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Il faut soutenir le soldat Cheyenne (bis)
Le 19 avril 2017 paraissait ici sous le même titre un billet de Marc Delaunay appelant notre attention sur une femme hors du commun qui méritait notre soutien. Je viens de la rencontrer et j’éprouve le besoin de renouveler son appel. JD
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Il faut soutenir le soldat Cheyenne (bis)
Par Jean Delaunay
Je connaissais son parcours qui faisait déjà mon d’admiration mais l’entendre me le raconter a renforcé ma conviction, qu’à tous les titres, oui, elle mérite notre amical soutien.

Née en France en 1976, d’origine kabyle mais abandonnée à la naissance, elle a été élevée dans la tendresse par d’excellents et modestes catholiques de gauche qui n’ont pu l’adopter qu’à sa majorité. Elle a eu ensuite l’immense mérite, autodidacte, de réussir, en 20 ans, sans argent et initialement sans relations, à percer dans ce milieu bien particulier du cinéma.
Les circonstances lui ont certes été favorables, notamment, dès leur rencontre, la sympathie et les encouragements de son illustre voisin, Pierre Schoendoerffer.

Elle a écrit sur sa vie un livre : « Le cinéma ou rien » * qui définit bien son état d’esprit.
Je précise qu’elle aime l’armée et ses valeurs, notamment la Légion où elle aurait voulu servir ! D’ailleurs, la préface de son livre est du Général d’armée Dary, président de la Saint-Cyrienne, ancien et excellent officier de Légion.

Elle a surtout réalisé plusieurs films dont le moins qu’on puisse en dire, c’est qu’ils traitent de sujets inédits et sont d’autant plus prenants.

A travers eux, elle veut transmettre un message et cela nous rapproche encore malgré nos différences car, arrivé à la fin de ma vie, j’ai la même préoccupation.

En particulier, s’agissant de sa future réalisation, le film « Soldat, mon amour ! », son projet m’intéresse particulièrement.
J’ai en effet publié en 2004 le livre:« Femmes de soldats d’hier et d’aujourd’hui ».Même si les personnages imaginaires qu’elle met en scène n’ont pas le même statut social que mes héroïnes réelles, je crois que son film pourrait, d’une certaine façon, prolonger et compléter mon objectif d’il y a 15 ans.

C’était celui de rendre hommage à celles qui, ayant accepté de partager la vie d’un soldat, attendent souvent son retour en faisant vivre la base arrière et en assurant l’éducation des enfants, dans les bons et les mauvais jours.

Il n’y a que l’Amour (avec un A) qui puisse permettre ce tour de force (assez répandu quand même…) Son film développera la même merveilleuse réalité humaine que mon bouquin.

Comme d’autres camarades, je tiens donc à les faire connaître, elle et son projet, à tous ceux qui pourraient la soutenir et l’aider à élargir sa réputation..

Je la remercie de l’exemple que qu’elle nous donne et je l’encourage à continuer dans la belle voie qu’elle a choisie.

Jean Delaunay

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Son site Internet est*« Le cinéma ou rien »
Hésiode productions 15 rue Raynouard 75016 Paris 20 € ISBN 979- 10- 699- 3051- 3

Cheyenne a également créé une collection de parfums :
Parfums

Présentation du livre : « Le cinéma ou rien » (en 4° de couverture)
« D’un film à l’autre, Cheyenne poursuit une quête à la fois intime et universelle. Et le temps irrigue et sédimente ce questionnement : entre une jeune fille taraudée par la foi (Extase) , une autre à la recherche de ses origines (Ne nous soumets pas à la tentation), une fille publique qui se bat pour la reconnaissance de son adoption, Cheyenne a d’abord exploré la version féminine. Devenue Cheyenne-Marie, elle s’est ensuite attachée à filmer des jeunes hommes eux aussi en quête d’identité et d’attache. La conversion d’un jeune musulman au catholicisme (L’apôtre) , le racisme anti blanc (Patries ), la difficulté à présenter enracinement et pureté dans un monde libéral impitoyable (La morsure des dieux),le basculement dans le fanatisme (La chute des hommes ), l’attirance pour un idéal militaire (Jeunesse au cœur ardent), les thèmes sont abordés de front. La douceur du regard rend profondément humaines ces trajectoires à vif, souvent déroutées, toujours fixées vers une grande idée. Rien de figé dans ce cinéma fougueux qui saisit des élans de vie, en liberté. »
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Extrait de la préface

(…) « Cheyenne est une Ultra par son parcours personnel, à la fois douloureux, chaotique puis religieux. Son passé complexe explique son regard empli d’humanité quand elle écrit ses scenarios ou tient sa caméra. Elle reconnait elle-même qu’avec un peu d’humanisme et avec l'éclairage que lui apporte sa foi, il est possible de s'emparer de n'importe quel sujet.

Cheyenne est fière d'être une Ultra par son style direct, sa force de caractère hors norme et sa persévérance- pour ne pas dire son entêtement. Sa volonté l'amène ainsi à citer Nietzsche, quand elle doit gravir une montagne : « Monte et n'y pense pas ! ». C’est pourquoi à chacun de nos échanges, je me demande : Qu'est-ce qu'elle va encore inventer ?

Peut-être même de façon inconsciente, Cheyenne reste une Ultra dans sa recherche de la vérité et son refus du faux-semblant ; elle sait que dans le cinéma « tout se vole » et qu'il s'agit avant tout de paraître.

Mais le mensonge dans lequel elle a vécu avec sa mère biologique dans son enfance et plus tard, l'a rendue excessivement sensible pour bannir ce qui est faux, rechercher en permanence et avant tout la simplicité, ou plutôt, comme elle l'écrit :« une vérité mise en valeur dans une esthétique ».

Enfin, Cheyenne devrait rester durablement une Ultra sans jamais rejoindre tous les autres. Son amour pour la Légion étrangère traduit ce désir fort de se situer en dehors des sentiers battus. Son parcours douloureux, sa soif d'absolu, son regard, à la fois détaché de la société et compatissant sur les cas particuliers et complexes, explique cet attachement naturel et profond à la Légion.

Espérons que Cheyenne poursuivra sa vocation de cinéaste hors normes. Ils sont trop peu nombreux les cinéastes qui osent filmer des hommes et des femmes en quête d'identité, en recherche de sens, ou désabusés autant par le conformisme ambiant que par la violence quotidienne, parfois fanatiques, souvent exclus, toujours confrontés à un monde qui se dit libéral mais qui est en fait impitoyable. Elle apporte son regard et une réponse inattendue, anticonformiste, humaine, interrogative -pour ne pas dire paradoxale- et qui renvoie chacun à ses propres certitudes ou à ses contradictions intimes.

Puisse-t-elle continuer longtemps à nous bousculer ainsi...
Général (2s) Bruno Dary


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