http://www.francevaleurs.org

Le billet de la semaine
Retour
Ethique, politique et développement durable
26/09/2007

      Devant la montée incessante des besoins énergétiques du monde et face à la menace d’épuisement des puits de pétrole, les chercheurs ont cru trouver une solution miracle avec l’éthanol. C’est un produit de la fermentation, du traitement et de la distillation de végétaux dont le maïs est le plus courant. On dit que sa combustion dans les moteurs pollue moins que l’essence et le fioul et qu’il revient 30 % moins cher. Aussi son succès commercial va grandissant au point qu’on l’appelle déjà « l’or vert ».
      « L’or noir » constituant une redoutable arme économique et politique entre les mains des dirigeants de pays relativement instables, en majorité musulmans, ce nouveau biocarburant répond aussi à la nécessité pour nos pays d’échapper à la dépendance.
      Déjà, la moitié de l’essence consommée aux USA comporte 10 % d’éthanol ; le chiffre serait susceptible de passer à 15 % prochainement. La même tendance se dessine au Brésil et, dans des conditions plus modestes, en France. Aussi, la culture du maïs, déjà pratiquée intensément dans beaucoup de pays riches, connaît-elle un développement spectaculaire, d’autant plus, qu’après la flambée du prix du pétrole, elle est très rémunératrice pour les producteurs.
***

      Tout irait donc mieux dans le meilleur des mondes ?
      Ce n’est, hélas, pas le cas et déjà, les effets pervers de cette nouvelle politique énergétique commencent à se faire sentir.
      Sur le plan de l’écologie d’abord car on fait remarquer que, si les moteur à éthanol sont directement moins polluants que les moteurs classiques, la production industrielle du nouveau carburant induit indirectement une nouvelle pollution et consomme une grande quantité d’énergie, contrairement au pétrole et au charbon qui se sont constitués gratuitement au fil des âges dans le sous sol.
      On ajoute que la culture du maïs consomme des tonnes d’eau alors que le manque d’eau est précisément l’un des drames de la planète.
      Mais c’est sur le plan éthique que les objections sont les plus déchirantes. La loi de l’offre et de la demande fait en effet monter le prix du maïs. Or, il constitue la base de l’alimentation de millions de pauvres gens, notamment de la frontière nord du Mexique à la Terre de feu.
***

      France-Valeurs ne cesse de répéter que les Valeurs humaines fondamentales sont indissociables. Par exemple, qu’il ne peut y avoir de vraie liberté sans responsabilité… ni de bonne autorité sans justice et sans générosité… De même, pour employer un mot à la mode, le développement durable ne peut reposer que sur un compromis entre des nécessités souvent contradictoires : économiques, politiques, écologiques et morales…
      Puissent ces dernières peser demain davantage qu’hier dans les décisions gouvernementales et les négociations internationales !
Jean Delaunay
***

haut de la page
Retour