Lettre de mai 2002

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Lettre aux adhérents


Questionnaire à adresser aux Candidats aux Législatives

    L'Election Présidentielle a constitué un choc pour la classe politique et les hommes des médias. Elle a mis en lumière le décentrage des hommes hier au pouvoir par rapport à l'essentiel, leur refus de regarder en face toute la réalité Française et leur résignation en face des incohérences et des contradictions de notre société.

    Pour moi, la crise n'est cependant pas résolue car elle réside d'abord dans la perte collective de nos repères moraux et spirituels et dans l'oubli d'un certain nombre de notions de bon sens, à commencer par la nécessité d'appliquer la Loi.

    Pour ne prendre que l'exemple de l'insécurité, la solution ne me paraît pas tant résider dans la distribution de gilets pare-balles à la police, ni dans l'ouverture de centres d'internement pour mineurs délinquants. Elle est d'abord dans l'apprentissage par les enfants de la différence entre le bien et le mal, de l'équilibre entre les droits et les devoirs, entre la liberté et la responsabilité, entre la solidarité et la justice.
    S'agissant des contradictions de notre société, je note que l'un des détenus que je visite vient d'être condamné à 10 ans de réclusion pour une affaire sexuelle alors que restent en liberté et font fortune les responsables de la publicité érotique et de la diffusion par la TV de films provocants, voire pornographiques. Je constate que la dure répression Israélienne en Palestine émeut l'opinion mais que celle-ci tolère le génocide des chrétiens, au Soudan et ailleurs, et s'accommode fort bien de l'expansion chez nous de la drogue et de l'avortement…

    Pour moi, la solution de beaucoup de problèmes passe à la fois par le refus du mensonge et par l'Education, dans la Famille et à l'Ecole.

    Les prochaines élections législatives représentent pour nous une occasion de faire passer nos idées. Saisissons la.

    Un groupe de travail de la FIVA a mis au point dans ce but un questionnaire à adresser aux candidats aux Elections Législatives. Il ne concerne que des sujets en rapport avec les objectifs élevés de nos associations. Il figure en annexe de cette Lettre.

    Inspirons nous en pour préparer des interventions dans les journaux et vis à vis de la radio et de la TV en vue de diffuser notre message de bon sens.
   
Jean Delaunay
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Influence de France-Valeurs

    Notre association cherche à accroître son rayonnement via l'accès à Internet. Une équipe dont je salue le dévouement efficace y travaille en effet depuis la dernière AG où a été adopté le principe de création d'un site propre à France-Valeurs.

    On y trouvera une brève présentation de l'association sous l'aspect historique et sous celui de ses objectifs. On y disposera de l'ensemble des documents que nous avons réalisés, notamment notre argumentaire et les lettres adressées en diverses occasions aux responsables politiques. Y apparaîtront également nos liens avec les associations sœurs.

    Les échanges de vues entre les adhérents et le siège, et entre adhérents, y seront également facilités. La disposition de ce site améliorera, croyons-nous, la crédibilité de FV alors que sa mission dans la guerre des idées n'a jamais été aussi importante.
    Toute médaille a son revers. Dans le cas considéré, il s'agit d'abord de coût financier et surtout d'un surcroît de travail. Un site Internet n'est pas en effet figé une fois pour toutes; il doit être maintenu vivant, grâce à des informations et à une présentation périodiquement renouvelées.

    A cet égard, nous avons besoin d'aide pour maintenir le site vivant grâce à un suivi et une exploitation accrus de l'actualité par de nouveaux bénévoles. Cette appel à l'aide concerne d'abord des personnes qui possèdent un ordinateur relié à Internet mais aussi d'autres amis capables de lire et d'écouter la presse et de proposer que FV réagisse aux évènements en fonction de ses critères propres de respect des Valeurs Fondamentales. Merci d'avance de vous signaler au secrétariat de France-Valeurs.
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Nouvelles des Associations-amies

    Michel Raoult, président de " Choisir la Vie " et conseiller municipal de Nanterre, a péri lors de la tuerie à la Mairie de cette Ville. C'était, entre autres, un défenseur éminent de la Vie et de la Famille. Sa mort représente une grande perte pour tous ceux qui sont attachés à la défense des Valeurs.
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FIVA

   Le 3° Prix FIVA " Non à la violence ! " est lancé. La FIVA cherche à récompenser des initiatives individuelles ou celles d'associations de nature à contribuer à désamorcer la violence dans des établissements scolaires ou à leur périphérie. Nous savons bien qu'il s'agit d'un problème national et que notre Prix ne représente qu'une petite action parmi beaucoup d'autres mais nous savons aussi la puissance de " l'effet boule de neige ", pour le bien comme pour le mal. A titre d'information, les Prix FIVA 2.000 et 2.001 ont récompensé des actions portant sur le soutien scolaire, la formation de médiateurs scolaires, l'accompagnement de jeunes en difficulté, l'organisation de loisirs sportifs... D'autres domaines pourraient être concernés.
    Si vous connaissez des individus ou des associations méritant d'être encouragés, suggérez leur d'adresser à la FIVA leur dossier de candidature avant le 14 juillet.
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Fédération Familles- Médias

    Rappel. La Fédération a deux activités principales. Elle organise des bibliothèques de prêt de vidéo-cassettes et constitue une association de téléspectateurs. Elle est également active dans le domaine de la défense de la Vie et des Valeurs. BP 105-16- 75763 Paris cedex 16. Site Internet :www.famillesmedias.com- Courriel f.famillesmédias@free.fr -Tel. 01 45 25 22 52 -Fax 01 45 25 22 57
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Centre de formation à l'action civique & culturelle selon le droit naturel et chrétien ( ex ICTUS ).49 rue des Renaudes 75017 Paris- Tel 01 47 63 77 86- Fax 01 47 6678 27-Courriel : courrier@centredeformation.net
    La revue " Permanences " bénéficie d'une nouvelle présentation et le N° 388 présente un panorama de la jeunesse française particulièrement intéressant avec des articles sur " Les jeunes et l'amour " et " Drogue et rave-parties "
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Journal " France- Demain "

    Un de nos amis qui a été au départ de plusieurs de nos recours en Conseil d'Etat avec le CID ( Comité d'initiatives pour le respect de la dignité humaine ) lance un journal indépendant sans aucune subvention ni publicité. Il mérite d'être connu et soutenu. France-Demain - Tri-hebdomadaire. BP 48 , 84210 Pernes les Fontaines -Abonnement d'essai 45 € pour 3 mois- Abonnement simple 155 € par an - Abonnement de Soutien 450 € par an.
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Dialogue avec Djamel sur la violence à l'école.

A l'hôpital, j'avais comme voisin un vieux et digne kabyle, installé en France depuis 1940, fraiseur retraité de chez Renault. Avec son fils Djamel, professeur de Collège, j'ai engagé le dialogue suivant sur la violence.

Djamel La violence vous impressionne encore, vous, ancien soldat et visiteur de prison !

Moi Et comment ! Les soldats ont des armes terribles entre les mains mais la force dont ils ont parfois à faire usage est disciplinée, organisée et ordonnée par le Pouvoir Politique.
    Rien à voir avec la malfaisance anarchique des casseurs ou des bandits...

D …Et celle dont nous souffrons à l'école et autour de l'école...

Moi Pourtant, j'entends parfois de bonnes âmes la minimiser : " Nos enfants ont besoin de se défouler et, de tout temps, on s'est disputé à la récréation et à la sortie des classes !… "

D Je voudrais bien les voir en face de petites brutes qui n'hésitent pas à racketter un camarade sous la menace d'un cutter, à le frapper sauvagement, à violer des filles, à injurier ou agresser leurs professeurs, à saccager les locaux scolaires et à casser les voitures des enseignants… Les enfants concernés ont 14 ans, quand ce n'est pas 11 ou 12 !

Moi J'imagine que les collèges et les LEP des banlieues difficiles sont davantage concernés.

D Le racket touche aussi les lycées des beaux quartiers, à travers notamment la vente de la drogue, mais la violence est maximale là où il a une forte proportion d'enfants d'immigrés mal intégrés. On voit parfois des parents ou des frères d'élèves s'en prendre aux professeurs qui ont osé sanctionner un gamin intraitable. Ils se font souvent accompagner par des gros bras étrangers à l' établissement qui en profitent pour tout casser.

Moi Quelle conséquence sur le moral des élèves et des enseignants ?

D. Cette violence empêche les élèves de travailler et elle aboutit à de graves échecs scolaires. Chez beaucoup de mes collègues enseignants, elle génère aussi un profond malaise. Ils ont tendance à perdre leur idéal, à demander leur mutation, à sombrer dans la dépression nerveuse. Il devient difficile de trouver des candidats, notamment pour les établissements à risques …

Moi L'école n'est que le reflet de la violence de notre société. On la constate en auto à chaque carrefour... C'est le produit de la vie stressante pour tous, du chômage, du logement en HLM, de l'éclatement des familles, des carences éducatives, de l'esprit de 68… sans parler du rôle démolisseur de la TV et des jeux vidéo…

D Ajoutez-y des causes proprement scolaires ! Beaucoup d'enfants de 6° n'ont pas les bases suffisantes pour assimiler les programmes du collège. Ils se découragent, les moins doués surtout. Du coup, ils chahutent, ont de mauvaises notes et en veulent à leurs qu'on nous demande aujourd'hui, ce sont presque des qualités de dompteurs de fauves…

Moi On peut aussi incriminer une pédagogie irréaliste...

D Oui mais l'Education Nationale a maintenant pris conscience du problème et veut éradiquer la violence à l'école ou la limiter, en liaison avec les pouvoirs publics, la justice, la police, les associations diverses et les parents.

Moi A propos de parents, quels rapports avez-vous avec eux ?

D Ils nous posent beaucoup de problèmes. Les uns paraissent complètement démunis face à la violence de leurs enfants ou semblent s'en désintéresser. Certains prennent même systématiquement fait et cause pour leurs rejetons. D'autres nous accusent d'exercer des représailles sur leurs enfants quand eux, parents, nous ont signalé une déficience de l'école.
    Par dessus tout, trop d'entre eux ne veulent pas voir la réalité quant aux menaces qui pèsent sur leurs enfants, notamment la drogue.

Moi C'est qu'ils sont eux-mêmes victimes et acteurs de la crise de notre société. La vie moderne les a déshumanisés: ils n'ont plus de temps ni de goût pour l'éducation de leurs gosses et n'osent plus exercer leur autorité, d'autant plus qu'on a laissé le laxisme s'installer progressivement partout…

D On peut même dire que beaucoup de parents ont fréquemment perdu leurs repères élémentaires. A plus forte raison si ce sont des immigrés déracinés qui n'ont pas réussi à s'intégrer. Que dire alors de leurs enfants écartelés entre la TV et la mosquée !…

Moi Les spécialistes nous disent : " Pour un nombre croissant d'adolescents, la violence est devenue le seul langage qu'ils connaissent pour exister. S'ils gueulent ou ils cassent, c'est qu'ils souffrent et c'est pour s'affirmer… C'est le fond du problème…"

D On connaît la chanson… Moi, je trouve la culture de l'excuse abusive et j'en reviens aux parents. Les miens avaient 8 enfants et mon père était un ouvrier immigré. Ils étaient analphabètes mais ils assistaient à toutes les réunions du conseil de classe de chacun de nous. Ils nous aimaient mais ils nous tenaient. Ils exigeaient que nous soyons polis et que nous fassions nos devoirs avant d'aller jouer. Le résultat, c'est que nous sommes 7 bacheliers, le 8° étant mort jeune. Quatre d'entre nous ont fait des études supérieures, et ça prend le même chemin dans la jeune génération. Pour moi, tout dépend des parents...

Moi Votre histoire familiale est superbe mais non, tout ne dépend pas des parents C'est tout un contexte national, voire Européen ou occidental, qui est à redresser. Rien qu'en France, il y a des milliers de jeunes à rééduquer et des centaines maîtres à remotiver…

D …Et surtout autant de pères et mères de famille à responsabiliser ! C'est un cercle vicieux. La crise de notre société réagit sur l'école et le fait que celle-ci ne fonctionne pas bien( notamment à cause de la violence) aggrave et amplifie la crise générale.
    Pour briser ce cercle infernal, il faut donc agir à la fois en haut et en bas, travailler à réduire la violence collective dans la société et dans l'école elle-même, tout en travaillant individuellement à désamorcer les pulsions violentes en chaque jeune.

Moi C'est bien pour cela que nous demandons aux Candidats aux élections de faire preuve, une fois élus, de bon sens et de courage, c'est à dire de regarder le problème en face et dans sa globalité, et d'abord d'appliquer les Lois en prenant garde d'oublier, par idéologie, un aspect qui les dérange, par exemple le volet sanction...

D Il faut d'abord qu'ils se rappellent que l'homme et l'enfant ne sont ni anges ni bêtes. On savait, bien avant Jésus et Mahomet, qu'on gouverne les peuples à la fois avec une carotte et avec un bâton...
    Cela veut dire, à l'échelon de l'Etat, combiner éducation, prévention et répression. Cela concerne à la fois l'Education Nationale ( beaucoup ), la Justice et la Police ( au minimum ), les mouvements de jeunesse et, par dessus tout , j'y reviens, les parents.

Moi Tout à fait d'accord. Au passage, je crois qu'un système d'apprentissage bien conduit serait un puissant facteur de lutte contre la violence…Tout le monde ne peut pas aller au Bac mais j'attend depuis 2 mois un plombier pour aménager ma salle de bains….
    Par ailleurs, il n'est plus possible de tolérer une TV et des jeux vidéo criminogènes

D Puisque vous cherchez des idées pour le Prix FIVA " Non à la Violence ", vous pourriez prospecter dans ces deux directions là. En même temps, je crois que vous devriez encourager ceux qui aident les enfants en retard à travailler leurs matières scolaires, et ceux qui essayent de canaliser physiquement la violence des jeunes, par un sain usage, par exemple, du basket et de la randonnée. Mais écoutons le Président de SOS Racisme qui dit : " Arrêtons de trouver des excuses à tous ceux qui foutent la merde . Aidons plutôt ceux qui veulent s'en sortir " …

Moi Notre Prix devrait aussi aider les vraies familles à élever leurs enfants. Elles sont les plus à même de créer du capital-bonheur et, en plus, nous font économiser de l'argent sur les prisons et autres centres d'accueil pour jeunes délinquants…

D A l'école, je voudrais qu'on redonne aux maîtres la confiance en eux, la fierté de leur mission d'éducateurs ( et non seulement d'enseignants ) et le sens de l'autorité …

M Ce n'est pas du ressort de la FIVA. Elle peut tout au plus relayer ceux qui demandent qu'on en finisse avec les réformes annuelles qui se contredisent l'une l'autre, qu'on en revienne à des mesures de bon sens à l'inverse de l'égalitarisme forcené actuel, de la pédagogie orientée idéologiquement ou du laxisme dans la vie quotidienne ( discipline, tenue, respect du bien commun…).

D Mon expérience de père de famille me montre que tout se joue tôt. A la maternelle, le citoyen en herbe ( comme vous dites ) apprend, avant 5 ans, à obéir et à réfréner ses tendances à la violence. L'école, le collège et le lycée devront poursuivre dans cette voie. Mais c'est surtout aux parents à faire leur travail. L'école ne peut pallier leur démission…

M Comme visiteur de prison, je crois aussi que tout ( ou presque tout ) commence par l'éducation… Je visitais en prison J…, 20 ans, 20 condamnations. Je l'interrogeais sur sa scolarité. Il me répondait: " Dès la maternelle, j'ai pris l'école en grippe et j'y ai été insupportable car j'étais malheureux chez moi. Ma mère ne m'aimait pas car mon père l'avait abandonnée à ma naissance. Ma grand mère n'a fait que me loger et me nourrir. Mon grand père ne s'est jamais intéressé à moi. J'ai fait payer cela aux instituteurs. Plus tard, j'ai détesté le collège car ma mère, qui m'avait repris, s'est mise en ménage avec un autre homme qui ne pouvait pas me sentir. J'ai encore fait payer cela aux profs et je n'ai eu de cesse de me faire renvoyer. J'y ai réussi et, depuis, je galère… " J… est typique de beaucoup de jeunes d'aujourd'hui violents parce qu'ils sont élevés soit, dans la tendresse et le confort mais sans exigence, soit, pour un certain nombre, sans assez d'attention et ni d'amour.D Vous écrivez dans votre livre : " L'autorité repose, comme un cheval, sur 4 pieds qui s'appellent compétence, exigence, amour et exemple ". Mes parents ne connaissaient pas la formule mais il me semble qu'ils nous l'ont appliquée. Je les en remercie et j'essaye de renvoyer l'ascenseur à mes enfants. Moi Bon courage, Djamel, et bravo pour votre témoignage. D Au revoir. Profs, parents et FIVA, c'est bien le même combat : " Non à la violence ! "
Jean Delaunay
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Conférence aux membres de l'association de la médaille de la famille française
faite à Paris le 5 Mars 2 002 par Jean Delaunay


    Je me réjouis d'être avec vous cet après midi. D'abord, parce que c'est ma première sortie en public après presque 2 mois d'hospitalisation, ensuite et surtout, parce que c'est, pour moi, une occasion de rendre hommage, à travers vous, aux mères de famille. Elles sont sans doute, dans la société française d'aujourd'hui, les personnes les plus dignes de notre admiration et de notre reconnaissance, " les aventurières ( ou plutôt les héroïnes ) du monde moderne ", dirait Péguy.

    Je n'ai guère de titre pour m'adresser à vous, sinon que je suis l'aîné de 4 enfants, que nous avons eu nous-mêmes 4 enfants, que nous venons de fêter nos 50 ans de mariage et que nous avons 11 petits enfants. Mais je ne suis ni philosophe, ni sociologue en renom. J'ai cependant une certaine connaissance des hommes. J'en ai commandé pendant 40 ans dans l'armée et je suis visiteur de prison depuis de longues années.
    J'ai aussi beaucoup réfléchi depuis ma retraite sur le pourquoi de notre défense. J'en ai conclu qu'il ne suffit pas d'avoir des armes mais qu'il faut surtout savoir ce qu'on a à défendre donc d'abord savoir pourquoi on vit. Cela m'a amené à fonder l'association France-Valeurs. Elle se propose d'aider à réensemencer dans ce pays ces Valeurs immatérielles qui sont comme des piliers qui permettent aux hommes et à la société de tenir debout. J'ai résumé ces notions dans un certain nombre de documents que France-Valeurs tient à votre disposition.

    En tête des valeurs individuelles, je range le courage et, en tête des valeurs collectives, je place la famille.

    Je veux d'abord dire un mot du courage au féminin. Certes, j'ai été fier d'être fait chevalier de la Légion d'Honneur tout jeune mais c'était pour des faits de guerre finalement très brefs, rapportés à toute une vie. Le courage d'une mère de famille est autrement méritoire: c'est celui de toute leur existence. Pour beaucoup de jeunes femmes d'aujourd'hui, il commence le jour où elles prennent conscience qu'elles portent un enfant alors qu'elles doivent résister à la pression sociale pour le garder. Pour toutes les mères, le courage se vit au quotidien, étroitement imbriqué avec l'amour, et ce jusqu'à la mort, car une mère continue jusqu'à la fin à porter ses enfants dans son cœur. Elle éprouve du bonheur à travers eux mais elle a souvent à souffrir pour eux et par eux.
    Votre courage au quotidien, Mesdames, c'est toute la justification de la Médaille de la Famille Française, une distinction qui vaut à mes yeux la Légion d'Honneur…

    S'agissant de la Famille, je veux simplement évoquer 3 idées qui me sont chères :
- La femme est l'éducatrice de l'homme et la gardienne de la civilisation.
- La famille est le pilier de la société et le lieu, par excellence, de la transmission des Valeurs.
- Elle est aussi le principal amortisseur des difficultés sociales ( Evelyne Sullerot )

Le rôle de la femme

    Sous diverses latitudes, j'ai constaté que, quelle que soit la forme de la société, la femme y joue un rôle essentiel, celui d'éducatrice de l'homme et de "gardienne de la civilisation". C'est vrai même pour les afghanes sous le burka et pour les femmes du Tiers Monde qui ploient sous la charge avec le dernier-né dans le dos…
    Mêmes machistes, nous, les hommes, nous ne sommes que des enfants vis à vis de vous. Nous ne savons pas, nous ne sentons pas, nous ne voyons pas, comme vous, l'essentiel.
    En conséquence, vous prendre pour inférieures aux homme est une folie contre nature, tout comme vous considérer comme identiques à nous.
    C'est la maternité ( ou l'aptitude à la maternité ) qui fait votre spécificité et votre grandeur.

    De grâce, conservez-les, tout en passant des examens et en occupant votre place dans la société.Les hommes ont besoin que vous les éduquiez et que vous restiez les gardiennes des Valeurs
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Le rôle de la famille

    Depuis Aristote, elle est considérée comme la cellule fondamentale de la société. Sa fonction ne s'arrête pas à la mise au monde d'un enfant. Elle l'aide à construire sa personnalité, en se découvrant proche des autres mais différents d'eux, bref à forger son l'identité. Elle est la première école de vie sociale. " C'est dans la famille qu'on apprend à vivre, dit Gustave Thibon... Il reste toujours quelque chose d'inachevé en l'homme qui n'a pas vécu en famille " .
    Idéalement, la famille offre au petit d'homme très fragile, la sécurité matérielle et affective. C'est dans sa famille qu'il apprend le mieux les savoir-faire essentiels, les éléments culturels de base, langage notamment, les exigences et les règles de la vie en commun. C'est là qu'il s'imprègne le mieux et naturellement des valeurs de vie.
    L'éducation lui est donnée en son sein de façon naturelle, peu à la fois mais souvent, à travers des gestes simples, DANS LA TENDRESSE et par OSMOSE car, avant tout, il regarde faire les autres, notamment ses parents.

    Cela dit, la réalité est parfois éloignée de cette vision là. Des familles vivent en circuit fermé, des parents font preuve d'une autorité abusive et contrarient des vocations ou des mariages, des mères sont possessives, des pères indifférents, et des familles sont carrément blessées.
    La famille peut aussi être le lieu non seulement d'affrontements ( ce qui est normal ) mais aussi de discordes sévères, de haines tenaces et d'échecs éducatifs imprévisibles. Ce sont ces abus qui ont inspiré des formules comme le " Familles, je vous hais ! Foyers clos; portes refermées, possessions jalouses du bonheur..." ( A.Gide )

    On y découvre parfois des drames comme les mauvais traitements aux enfants et les incestes...
Toutes ces maladies ont toujours existé. Elles sont aggravées aujourd'hui par la véritable crise qui affecte à la fois l'amour, le mariage, l'autorité parentale et la cellule familiale elle-même, et qui réagissent l'un sur l'autre.
- Beaucoup de jeunes s'engagent dans la vie après des expériences souvent décevantes mais sans une vision globale et positive de l'amour, du mariage et de la famille; d'où de nombreux échecs.
- Trop de parents n'ont plus une claire conscience de leurs responsabilités éducatives...

    Le vieux visiteur de prison que je suis a pris conscience de 2 réalités:
-La majorité des cas de délinquance sont dus à des carences familiales.
- Mais, même quand elle est imparfaite, la famille est irremplaçable pour l'enfant.

La famille, pilier, ciment et amortisseur des difficultés de la société

    Le noeud de la crise de notre société est dans l'éducation familiale. En effet, les familles heureuses aident les personnes à devenir heureuses et capables de rendre les autres heureux. A l'inverse, les époux blessés et les familles malades font des enfants vulnérables et une société déséquilibrée menacée, entre autres, par les dépressions, la drogue et la délinquance.

    C'est le cas actuel de la société française. Sa grave crise réclame à la fois
- des efforts de la part de l'Etat, avec la mise en oeuvre d'une politique familiale ,
- et surtout les efforts individuels des hommes et des femmes qui constituent les familles.
    On constate cependant un certain "retour du pendule" vers le bon sens. C'est pourquoi je viens surtout vous apporter un message d'Espérance et d'encouragement à agir.
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COMMENT POUVONS-NOUS CONTRIBUER AU RENOUVEAU DE LA FAMILLE ?

    - D'abord , incitons les pouvoirs publics à définir et mettre en oeuvre une véritable "Politique Familiale" de façon à rendre d'abord à la famille confiance en elle même et à lui donner les moyens de remplir son rôle.
    Rappelons inlassablement que la famille "travaille pour l'Etat". Il n'est pas question que l'Etat se substitue à elle car il est incapable d'accomplir les tâches éducatives aussi bien qu'elle.
    Cela dit, l'Etat a intérêt à ce que les familles soient heureuses et équilibrées :
- sur le plan démographique d'abord, car c'est dans ce type de familles que les naissances sont les plus nombreuses. Or, la population française vieillit et il est absolument nécessaire d'encourager le renouvellement des générations. Il y va d'abord de la survie de notre pays.
    Or, les familles nombreuses sont défavorisées par la législation actuelle alors que ce sont elles qui contribuent à ralentir l'effondrement de la démographie.
    L'aspect quantitatif de la politique familiale consiste donc à encourager les familles qui le peuvent à avoir des enfants afin qu'il y ait demain assez d'adultes pour faire vivre les retraités et les jeunes, et que le pays conserve sa force vive.
    (en Suède, l'indice de fécondité est remonté à 2,1 à la suite de mesures incitatives... )

- sur le plan social et politique ensuite car les familles jouent, en plus de leur mission naturelle, un important rôle économique et surtout celui "d'amortisseur majeur des difficultés sociales" .

    Investir pour favoriser la vie harmonieuse des familles (logement, écoles, loisirs des enfants...), c'est à la fois favoriser l'épanouissement des personnes et faire des économies sur des postes coûteux comme ceux qui sont induits par la délinquance et la mauvaise insertion sociale.
C'est l'aspect qualitatif de la politique familiale .

    Mais des groupes de pression y font obstacle en raisonnant surtout en termes de profit immédiat ou parce que la famille classique constitue un obstacle à la propagation de leur idéologie, alors que :
- le chômage, la crise du logement, le décalage entre les allocations perçues et le coût de l'éducation des enfants rendent difficile la vie des familles nombreuses.
- les familles stables fondées sur un engagement et centrées sur un projet, c'est à dire sur le mariagesont fiscalement défavorisées par rapport aux unions libres. " Une société n'est pas neutre, elle a nécessairement une politique devant la vie. Celle que nous avons mise en place insensiblement traque, depuis la naissance des enfants jusqu'à la mort des parents, ceux qui ont choisi de transmettre la vie et la culture. Elle les humilie, les bafoue, les ridiculise et les exploite..." ( Pierre Chaunu)
-Le statut de mère au foyer est économiquement pénalisant et psychologiquement dévalué
    Un "légume" a dit un homme politique… alors que son rôle est irremplaçable.

    A cet égard, malheureusement, deux conceptions de l'homme s'affrontent en France :

- Les uns ( marxistes et ultra libéraux ) veulent baser la société sur l'atome qu'est l'individu et privilégier sa liberté. Ceux là ont souvent des positions en flèche devant des problèmes comme le SIDA, l'avortement, les manipulations génétiques ou l'euthanasie. Remarquons que ce type de société ouvre la voie au totalitarisme.

- Les autres, dont nous, préfèrent la fonder sur la cellule qu'est la famille : " Ces liens du sang, ces liens de l'habitude qui constituent la famille, cette ambiance, tout cela constitue le ciment charnel, le socle élémentaire de la vie sociale ... " ( Gustave Thibon )
    Il faut donc maintenir la pression pour inciter l'Etat à avoir une "Politique familiale". Celle - ci doit dépasser la stricte distribution d'allocations et traduire la volonté politique d'encourager la natalité responsable et de favoriser la vie équilibrée des familles.
    Dans ce but, renforçons le regroupement, la cohésion et le dynamisme des familles; votre Association travaille avec d'autres dans ce sens.
    Travaillons aussi à la "promotion de la famille" . Essayons d'améliorer son image de marque, celle des mères de famille notamment, en leur donnant réellement la possibilité de CHOISIR si elles veulent travailler ou non.
    L'aspect psychologique de la crise est en effet déterminant; il faut d'abord vouloir REDONNER A LA FAMILLE CONFIANCE EN ELLE MEME et d'abord redonner aux parents confiance en leur mission. C'est, pour nous, une première direction, collective, d'effort.
    Mais n'attendons pas de l'Etat la solution de problèmes qui sont majoritairement PRIVES.

    C'est surtout par nos efforts individuels et notre exemple que nous donnerons envie aux jeunes de constituer à leur tour des familles équilibrées et heureuses, capables, de proche en proche, de guérir notre société et nos concitoyens.

    Pour faire prévaloir notre point de vue, il faut que le ciment familial prenne réellement et que nos familles puissent donner à chacun de nos enfants un vrai capital-bonheur.

    C'est pourquoi, sans attendre le résultat des efforts précédents, encourageons-nous mutuellement à "BALAYER CHACUN DEVANT NOTRE PORTE" en matière d'EDUCATION, notamment éducation à l'amour et au mariage, éducation du coeur et du caractère.

    Balayer chacun devant sa porte, cela veut dire assumer chacun son rôle éducatif au jour le jour. Cela peut être fait en essayant d'appliquer deux principes simples :
- D'abord, en s'efforçant de donner l'exemple car, en matière d'éducation, le témoignage de vie vaut tous les discours.

- Ce faisant, essayons d'être toujours positifs ; mettons la barre assez haut; proposons un idéal élevé mais partons d'abord de ce qu'il y de bon en chacun et appelons les êtres à un bien supérieur.

Les valeurs de vie, un patrimoine à transmettre
    Parmi nos tâches essentielles figure la transmission des Valeurs qui donnent un sens et un cadre à la vie. Nous disons, dans " Les parents de Julie ", que c'est comme un meuble à 6 tiroirs contenant :
- les valeurs physiques, comme la santé, le dynamisme vital, l'équilibre, la joie...
- les valeurs intellectuelles comme le goût de l'effort, la curiosité d'esprit, la méthode de travail...
- les valeurs morales comme la probité, le courage, la volonté, et le couple liberté/ responsabilité...
- les valeurs sociales comme la sociabilité, le sens des autres, la générosité, l'indépendance d'esprit..
- les valeurs artistiques: sens du beau et créativité notamment...
- les valeurs spirituelles: sens de la transcendance et foi religieuse.


Comment faire passer ces valeurs ?

Nous avons identifié cinq principes de base :
- On élève un enfant pour lui même ( et pas pour "se faire plaisir" ... )
- Essayons de lui donner une colonne vertébrale, pas de l'enfermer dans un corset..
- L'éducation, c'est du "sur mesures" ...
- Les résultats scolaires ne sont pas tout. C'est toute la personne qu'il faut éduquer, y compris le corps, le coeur et la volonté...
- L'éducation, c'est la responsabilité des deux parents, mettant en oeuvre ensemble une autorité où, répétons le, la tendresse est inséparable de la fermeté .
    En matière d'éducation affective et sexuelle, rappelons que l'homme et la femme sont des merveilles fragiles. Comme eux, l'amour prend tout l'homme et toute la femme avec leur corps, et notamment leur sexe, mais aussi leur cœur, leur psychologie, leur intelligence, leur culture, leur raison et leur dimension spirituelle.

CONCLUSION

    La famille porte la marque de la contradiction vivante qu'est l'homme, capable du meilleur et du pire. Elle est en permanence soumise à des forces antagonistes, donc en équilibre instable. Sa réussite dans la durée exige des efforts patients et permanents de tous, notamment des parents, à commencer par leur volonté de tenir bon, ensemble.
    Moyennant quoi, elle peut être un lieu de grand bonheur et une vraie cellule de société.
    Elle reste au plus haut niveau dans les sondages mais ce sont ses problèmes spécifiques qui constituent la trame même de notre crise de société ... Par exemple, parce qu'il a été généralisé trop hâtivement sans en mesurer assez les conséquences, je crois que le travail de la femme réagit sur le chômage et sur le déséquilibre de la jeunesse.
    Il faudrait donc tout faire pour renforcer et valoriser la famille en favorisant l'engagement responsable des parents, et d'abord restaurer son "image", ce qui implique de comparer objectivement ce qu'on appelle la "réussite" dans le monde moderne et le bonheur d'une famille.
    La réussite est fondée, entre autres, sur l'instantanéité, la performance, l'attrait du sensationnel, la massification des actions et le culte de la liberté ( ou de la jouissance ) individuelle...
    La construction familiale repose au contraire sur l'accomplissement, obscur mais dans l'AMOUR, de petites tâches qui exigent petits pas, longue patience et travail en profondeur, adaptation à la personnalité de chacun et surtout désintéressement total, don de soi permanent et fréquent appel à l'abnégation.
    Le grand problème des générations à venir sera de donner priorité à cela qui est l'essentiel. C'est ce que Jean Paul II appelle promouvoir "LA CIVILISATION DE L'AMOUR"...

    Nous avons beaucoup donné, nous parents, notamment vous, Mesdames, qui avez bien mérité la Médaille de la famille Française. Mais nous n'avons pas achevé notre tâche.
    Nous qui croyons et espérons en la Famille, nous devons continuer à travailler :
    - d'une part, à convaincre les pouvoirs publics de mieux soutenir les familles.
   - d'autre part, à rendre les jeunes parents davantage conscients et heureux de leurs responsabilités éducatrices. Aidons-les à les assumer.
   Aidons les jeunes à découvrir que la vie de famille, c'est l'essentiel de l'existence…

JD
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NB Au Colloque Familles de France du 16 MARS 2002, E . NUYTS a traité LA PREVENTION DE LA DYSLEXIEElisabeth NUYTS s'est spécialisée dans l'aide aux enfants et aux adultes en difficulté d'apprentissage ( 600 cas ) Elle a écrit sur ce thème " L'école des Illusionnistes ", édité en 2000. A commander à Bureaux et Services, 32 rue des rêves, 34000 Montpellier, 20 Euros, + 2 Euros pour participation aux frais d'envoi.


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