Lettre de septembre 2001

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Lettre aux adhérents

    En cette période préélectorale, de nouveaux Partis voient le jour ainsi que des cercles de réflexion qui cherchent, de façon méritoire, à renouveler le jeu politique français. Nous ne pouvons que les y encourager.
    Mais notre association a des préoccupations d'un autre type, encore plus profondes et donc encore plus difficiles à satisfaire car elles concernent les forces morales de la France. En effet, se développent, chez nous et ailleurs, des courants de pensée animés par des hommes qui cherchent ( peut-être) et aboutissent ( en tout cas ) à saper les fondements de la vie personnelle et sociale. Ils encouragent, entre autres, l'individualisme ( Eclatez-vous !) , le laxisme ( Pas de contraintes: Interdit d'interdire ! ) et une conception de la tolérance telle qu'elle masque dorénavant les différences entre le vrai et le faux, entre le beau et le laid, entre la norme et la déviance…
    Ces forces qui s'auto-qualifient souvent de progressistes nous paraissent au contraire suicidaires. Elles ont cependant un impact considérable dans la société car elles savent exploiter la puissance fabuleuse de la technique moderne, notamment dans le domaine de la communication, et celle de l'argent.
    Vis à vis d'elles, l'impact de notre association peut paraître bien mince mais nous savons que nous ne sommes pas seuls et que ce sont les minorités actives qui mènent le monde.

    C'est pourquoi il nous semble, qu'après 15 ans d'existence, France-Valeurs doit chercher à se renouveler pour essayer d'exercer plus d'influence dans notre société et, pour cela, tenter de remettre à plat ses objectifs, sa démarche et, éventuellement, ses statuts.
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    Dans cet esprit, cette lettre comporte un dossier spécial sur le rôle que nous pourrions jouer dans ce que nous pourrions appeler le réarmement moral de la France.

    Pour guider votre réflexion et vous permettre de nous donner votre avis, nous joignons ci-après :

    - une brève analyse d'un livre qui vient de paraître sous le titre: " Les valeurs des français, évolution 1980/2.000 " . Il est en rapport direct avec notre sujet et écrit par une équipe de psycho-sociologues qui n'appartiennent apparemment pas à notre famille de pensée. Ils s'appuient sur une enquête réalisée par l'ARVAL, association pour la recherche des systèmes de valeurs. Il nous semble intéressant de vous le présenter comme base de départ et en contrepoint de notre position.

- un 2° texte qui, sous le titre " Les Forces Morales des français. Essai de bilan 2001 ", reflète notre vision des choses.

Enfin un 3° texte rassemble , sous le titre : " Que faire ? ", un certain nombre de réflexions sur notre rôle possible.

    Il sera étudié lors de l'Assemblée Générale de France-Valeurs de décembre 2.001 et réclame d'ores et déjà que chacun de vous nous fasse parvenir son point de vue.
Jean Delaunay
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Livre " Lettres à mes petits enfants sur des sujets qui fâchent " Ce livre a déjà été vendu à 5.000 exemplaires en deux éditions. Il va faire l'objet d'un retirage par les Editions Téqui qui en assureront désormais la commercialisation. Téqui 82 rue Bonaparte 75006 Paris

Nouvelles des associations amies.

Liaison avec la Roumanie
    Notre secrétaire général, Pierre Vallino, a depuis longtemps établi des liens avec des personnalités des pays de l'Est dont les préoccupations rejoignent les nôtres. Il a participé à ce titre en Roumanie en juillet dernier au Colloque sur les crimes communistes organisé à Sighet par la Fondation Académie Civique Roumaine. Au cours d'une table ronde avec des Tchèques et des Slovaques sur la mort du printemps de Prague, il a présenté un témoignage sur ce qu'il a personnellement vu en Tchécoslovaquie en Août 1968 lors de l'invasion de ce pays par les armées du Pacte de Varsovie.
    Au cours d'une courte improvisation, il a appelé les peuples européens à construire ensemble l'Europe de la solidarité et de l'amitié au lieu de l'Europe des marchands et des banquiers qu'on nous impose.
    La poétesse et résistante Ana Blandiana, la fondatrice et infatigable animatrice de la Fondation Académie Civique, en cède la présidence à M. Serban Radulescu-Zoner. Nous félicitons Mme Blandiana pour le courage qu 'elle a déployé au cours d'années difficiles, pour l'amitié qu'elle manifeste envers France-Valeurs et envers nos personnes, et nous souhaitons à son successeur de réussir dans les dures circonstances politiques et économiques que connaît la Roumanie.
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Alliance pour les droits de la vie
    Notre Lettre de Juillet et son dossier spécial étaient consacrés aux problèmes moraux soulevés par les récentes découvertes en matière de biologie humaine et leurs conséquences. Depuis sa sortie, la Hollande a légitimé l'euthanasie, un médecin italien a déclaré qu'il était décidé à pratiquer le clonage humain en série même si c'est illégal et le Président Bush a autorisé les manipulations sur " certains " embryons humains…
    Devant ces menaces multiples et convergentes contre la dignité de la vie humaine, Madame Christine Boutin, député des Yvelines et présidente de l'Alliance pour les droits de la vie, a décidé de se présenter à l'élection présidentielle de 2.002 afin de disposer d'une tribune pour exposer plus largement son point de vue à ce sujet.
    A titre personnel, Jean Delaunay la soutient dans cette initiative.
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    Signalons que Mme Boutin met en garde ses amis contre l'Association " Droit de naître " qui utilise parfois abusivement son nom pour réclamer des fonds alors que cette association fait partie d'une nébuleuse dont la presse chrétienne a souvent dénoncé le caractère ambigu sinon suspect.
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FIVA
Organisation du 2 ° Prix FIVA : " Non à la violence "
    Ce prix est destiné à récompenser des organismes privés qui travaillent concrètement pour tenter d'éradiquer progressivement la violence à l'école
    Une quinzaine d'associations ont d'ores et déjà adressé leur dossier de candidature qui est en cours d'examen par le Jury..
    La remise du Prix interviendra en novembre prochain.
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Mme Boxer, présidente-fondatrice de la FIVA, ne désire plus, pour des raisons personnelles, continuer à assurer cette charge à partir du 1° janvier 2 002 et sa succession pose un sérieux problème.

    Parmi les solutions retenues, au cas où aucun " repreneur " ne se présenterait d'ici là, figure le regroupement de la FIVA et de France-Valeurs.


    Les objectifs de nos deux associations sont voisins ; Jean Delaunay est par ailleurs vice-président de la FIVA depuis de longues années et il a notamment contribué à la rédaction des livres " les parents de Julie " et " les grands parents de Julie " , conçus et réalisés par la FIVA.

" Les valeurs des français "*
Evolutions de 1980 à 2000

L'introduction de ce livre commence ainsi :
    " Le terme " valeur " est un terme galvaudé dont les usages sont multiples. Les observateurs des sociétés contemporaines expliquent souvent que les valeurs se perdent, que les jeunes manquent aujourd'hui cruellement de repères. Ils ne sauraient plus comment se situer dans l'existence par manque de valeurs fortes leur permettant de se situer et d'agir.
    Plutôt que d'entrer sans preuve dans ces diagnostics pessimistes et dramatiques faciles, commençons par nous demander ce qu'est une valeur.(…)
    Pour certains, les valeurs d'un individu constituent son identité profonde, ce qui le mobilise et le fait vivre. ( …) Les valeurs sont donc un élément primordial de la construction des individus et de leurs actions.
    Selon d'autres théories, les valeurs ne sont considérées que comme des rationalisations idéologiques et des autosatisfactions liées aux intérêts des individus et des groupes sociaux.
    ( …) De toute façon, le lien entre les valeurs des individus et leurs comportements n'a rien d'automatique. On peut par exemple avoir de la sympathie pour l'écologie et polluer l'environnement….

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Quelques résultats de sondages
    Ils sont à prendre avec prudence car ils portent sur des réponse à des questions relativement abstraites et donc subjectives. Ils font cependant apparaître un certain nombre de tendances. Le livre étudié comporte des dizaines de tableaux et des milliers de chiffres. Nous ne visons ici qu'à vous en donner une idée à travers quelques échantillons- exemples :
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Tout bien considéré, diriez vous que vous êtes :
Très heureux   31 %   Assez heureux   59 %   Pas très heureux   8 %   Ne sait pas  1 %

Diriez-vous que vous êtes fier d'être citoyen français ?
Très fier  37 %   assez fier   47 %   pas très fier  7 %   pas fier du tout   3 %   NSP 6 %

Selon vous, le divorce, l'avortement et l'homosexualité ne peuvent jamais se justifier
Non, jamais :
                    div. 13 %   av. 20 %   homo. 25%   réponses de 1981
                             7 %        13 %              21 %  réponses de 1999

Le respect de l'autorité
Doit-on respecter et aimer ses parents ?   Oui : 71 %  ( 1981 74 %)
Avez-vous confiance dans l'armée ?         Oui :  62 %  ( 1981 50 %)
Avez- vous confiance dans la police ?      Oui :  66 %  ( 1981 61 % )
Faut-il respecter l'autorité ?                      Oui :  65 %  ( 1981 51 % )

La politique est très ou assez importante
1990   25 %    1999   21 %   ( moindre intérêt marqué par les femmes)

Onze qualités à encourager par les parents chez leurs enfants :
1/ la tolérance (1° place aussi en 1981 )
2/ le sens des responsabilités ( 3° en 1981 )
3/ les bonnes manières ( 6° en 1981 )
4/ l'application au travail ( 4° en 1981 )
5/ la générosité ( 5° en 1981)
6/ la détermination et la persévérance ( 7° en 1981 )
7/ l'esprit d'économie ( 2° en 1981 )
8/ l'obéissance ( 7° en 1981 )
9/ l'indépendance ( 7° en 1981 )
10/ l'imagination ( 10 ° en 1981 )
11/ la foi religieuse ( 11° place aussi en 1981 mais baisse de 13 à 8 % de ceux qui la mettent au 1° rang ) Les femmes sont les plus religieuses.

A quel niveau vous reconnaissez vous ? surtout dans ?
votre localité    votre région   la France    l'Europe    le monde    NSP
0 %    61 %    32 %     5 %      2 %     11 %

Considérez-vous que vous appartenez à une religion ? Oui 58 %   Non 42 %
Croyez vous en Dieu ? Oui 56 %   Non 35 %   NSP 8 %
En une vie après la mort ? Oui 38 %   Non 48 %   NSP 14%


La liberté et l'égalité sont également importantes. Mais s'il fallait choisir, je choisirais ?
La liberté  49 %    L'égalité  42 %    Ni l'une ni l'autre  7%    NSP  2%

Le mariage est une institution dépassée   Oui  34 %    Non  61 %    NSP  5 %
Les caractéristiques importantes d'un travail sont : (réponses 1999 / 1981 )
Bon salaire 68 % ; 53 %
Absence de chômage 46 % ; 47 %
Possibilité de promotion 30 % ; 19 %
Bonne ambiance 65 % ; 50 %
Intérêt du travail 66 % ; 53 %
Initiative 43 % ; 31 %
Travail utile pour la société 30 % ; 24 %
Travail bien considéré 26 % ;
A propos de politique, les gens parlent de droite et de gauche. Vous même où vous situez-vous sur l'échelle ci-dessous?
Gauche   1    2    3    4    5     6    7    8    9    10    Droite   Ne sait pas
               7    4    2   10   27   7    7    6    2     3                     17         Moyenne 4,86

Si une guerre survenait, seriez-vous prêt à vous battre pour votre pays ?
Oui   48 %    Non    35 %    NSP   17 %

Parmi les buts politiques suivants , quel est le plus important selon vous ?
Maintenir l'ordre dans le pays    43 %
Combattre la hausse des prix   19 %
Augmenter la participation des citoyens aux décisions du gouvernement   23 %
Garantir la liberté d'expression   14%
NSP    1 %
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Quelques éléments d'explication par l'auteur
    " On constate une tendance générale à l'individualisme et au rejet des contraintes. Elle est née de l'amélioration du niveau de vie, de l'urbanisation, des progrès techniques qui amènent parents et éducateurs à éviter les réactions rigoristes. Elle coïncide avec le déclin religieux.
    Il y a d'ailleurs dans la culture française un vieux fond de contestation, de dérision et de contestation de l'autorité. Après le virage laxiste de 1968, on note cependant une lente remontée de la valeur autorité, en lien sans doute avec la flambée récente des violences à l'école et dans la rue. Il y a un recul de la permissivité dans les jeunes générations ( en ce qui concerne la fidélité dans le couple par exemple), ce qui n'exclut pas une tolérance accrue ( vis à vis par exemple de l'homosexualité ). "
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Extraits de la Conclusion de l'auteur
    " Tous les diagnostics trop simples sur l'évolution de notre société sont erronés. Une société est faite de diverses tendances, parfois concordantes, parfois en opposition(…) Sur certaines questions, il y a consensus et stabilité dans le temps. C'est par exemple la grande importance donnée en premier à la famille, en second au travail professionnel, avec, en dernière position, la politique et la religion. Mais la famille à laquelle les français sont attachés n'est plus celle d'antan même si beaucoup disent que le mariage n'est pas dépassé. La famille idéale doit pouvoir évoluer en fonction des relations que vivent ses membres. (…) Cela exprime l'émergence d'un nouveau type de valeurs fondées non pas sur des principes intangibles mais sur une appréhension pragmatique, dans chaque cas, de ce qu'il convient de faire. D'une morale de principe, on passe à une morale " en situation. "
    " On assiste non pas à un effondrement des valeurs religieuses mais à leur relativisation et à une certaine individualisation. On entre de plus en plus dans l'ère des croyances molles, bricolées qui empruntent aux croyances chrétiennes mais de manière sélective, avec souvent des recompositions utilisant d'autres références religieuses. Des personnes sans appartenance religieuse affirment avoir quelques croyances, notamment en la vie après la mort.
    (…), Les français sont acquis à l'économie de marché mais favorables à une certaine régulation par les Pouvoirs Publics. En fait, ils sont favorables à un certain " libéralisme social ".
    (…) Ils sont globalement acquis à la démocratie mais la tentation de s'écarter de ce modèle politique existe chez une minorité. A l'égard des immigrés, une majorité se révèle peu accueillante.
    (…). On constate une valorisation renforcée de la tolérance et du respect d'autrui et l'acceptation decomportements individuels autrefois considérés comme déviants.
    (…) Il n'y a pas grande cohérence entre les réponses si l'on considère les choix faits par les individus dans les différents domaines. Les systèmes de valeurs semblent moins articulés qu'autrefois car notre société est probablement moins clivée idéologiquement que jadis… les grands systèmes de pensée ne sont plus que des points de repères. Chacun souhaite maîtriser sa vie, choisir ses valeurs et les contraintes qu'il se fixe, faire ses expériences. Dans un tel contexte, les systèmes de valeurs ne peuvent que tendre à s'effriter, les bricolages et les recompositions sont de plus en plus fréquents.
    (…) Mais toute l'enquête montre que l'individualisation en cours n'est pas identifiable à un rejet du lien social ou à un idéal anarchiste. Les hommes veulent choisir leurs normes éthiques et ne pas se les laisser imposer par la société, l'Eglise ou l'Etat. Mais, au delà de leur vie privée où ils n'acceptent plus de contrôle social, beaucoup, y compris chez les jeunes, sont demandeurs de règles collectives et d'ordre social. (…) Le mot d'ordre serait : " Fais ce que tu veux dans ta vie privée mais respecte l'ordre public… "

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* Livre publié aux éditions Armand Colin, sous la direction de Pierre Bréchon, enquête réalisée par l'ARVAL.

Les forces morales des Français
Essai de Bilan 2 001

par Jean Delaunay

    Pour ceux qui, comme moi, sont attachés aux Valeurs traditionnelles, le livre auquel nous venons de consacrer une brève analyse est intéressant mais présente une vue un peu trop optimiste de la situation française.
    Sur le plan des forces morales qui est le nôtre, la réalité me paraît plus sombre. Ses auteurs écrivent : " Plutôt que d'entrer sans preuves dans ces diagnostics pessimistes dramatiques et faciles...". Il me semble au contraire que les preuves sont bel et bien là et que, pour dramatique qu'il soit en effet, le diagnostic est nécessaire pour tenter de pallier ce que je continuerai d'appeler l'effondrement des Valeurs !

    Certes, je me réjouis qu'un certain consensus se dégage dans ce pays, par exemple vers davantage de solidarité ou vers la reconnaissance de l'égalité fondamentale homme-femme.
    Je sais aussi que les mœurs évoluent en fonction des conditions de vie des gens.

    Cependant, je suis de ceux qui déplorent un véritable effondrement de ces vertus qui fondent les forces morales, celles qui permettent aux hommes et à la société de tenir debout.

    De cet effondrement, le pouvoir politique me paraît en grande partie responsable: il se contente de l'enregistrer et de le subir alors qu'il devrait essayer de le prévenir et le guérir.

    Certes, il agit dans un contexte très difficile: le poids de l'opinion publique est énorme et, quoi qu'ils en disent, ce sont les médias qui font l'opinion. Par ailleurs, l'exemple des américains et de nos voisins européens contribue à infléchir nos modes de penser et d'agir.
    Mais trop d'hommes politiques me semblent surtout guidés par des préoccupations électoralistes et l'idéologie les empêche souvent de voir ou d'accepter la réalité.
    Il font fréquemment preuve de démagogie et de laxisme et, face aux problèmes, cherchent plutôt s'attaquer à leurs conséquences immédiates et apparentes qu'à leurs causes profondes.
    Dans son souci constant de dédramatiser les crises pour préserver l'apparence de la paix sociale, le Gouvernement lui même pratique, par exemple à propos de la sécurité, une véritable désinformation combinant des déclarations lénifiantes et l'emploi de vocables trompeurs: incivilités au lieu d'atteintes à l'ordre public, sauvageons au lieu de jeunes bandits…
    Simultanément, il occulte la réalité dans bien des domaines. Par exemple, il refuse de faire le lien entre l'immigration incontrôlée, le laxisme judiciaire et l'insécurité…Il cache l'influence désastreuse de la dénatalité française sur l'avenir de notre pays.
    Alors qu'il entretient un coûteux arsenal nucléaire, l'Etat n'est capable de se faire respecter ni en Corse ni dans les banlieues. Plus grave encore, au nom du surtout pas de vagues, des autorités mettent fréquemment en difficulté les défenseurs naturels de la société en leur donnant des consignes qui entravent l'accomplissement de leur mission.
    Sur le plan économique, il décourage l'esprit d'entreprise et favorise la fuite des cerveaux et des capitaux.
    Par ailleurs, faute de volonté politique marquée au sommet, de nombreux corps de l'Etat semblent avoir du mal à se réformer pour assumer leur mission. Seule , l'Armée fait exception.
    Destinés à protéger les travailleurs en équilibrant le rôle du capital, les syndicats cherchent surtout à préserver les avantages acquis et peu d'entre eux contribuent à maintenir le niveau de nos entreprises face à la concurrence.
    Tout cela ne peut manquer de réagir sur le comportement des citoyens, d'autant plus que les affaires ont porté un rude coup à la crédibilité des hommes publics
    Dans ces conditions, l'exemple venant d'en haut, les Français ( dont la vie n'est pas souvent facile, je le reconnais…) paraissent dominés par le matérialisme et par l'individualisme, tout en se laissant aller à un conformisme bêlant né du matraquage médiatique.
    Ainsi, ils perdent carrément de vue ce que nous appelons les Valeurs humaines fondamentales

    En fait de courage, par exemple, on manque cruellement de donneurs de sang…

    En fait de sens de la responsabilité, des parents de tous milieux sont dépassés par l'éducation de leurs enfants, ne prennent pas assez de temps pour les entourer de l'attention et de la tendresse qu'ils méritent et n'osent pas les soumettre à quelque contrainte que ce soit. Pire, dans un cas sur trois, ils divorcent sans mesurer assez les dégâts causés aux enfants.
    Trop d'enseignants renoncent à la transmission des valeurs morales et se limitent à celle des savoirs ! Le résultat, c'est que trop de jeunes ignorent, non seulement ces bonnes manières évoquées dans le livre précité, mais encore la distinction entre le bien et le mal.

    En fait de sens de l'honneur, on déplore triche et fauche dès la maternelle, et, plus tard, pots de vins, commissions abusives, fraude fiscale, travail au noir et autres plaies sociales.

    En fait de civisme, c'est le chacun pour soi qui prévaut ( papiers gras jetés par terre, pieds sur les banquettes, sono à fond et portables intempestifs… ). Cela mène tout droit à l'abstention électorale et à la difficulté de trouver des bénévoles pour relayer les sortants.

    En fait de patriotisme, les sondages précédents se passent de commentaires…

    De ce défaut flagrant d'éducation aux Valeurs découlent, entre autres, la montée de la violence et de la délinquance, l'usage fréquent de la drogue, la banalisation de l'avortement, les dépressions nerveuses en série et ce drame du suicide, 1° cause de mortalité des jeunes…
***

    Je ne veux pas redire ici ce que chacun lit dans les journaux ou constate de ses yeux et j'interromps ce lamento qui n'est pas dans l'esprit de France- Valeurs…

    D'ailleurs, mon constat serait partial, donc faux, si je ne soulignais aussi l'actif du bilan.
    Des hommes politiques montrent leur souci de faire prévaloir le bien commun dans le respect de la loi morale... De nombreux chefs d'entreprise se battent pour développer leur activité, pour donner du travail à leur personnel et faire face à leurs charges… D'innombrables travailleurs accomplissent bien leur besogne à l'usine ou dans les champs… La plupart des usagers payent leur billet de train... La majorité des hommes et des femmes mariés sont heureux dans leur foyer et continuent à enseigner à leurs enfants ce qui les fait vivre… Des milliers de bénévoles s'occupent des autres à divers titres. Parmi ceux-là, il y a de nombreux jeunes. Fait nouveau, beaucoup d'entre eux n'hésitent pas à donner des mois de leur vie au service du Tiers Monde…
    Le livre précité évoque avec raison la déchristianisation française mais les pèlerinages font recette, les sessions de formation religieuse sont pleines et les ordres religieux les plus sévères recrutent… La ferveur du petit reste me paraît sans commune mesure avec le comportement des chrétiens sociologiques d'autrefois C'est un profond motif d'Espérance.

    D'ailleurs cet ouvrage souligne le retour du pendule dans le bon sens chez les jeunes générations. Sachons donc tirer parti de ces éléments positifs.
    Attirons ( sans dramatiser ) l'attention de nos concitoyens sur la gravité de la situation en ce qui concerne les forces morales des Français, élément-clé du dynamisme vital de ce pays

    Mais contribuons surtout à y relancer l'Espérance, nécessaire tremplin de l'action à mener pour faire évoluer les mentalités et travaillons à réveiller ( ou à réensemencer ) les Valeurs.
***

Comment faire ?

    Avant d'aborder ce point capital, je vous propose de prendre connaissance du témoignage de Mme M. Morel. Je le trouve plein d'enseignements pour nous.

Daniel dans la fosse aux lions !

    Le Père Domergue est l'auteur d'une thèse sur la culture Rock , soutenue à l'Université Grégorienne de Rome, et d'un livre intitulé : " Culture barock et Gothic flamboyant " . Editions FX de Guibert.    " J'assiste à une de ses conférences, au 1° rang avec deux de mes petits enfants. Il commence par projeter sur l'écran des couvertures de pochettes de CD sanguinolentes et blasphématoires, puis nous explique comment on peut faire entrer en transes une salle de 10 000 personnes en 20 minutes. ( plus fort que le Vaudou qui a besoin de 2 H ...)
    Il nous commente ensuite des paroles de chansons de Rockers, pastichant des textes sacrés et passe en revue leurs incantations ou mantras, leurs techniques de mise en condition ( pour mettre les sens à vif ) leurs vêtements symboliques et la drogue dans ce contexte. Le Rock n'utilise plus de messages subliminaux depuis les années 90 ; les chanteurs et paroliers sont si sûrs d'eux aujourd'hui qu'ils expriment tout en clair par des textes ou des images.
    Il évoque ensuite les suites trop fréquentes de ces soirées: profanation de cimetières, ( leur liste impressionnante n'a pas été publiée officiellement ), incendies d'églises, notamment dans les pays nordiques où ce genre de violence est au paroxysme. Suicides et mutilations sont fréquents...
    Pendant que le P. Domergue s'exprime, une certaine agitation règne au fond de la salle où je devine la présence de perturbateurs. Quand il s'apprête à répondre aux questions d'usage déboulent en effet une quinzaine de rockerscheveux longs, tee shirts avec le Christ à l'envers, blousons cloutés, bottes cerclées de fer, coups de poing américains à la ceinture, bref des durs...
    Ils envahissent la scène et les injures fusent, émaillées de références à la Bible et au marquis de Sade: un mélange inouï de connaissances et de perversité dans une confusion totale. Quelques uns sont très instruits dans le domaine de la religion et l'ésotérisme. Le prêtre et la salle sont injuriés: " Tu as forcément des femmes et des petits garçons dans ta vie " , " Vous allez à la messe, bande d'hypocrites et vous n'êtes pas mieux que les autres… ". Le tout émaillé de blasphèmes : " Jésus le fils bâtard du charpentier, né dans une auge à cochons "…Marie n'est évidemment pas épargnée. Ils proclament qu'ils " n'ont rien à foutre de Dieu "…Ce qui leur vaut d'ailleurs la seule réponse d'une personne dans la salle médusée " Si tu n'as rien à foutre de Dieu, ce qui est ton droit, alors pourquoi ne parles-tu que de Lui pour l'insulter et le tourner en dérision ? "
    Le père Domergue en impose, lui, par une connaissance imbattable de cette " culture rock ". Il a tout vu, tout traduit et a même assisté quelques jours auparavant à une séance au Zénith : 2 000 personnes de plus que le nombre normal de places ; transe assuré; blasphèmes en prime avec le chanteur Marilyn Manson déguisé en Pape Jean-Paul II et appel à Satan, directement ou par mantras…
    Il en impose surtout par son calme, son autorité, son attention. Il répond à chaque question en appelant le rocker par son prénom. Il le regarde dans les yeux, le prend en considération et, le Saint Esprit aidant, en arrive à leur parler de Jésus dans un silence inimaginable quelques minutes auparavant…
    Pourtant, la soirée n'est pas finie. La salle impressionnée s'écoule vers la sortie. Mes petits enfants en ont appris en quelques minutes plus qu'en plusieurs années. Je m'attarde pour acheter le livre du père Domergue et quelle n'est pas ma surprise de le voir entouré des rockers, tous de noir habillés, les uns pas provocation, révolte ou désespérance ou pour marquer leur appartenance à Satan. Lui, en noir aussi mais en col romain pour le Christ, il entre à leur tête dans le café d'en face pour continuer à discuter !

    Il y aurait beaucoup à ajouter sur la conférence et le livre du Père Domergue. On y apprend par exemple que les CD Black Métal, Gothic, suscitent une véritable haine du Christianisme. Ils se référent directement à Satan et certains jeux de rôle sont de la même veine. Mais ce qui m'a frappé au cours de cette soirée, qui n'aurait pu n'être qu'une conférence intéressante et instructive, c'est l'attitude de ces malheureux jeunes. Provocateurs, révoltés, tristes dans leurs vêtements et dans leur regard, on les sent manipulés par des gens instruits, riches, puissants, peut-être affiliés à Satan, en tous cas businessmen internationaux, profitant d'un marché très juteux.
    Pour la première fois de leur vie sans doute, ils ont rencontré quelqu'un , un prêtre, qui les appelait par leur prénom, qui les aimait, qui le leur montrait et était de surcroît crédible à leurs yeux parce qu'il connaissait leur monde probablement mieux qu'eux mêmes. "
***
    Cette belle histoire constitue la meilleure conclusion possible de cette Lettre car elle nous fournit un exemple de ce que chacun de nous peut et doit faire.

    Elle montre que, dans le combat des idées en vue du réarmement moral, le nombre et la puissance matérielle ne sont pas les facteurs principaux.

    Ce qui compte, c'est ce que nous avons cent fois exprimé dans nos Lettres et nos ouvrages, et qui se résume en 4 termes

COMPETENCE , CONVICTION , COHESION et COURAGE

Compétence.
A l'image du P. Domergue et chacun dans notre genre, sachons quoi dire et comment le dire. Pour cela, formons-nous, inlassablement.

Conviction. Les valeurs, ça n'existe pas en soi. Ce qui est important ce sont les hommes et les femmes qui vivent ce en quoi ils croient, qui mettent leur peau au bout de leurs idées.

Cohésion. Face à l'individualisme et à la mentalité de tribus gauloises, rassemblons-nous, cherchons ce qui nous rapproche et oublions ce qui nous divise. Jouons un jeu d'équipe en passant la balle à celui qui est le mieux placé pour marquer. Ayons à cœur de soutenir chacun les initiatives des autres, et de les faire connaître.

Courage. Par dessus tout, osons affirmer ce que nous croyons et saisissons toute occasion de le faire, même et surtout face à des auditoires indifférents ou hostiles.

    A cet égard, il y a un élément que je n'ai peut-être pas assez souligné jusqu'ici, bien qu'il soit notamment à la base de l'action des visiteurs de prison dont je suis.
    Notre interlocuteur, si coriace et buté qu'il soit sur le plan du raisonnement, ne peut qu'être sensible à notre regard de bienveillance à la considération que nous lui marquons, au fait que nous le traitions comme un frère. Merci au Père Domergue, que je ne connais pas, de la grande leçon qu'il nous donne à cet égard !

    Elle est d'autant plus importante que nous ne cherchons pas à endoctriner comme Mao…Nous voulons simplement inciter les personnes de bonne volonté à redécouvrir une notion de bon sens fondée sur une expérience millénaire:

    une armature interne est aussi nécessaire aux hommes et aux sociétés, sur le plan des forces morales, que le squelette pour les êtres vivants…

Cela dit, quel rôle assigner à notre Association ?

La plupart de nos associations-soeurs ont un objectif précis mais couvrent ensemble un large registre concernant beaucoup de domaines intéressant le réarmement moral : respect de la vie, civisme, médias, livres, recours juridique, lutte contre la pornographie et la violence, défense de l'identité et de l'armée françaises…

    France-Valeurs se veut ( ou plutôt se voulait, depuis 1986 ) au contraire généraliste et son rôle découle de cette caractéristique.

    Elles peut d'abord contribuer à la formation de ses adhérents.
Ce faisant, elle doit les mettre en garde contre deux dangers, celui de donner l'impression
- que nous nous cramponnons pour le principe à un passé révolu, alors que ce sont des Valeurs éternelles que nous cherchons à promouvoir,
- que nous cherchons, sous prétexte de lutter contre une certaine pensée unique, à imposer à notre tour un certain ordre moral aux autres.

    Il s'agit donc d'expliquer à nos amis
- l'enjeu du combat des idées actuel, sans dramatiser,
- et les principes à mettre en œuvre: attitude respectueuse et positive, ton mesuré,
diffusion par tache d'huile, appel au bon sens, souci permanent de donner priorité au travail de fond et de tirer les hommes vers le haut, en n'hésitant pas à aborder l'aspect spirituel des problèmes.
    Elles peut aussi contribuer à donner l'alerte en cas de danger pressant dans des domaines où l'on est le moins averti ( exemple : les manipulations génétiques …).

    Elle peut de même contribuer à animer et à coordonner la riposte en donnant des outils à ses adhérents ( argumentaire …) et en leur fournissant des occasions de réagir.

    Elle peut enfin essayer d'agir sur la société à travers des réseaux constitués d'hommes d'influence. ( Les anglo-saxons parlent à cet égard de lobbying ).

    Tout cela suppose chez ses adhérents
· un idéal élevé
· de la volonté opiniâtre
· de l'audace
· et de l'imagination.

Sur tous ces points, le débat est ouvert. L'enjeu en vaut la peine.
Jean Delaunay
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Les deux lettres publiées ci-après sont destinées à amorcer ce débat. Nous espérons qu'elles seront suivies de beaucoup d'autres. On peut nous écrire par lettre ou par E-mail à l'adresse électronique suivante :
francevaleurs@aol.com
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Que cherchons-nous vraiment ?

    " Pour enchaîner un peuple, on commence par l'endormir ", préconisait Jean Paul Marat. La récente fronde de Gênes perturbe la léthargie de notre société de confort et de consommation. Elle nous force à nous interroger sur les véritables enjeux du monde contemporain.
    Que cherchons- nous vraiment ? L'opulence de quelque-uns ou une vie meilleure pour tous ?

    L'homme, en quête de bonheur, est par nature enclin à vivre en société. Celle-ci évolue aujourd'hui à un rythme effréné, pour nous permettre d'assouvir tous nos désirs, grâce à d'innombrables conquêtes, tant matérielles qu'intellectuelles.
    Nous pensons avoir tout pour être heureux mais le sommes-nous vraiment ? Ayons le courage de nous poser en toute sincérité la question. Souvent, nous reconnaîtrons qu'il nous arrive d'oublier l'essentiel de la vie : son but. Que cherchons-nous vraiment ?

    Certains, de plus en plus nombreux, mettent en cause une perte de références, un manque de valeurs, sorte de colonne vertébrale sans laquelle une société ne peut survivre. Certes, un référentiel de valeurs est nécessaire à la vie en société mais celui-ci existe aujourd'hui probablement plus que jamais. Il nous est sans cesse proposé avec une méthode et une force redoutables, puisqu'il répond aux désirs primitifs de l'homme. Regardons donc nos écrans de télévision, nos journaux et nos affiches publicitaires pour relever les maîtres mots de notre société.
    Ses valeurs fondamentales sont l'argent, le plaisir et le pouvoir, et elles s'opposent donc brutalement aux valeurs chrétiennes qui sont à l'origine de notre civilisation multi-séculaire.
    Alors, aurions-nous été trompés ? servilité ou liberté ? plaisir ou bonheur ? Que cherchons-nous vraiment ?

    Cet avènement du matérialisme est un fait. Il serait illusoire de ne pas le reconnaître ou de vouloir s'y soustraire, même si nous avons le devoir et surtout l'espérance de tout faire pour proposer d'autre voies.
    Il est vraiment difficile de lutter contre cette domination idéologique qui nous pousse chaque jour à nous y soumettre. Qui oserait dire qu'il y est indifférent ? Sans vouloir se culpabiliser inutilement, nous pouvons malheureusement reconnaître que nos réactions spontanées sont souvent de nous intéresser et de négocier les prix de nos échanges, de nous laisser attirer par l'ambiguïté de tels événements, revues ou rencontres, et aussi de succomber à l'orgueil de " paraître " en recherchant le pouvoir sur autrui. Soyons sûrs que ces valeurs dites modernes ne permettent pas d'accéder au bonheur car elles nous enchaînent trop souvent dans une recherche immodérée, et forcément toujours inassouvie, de plaisirs humains. Cela aboutit toujours à une profonde amertume, et parfois à des échecs retentissants, le jour où l'on se découvre seul, désemparé, face à cette quête illusoire de futilités.

    Une catastrophe ou une profonde épreuve vient parfois perturber nos vie au point de nous rappeler l'essentiel qui est, je crois, le lien d'amitié et d'amour interpersonnel. De là, on peut construire un autre système de valeurs qui se fonde sur le respect mutuel des personnes. Croire que l'autre est plus important que soi est une des clés principale de cette approche sociale. Ainsi, les valeurs-cadres deviennent la vérité des échanges, le désintéressement, l'esprit de service qui s'opposent diamétralement à celles qui nous entourent aujourd'hui. Pour autant n'ayons pas peur de nous y attacher viscéralement et de partager cette réflexion au jour le jour avec ceux qui peuvent s'étonner de notre comportement. Le monde évolue et nous pouvons penser et espérer que ce qui nous semble bon aujourd'hui, soit progressivement reconnu et partagé dans notre société. Ne craignons pas d'être en avance et de proposer une véritable voie au bonheur.

    Cette référence à des vraies valeurs jugées transcendantes est paradoxalement reprise aujourd'hui au sein des entreprises, dans le but initial de recherche de profits. Elles s'affichent ainsi orientées vers la loyauté, le service, l'écoute, la vérité… et les employés reconnaissent, quant à eux, leurs préférences pour les entreprises cultivant un véritable esprit d'humanisme, nécessaire à leur épanouissement. Ces petits signes d'évolution sont encourageants car, dans notre société toute économique, l'entreprise est un partenaire essentiel qui peut influer sur notre destinée.

Que cherchons-nous vraiment ? Sans aucun doute : le bonheur véritable.
Alors laissons-nous toucher par les seuls liens d'amitié et d'amour, de respect de soi et des autres, qui construisent un système de valeurs propices à la vie d'une société véritablement humaine. Elles sont exigeantes car elles refusent la facilité de plaisirs immédiats et décevants, mais de telles dispositions élèvent l'homme. Sachons ainsi prendre part à cette évolution salutaire. Réveillons en nous l'audace de la vérité, et gagnons notre liberté face à des fausses valeurs omniprésentes et avilissantes.
Dominique de Lorgeril

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Une de nos jeunes adhérentes, étudiante de 20 ans, nous écrit par ailleurs :

" La solution magique n'existe pas… Si c'était le cas, on l'aurait déjà trouvé…
Reste à analyser ce qui frappe les esprits aujourd'hui, pour savoir enfin comment faire changer les choses.
    La l'idée de Masse frappe, on le sait bien, et c'est souvent la majorité qui l'emporte.
Il nous appartient à présent de faire de nos convictions une opinion majoritaire.
La question reste la même: Comment agir ? Inutile de spéculer, de chercher les réponses dans des livres qui n'existent pas encore.

Les clés du problème sont la plupart du temps entre nos mains, et trop souvent, nous les laissons filer, par défaitisme, ou simplement parce que nous ne nous considérons pas à la hauteur .
    Par exemple, de plus en plus de débats télévisés sur des sujets très actuels et qui nous concernent tous envahissent nos écrans :
Bien souvent, on leur reproche leur aspect trop politiquement correct, anti-clérical et démagogique…
Mais où étions-nous le soir de l'enregistrement ? … On ne nous a pas vus sur le plateau.
Pourquoi voudrions-nous que nos adversaires se taisent alors que ni vous ni moi ne nous déplaçons pour leur clouer le bec ?
Ah, si ! …On a vu Stan Rougier, Guy Gilbert et peut-être une fois Sœur Emmanuelle.
C'est drôle, on les avait déjà vus l'année dernière…
Comment voulez-vous que nous soyons crédibles en ne présentant à la France que trois figures de proue ?
Sont-ce là les uniques représentants des Valeurs que nous avons fait nôtres ?
Il y a parmi nous une multitude de personnes capables de renverser la tendance.
Ce n'est pas derrière la petite table du petit local, de la petite association que nous les attendons.
Même si leur travail est digne de louanges, leur place est derrière les micros des grands journalistes, des grandes chaînes de télévision.
Parce que ce sont ces mêmes micros que les Français écoutent. Parce que c'est en étant écoutés que nous serons entendus… C'est en étant entendus que nous serons compris…

    Vous avez critiqué Loft Story au cours de vos dîners… Mais pendant ce temps-là, vos propres enfants regardaient, " juste pour se faire une idée ", cette émission que vous jugiez " pitoyable et poussant au voyeurisme " !
    La transmission des valeurs commence aussi par là.
Il ne faut plus faire les choses " juste pour se faire une idée ", parce que vos enfants auront tôt fait de " juste se faire une idée " du shit, de l'ambiance d'un squatt, ou d'une bonne cuite.
" C'est pas grave ! " diront-ils pour se justifier. " C'était juste une fois, juste pour voir. "
Et ils ont vu. Et maintenant qu'ils ont vu, ils savent, et ils recommenceront…ou tenteront autre chose, une fois encore, " juste pour voir… "

    Combien d'entre vous ont déjà manifesté en faveur de telle ou telle cause et se sont échappés en apercevant un journaliste décidé à vous interroger ?
En agissant ainsi, nous cédons le micro aux " forts en gueule ", à ceux qui n'ont pas peur de hurler, à ceux-même qui seront hués le soir au JT parce qu'on leur reprochera leur extrémisme et leur incapacité à s'exprimer paisiblement, avec les charmants sobriquets de fachos " et " nazillons " qui vont toujours avec.
    Et là encore, une manifestation tombe à l'eau, malgré les milliers de personnes rassemblées, parce que nous n'avons pas su prendre la parole au bon moment.
    On s'en rend bien compte… mais c'est trop tard. "
AD
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