Lettre de septembre 2004


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Lettre aux adhérents

Editorial
Protection de la nature et vie des hommes.

La protection de la nature est, chacun le sait, un sujet vital pour nos successeurs, sous différents aspects. Je n'en retiens ici que trois.
     - Celui de l'énergie d'abord. Les générations qui nous ont précédé, et la nôtre plus encore, ont largement exploité, pour ne pas dire pillé, les ressources naturelles de la planète. C'est particulièrement vrai des sources d'énergie fossile (charbon et pétrole notamment).
     Alors que la consommation mondiale d'énergie double tous les 10 ans, il s'agit donc de trouver des énergies de remplacement pour que soit possible la vie de nos successeurs.
     L'électricité nucléaire paraît l'une des voies déjà éprouvées les plus prometteuses ; sa technologie et la sécurité correspondante semblent au point mais, notamment depuis Tchernobyl, un tabou idéologique entoure " l'Atome ", ce qui complique le problème.
     - Celui de la pollution ensuite. De déforestations abusives en gaspillage de l'eau, de marées noires en salissures diverses, nous avons abîmé notre terre nourricière. Le plus grave est que beaucoup de ces effets, entraînant notamment sécheresse et désertification, rendent plus difficile encore la vie des peuples pauvres, ce qui contribue à élargir le fossé qui sépare nos pays riches des autres.
     D'où la nécessité de trouver des remèdes aux causes de la misère du "Sud", celles au moins qui relèvent de l'environnement. A défaut, on risque d'assister une migration Sud/Nord massive susceptible d'entraîner des troubles graves chez nous. L'effort de solidarité qu'on demandera de plus en plus dans ce but aux populations des pays riches n'y suscite pas l'enthousiasme alors que le niveau de vie y est déjà fragile. Les décideurs politiques sont donc confrontés à un choix douloureux : mécontenter aujourd'hui leurs électeurs ou placer demain leurs descendants devant une menace existentielle grave.
     - Sur ce fond de tableau déjà inquiétant se greffe un difficile débat philosophique autour de la notion de progrès scientifique.
     Il est certain que, de la roue à la puce électronique, les découvertes ont heureusement transformé la vie des hommes. Partant de ce constat, des savants déclarent que tout ce qui est techniquement possible est a priori source de progrès, et donc doit être réalisé.
     D'autres écoles de pensée dénoncent ce qu'ils considèrent comme une attitude d'apprentis-sorciers, notamment quand il s'agit de modifier les données même de la vie.
     Pour eux, doivent donc être prohibés d'un point de vue éthique, non seulement le clonage, mais aussi les manipulations génétiques surtout quand il s'agit de l'homme.
     Mais dans le même temps, des productions à base d'OGM végétales et animales inondent déjà le marché et les utilisateurs déclarent s'en satisfaire...
     Comment manier dans ces domaines le principe de précaution sans arrêter le progrès humain ? C'est une partie, importante, de la question. Elle est compliquée par le fait que, pour être efficaces, c'est au niveau mondial que les décisions devraient intervenir. Fait nouveau, s'agissant de la protection de la vie, la solidarité doit en effet être universelle.

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Faute de pouvoir faire le tour de cette immense question, nous essayons au moins de donner ici à nos amis quelques éléments de réflexion en lien avec notre mission générale de défense des Valeurs Humaines Fondamentales. Sur ce sujet comme sur beaucoup d'autres, chacun énonce et défend son point de vue sans écouter celui de l'interlocuteur…
     Et cependant, pour décider des mesures à prendre, il faudra bien que les responsables politiques parviennent à concilier les différentes approches du problème.
Jean Delaunay
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Erreur dans la Lettre de Juillet . A propos de l'Honneur, j'ai fait dire à François 1°, "Tout est perdu fors l'honneu ", après Marignan.
Il fallait évidemment lire : "Après Pavie". Pardon de ce lapsus. JD
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Rubrique : " Ce qui va bien ! "
Rappel. Compte tenu de l'ambiance générale de sinistrose dans laquelle nous baignons, nous jugeons utile d'introduire dans nos Lettres une rubrique : " Ce qui va bien ! ". Nous comptons sur vous pour contribuer à l'alimenter.
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Dans des genres très différents, deux livres roboratifs me paraissent dignes d'être signalés à nos amis.
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     Le premier est intitulé " Eloge de la faiblesse ". Ce tout petit volume est un grand livre. Il est écrit par un Suisse, handicapé de naissance, qui a commencé par séjourner dans un centre spécialisé pour infirmes moteurs cérébraux avant de fréquenter l'Université en se tournant vers la philosophie. Son livre, écrit sous forme de dialogue avec Socrate, se lit facilement.
     Le préfacier, lui-même professeur de philosophie à Fribourg, écrit :
     " Ce qui frappe d'abord le lecteur, c'est que, grâce à un continuel effort de dépassement de soi, Alexandre Jollien a réussi , " titubant et piéton ", à entrer dans l'univers qui, vu de l'institution où il a vécu 17 ans, apparaissait comme un "autre monde", celui de la normalité. Très étonnante preuve de la capacité d'adaptation de l'être humain, certes, mais surtout expression de l'obstination inébranlable àrester debout, à trouver un sens aux expériences de la vie, de la souffrance et de l'effort. (…) "
     … " Parce qu'il nous contraint à regarder autrement, ce livre est authentiquement philosophique. (…) "
     … " Un autre aspect se dégage du texte d'Alexandre qui envisage la philosophie avant tout comme une interrogation libre de tout préjugé, comparable à une loupe qui grossit les traits du réel ; il reconnaît sa dette à l'égard des philosophes qui l'ont aidé à progresser, c'est-à-dire à découvrir, au cœur de sa faiblesse, la grandeur de l'homme. L'appel socratique du " Connais-toi toi-même", l'étonnement interrogatif initial sur l'énigme de l'existence humaine, se transforme dans ces conditions en émerveillement devant l'existence de soi-même et d'autrui. (…)
     Certains passages de ce livre m'ont rappelé l'une des plus belles pages de la philosophie occidentale. (…)
     … On peut la résumer simplement, en quatre mots, " le philosophe est toujours joyeux "
.

     Au moment où viennent de s'achever les Jeux Olympiques qui ont proposé à notre admiration de magnifiques performances sportives réalisées par de superbes athlètes, il est sain de constater, pour s'en réjouir, qu'un pauvre infirme a réussi, non seulement, à donner un sens à sa propre existence mais encore à donner aux bien - portants (provisoires ) une magnifique leçon de vie.
" Eloge de la faiblesse "
Alexandre Jollien, Editions du Cerf, 100 pages, 13 €

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     Aussi encourageant, dans un genre très différent, le deuxième ouvrage, déjà ancien et traduit de l'allemand, vient d'être réédité. Il s'intitule " Aussi loin que mes pas me portent ". Il était autrefois proposé aux élèves des Ecoles Militaires Françaises dans le cadre de l'exaltation des forces morales qui tenait alors une grande place dans leur formation.
     C'est l'autobiographie extraordinaire d'un soldat allemand capturé par les Russes en 1945. Il faisait partie d'un convoi de prisonniers de guerre que les Soviétiques avaient condamnés à 20 ans de bagne pour grossir leur main d'œuvre pénitentiaire. Déportés en Sibérie Orientale pour travailler dans une mine de plomb du Cercle Polaire, ils savaient qu'ils étaient tous condamnés à mourir, soit d'épuisement et de mauvais traitements, soit du cancer provoqué par l'ingestion continue d'émanations nocives.
     Après 3 ans d'enfer, celui-là choisit de prendre le risque de s'évader et, porté par l'amour de sa femme, parvint à rejoindre son pays après 3 ans d'errance traquée vers le sud-ouest, du détroit de Behring à l'Iran, soit 14. 000 Km, le tout clandestinement et sans parler russe….
     Ce message, complémentaire du précédent, montre, comme lui, que la volonté humaine peut faire des miracles.

" Aussi loin que mes pas me portent "
" Un fugitif en Asie Centrale 1945 / 1952 "
Josef Martin Bauer, Editions Bauer Phébus 2004, 458 pages, 22 €

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Réflexions sur un sujet qui fâche (un de plus ) :
La protection de la nature

En guise d'Introduction : Libres propos sur le principe de précaution.

     Le principe de précaution est un élément de la prudence laquelle figure parmi les vertus humaines de base. Il est donc aussi vieux que l'humanité et, pourtant, ce n'est guère qu'après le drame du sang contaminé, le scandale de la vache folle et la canicule 2003 qu'il a été officiellement invoqué. Il vient même d'être introduit dans la Constitution Française (Article 5 de la Charte de l'Environnement.) mais cette innovation ne fait pas l'unanimité.
     Il est en effet évident que la vie des hommes comporte des risques. Certaines personnes ne trouvent même d'intérêt à l'existence qu'en affrontant le risque sous tous ses aspects ; ils ne sont heureux qu'en relevant un défi.
     A l'opposé, d'autres natures d'homme essayent de le minimiser ou de le fuir, que ce soit dans la gestion de leur argent ou dans leurs loisirs…
     On peut donc se demander si l'instauration de cette nouvelle norme institutionnelle n'est pas de nature à dissuader d'entreprendre ceux qui font avancer le monde. En effet, si ce principe avait été édicté, Colomb aurait-il osé s'embarquer pour l'inconnu en 1492, et Pasteur vacciner un petit malade de la rage en 1885 ?
     C'est pourquoi certains redoutent l'effet négatif de cette mesure sur l'innovation.

     Il est cependant indéniable que des erreurs ou des crimes ont été récemment commis à l'égard de la nature alors que leur prévention relevait apparemment du simple bon sens.
     On sait qu'il est dangereux d'allumer du feu dans une forêt de pins surchauffée, de même on aurait pu prévoir, dans des ordres différents, les risques de collecter du sang dans les prisons (où l'état sanitaire est en général médiocre) ou de distribuer des aliments carnés, provenant de surcroît d'animaux malades, à des herbivores...
     Dans ces domaines, nous avons sans doute défié le simple bon sens. (Les Soviétiques ont fait bien pire, en asséchant la Mer d'Aral, en mégotant sur la sécurité de leurs centrales atomiques et en accumulant des poubelles nucléaires sur leurs côtes Arctiques...)
     Il est donc essentiel d'encourager la prudence élémentaire. Des dizaines de nos petits enfants se noient chaque année dans nos piscines ou se brûlent… A la maison comme sur la route, le principe de précaution doit donc s'appliquer rigoureusement.

     Le problème se pose différemment dans le domaine scientifique. Pour ne prendre que l'exemple de la chimie, sur les substances les plus commercialisées dans le monde, je lis que seules 150 ont été complètements évaluées sur le plan de la dangerosité pour les humains. S'il avait fallu expertiser complètement les autres, comme on l'a fait pour l'amiante, il aurait fallu observer l'évolution de leurs éventuels effets pervers sur plusieurs générations, c'est-à-dire dépenser beaucoup d'argent et différer de plusieurs années la mise en service d'objets aussi courants que les emballages plastique ou les téléphones mobiles…
     Le risque zéro n'existant pas, il nous faut donc, pour innover et progresser, accepter un pari raisonnable sur l'avenir.

     Finalement, en introduisant le principe de précaution dans la Constitution, on semble surtout vouloir ouvrir le parapluie en direction de l'opinion publique. Or, celle-ci est contradictoire. Nous voulons être garantis au maximum contre tous les risques de la vie et avons tendance en conséquence à rendre l'Etat responsable de tout, y compris des intempéries... En même temps, nous souhaitons profiter au maximum de la modernité...
     En ce qui me concerne, fidèle à une position que les adhérents de France-Valeurs connaissent bien, j'aurais préféré, qu'en haut lieu, on commence par invoquer d'abord le bon sens, une qualité bien Française, et la nécessité d'accepter un minimum de risque… et qu'on applique aussi le principe de précaution au soutien de la famille…
     Mais, d'abord, qu'on reconnaisse à l'embryon humain le statut de personne…
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Nature, environnement et vie de l'homme.

     La nature est faite pour l'homme. Dans la Genèse, on peut lire l'ordre de Dieu à Adam : " Croissez et multipliez vous ... Dominez la terre et soumettez la ... "
     De cette permission initiale, l'homme a usé et abusé avec les excès que chacun déplore, depuis les cannettes de bière abandonnées dans nos parcs jusqu'à la déforestation systématique de l'Amazonie, sans parler de la pollution de l'air et des mers...
     De la généralisation du cancer à l'effet de serre, ces péchés commis contre la protection de notre mère-nature entraînent aujourd'hui des conséquences graves. Dans ce domaine comme dans beaucoup d'autres, l'homme est donc l'artisan de son propre malheur. Le mouvement écologiste en a pris conscience. Il veut sensibiliser l'opinion et amener les décideurs politiques et économiques à réagir. C'est une démarche a priori sympathique.

     Les ambiguïtés, les contradictions et les excès de l'utopie écologiste
     - Cela dit, des écolos romantiques ont adopté depuis 1968 le retour à l'état de nature... (J'en connais qui survivent d'un élevage de chèvres et s'éclairent à la bougie...). Ils ne font de mal à personne mais sont incapables de répondre aux besoins de 7 milliards d'êtres humains.
     - D'autres semblent s'intéresser plus aux baleines et aux loups qu'aux hommes... (Du coup, nous dépensons de l'argent pour les loups mais, au lieu d'aller chasser les chevreuils, ceux-ci trouvent plus facile d'attaquer nos brebis ! On les comprend … mais cela nous amène à payer aussi pour les moutons égorgés…)
     - L'activité de certains Verts est particulièrement dirigée contre l'énergie nucléaire (pourtant la plus contrôlée, qui soit) ; ils ont même obtenu l'abandon à terme du programme électro-nucléaire de nos voisins allemands et ont imposé en échange l'implantation de champs d'éoliennes qui provoquent d'ailleurs d'autres nuisances…
     - Leur mouvance radicale, de plus en plus bruyante, a une activité essentiellement politique. Sous couleur de protection de la nature, elle remet en question à la fois les fondements de l'économie capitaliste et le précaire équilibre mondial. Ses militants les plus contestataires ont souvent partie liée avec les troskistes et c'est d'eux qu'on dit : "L'écologie, c'est comme une pastèque : vert à l'extérieur mais rouge à l'intérieur !… "
     Ils s'indignent à juste titre que près de 3 milliards d'êtres humains vivent avec moins de 3 euros par jour et prônent une collectivisation des biens à l'échelon mondial. Ils souhaitent que, dans les pays pauvres, chacun puisse travailler à la mesure de ses dons, de préférence dans l'agriculture biologique, pour devenir auto suffisant. Ils réclament donc l'instauration dans ce domaine d'une politique mondiale des prix mais sont par ailleurs de farouches opposants à la mondialisation. Or celle-ci est un fait et il parait inconcevable d'enrayer ce processus ni même de le ralentir.
     Les mêmes sont opposés chez nous à la sur-consommation, donc à la pub et à tous les autres moyens de provoquer la relance de l'économie si attendue ! Leur attitude est donc généreuse mais utopique, voire irréaliste.
     Il reste que, dans son fondement, la démarche écologiste paraît justifiée. Elle a d'ailleurs contribué à faire beaucoup évoluer les mentalités. Dans certains domaines, celui des OGM notamment, leur point de vue est cependant contesté.

Le problème des OGM.
     La transgenése, inventée il y plus de 30 ans, permet d'implanter un nouveau gène dans un organisme vivant et de lui donner des propriétés nouvelles, par exemple, meilleur rendement et résistance accrue d'une plante à la sécheresse ou aux attaques des insectes.
     Dans son principe, l'utilisation des organismes génétiquement modifiés paraît donc aller vers une amélioration des conditions de vie des hommes - notamment dans les pays en voie de développement, ce qui est justement l'un des dadas des écolos...
     De plus, une instance indépendante comme l'Académie des Sciences déclarait en 2002 que les bénéfices des OGM dépassaient leurs éventuels risques. L'Agence Française de sécurité sanitaire des aliments concluait dans le même sens.
     Cela n'a pas empêché le nouveau saccage par des militants de champs de maïs comportant des OGM. ""( José Bové à Libération le 27 juillet. )
     Ce qui montre bien que le souci de protéger la nature semble s'effacer chez beaucoup de Verts devant la contestation et la subversion pures et simples, la volonté de casser la baraque comme les Troskistes. (La reconnaissance du mariage homosexuel s'inscrit dans cette logique…)

Les applications à l'homme de la transgenèse
     L'homme étant un être vivant comme les autres, le principe de la transgenèse peut lui être appliqué ; les savants ont percé les mystères du génome humain et sont en mesure de modifier sa composition. C'est, disent-ils, une voie prometteuse pour prévenir ou guérir certaines maladies d'origine génétique. Pour ce faire, ils peuvent intervenir directement sur le sujet malade en utilisant des éléments d'embryons humains qui servent de réservoirs de pièces détachées génétiques au profit de personnes vivantes. Ces techniques suscitent un grand débat de nature philosophique dans les milieux scientifiques et les décideurs politiques semblent embarrassés pour légiférer dans ce domaine. En simplifiant à l'extrême, la question est en effet la suivante :
     Même si c'est techniquement possible et scientifiquement souhaitable pour faire avancer la médecine, a-t-on moralement le droit de sacrifier dans ce but des embryons humains- même si ceux-ci échappent à tout "projet parental"?
     A la question, les milieux les plus soucieux de respect de la dignité humaine, l'Eglise Catholique notamment, répondent en général par la négative.
     La vie - y compris au stade embryonnaire- a, à leurs yeux, un caractère sacré. Elle ne nous appartient pas. Prétendre intervenir pour la modifier serait violer un tabou fondamental. C'est moralement inacceptable.
     D'ailleurs, ajoutent d'autres opposants qui s'appuient sur le principe de précaution, ceux qui le font s'apparentent à des apprentis-sorciers car on ne peut prévoir les effets pervers de ces manipulations sur les générations à venir. Et d'autres d'évoquer Le meilleur des mondes" d'Orwell et la possibilité exorbitante de créer une société artificielle…

     Dans ces conditions, le Gouvernement vient de promulguer une Loi de bioéthique (JO du 7 Août) qui tente d'encadrer la recherche. Elle stipule notamment :

- article 17 " Le corps humain, aux différents stades de son développement, ainsi que la découverte d'un de ses éléments (…) ne peuvent constituer des inventions brevetables… "

- Article 21 " Est interdite toute intervention ayant pour but de faire naître un enfant génétiquement identique à une autre personne vivante ou décédée."

- Article 25 " … La recherche sur l'embryon humain reste interdite … "


     Il reste qu'en dépit de cette législation conforme au principe de précaution, les recherches de laboratoires sont très engagées. Des médecins d'avant-garde affirment même avoir réalisé des clonages d'êtres humains. Pour eux, l'avancée de la science est une fin en soi : ce qui est techniquement possible est a priori source de progrès, et donc doit être réalisé. Il est donc à craindre qu'ils nous mettent encore une fois devant le fait accompli.

     C'est ce qui se passe souvent dans ces domaines où interfèrent technique et morale, avec manipulation fréquente de l'opinion publique. Tous les garde-fous qu'on avait, par exemple, prévus autour de l'IVG n'ont pas tardé à céder : l'avortement de convenance a été vite banalisé. Une campagne du même ordre a d'ailleurs déjà débuté sur l'euthanasie.
     Plus inquiétant encore est le refus obstiné des juristes et des politiques de donner à l'embryon humain le statut de personne. D'où des décisions de justice récentes qui paraissent aberrantes, sinon révoltantes (Arrêt Perruche etc…) .
     Dans tous ces domaines, la plus grande vigilance s'impose donc.

Le bilan écologique du monde 2004:
     - Des faits sont graves: surexploitation de certaines ressources par certains, disette ailleurs, gaspillage de l'eau et des autres ressources fossiles, pollution généralisée, effet de serre, réchauffement, désertification…
     - L'opinion publique et les gouvernants ont lentement et récemment pris conscience de ces problèmes et mesuré la nécessité d'une politique mondiale en la matière. Elle a notamment abouti aux recommandations de Kyoto concernant la réduction progressive des émissions de CO². A noter cependant la réaction négative des USA qui ont refusé de s'engager en la matière, ne voulant ni risquer de compromettre leur croissance économique ni mettre en péril leur recherche alors qu'ils sont en tête du monde ...
     - Le débat sur le progrès est loin d'être clos.

Que peut-on faire et que doit-on faire ?

     - Information Sensibilisation Education
     Sur un plan général, l'éducation au respect de la nature fait partie de l'éducation tout court. C'est aussi l'une des composantes de l'éducation au civisme car la nature est un bien commun à tous les hommes. La TV peut jouer un rôle éminent dans ce domaine.
     Il faut donc créer à l'échelon mondial des réflexes élémentaires communs qui dépassent la stricte hygiène (anti papiers gras, mégots, déjections canines et cannettes de bière... ) et aboutissent à une pédagogie de respect de la nature et d'amour du bien commun qu'elle représente.
     Ce type d'éducation devrait commencer à la maternelle.

     - Application du principe de précaution
     Il devrait s'appliquer dans tous les domaines où le bon sens le dicte, de façon à préserver :
- en priorité la vie humaine sous tous ses aspects, y compris celui de la dignité de l'embryon,
- et, autant que c'est possible, les espèces animales et végétales et l'environnement.

     Quantité de domaines de l'activité humaine sont concernés: vie courante et urbanisme, entretien des forêts et des campagnes (*), agriculture (ce qui pourrait par exemple amener à reconsidérer l'élevage intensif …), industrie, transports terrestres, fluviaux, maritimes et aériens…

     - Vigilance quant aux développements de la Biotechnique,

     En conclusion, acceptons d'être, chacun de nous, des écologistes, au bon sens du terme.

     Dans ce cadre, militons en priorité pour que l'embryon humain soit reconnu et traité comme une personne dès sa conception.

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( *) A titre de modèle, citons non seulement les Parcs nationaux mais aussi les "Conservatoires Régionaux des Sites Naturels". Ces organismes créés sur le modèle du "Conservatoire du Littoral " effectuent un travail remarquable d'acquisition puis de mise en valeur de sites sensibles ; d'information et formation sur la faune et la flore. Les financements proviennent de l'Etat (ONF), des collectivités locales, de la communauté Européenne, de diverses associations...et des adhérents directs aux conservatoires. L'administration des conservatoires est assurée par des équipes mixtes de salariés et de bénévoles.
Espaces Naturels protégés de France
Conservatoire du Littoral

A titre d'exemple, notre ami René Jeannin-Naltet évoque le "Conservatoire des Sites Naturels Bourguignons " chemin du Moulin des Etangs 21600 FENAY ; tel = 0380792599 ; fax = 0380792595 ; ad. El = espacesnaturelsbourgogne@wanadoo.fr qui fournira toute documentation spécifique.

Lettre de France-Valeurs bimestrielle ISSN 1260 643 X
directeur de la publication:Jean Delaunay

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