couple avec une personne du même sexe ne peut adopter.

Je vous prie d'agréer, Madame le député, l'expression de toute ma considération.

Le Président
Philippe Gorre
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Cosignataire(s)

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Lettre de France-Valeurs bimestrielle ISSN 1260 643 X
directeur de la publication: Jean Delaunay

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