Lettre de décembre 2002

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Lutte contre la violence

En tant que président de la FIVA, j'ai remis le 2 décembre, au Sénat, le Prix FIVA 2002 NON A LA VIOLENCE. Il vise à identifier, encourager et récompenser des initiatives individuelles ou celles d'associations ou d'écoles qui contribuent à désamorcer la violence dans des établissements scolaires ou dans la rue.
Le premier prix a été remis à l'Association Le Valdocco, d'Argenteuil. Elle a le grand mérite de travailler sur un terrain difficile et de façon globale, c'est à dire à la fois:
- en formant et accompagnant les parents,
- en organisant le soutien scolaire des enfants, en les rencontrant dans la rue pour les écouter et désamorcer les conflits,
- et en leur proposant des loisirs dynamiques que les jeunes bénéficiaires sont amenés à financer partiellement par du travail manuel, ce qui les responsabilise.

Cela dit, il existe une autre forme, redoutable de violence. C'est la violence à la TV qui vient de faire l'objet d'un rapport très remarqué de la philosophe Blandine Kriegel. Il prend vigoureusement parti contre la diffusion de scènes de violence et contre la pornographie à l'écran.
Ce point fait l'objet de débats dans la classe politique car des groupes de pression militent contre l'interdiction au nom de la liberté et pour des motifs économiques.
En ce qui nous concerne, à France-Valeurs, nous soutenons la campagne qui vient de débuter contre la porno à la télé. Le tract joint développe des arguments que nous faisons nôtres. Si c'est aussi votre sentiment, nous vous suggérons de vous unir à ce mouvement en vous adressant à votre député et en écrivant aux journaux et au CSA.

Bon Noël et bonne année
Jean Delaunay
Président de France-Valeurs


Méditation au soir du 11 Novembre

par le Général Delaunay ( CR )

Ma promotion, la promotion " Victoire " de Coëtquidan 1945, vient de réaliser un excellent CD/ROM ( 1 ) sur nos combats en Indochine où sont tombés 164 des nôtres.
J'ai prêté ce document à l'un de mes amis, GD. Il s'était engagé tout jeune dans la Résistance et a été déporté. Il était Lieutenant en Indo où il a fait 2 séjours. Il était capitaine de Légion en Algérie. Chassé de l'armée en 1962, il a eu depuis un remarquable parcours professionnel et, retraité, a achevé de brillantes études d'histoire. C'est un homme qui a eu une vie hors du commun et atteint une certaine sagesse. A la lecture de ce CD/ ROM, il m'a dit son émotion et sa tristesse : " Pourquoi toutes ces souffrances et tous ces morts ? "
C'était le 11 Novembre. Nous avons médité ensemble sur le glorieux et douloureux anniversaire de 1918. Nous avons imaginé l'immense soulagement de tout un peuple mais réalisé aussi qu'il pleurait 1.500.000 morts, qu'il devait prendre en charge des millions de blessés, de veuves et d'orphelins, restaurer d'innombrables villes et villages en ruines, reconstruire l'infrastructure économique et surtout maintenir l'unité nationale alors que s'éloignait le danger, le principal moteur de celle-ci.

Nous avons ensuite tenté de comparer cette situation à celles de 1962 et d'aujourd'hui et nous n'avons pas trouvé de réponse satisfaisante à la question lancinante :
" Pourquoi tant de morts dans notre génération aussi, apparemment morts pour rien ? "
Mais voilà que qu'une réponse vient de m'être soufflée par un civil d'une petite banlieue.

Philippe de Cussac était l'un des nôtres à Coët en 45 et à Saumur en 46, déjà cité comme sous-officier pour sa brillante conduite à la Libération. Après l'EAABC, il rejoignit comme officier le 1° Hussards Parachutistes à Constantine, puis fit campagne en Indochine avec le II / 1°RCP. Il fût tué à la tête de sa compagnie le 31 octobre 1953 au cours de l'opération Mouette.
Or, en Algérie, Cussac avait commandé des appelés, notamment au sein d'un peloton d'élèves - gradés. L'un de ceux-ci, PH, était alors un orphelin mal dans sa peau, sachant tout juste lire et écrire, et ayant déjà quelques bêtises à son actif. Son Lieutenant sut à la fois le canaliser, l'enthousiasmer, lui donner de la confiance en lui, bref, en faire un homme.
Subjugué par son officier et tirant parti de sa transformation intérieure, PH, une fois libéré, travailla d'arrache pied pour se faire une situation.
Il y réussit au point de terminer sa carrière comme PDG d'une importante entreprise de transport de renommée internationale. Notable reconnu dans la localité de Plaisir- Grignon où il a ses bureaux, il a incité la municipalité à donner le nom de " Lieutenant de Cussac " à une rue de la ville. L'inauguration vient d'avoir lieu en présence de la famille de Philippe et de plusieurs de nos camarades de promotion.
A cette occasion, le PDG, ancien parachutiste, a témoigné de façon émouvante de tout ce qu'il devait à son Lieutenant vivant et a ajouté qu'il s'était juré de rester toute sa vie fidèle à l'exemple de son héros mort pour la France.

J'en retire l'impression que, d'une façon merveilleuse et mystérieuse, c'est l'esprit de Philippe de Cusssac qui a survécu en son ancien Hussard Para.
Persécutés par Néron et livrés aux lions, les premiers chrétiens avaient l'habitude de dire : " Le sang des martyrs, c'est de la semence de chrétiens ! "

Dans le même ordre d'idée, je crois que le sang de nos frères d'armes tués au combat au détour d'une piste de brousse ou au flanc d'un djebel représente le même précieux capital moral que celui des héros de Verdun, du Garigliano et de Colmar. C'est la semence du patriotisme français.
Nous avons le privilège d'être les survivants de ceux là. Ne refusons pas de parler d'eux à nos descendants en leur transmettant cette merveilleuse semence. Nos héros vivent encore à travers nous. C'est en leur portant témoignage que nous continuerons à servir la France, celle d'aujourd'hui et celle de demain.



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