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Le billet de la semaine
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Expériences d’été tous azimuts.
22/08/2007

      A en croire les recruteurs, l’expérience aurait tendance à primer sur le diplôme, dont la nécessité ne saurait ici être remise en cause, tant la qualité d’un diplôme offre des possibilités de stages intéressants et permet une passerelle vers le monde du travail.
      Néanmoins, j’ose croire que le diplôme ne suffit pas puisque France-Valeurs m’invite à partager mon modeste « vécu ».
      J’ai eu tout d’abord la chance de vivre pendant trois semaines le quotidien des enfants des rues et de leurs familles dans un bidonville de Lima, au Pérou.
      Trois semaines, hélas trop courtes, mais tellement authentiques, pleines de visages, de sourires et de mains tendues.
      Trois semaines rafraîchissantes et accablantes à la fois ; vingt et un jours de joies et de tristesses ; vingt et un jours pendant lesquels on vouvoie le ciel et tutoie l’enfer. Bref, du courage, des larmes, des rires, de la sueur, du sang…de la vie !!!
       Il y eût aussi ces petits « jobs d’été » où l’on peut-être tour à tour rat des villes en usine et rat des champs dans les vignes.
      Des métiers difficiles exercés par des hommes rudes mais pour qui se lever tôt le matin est une nécessité pour nourrir leur famille. Aussi serait-je prudent dans mes propos, étant gâté par la vie et ne travaillant que pour subvenir à de maigres dépenses, souvent d’ailleurs superflues.
      J’ai été dernièrement véritablement plongé dans un monde coloré où j’étais le seul blanc, « l’étranger » au milieu de maghrébins, de noirs, et d’indiens.
      Être au contact de ces gens interdit tout racisme, tant on est loin des images choc du 20h sur la « dalle d’Argenteuil ». Ils avaient de 19 à 60 ans et j’étais très loin des « sauvageons » de J.P Chevènement ou des « racailles » de N.Sarkozy.
      J’ai constaté chez eux une réelle déférence à l’égard de leur pays d’accueil malgré un français parfois encore bredouillant mais sensé. Bien sûr, et qui leur jetterait la pierre, leur « mère patrie » leur manque et il faut prendre le temps de se pencher sur leur histoire personnelle pour se rendre compte à quel point il doit être difficile de quitter son pays. Les clichés du jeune étudiant que je suis, quant à l’immigration de manière générale, ont volé en éclats et j’en suis heureux, car moins sot.
Alors, continuons, nous les nantis, à pratiquer et à faire pratiquer par nos enfants ces travaux d’été de tout poil, car si la richesse est un privilège, l’aristocratie, elle, est universelle que l’on soit né Rachid, Allassane ou Matthieu.
      Repoussons donc, autant que faire se peut, ces stages élégants dans des fauteuils capitonnés devant des écrans plasma et prenons le temps de partager, au moins seulement quelques jours, le quotidien difficile des gens les plus modestes et pourtant parfois les plus héroïques.
Matthieu,
Etudiant en licence de droit public
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