http://www.francevaleurs.org

Le billet de la semaine
Retour
A quand « Europe-Valeurs » ?
01/03/2006

     Pour contempler son pays avec un regard objectif, rien de tel que d’aller à l'étranger. Je ne reviens ni de Zanzibar ni du Kamtchatka mais j’arrive de Rome.

     En parcourant ses rues et en revisitant ses basiliques et ses palais, j'ai pris là bas, d’un certain point de vue, une leçon d'optimisme politique. Je l’ai cependant relativisée en regardant la situation sous l’angle qui m’est le plus familier : celui des Valeurs.

     Fondée vers 750 avant Jésus-Christ, La Ville s'est développée au point de devenir le centre du monde pendant l’Antiquité. Envahie et mise à sac à plusieurs reprises, elle a été aussi souvent rebâtie mais son déclin a été aussi spectaculaire que son ascension. Au Moyen Âge, les moutons paissaient sur le même Forum où l'on avait célébré triomphalement les conquêtes de la Grèce, de l'Espagne, de la Gaule, la ruine de Carthage et l'avancée des légions du Sahara jusqu’à à l'Écosse et à l'embouchure du Danube...
    Le fait d’être redevenue, au XV° siècle, le siège de la Papauté lui a rendu son lustre avec un développement artistique extraordinaire. Celui-ci ne lui a cependant épargné ni les guerres civiles ni les invasions étrangères, sans parler des malheurs liés à la dictature fasciste.
    Moyennant quoi, aujourd'hui, la Ville paraît prospère. Les touristes y affluent du monde entier, notamment d’Extrême-Orient. D'innombrables chantiers de travaux publics attestent de la volonté d'entretenir et de rénover ce fabuleux patrimoine.

     Cette activité colorée et bruyante dénote une grande vitalité. Réputée depuis 40 ans pour son dynamisme économique (un peu désordonné), l’Italie connaît cependant deux points faibles, et ils sont de taille.

     C'est d’abord la faiblesse de sa natalité, l'une des plus basse d’Europe. Ce pays a survécu à tant de péripéties notamment parce que ses femmes avaient beaucoup d'enfants, au point, qu’au XIX° siècle, une grande partie de ceux-ci était obligés d'essaimer vers les Etats-Unis, la France ou l'Argentine. Ce n’est plus le cas aujourd’hui et on y voit au contraire affluer les émigrés albanais, balkaniques et même asiatiques. Or, m’a-t-on appris : « Il n'y a de richesses que d'hommes. »

     Deuxième facteur de fragilité : comme chez nous, la perte des repères moraux et spirituels. Les anciens Romains demandaient du pain et des jeux ; beaucoup de ceux d’aujourd’hui ne se soucient guère, semble-t-il, que de pasta, de calcio* et de télé( bas de gamme)
***
A l’heure où les projets de « mariage » hors frontières des grands groupes industriels et financiers nationaux font tant de bruit, qui se souciera de créer
« l’Europe des Valeurs » ?
Jean Delaunay
***
* football
haut de la page
Retour