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Le billet de la semaine
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« De notre mieux …» et « Toujours prêt »
08/08/2007

      Je suis de ces vétérans qui, lors d’un des premiers « Jamboree », ont acclamé le fondateur du scoutisme. Des milliers de jeunes de tous les pays scandaient à l’anglaise « Bi Pi » (= BP, comme Baden Powell). Chapeau d’éclaireur, vareuse militaire et short kaki, il passait au milieu de nous, disant un mot à chaque délégation et admirant ses travaux. (Dans le cas de ma troupe, un pont de singes lancé sur un ruisseau et réalisé exclusivement avec nos bâtons d’éclaireurs et nos lassos.) On lisait déjà la satisfaction sur son visage de vieux soldat…
       Il doit se réjouir encore davantage là haut en sachant que ses enfants sont aujourd’hui 28 millions dans le monde et qu’ils célèbrent le centième anniversaire de leur mouvement.
       C’est en effet en 1907 que ce général de cavalerie retraité, vétéran de la guerre du Transvaal et héros du siège de Mafeking, a écrit son livre « Scouting for boys ». Il posait les bases d’un mouvement de jeunesse résolument novateur à l’usage initialement des jeunes garçons des milieux déshérités du grand Londres. Son livre ayant reçu un bon accueil, il est rapidement passé à la mise sur pied d’un certain nombre de troupes masculines qui ont vite essaimé en dehors du Royaume Uni. Une branche féminine du scoutisme n’a pas tardé à apparaître et ce sont aujourd’hui de nombreuses associations qui pratiquent les méthodes scoutes. Les unes sont confessionnelles (scouts catholiques, protestants, juifs et musulmans). D’autres sont neutres.
      Toutes considèrent le scoutisme comme « l’école de la vie. » (titre d’un second livre de BP)
      A travers une existence en commun simple, joyeuse, vécue le plus souvent possible en plein air, entrecoupée de mini aventures, on y apprend en effet aux jeunes à se débrouiller, à découvrir la nature, à l’aimer et à la respecter, à acquérir le sens de la camaraderie, du service (la BA quotidienne) et de l’entraide. Ils y découvrent progressivement la discipline et l'autorité. Ils y trouvent souvent un idéal de vie symbolisé par des devises comme « De notre mieux » et « Toujours prêts ».
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      Scout très quelconque, je n'ai pas été un chef, pour des raisons de santé mais j'ai été profondément marqué par mon passage au scoutisme et j’ai expérimenté que tous ceux qui sont passés par cette « école » ont quelque chose en plus que les autres. Mes enfants et mes petits-enfants ont tous été scouts, certains ayant été chefs de troupe et même, récemment, pour un ménage, chefs de groupe.

             Cela dit, il faut reconnaître qu’à partir de 1968, le scoutisme français, dont le recrutement était en majorité bourgeois et classes moyennes, a connu une crise. Calomnié de l’extérieur comme susceptible de perturber des enfants soi-disant soumis à des efforts trop rudes dans une ambiance trop militaire, il a aussi été déchiré de l’intérieur par des querelles idéologiques entre les tenants de la tradition et ceux qui tenaient à démocratiser le mouvement. Ces désaccords de fond ont même abouti à de douloureuses scissions. Quarante ans après, ces difficultés sont en voie d’aplanissement. Je m’en réjouis.
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      Je constate aussi que la crise des banlieues fait apparaître que, comme «BP» l’avait prophétisé, il est nécessaire d’arracher les jeunes à leur ghettos, de les mélanger avec d’autres, de les plonger dans une saine ambiance nouvelle pour eux où ils aient chacun une responsabilité à assumer, le tout sous un encadrement vigilant mais entraînant, ouvert et joyeux. Le scoutisme, qui a précisément été créé dans ce but continue, selon moi, à offrir le meilleur cadre qui soit à cette rénovation du tissu humain des quartiers.
      Outre l’accord des intéressés et des parents, cela suppose évidemment qu’un certain nombre de garçons et de filles de grande qualité, solides et bien formés, acceptent d’aller encadrer des unités de banlieue en amenant avec eux quelques adolescents susceptibles de faire lever la pâte.
      Alors que de nombreux jeunes français sont volontaires pour consacrer une année sabbatique au service des autres, outre mer dans le cadre d’une ONG, je souhaite que d’autres jeunes soient détectés et encouragés à actualiser chez nous la magnifique entreprise de BP.
      A mon avis, une année de ce service mériterait même d’être validée comme une année d’université ou de grande école. Guy Gilbert , l’apôtre des loubards, dit en effet : « Nous pensons que ceux de nos enfants qui poussent mal et sont d’une faiblesse immense peuvent, au contact permanent d’hommes et de femmes chaleureux, aimants, sachant leur dire « non », entrer dans la société et y trouver enfin leur place. »
Jean Delaunay

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Lexique scout
"Le scoutisme 100 ans et toujours prêt!" (Dossier La Croix)

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