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Alors que l’actualité affecte d’éclipser, notamment à travers le Grand Débat National, tous les problèmes sociétaux, ceux qui sont liés à la vie, je juge utile de laisser la parole à l’un de ceux qui connaissent le mieux ces questions et qui les traitent, eux, de façon humaine.
Jean Delaunay
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Editorial de Jean-Marie Le Méné
Président de la Fondation Jérôme Lejeune

Nous célébrons, cette année, le 25ème anniversaire de la mort du Professeur Jérôme Lejeune. Que retenir de cette date ? Un paradoxe étonnant. Voilà le cas fort rare d'un homme célèbre disparu il y a un quart de siècle et dont il n'est même pas nécessaire de rafraîchir la notoriété. D'une certaine façon, il est presque plus vivant depuis qu'il est mort. A tel point que certains s'évertuent à le faire disparaître une seconde fois. Effort attendrissant qui ne fait que renforcer la présence irremplaçable du Professeur Lejeune pour notre temps. L'explication de cet acharnement est simple. Jérôme Lejeune, père de la génétique moderne, a été un visionnaire. Il a été le premier à annoncer ce que deviendrait la génétique humaine pour le meilleur et pour le pire, l'arbre du bien et du mal, à la fois science admirable de la genèse et fol outil du démiurge.

Avec cinquante ans d'avance, il avait tout anticipé jusqu'au génocide des imparfaits, remboursé comme un soin, et à la création d'embryons humains de laboratoire pour épargner l'animal, sans oublier les égarements de la PMA vers les mères « vendeuses ». Aussi longtemps qu'on n'a pas pris au sérieux ses précoces mises en garde, Jérôme Lejeune ne gênait personne, on le tenait pour un doux rêveur. On découvre qu'il a été le seul à prévenir de ce qui advient maintenant. Songeons qu'il ne survit plus un seul enfant handicapé, diagnostiqué avant la naissance, sauf opposition expresse des parents ! Il faut faire taire Jérôme Lejeune parce qu'il nous fait honte.

Mais la postérité du Professeur Lejeune tient surtout à la cause intacte qu'il nous a laissée : soigner ceux que la technique, le marché et le droit ont décidé d'abandonner au bord du chemin, ceux dont l'autorisation de vivre est mesurée par des tests qui rapportent des milliards de dollars à leurs fabricants. Rendre à la médecine ses lettres de noblesse dont les fossoyeurs voudraient s'emparer pour faire passer en contrebande les marchandises frelatées du transhumanisme. Oui, cette cause prospère, en particulier auprès des plus jeunes, parce qu'elle est une figure de l'éternel combat de David contre Goliath et parce que seul l'exemple inimitable possède la force de convaincre. Elle gagne du terrain car la nature de l'esprit humain est de ne jamais se lasser de comprendre, ce que la technophilie généralisée nous interdit désormais. Parce que, bien sûr, il est déjà plus facile de produire des enfants à l'essai, usinés à façon, passés au tamis, que de comprendre leurs maladies ou leurs handicaps et de réussir à les guérir.
Qu'on se le dise, Jérôme Lejeune n'est pas consensuel et ne le sera jamais mais il est rassembleur et le sera toujours. Il a montré que le contraire de l'absurdité mortifère que nous connaissons n'est pas la raison mais la joie de comprendre et d'aimer ce qui est bien. Certaines célébrités d'aujourd'hui sentent la fabrication racoleuse. Celle de Jérôme Lejeune a la fraîcheur inaltérable du souvenir d'enfance qui accompagne toute la vie.

Paru dans la lettre de la Fondation de mars 2019
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