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Le billet de la semaine
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La pollution morale : une nouvelle cause nationale
05/12/2007
       L’odieux assassinat d’Anne Lorraine, dimanche dernier dans le RER, aurait pu ne constituer qu’un de ces misérables faits divers comme les journaux en rapportent chaque jour des dizaines. Mais la personnalité lumineuse de la jeune victime, comparée à la noirceur du geste de son meurtrier, en a fait un évènement national dont il importe de tirer les conséquences.

       La presse a unanimement salué le parcours sans faute de cette brillante élève-journaliste, déjà connue et appréciée dans la profession. Elle a décrit la générosité de ses engagements auprès des jeunes, la profondeur de sa foi chrétienne, la force de son caractère. Elle a rapporté l’indignation générale devant le fait qu’une jeune fille parée de tant de dons, fiancée et promise à un avenir prometteur, puisse mourir sous les coups d’un obsédé sexuel, récidiviste de surcroît.

       Son père est l’un de mes frères d’arme. C’est une raison de plus pour que je joigne ma voix à celle de milliers de Français qui disent à ses parents que nous partageons leur souffrance et que nous associons la mémoire de leur fille à celle des martyrs d’hier et d’aujourd’hui.

       Mais il faut tirer les leçons de ce drame.

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       J’ose m’y essayer en tant que très ancien visiteur de prison. J’ai eu, trop souvent, l’occasion de rencontrer et d’accompagner des délinquants de ce genre. Loin de moi, donc, l’idée d’exploiter cette sinistre occasion pour jeter l’anathème sur ceux d’entre eux qui sont issus de l’immigration car je sais que ce genre de perversité se rencontre dans tous les milieux.

       Je veux au moins témoigner ici de ce que j’ai souvent entendu de la bouche des intéressés eux-mêmes, et que l’enquête policière en cours semble ici confirmer puisque le coupable a avoué qu’il venait de visionner une cassette pornographique avant de monter dans le train.

       On ne peut pas à la fois s'indigner de la multiplicité des drames comme celui-ci, réclamer, à bon droit, le chatiment sévère des coupables ... et continuer à absoudre les pornocrates dont l’ignoble production conditionne les esprits les plus vulnérables en les poussant à passer à l’acte.

       Sans occulter leur responsabilité personnelle, écrasante, reconnaissons que la dérive incontrôlée de notre société médiatique prépare, fabrique et multiplie des délinquants sexuels.

       Au nom du principe de précaution si souvent évoqué dans d’autres domaines, osons donc exiger que la sacro sainte liberté d’expression soit limitée dans des domaines de la publicité et de la littérature érotiques et de la pornographie, notamment audiovisuelle. Osons affirmer que les promoteurs, les rédacteurs et les acteurs de cette production sont les complices et les instigateurs indirects mais efficaces des crimes commis.
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       Après l’émotion soulevée par le martyre d’Anne Lorraine ( après tant d’autres ), demandons que le dossier de la pornographie soit reconnu comme étroitement lié à celui des crimes et délits sexuels et que son traitement soit considéré comme une grande cause nationale, au même titre que la prévention des maladies graves ou de la pollution.
Jean Delaunay
www.francevaleurs.org

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