Lettre de juillet 2002

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Lettre aux adhérents


Editorial

    De graves problèmes humains ont été soulevés à l'occasion des récentes élections: famille, éducation, violence, bioéthique, rôle des médias… Il reste maintenant à les résoudre en choisissant entre deux conceptions du monde et deux systèmes de Valeurs.

    La vision libertaire marxisante imprégnait notre intelligentsia, notamment depuis 1968. Elle a abouti, sous l'influence tyrannique de la télévision, au déséquilibre démographique et au désordre des idées et des mœurs. Sur le plan moral et philosophique, la majorité des Français a tendance à se rallier à un consensus mou dont les Droits de l'Homme ( sans les Devoirs… ), la tolérance et le " Faut bien vivre avec son temps ! " constituent l'essentiel…

    Par opposition, notre vision à nous s'appuie sur des Valeurs éternelles qui respectent en priorité la nature profonde de l'Homme et notre triple héritage Grec, Latin et Judéo Chrétien.

    Pour la faire valoir, au sein d'une société indifférente dominée par le médiatiquement correct, nous avons une forte pente à remonter. Nous ne constituons plus qu'une minorité : il s'agit donc que nous redevenions une minorité active.
    Dans le jeu démocratique, nous devons être capables d'éclairer la majorité sur les vrais enjeux, la tirer vers le haut en soutenant tout ce qui est au service de la dignité de l'Homme, de la justice, de la paix, de tout ce qui permet à la société de sortir de ses impasses et de briser ses cercles vicieux pour reprendre en main son destin.
    Nous y réussirons en témoignant " en faveur de ce qui construit, de ce qui respecte l'homme et sa vocation à l'encontre de ce qui détruit et propage les facteurs de désintégration sociale et personnelle ". ( Gérard Leclerc )

    C'est précisément la vocation de France-Valeurs, ce qui m'amène à vous poser la question : Comment agir maintenant sur l'opinion pour tenter de remédier à cette crise dans l'intérêt de la France, conformément aux objectifs de notre association ?

    Je pense, quant à moi, que nous n'avons pas les moyens d'intervenir sur l'équilibre des forces politiques et économiques en France. En revanche, si nous nous sommes associés, c'est bien pour exercer de l'influence sur ce qu'on appelle la Société Civile.

    Devant la situation actuelle, je crois donc que nous pouvons, à la fois :
- montrer le mal là où il est, et notamment dénoncer les contradictions, parfois suicidaires, de notre société.
( Un seul exemple : sa sévérité devant les crimes sexuels mais son laxisme devant la pornographie… )
- et surtout continuer, avec d'autres, à " REENSEMENCER " dans ce pays LES VALEURS HUMAINES FONDAMENTALES en portant l'effort sur la jeunesse.

    Notre Manifeste est remanié pour tenir compte de la nouvelle situation. Il figure ci-joint. et détaille notre ambitieux programme.
    Sa réalisation est affaire de foi, de détermination, de bon sens, de travail opiniâtre et d'audace. Elle exige surtout la participation active de chacun de nous.
    A titre d'exemple, cette Lettre évoque quelques domaines où nous pourrions à la fois crier casse-cou à nos compatriotes et leur proposer le retour aux Valeurs éternelles.
Jean Delaunay

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Initiatives prises par des Associations amies à soutenir

    Le Centre Français pour la Justice et les Droits Fondamentaux ( CFJD ) a analysé les travaux du Parlement Européen. Alors que l'Europe traverse une crise démographique sans précédent et s'interroge sur ses valeurs fondatrices, il constate qu'un rapport de ce Parlement demande que soit généralisé en Europe le Planning Familial, la commission des droits de la femme et de l'égalité des chances ayant adopté un texte visant à généraliser et légaliser l'avortement, considérant que l'IVG est moralement équivalent au choix de poursuivre la grossesse.
Le CFJD considère que le Parlement Européen n'a pas à dicter leur conduite aux Etats
- le rapport soutient que l'éducation sexuelle doit être prodiguée dès l'enfance et se poursuivre jusqu'à l'âge adulte en mettant l'accent sur les " différents styles de vie " ( lire différents types de sexualité…)
Le CFJD considère que l'éducation sexuelle relève des prérogatives naturelles des parents et que les pouvoirs publics n'ont pas à se substituer à eux.
- Le rapport recommande encore rendre gratuits la contraception et l'IVG, notamment pour les jeunes, les minorités ethniques et les exclus.
Le CFJD dénonce le malthusianisme de ce ciblage de populations et demande que l'effort financier soit plutôt dirigé sur l'accompagnement des femmes enceintes.

Ce rapport sera examiné en juillet par le parlement Européen réuni en séance plénière. Si vous partagez l'avis du CFJD, écrivez à vos députés depuis le site du CFJD www. CFJD.org

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La " Télé proxénète ". Familles-Médias BP 105 16 Paris cedex 16 T .0145252252 - f.famillesmedias@free.fr

Sous ce titre, la Fédération Familles-Médias publie, dans sa " Lettre du Téléspectateur Actif " de Mai 2002, une analyse du phénomène télé réalité qui mérite d'être méditée et diffusée. Elle s'appuie notamment sur " La Tentation de Byzance ", un discours du Sénateur Jean Cluzel à l'Académie des sciences morales et politiques dont il est secrétaire perpétuel. Fin connaisseur des médias, il est l'auteur de plusieurs excellentes propositions de Loi sur la TV.

    Il examine notamment " l'événement fondamental " que constitue " Loft Story ", une " fiction réelle interactive " lancée en 2 001 et reprise en plus corsé cette année. 6 garçons et 5 filles sont enfermés pendant 70 jours dans un vaste appartement où ils sont coupés du monde et vivent dans le confort sans travailler. Ils doivent tenir un journal qui sera diffusé et sont épiés 24 h sur 24 par 50 micros et 26 caméras dont 3 à infra rouge permettant de filmer dans l'obscurité. Le but de l'opération est pour chacun(e) de séduire ses camarades pour ne pas être éliminé(e). Chacun(e) désigne chaque semaine ceux et celles qui devraient sortir. Le résultat est proposé au vote d'un jury de voyeurs extérieurs. Sur M6, une émission quotidienne de 26 minutes est consacrée à la vie des joueurs, plus une émission hebdomadaire de 120 minutes à heure de grande écoute. L'émission a collecté 76 % des parts de marché le 3 mai chez les 15 / 24 ans et a regroupé à plusieurs reprises plus de 7 millions de téléspectateurs. La recette publicitaire est à l'unisson ( tarif 230. 000 F pour un écran de 30 secondes en fin d'émission… ) La récompense financière des finalistes est également très importante.

    L'émission a été vivement critiquée. Le Monde écrit : " Dans Loft Story 2, M6 mise sur le sexe pour faire de l'audience… " Les chaînes concurrentes ont réagi : " Nous voulons faire obstacle à l'intrusion en France de la téle-poubelle ", déclare Patrick Le Lay, directeur de TF1, qui ajoute : " Cette diffusion pose un double problème éthique et juridique. Elle propose, à des heures de grande écoute rassemblant notamment des jeunes enfants et des adolescents, un programme fondé sur les aventures sexuelles d'un groupe de jeunes gens enfermés avec des caméras qui les poursuivent jusque sous la douche… Au CSA de dire si une chaîne généraliste peut diffuser, à une heure où une majorité d'enfants regarde la TV, un programme incitant des jeunes gens à former un couple temporaire par appât du gain ? Aux responsables politiques de réfléchir à la mainmise d'un groupe étranger, fût-il Européen, sur un grand réseau de télévision... "

    Devant cet énorme succès d'audience, le Conseil Supérieur de l'audiovisuel avait certes la tâche difficile. Il a évoqué bien timidement la dignité de la personne humaine, tout en affirmant : "Le CSA n'est pas le garant de l'ordre moral…" .
    Au total, le CSA a failli à sa mission essentielle qui est de veiller à la qualité des programmes alors qu'il s'agit ici d'une émission dont tout le monde dit qu'elle est " au niveau zéro de la création, de la qualité intellectuelle et de la morale ". Quant au Gouvernement, il a également renoncé à user de son autorité pour défendre la morale publique.
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Peur du gendarme et Valeurs humaines

par Jean Delaunay

    La lutte contre l'insécurité a dominé le récent débat politique. Elle l'a aussi vicié. Les candidats aux élections ont ainsi détaillé les mesures à prendre pour lutter contre les conséquences de l'insécurité ( augmenter le nombre de places en prison et les effectifs de la police, créer des centres d'internement pour mineurs délinquants, aggraver la législation, voire, pour certains, rétablir la peine de mort... ). Mais, selon moi, ils n'ont pas assez cerné les causes principales de la violence et la façon d'y remédier.

    Ancien militaire féru d'ordre et de discipline, je juge, comme eux, nécessaires des actions dissuasives et répressives. Cependant, comme toute ma génération, j'ai beaucoup réfléchi à la violence. J'ai appris qu'elle naît et se développe surtout sur un terrain humain favorable et qu'il importe autant de travailler à réduire les conditions du désordre qu'à combattre ses manifestations.

    Vieux visiteur de prison, j'ai connu beaucoup de délinquants très divers. La plupart d'entre eux ont été marqués par leur jeunesse. Les plus nombreux ont été mal aimés, rejetés et sous éduqués. Certains ont été maltraités et sont démolis à vie notamment par les sévices sexuels qu'ils ont subis. Cas plus rares, d'autres ont mal tourné parce qu'ils ont été trop gâtés. J'en conclus que l'amour ( y compris dans sa dimension exigence ), celui des parents et des autres éducateurs, est, en amont, le principal antidote de la violence.

    Cela dit, je crois très fort à la liberté de l'homme, donc à la responsabilité individuelle, et je trouve abusive la tendance actuelle à trouver une excuse sociale, politique ou économique aux pires agissements.

    Il n'en reste pas moins que la lutte contre la violence constitue un tout. Distribuons les munitions spéciales nécessaires, hélas, aux forces de l'ordre mais réduisons aussi le chômage, éliminons progressivement cannabis et HLM et surtout éduquons les jeunes…

    Commençons par réapprendre aux petits enfants la différence entre le bien et le mal. Ouvrons-les à la Liberté mais d'abord en apprenant à obéir et à exercer leur responsabilité.
    Enseignons-leur très tôt le respect du Drapeau National, des personnes âgées, des professeurs et des parents, comme celui des fleurs, des feux rouges et des murs…

    Après des années de laxisme, osons faire notre révolution culturelle.

    Elle passe, selon moi, par un contrôle accru de la télévision, des jeux vidéo et d'Internet. Elle doit aussi impliquer, en convergence, l'école, les clubs sportifs et les mouvements de jeunesse. Elle exige surtout la volonté de réhabiliter la Famille dans son rôle éducatif.
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TV et dérivés

    Plusieurs odieux crimes perpétrés par des jeunes, à quelques jours d'intervalle, confirment que certains spectateurs de films d'horreur en sont profondément marqués dans leur psychologie et ne résistent pas à la tentation de passer à l'acte.

    Dans ce domaine, appliquons aussi le principe de précaution. Pour éradiquer la maladie de la vache folle ( qui ne touche heureusement, dit-on, que quelques humains à travers Creuzfeld-Jacob… ) on a pas hésité à sacrifier des troupeaux entiers, risquant d'amener les éleveurs concernés au bord de la faillite et du désespoir.
    Travaillons à ce que soit traitée avec la même rigueur la pollution morale engendrée par les drogues chimiques et électroniques : TV, vidéo cassettes, jeux électroniques et Internet.

    Jusqu'ici, d'aveugles producteurs et leurs criminels soutiens idéologiques s'y opposaient avec vigueur au nom de la défense de la liberté d'expression et du refus de l'ordre moral.
    La preuve est faite, hélas, de la nocivité des vecteurs de violence dont l'usage s'avère d'ailleurs très difficile à contrôler. Le combat sera donc rude mais il y va de la santé et même de la survie de nos enfants. Engageons-nous hardiment sur cette voie.

    Ecole, équipes sportives et mouvements de jeunesse

    Demandons aussi que l'école, lieu de transmission des savoirs et d'ouverture au monde, redevienne aussi celui où l'on apprend à l'enfant à obéir et à se maîtriser, c'est à dire à rester assis et en silence, à lever le doigt, à attendre son tour à la cantine et sur la balançoire, à respecter son maître et ses camarades, en même temps que les horaires et le matériel scolaire.
    Sachons surtout faire pression sur les responsables pour que l'éducation morale chère aux vieux instituteurs reprenne sa place dans les salles de classe.

    Insistons aussi sur le rôle éducatif du sport. Facteur de détente, de défoulement et de salutaire émulation, sa pratique contribue à enseigner au jeune le respect des règles du jeu, la soumission aux décisions de l'arbitre et aux consignes de l'entraîneur et du capitaine.
    Plus profondément, considérons-le comme une école de vie: on y découvre en effet que le succès est affaire de longue patience, de moral et de cohésion. On y apprend qu'il faut être " beau joueur " ; que " l'important, c'est de participer ! ", et qu'en dépit des pronostics, c'est " le meilleur qui gagne !" . Sachons tirer, dans cet esprit, la leçon du Mondial !

    Suggérons aussi qu'on relance les mouvements de jeunesse - patronages y compris. En 1907, Baden Powell avait eu l'idée d'adapter ses méthodes de vie en campagne à des enfants des milieux défavorisés urbains. Le succès fut immédiat et, depuis, des milliers de garçons et de filles ont bénéficié d'un complément de formation basée sur une aventure, parfois rude et toujours marquante, vécue avec d'autres sous le signe de l'amitié, de l'entraide et de l'apprentissage progressif de la responsabilité.
    Pour en finir avec les effets désastreux du laxisme post 68, c'est à des méthodes éprouvées comme celles - là qu'il faut se raccrocher aujourd'hui pour contribuer à éradiquer la violence des jeunes.
    Mais tout cela serait insuffisant si l'éducation familiale continuait à faiblir.

    Rôle déterminant de la famille dans la lutte contre la violence

    Si certains enfants cassent ou agressent, c'est parce qu'ils ne se sentent ni reconnus ni aimés. La famille est précisément le lieu où l'enfant peut et doit l'être. Mais la famille est en crise et cette crise est l'une des causes de l'extension de la violence.
    Nous répétons fréquemment ici que l'autorité des parents doit s'exercer à deux et repose sur 4 pieds qui s'appellent compétence, exigence, amour et exemple. Dans les familles modernes, ces conditions ne sont malheureusement pas toujours réunies.
    Du fait de l'absence fréquente des parents, beaucoup d'enfants sont livrés à eux mêmes. Au mieux ( si on peut dire ), les plus petits regardent la TV sans contrôle. Au pire, les ados rejoignent des bandes où les plus mauvais font la loi. Il est en outre reconnu que, pour se faire pardonner leurs fréquentes absences, certains parents gâtent abusivement les enfants et leur laissent faire ce qu'ils veulent. La montée de la violence est ainsi en lien avec la crise de la responsabilité et la crise de l'autorité.

    Lutter contre la violence des enfants, c'est donc aussi aider les parents à réapprendre à aimer leurs enfants, y compris dans la dimension exigence, et à oser exercer leur responsabilité éducative. Dans nos villes et nos villages, militons pour que l'école des parents devienne une cause nationale !
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    Par dessus tout, à travers cet énorme problème de la lutte contre la violence - et au delà - travaillons patiemment à déboulonner les idéologies destructrices et à remettre le bon sens et les autres Valeurs à l'honneur ( à commencer par l'AMOUR) , tout en rappelant que la peur du gendarme est le commencement de la sagesse…

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