Lettre de mars 2004


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Lettre aux adhérents


Rubrique : " Ce qui va bien ! "

Rappel. Compte tenu de l'ambiance générale de sinistrose dans laquelle nous baignons, nous jugeons utile d'introduire dans nos Lettres une rubrique : " Ce qui va bien ! ". Nous comptons sur vous pour contribuer à l'alimenter.

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Cette Lettre est consacrée essentiellement à la Défense de la langue et de la culture Françaises. Ce sujet n'a jamais encore été abordé par France-Valeurs. Ce qui est très encourageant, à mes yeux, en dehors du fond, c'est que je laisse la plume, d'une part, à deux professeurs de lettres chevronnés, d'autre part, à deux de mes petites filles, l'une, journaliste, 22 ans, et l'autre, étudiante, 20 ans.

Jean Delaunay

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Editorial
Défense de la langue française

     L'expression est elle-même grave puisqu'elle signifie qu'il y a quelque chose à défendre; donc quelque chose en danger. La langue française serait donc en danger. Pour une part au moins, c'est sûr. Je n'en veux pour preuve que le témoignage récent d'un ami, étudiant en biologie, à qui un camarade proposait de "bouffer ensemble". Lui de rétorquer qu'il était "déjà pris à l'heure du déjeuner". Réponse du biologiste, bac+5 de son état, "Comment tu parles toi ! Déjeuner ? Pourquoi pas souper pendant que tu y es ! Tu te prends pour un vicomte ?" Fin de citation. ( Si je puis dire...)
     C'est justement là que le bât blesse. On en viendrait presque à s'en vouloir de parler français lorsque des termes bien plus à la mode viennent supplanter le lexique que nous, coincés que nous sommes, osons encore emprunter. Il est en effet de bon ton aujourd'hui de dire "kiffer" au lieu d'aimer, de parler d'une "latte" au lieu d'une bouffée de cigarette. Dans le même temps, pour faire jeune, il faut "halluciner" et non plus être étonné, ne pas trouver que quelque chose est formidable mais dire que c'est "d'la balle", commander un "sky" au lieu d'un whisky et placer l'adjectif "énorme" au moins une fois dans sa phrase.
     Autre exemple. Je dînais hier chez une mère de famille affolée d'avoir entendu la veille sa fille de six ans rentrer de l'école en lui disant : "J'ai une nouvelle bille, c'est la sœur à Faustine qui me l'a donnée pendant la récré". La mère explique à l'enfant qu'on ne dit pas la sœur à Faustine mais la sœur de Faustine. Mais la petite est perdue, expliquant que ce n'est pas une faute puisque la maîtresse dit ça tout le temps… Allez expliquer à l'instit' de revoir ses basiques…. Pas facile !

La langue française n'est pas morte. Ce sont plutôt ceux qui savent encore bien la manier qui sont en voie de disparition. S'il appartient à chacun en général, et aux jeunes en particulier, de faire des efforts pour châtier son vocabulaire, il faut dire tout de même que nous ne sommes guère aidés par la bassesse ambiante qui inonde nos ondes, nos écrans, nos journaux. Loin de moi l'idée de dédouaner la jeunesse et de lui retirer toute responsabilité dans cette affaire. Mais il faut bien l'avouer, la télé comme la radio, outils médiatiques les plus fréquemment utilisés par mes chers homologues 18-35 ans, ne nous aident pas à défendre notre patrimoine, la langue française . Et les exemples foisonnent. J'ai relevé, pour l'exercice, quelques refrains de "hits" que nous pouvons entendre fréquemment sur nos ondes et que les jeunes connaissent par cœur :
" Tant que c'est toi, d'un moment à l'autre, de l'autre à tout moment qui attendra ah ah " (Natasha Saint Pier)
" Je suis tombée pour elle, ma maison, ma Tour Eiffel, quand les amours prennent l'eau, l'île aux oiseaux " (Pascal Obispo)

" Papa Noël quand tu descendras du ciel, du fun du zoprack et des ailes, l'an 2000 sera spirituel,c'est écrit dans Elle, du fun pour une fin de siècle". (Mylène Farmer)
     Totalement dépourvu de sens, vous l'aurez remarqué ! Affligeant, surtout lorsqu'on jette un œil sur les sommes astronomiques que ceux que l'on ose appeler "paroliers" récupèrent sur chacune de ces chansons dites "à textes"!
     Maurice Druon, de l'Académie Française, appelait ça, dans un récent article paru dans le Figaro, de la "non-assistance à langue en danger." Voici, en substance, ce qu'il y écrivait :
     " On apprenait autrefois à parler comme on doit écrire; aujourd'hui, on apprend à écrire comme on ne doit pas parler. Il faudrait que les familles où l'on sait encore à peu près parler fassent des remontrances aux maîtres dont la parole se laisse aller. Il faudrait que les directeurs de journaux, accablés de courriers signalant toutes les fautes commises dans leurs colonnes, engageassent des correcteurs plus compétents et plus vigilants. Il faudrait que le Conseil supérieur de l'audiovisuel, doté de pouvoirs spéciaux, plaçât des observateurs du langage auprès des chaînes de radio et de télévision, et pût distribuer éloges et blâmes publics, allant jusqu'à interdire de soutiens publicitaires les émissions trop offensantes pour l'honnêteté de la langue. Mais il faudrait d'abord, pour tout cela, que les Français se remissent à aimer la France".

Tout est dit. On en est là.

Axelle DELAUNAY
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A propos du féminisme

Notre dossier sur la place de la femme dans la société, inclus dans la lettre de juillet 03 nous a valu, dans notre forum, une interrogation sur les positions "féministes" de France-Valeurs. Nous reconnaissons volontiers que nous avions employé à tort l'adjectif "féministe" dans cet article mais nous faisons remarquer que la suite du texte explicitait clairement notre position, très éloignée des positions du "féminisme de combat".
     Nous disions en effet :

Place de la femme dans la société

France-Valeurs affiche, depuis sa fondation en 1986, des positions résolument féministes, en ce sens qu'elle proclame que la femme doit tenir sa vraie place dans la société - ce qui ne veut pas dire partout et toujours semblable à celle de l'homme.
     Nous avons souvent écrit que :
- La famille fondée sur l'engagement définitif des époux est le pilier de la société,
- La femme est égale en dignité et en droits à l'homme. Il est donc juste qu'elle prenne toute sa place dans la vie de la Cité, à tous les échelons.
-Elle est la gardienne naturelle de la civilisation ( et ce, dans toutes les cultures ).
- Elle est l'éducatrice de l'homme ( y compris de l'homme adulte ). Il en résulte que sa responsabilité est encore plus grande que celle de l'homme quand se produisent des dérives. C'est une évidence perdue de vue qu'homme et femme sont égaux en dignité mais différents et complémentaires.
     Sur tous ces points, après réflexion, nous estimons qu'il n'y a pas lieu de modifier notre position.

En ce qui concerne le travail des femmes et le choix que font certaines d'entre elles de privilégier l'éducation des enfants en restant au foyer, il s'agit d'un vrai débat. Je le constate lors de chacune de mes conférences où je suis pris à partie par des personnes convaincues de la nécessité absolue du travail de la femme. Par ailleurs, les 200 et quelques témoignages que j'ai reçus à l'occasion de la préparation de mon livre sur les femmes de soldats font apparaître l'opposition entre les points de vue. C'est largement une question de génération - mais pas complètement : il y a de très jeunes femmes qui font le choix délibéré du 2° salaire au profit des enfants.

J D
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HONNEUR A LA LANGUE FRANCAISE

" Le premier instrument du génie d'un peuple,
c'est sa langue."
Stendhal

Les Français ont toujours eu à cœur d'assurer la présence pacifique de la France dans le monde par la diffusion de notre langue nationale. Des organisations diverses et nombreuses se sont donné pour mission de faire connaître et apprécier celle-ci. Il ne nous est pas possible d'en dresser une liste exhaustive, mais nous en citerons deux qui jouissent d'une audience internationale : L'Alliance Française et l'A.U.P.E.L.F.( Association des Universités Partiellement ou Entièrement de Langue Française ). Il existe en outre, dépendant du Ministère des Affaires Etrangères, de nombreux lycées français répartis dans le monde entier. On peut regretter que la planète ne comporte pas un nombre suffisant de francophones, mais ceux-ci ont essaimé jusqu'aux antipodes.
     L'action en faveur de la francophonie est d'une extrême importance pour maintenir dans le monde le rayonnement et la réputation de culture de notre pays ; c'est une banalité que de le dire une fois encore. Aussi, dans ces pages, traiterons-nous surtout de l'illustration de la langue française et de sa défense contre des adversaires nouveaux qui sont souvent mal connus du grand public.
     Notre cause est bonne, et les arguments ne manquent pas, à la fois pour glorifier notre langue et la défendre contre les envahisseurs, les parasites et les ennemis de toutes sortes.
Nous n'avons que l'embarras du choix.

I. VALEUR ET NOBLESSE DE LA LANGUE FRANCAISE

La langue française, parlée et écrite en 2004, non pas celle de la rue, des microtrottoirs, des S.M.S, mais celle de l'Académie est l'état actuel de la langue de nos ancêtres en culture et en civilisation, j'ai nommé les Latins. Dans les limites de l'ancienne Gaule - France actuelle unie à la partie sud de la Gallia Belgica - qui s'unifia et se constitua, pour ainsi dire, en Nation sous l'impulsion de Jules César, la langue latine du premier millénaire avant notre ère est devenue le Français, d'hier et d'aujourd'hui. Evolution progressive résultant du bon usage contrôlé par une certaine rigueur grammaticale et philologique. C'est ainsi qu'on définit une " langue vivante ", celle que l'on parle aujourd'hui à chaque instant de la vie et qu'un usage aléatoire transforme, parfois brutalement. Il est nécessaire de créer des mots nouveaux pour désigner des objets ou des produits de la science ; mais il ne faut pas créer un mot pour en remplacer un autre, qui existe et dont on ignore l'existence. Et surtout, il ne faut pas supprimer un mot sous prétexte qu'il désigne un objet, qui a disparu de la surface de la terre, " parce que ça ne se fait plus " ou qu'il n'est plus utilisé. Ce n'est pas à une maison d'édition, même bien placée sur le marché de l'encyclopédie, d'en décider, mais à l'Académie Française ou à des législateurs du Parnasse compétents, comme ce fut le cas avant la création de celle-ci par Richelieu.
     Les lettres de noblesse de la langue Française ? … Elles se trouvent à Athènes et à Rome, deux empires qui bientôt n'en firent plus qu'un. Empires politiques, mais pour nous, surtout empires de la pensée. Ayons le courage d'être fiers de tous nos ancêtres, en culture.

Pour asseoir la France dans son unité, pour que l'emploi des dialectes régionaux n'entrave pas la communication entre les Français, ses sujets, François Ier, prit en 1539 l'ordonnance de Villers-Cotterets qui, entre autres, impose l'emploi du Français dans tous les actes officiels. Dix ans après, Joachim du Bellay publiait une célèbre Défense et Illustration de la langue française :
" Enfin Malherbe vint ! ", nous dira Boileau et, au début du XVIIème siècle, ouvrit la porte au classicisme. Peu après lui, Boileau, Furetière et Vaugelas contribuèrent à donner à la langue française sa pureté classique
     Furetière publia son " Dictionnaire Universel contenant généralement tous les mots français tant vieux que modernes et les termes des sciences et des arts" et Vaugelas fut l'un des premiers artisans du Dictionnaire de l'Académie " (1694), et fut rendu célèbre par ses " Remarques sur la langue française, utiles à ceux qui veulent bien parler et bien écrire", titre bien d'actualité en notre début du XXIème siècle. Les Français et francophones se sont toujours très occupés de leur langue ; citons seulement Littré, au XIXème siècle, et plus modestement " Le Bon Usage " de Grévisse au XXème siècle, tous ouvrages destinés au grand public.

Les innombrables subtilités de notre langue expliquent peut-être les difficultés qu'éprouvent les étrangers pour la connaître véritablement et la pratiquer couramment ; mais la rigueur rationnelle, si bien révélée par Descartes, en fait un instrument d'expression. Elle fut longtemps la langue de la diplomatie. Ce privilège lui a été enlevé par ceux qui, volontairement, font passer l'intérêt mercantile avant la noblesse de la pensée.
     Une langue porte en elle deux finalités, parallèles mais inégales : instrument de la communication entre les hommes, véhicule et fondement de l'art majeur qu'est la littérature, les lettres, sous leur forme multiple. Les chefs-d'œuvre de notre langue appartiennent à tous les genres des lettres et sciences humaines, qu'il s'agisse de la philosophie, de l'histoire, de la poésie, qu'elle soit élégiaque lyrique, épique ou dramatique, de la prose aux multiples visages, et surtout celui du roman. Jusqu'au milieu du XXème siècle, la littérature française eut pour principal souci de rechercher la valeur essentielle de l'Art, le Beau.
     Qu'en est-il aujourd'hui ? Qu'en sera-t-il demain ?

II- LE DANGER INTERIEUR

Un tel succès ne pouvait susciter que de la jalousie, de l'envie. En outre nous vivons à une époque où certains ne rêvent que de " casser la baraque", rejetant en bloc tout le passé - qui pourtant, en tant que fondations de la Maison Univers, supporte et engendre le présent, avec lequel, paraît-il, il faut impérativement vivre. Néo-modernistes et progressistes appartenant à toutes les classes sociales, sans doute par ignorance, par facilité, par paresse intellectuelle, rejettent et condamnent ce passé encombrant, celui de la pérennité de notre langue . " Il faut aller de l'avant ! rejeter le passéisme" : que de belles formules, creuses, adoptées par les utilisateurs de la fameuse et fumeuse " langue de bois"!

Qu'a-t-on besoin d'utiliser le passé antérieur ou le futur antérieur de l'indicatif, l'imparfait et le plus-que-parfait du subjonctif, le passé de l'impératif, ou la deuxième forme du passé du conditionnel, d'ailleurs identique à la manière latine au plus-que-parfait du subjonctif ? Comme on ne sait plus les utiliser au XXIème siècle, pourquoi savoir que ces temps de la conjugaison existent ? On les bannit des manuels de grammaire en usage dans les collèges. On n'en fait même pas mention. En revanche, on crée de nouveaux temps de la conjugaison : le passé surcomposé, (quand il a eu fini), le futur proche (on va partir) et le futur récent (il vient de partir ) ; tout cela laissé à l'arbitraire des entrepreneurs de démolition. Ce qui est grave, c'est que ces démolisseurs ont pour mission de construire, c'est-à-dire d'enseigner les fondements grammaticaux de notre langue.
     J'ai nommé certains enseignants sévissant dans les instituts de formation du personnel enseignant, mettant leur autorité au service de la démolition de la langue française en publiant largement des grammaires utilisées dans les collèges

Ces " Maîtres-ès-pédagogie " ne s'attaquent pas seulement à la morphologie et à la syntaxe, ils s'ouvrent sur le vocabulaire. Tout dans ces manuels va à l'encontre du respect et de la considération dus aux élèves jeunes et adultes. On dit à ceux-ci, à toutes les pages du manuel : " Tu lis ce texte….Tu cherches les mots qui…. " On dit aussi : " Employer des métaphores et des métonymies - Explique ce que signifie : un chapelet de bâtiments. " Métaphore, métonymie, nous voilà en Rhétorique. Non, nous ne sommes qu'en quatrième, et nous avons juste treize ans !! Mais encore : tout s'explique (sic), car "ce manuel met l'accent sur les savoir-faire langagiers …et de ce fait l'apprentissage de la métalangue grammaticale a été réduit au profit d'une démarche qui valorise les significations et les emplois en situation des faits de langue étudiés. " On croirait lire George Orwell et sa Novlangue (1984) Mais l'on pense plutôt à Boileau :

" Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement
et les mots pour le dire arrivent aisément
"

     Quittant le Siècle du Soleil revenons au XXIème siècle. Le livre Ecrire, Dire, Lire, en format 27,2/19,5 comprend deux cent quatre-vingt-huit pages compactes où s'entassent pêle-mêle un peu plus de cent cinquante textes empruntés à des auteurs et à des sources les plus inattendus. On y voit se côtoyer Jean-Jacques Rousseau et La République du Centre, Patricia Highsmith ( ?) Raymond Queneau et le Guide du Routard, Victor Hugo et Biba, Jean de la Fontaine et le Guide Carrefour des meilleurs jeux vidéo, la publi-information Aquamousse de Chanel et " Le Petit Poisson et le Pêcheur ", Guy de Maupassant et La Provence Magazine " !! …

C'est par ce " coquetelle" explosif que les auteurs formateurs pédagogiques des futurs enseignants essaient de les convaincre de faire trouver à leurs élèves et faire jaillir par la redécouverte les règles essentielles de la grammaire française. Ce qui est inquiétant, ce n'est pas qu'il existe une Grammaire française aberrante dans sa forme comme dans son fond, c'est qu'un grand nombre de ces ouvrages "progressistes" largement utilisés dans les collèges, participent du même esprit issu, d'une part, de l'influence saussurienne et structuraliste, d'autre part, des instructions officielles du ministre de l'Education Nationale.

... ET VOICI LE FRANÇAIS AU COLLEGE. ( texte officiel )

Après une introduction définissant l'enseignement du Français comme la maîtrise du discours direct, ce terme contenant toutes les formes de l'expression ( le logos), mais plus spécialement la prise de parole en public - est abordé l'exposé des finalités et objectifs : "le Français, précise l'instruction, donne la capacité de formuler ses opinions, de prendre en compte l'interlocuteur. Il participe ainsi à la tâche générale de formation du citoyen"
Deux remarques s'imposent :
     - Il est regrettable de réduire l'enseignement du français à celui de l'instruction civique qui figure par ailleurs dans les programmes des collèges. S'agit-il d'une confusion volontaire ou d'une intention déterminée de réduire la finalité de l'enseignement de la langue française ?
     - Bien sûr, en France, nous sommes citoyens de la République. Trop de Français l'oublient, comme ils oublient parfois leur langue, mais nous sommes d'abord des hommes et des femmes qui vivons sur Terre, quel que soit le régime du pays où nous vivons. Il faut donc mettre au premier plan la formation de l'Homme, c'est -à- dire l'enrichissement des cadres de l'Esprit. Les auteurs du programme officiel ont-ils oublié l'Humanisme, sa tradition et ses valeurs. ?

Nous lisons encore au chapitre des Orientations générales (3.B) : "Au Collège, l'étude de la langue n'est pas une fin en soi, mais elle est subordonnée à l'objectif de la maîtrise du Discours." Ah ! ce Discours qui doit servir à la manipulation des masses, des foules de toutes sortes … C'est là une affirmation ambiguë qui fait perdre à l'enseignement du français sa véritable raison d'être. " Le but de la classe de sixième est que l'élève (N.D.L.R. : onze ans) maîtrise la compréhension et reconnaisse la présence de l'Implicite " (fin de citation). Si Molière se réincarnait, il trouverait chez les cuistres de la pédagogie, la plus belle des matières, une inépuisable source d'inspiration …

…….ET AU LYCEE QU' EN EST- IL ?

Continuer l'étude de la langue française, cela va de soi, admettant que cette étude n'a pas été suffisamment faite à l'école primaire et au collège. On parle aussi avec imprécision de l'enseignement de la littérature française et européenne. Il serait souhaitable que la littérature européenne ne soit pas enseignée à travers des traductions qui, parfois, dénaturent la pensée et toujours sont, par essence, essentiellement impuissantes à rester fidèles au style ; ceci est partiellement valable pour la prose et toujours pour la poésie. Aux professeurs des langues modernes étrangères appartient le rôle d'enseigner la littérature correspondante en version originale. Tout le monde y trouvera son compte.
      Le pédagogue législateur fait peu de place à l'enseignement de l'histoire littéraire : "L'élève enrichit son savoir d'histoire littéraire et culturelle au fil de ses lectures ", dit-il. Et pourtant, comment peut-on expliquer l'enchaînement esthétique de notre littérature sans avoir recours à l'évolution des idées et des sensibilités. Par exemple, comment saisir la plénitude du terme Renaissance, si l'on ne se réfère pas à la fois au Moyen-âge et à l'Antiquité. Comment, aussi, expliquer l'explosion romantique sans mettre en valeur l'acharnement de certains à lutter contre le classicisme ? Pourquoi François Villon n'aurait-il pas bu l'absinthe au Bar de la Source attablé à côté de Verlaine, ou le whisky à Saint- Germain-des-Prés avec Jacques Prévert ! Cette fantaisie de l'incohérence (résultat du mépris de la réalité historique) peut être amusante pour des initiés, mais ne convient pas à l'acquisition d'une solide culture des apprentis que sont les élèves, en cours d'initiation.

…. ENFIN LE PLURILINGUISME ???

Plus inquiétante que cette linguistique prétentieuse est l'action, appuyée sur des bases politiques diverses, de la promotion des dialectes régionaux. Aussi, en toute sérénité, François Premier en 1539, dans son ordonnance de Villers-Cotterets, en imposant le Français comme langue officielle de la France, remettait à leur place les parlers provinciaux. Comment ne pas rappeler ici la première ligne de l'Article 2 de la Constitution française, " La langue de la République est le Français "
     Renforçant la cohésion et l'unité de la France par l'unicité de sa langue, le Roi, aurait-il été l'ancêtre, le premier des Jacobins (sic) !

Suivant la ligne de la facilité, celle de la plus grande pente; chercheurs et gouvernements, se sont laissés glisser vers les fossés et ravins de la réforme de notre langue. Ce fut la féminisation abusive des noms de fonctions : Madame la Ministre, Madame la Proviseure, Madame la Soldate etc... Ce furent surtout les lois de décentralisation qui ont abouti à une réforme récente de la Constitution, tendant à faire de la France un conglomérat de régions. Ces textes législatifs ont contribué à donner à certains, soucieux de leur puissance personnelle et locale, une envie d'autonomie, voire d'indépendance. La principale victime de ces textes est la langue française, grignotée, entamée par ces dialectes régionaux dont certains ne sont que des patois. Peu importe que dans les campagnes, les habitants très attachés à leur terre, s'expriment dans un langage local, qui parfois diffère d'un village à l'autre, entretenant ainsi des querelles de clocher qui maintiennent le sens du terroir, mais il n'est pas admissible que, dans quelques départements de l'Ouest de la France, le Français ait pu être considéré comme une deuxième langue, c'est-à-dire étrangère, alors que le breton était promu au grade de langue nationale. D'ailleurs de quel breton s'agissait-il ? Il existe, de l'aveu même des populations, environ sept dialectes bretons différents, auxquels il faut ajouter le " gallo " Heureusement, le texte ministériel a été condamné par le Conseil d'Etat, et par conséquent abrogé. Le breton n'est pas seul en cause. Il y aurait, d'après certains chercheurs, 25 "langues" en France. Ceux-ci poussent très fort et très loin leur offensive contre la langue française. Des psychologues et psychiatres ont apporté leur pierre au bastion du multilinguisme, rendant notre langue nationale responsable d'effets inattendus, ou mieux : de grands méfaits, sur les populations rurales et leur santé. Jugeons-en. Les co-auteurs de "La France pays multilingue" établissent un rapport sérieux entre l'obligation de l'emploi du Français et l'alcoolisme qui, disent-ils, sévit en Bretagne , se reportant aux conclusions d'Andrée TABOUET-KELLER, concernant la pathologie spécifique des états bilingues ou plurilingues. Voilà de l'inattendu, mais ce qui est sûr, c'est que vouloir donner aux parlers locaux une existence officielle constitue un retour pur et simple en arrière, à la Féodalité, régime peu apprécié à juste titre, à notre époque moderne et contemporaine .

La valeur d'une langue c'est son universalité ; c'est aussi la considération de la qualité et de la quantité des chefs d'œuvre dont elle est le noyau fondamental. Aujourd'hui, aucun de ces dialectes régionaux ne correspond à cette définition largement humaniste. Les œuvres écrites dans ces dialectes peuvent intéresser l'entourage d'un petit nombre d'hommes et de femmes ; ce qui n'est ni critiquable ni négligeable ; mais il importe que chacun reste à sa place et joue son rôle dans le contexte de la nation.

III LE DANGER EXTERIEUR

Les artisans naufrageurs de la langue française se recrutent à l'intérieur et à l'extérieur de la France. Nous pensons avoir démasqué ceux de l'intérieur, les ingrats. Nous ne parlerons pas à nouveau longuement de ceux de l'extérieur, sans précision, mais que tout le monde connaît et subit dans sa vie quotidienne, essentiellement l'Américano-Anglais, qui pénètre chez nous dans les fourgons du commerce et de la puissance économique.
     Etiemble, au siècle précédent, dénonçait le Franglais ; aujourd'hui il a toujours raison. Mais sachons qu'il existe un esprit réel de résistance à cette invasion et à cette occupation. Sachons aussi que de nombreux mots inclus dans la langue anglaise sont d'origine latine, En revanche, aucune offensive linguistique ne se manifeste du côté de la langue arabe. Les raisons tiennent essentiellement à la nature même de cette langue, à sa vocation poétique et juridique, langue difficile à aborder pour les peuples non arabes. Malgré une tentation à l'arabisation constatée au moment où ces pays se sont détachés de la France, le français a gardé sa place dans de nombreux pays arabo-musulmans
     Les langues sœurs du français, (italien, espagnol, portugais, roumain,) ne cherchent pas à conquérir l'espace linguistique français. Il existe de fait une réelle solidarité de culture entre les peuples latins. Là n'est pas le danger.
     La germanité, de son côté, se satisfait pleinement des pays allemands et de la frange linguistique des territoires voisins de l'Allemagne actuelle, historiquement influencés par la civilisation de celle-ci.

CONCLUSION
Quels remèdes ?

Comment empêcher des industriels d'imposer l'usage de l'américain dans le fonctionnement et la gestion d'entreprises françaises importantes ? En revanche, il ne nous semble pas impossible d'exiger qu'un organisme français, aussi prestigieux que l'Institut Pasteur publie en français les résultats de ses chercheurs, quels qu'ils soient, les traduisant ensuite, pour une large diffusion, en langues étrangères. Et puis, il y a la Loi, non pas celle qui interdit, mais celle qui organise, une loi qui donnerait aux hommes compétents en la matière (1) le pouvoir de décision : décider d'admettre ou de refuser l'entrée du Temple de la Langue Française aux mots, soit voiturés par l'usage (création populaire), soit artificiellement créés par une certaine élite intellectuelle du monde des affaires ou des milieux scientifiques. Créer, c'est bien, bien choisir c'est mieux, même et surtout dans le domaine de la syntaxe et de la morphologie ; une autre loi, du ressort du Ministère de l'Education Nationale, instituant un enseignement rationnel, excluant la recherche d'une prétentieuse et vaine érudition : enseignement de la grammaire à partir des bases latines, celles de notre civilisation et de notre culture. Enseignement historique et logique de la littérature française, ces deux pôles pédagogiques nécessaires à la formation humaniste de l'esprit des jeunes et des adultes. Rechercher et cultiver clarté et rigueur de la langue, instrument nécessaire à la fois à la communication entre les hommes et à la transmission des arts, des lettres, des sciences comme de toutes les technologies.
     La loi issue du Parlement ne suffit pas ; l'essentiel c'est de convaincre et de persuader, et pour cela, refuser toute critique négative à l'égard de notre pays et de sa langue, autre aspect de son drapeau.
     Nous devons avoir - c'est une affaire de Gouvernement - pour premier souci la formation des maîtres qui, à tous les degrés, ont pour mission d'enseigner notre langue, par des maîtres eux-mêmes convaincus du bien-fondé de la valeur du patrimoine littéraire et linguistique qui nous a été livré et dont n'avons pas le droit de frustrer notre descendance.
     Armons-nous de courage, ne baissons pas les bras, car "Seule la lutte paye".

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Henri SEGUIN
Professeur H de Lettres Classique, Ecrivain, Conférencier
Auteur de " Harangue aux Naufrageurs de la Langue Française "
Société des Ecrivains Editeurs 7501 Paris 247 rue St Honoré
Courriel : gseguin21@wanadoo.fr

(1) les membres de l'Académie Française .
***

Vers une culture planétaire ?

La réunion des " altermondialistes " tenue récemment à Bombay avait pour vocation la réflexion sur une mondialisation plus juste, prenant en compte les revendications des divers pays présents. L'on peut parler de semi échec pour cette assemblée qui n'avait comme projet commun qu'une position négative par rapport à l'ordre économique actuel et qui s'est vite transformée en un défilé des opprimés. La somme de revendications particulières a rejoint exactement la critique initiale de la mondialisation comme favorisant les intérêts individuels des plus aisés.

Le paradoxe est le même pour ceux qui se prennent à rêver de culture planétaire. Comment en effet peuvent-ils envisager une culture mondiale en effaçant progressivement toutes les cultures. Leur harmonisation globale favoriserait forcement une vision particulière du monde - american way of life ? - trouvant pour seule contestation la somme de groupes attachés à la culture qui leur est propre. De même qu'on ne forme pas un monde économique plus juste avec la somme de toutes les revendications particulières de chaque pays et de chaque individu, de même, on ne crée pas une culture planétaire avec les restes moribonds de chaque entité culturelle réclamant sa part d'assentiment mondial.
     Il faut, dans chaque cas, un projet commun.

Bien que l'échelle du problème ait changé, il y a déjà eu, dans l'histoire, des formes de globalisation culturelle. Dans l'Europe du Moyen Age et de la Renaissance, les différentes nations étaient unies dans une même vision du monde, se rencontrant dans les même centres culturels - Paris, Rome, Florence, Munich, Madrid, Moscou, Vienne… selon les époques - le latin était parlé par tous et la chrétienté unissait dans un même patrimoine spirituel les hommes de ces différents pays. Une croyance commune a cimenté cette union.

Comment penser alors une culture planétaire aujourd'hui ? Ce ne sera certainement pas par cette fausse vision de la tolérance selon laquelle toutes les cultures se valent. Si elles se valaient vraiment, quel intérêt de s'y intéresser ? Aujourd'hui, cependant, cette idée est très répandue et, par réaction, engendre des réactions identitaires très fortes : la peur d'être " assimilé", de n'être pas reconnu dans sa particularité culturelle. On assiste alors au mépris généralisé de chacun pour chacun.
     Le mode de vie occidental est décrété décadent par les musulmans qui ne sont regardés par d'autres que comme des terroristes "voileurs de femmes".
     Pourtant, la différence de religions n'a pas toujours été un obstacle au dialogue. C'est ensemble que musulman et chrétiens ont bâtis les plus belles bibliothèques du sud de l'Espagne. Pourquoi aujourd'hui cela nous semble si loin ? C'est qu'à force de prétendre que tout se vaut, de nier la spécificité de la culture et de la religion de chaque pays, ( On pense à la répugnance de certains dès qu'il s'agit d'inclure une allusion à Dieu dans la Constitution Européenne… ) les individus, les entités culturelles se sentent menacés dans leurs particularité et leurs droits.
     Il y a par exemple toujours eu des femmes voilées en France, spécialement au temps des colonies, mais aujourd'hui le foulard constitue matière à revendication par les femmes musulmanes, ce qui est pris par les Français de souche comme une agression.
     Tout se passe comme si beaucoup de nos compatriotes avaient aujourd'hui peur de perdre les restes d'une culture moribonde qu'ils se sont souvent acharnés à détruire dans un proche passé.

Dans ce cadre, nous ne pourrons parvenir à une culture commune que dans une certaine mesure et à la condition que chacun se sente déjà fort de son propre patrimoine culturel. On ne construit pas un ensemble culturel mondial avec des restes particuliers affadis. Il ne s'agirait que d'un mélange de clichés artistiques, littéraires ou religieux. Cela aboutirait à un croisement contre nature entre des morceaux choisis des Mille et une Nuits, des bandes dessinées de Super Man et des adaptations télévisées de romans de cape et d'épée.

Une culture mondiale se bâtit d'abord dans le respect et la connaissance de son propre patrimoine culturel. Elle suppose ensuite une ouverture réfléchie, une curiosité intelligente vis à vis de la spécificité des autres modes de vie, d'art et d'expression. Ce processus lent probablement s'effectuera d'abord à échelle réduite. par exemple rencontre entre deux régions plutôt que grand festival planétaire. Une culture mondiale n'est envisageable que comme un projet commun, un projet d'homme à homme; recherche spontanée d'un accord et non d'un compromis, valorisation de chacun et non une assimilation généralisée.

Dans l'immédiat, travaillons à sauvegarder notre culture Française !

Marie Terrenoir
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C'est "SUPER" ou c'est "NUL"

On ne peut penser que si l'on possède les mots pour dire sa pensée, et la qualité des idées dépend de la variété des mots et de la précision du vocabulaire.
     Comme pour dresser un mur, il faut des briques et du ciment, l'idée ne peut naître que si on possède les mots. Or, la pauvreté, voire l'indigence du vocabulaire sont telles aujourd'hui qu'une réflexion sérieuse s'impose.
     Le film, la chanson, la paire de chaussures, la voiture, le professeur, le père, l'agent de police, l'appareil de photographie, le paysage sont jugés ou "super" ou "nul".
     Ces deux mots vides et profonds comme l'abîme distinguent ou condamnent sans appel des choses, des personnes, des créations artistiques, des paysages.
     C'est un pêle-mêle insolite, un bric-à-brac étiqueté sommairement, en plus ou en moins, selon l'humeur ou la mode. Ces deux mots épuisent toutes les nuances des sentiments et des caractères.
     Au cours d'un repas de fête, mon voisin de table me dit :"Mon prof de français, il est super…" Et comme je lui demandais d'être plus précis, le jeune homme se mit à battre des avant-bras et répéta impatienté : "Ben…ben… Il est super quoi ! Tu comprends ? " Je ne sus jamais si le professeur de Français était brillant, cultivé, enthousiaste, passionnant, captivant, éloquent, consciencieux, chaleureux, exigeant, sympathique, clair, disert, juste, etc…
     Le sujet étant épuisé, mon compagnon m'apprit alors que, durant la semaine, il avait été voir deux films, l'un était "super", l'autre "nul" .
     Et, là encore, je n'ai pu savoir si le premier film était original, émouvant, frais, poétique, fantastique, étrange, délicieusement intimiste, réaliste avec humour, délicatement provocateur… Ni l'autre, s'il était navrant de banalité, désolant d'invraisemblance, mièvre par le jeu des acteurs, insipide par son thème, terne, lent, brouillon, ennuyeux, pauvre de sentiments.
     Les avant-bras battaient l'air, appelant désespérément le secours des mots. En vain ! Ils ne venaient pas. A nouveau, le sujet était épuisé.
     Qui ne connaît que peu de mots a forcément des jugements étriqués, courts et rudimentaires. Et, cette impuissance à penser est toujours ressentie comme douloureuse.
     Cette faiblesse devient humiliation intolérable. Une impression confuse mais cruelle de ne pouvoir exister complètement et d'être mis à l'écart, sans bien en comprendre la raison, fait croire à un vif ressentiment à l'égard des autres et de la société. Dans sa prison de silence, le jeune découvrira la tentation de la drogue ou de la violence pour se libérer de ce poids qui l'oppresse. Une tentative désespérée d'imposer, même brutalement, sa présence au monde, de détourner le regard des autres sur sa personne, l'envie d'être redouté et redoutable pour ne plus être humilié par ceux qui savent, qui parlent, enfin par la société entière en laquelle est tout le savoir, invitent le jeune à s'évader dans un monde irréel ou à commettre des actes vengeurs qui laisseront sur les choses ou sur les personnes , la preuve irréfutable qu'il est là et qu'il vit. C'est la tentation du vandalisme, de l'agression : violences non pas gratuites mais libératrices. On pourrait voir dans la dégradation systématique des cabines téléphoniques et des salles de classe, des symboles saisissants ; on dégrade les lieux de la parole.

En effet, c'est par les mots prononcés, par les phrases pleines de nos idées, que l'on prend possession :"Je parle, donc je suis".
     Et plus la parole est aisée et nuancée, plus grandit la conscience de soi, et plus s'accroissent le pouvoir sur le monde et le sentiment profond de liberté.
     Les mots nous font créateurs, donc puissants et libres. En retour, à défaut de cette affirmation pacifique de soi par la parole, nous aurons recours à l'acte violent pour prendre possession du monde et affirmer notre existence parmi les existences.
     Et défendre notre langue française, ce n'est pas préserver la vertu d'une grande dame prude, c'est dans une pensée profondément humaniste, vouloir la liberté et la dignité pour tout homme; c'est certainement choisir la civilisation contre un retour à la barbarie, car il n'est pas utopique de penser que le bien lire et le bien écrire sont des réponses opportunes à la montée d'une violence libératrice.
     Les nouveaux pauvres des pays nantis sont peut-être tous ceux qui ne possèdent pas les mots pour dire et se dire, raconter et se raconter, penser et se penser. Ces vrais pauvres souffrent solitaires, enfermés dans un grand silence du cœur et de l'esprit et il faut, de toute urgence, leur redonner l'usage de la parole.
     Car, trop longtemps, on a cru s'acquitter loyalement envers les jeunes en leur donnant la parole. Hélas, il ne leur manque seulement que l'usage.

Guy Rouvillain
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M. Rouvillain est proviseur du Lycée Ile de France à Armentières et Lauréat du Prix Renaissance de la Langue Française 1991 décerné par l'Académie Française.

On peut demander à France-Valeurs d'autres textes de lui développant son argumentation.

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Lettre de France-Valeurs bimestrielle ISSN 1260 643 X
directeur de la publication:Jean Delaunay

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