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Le CIVISME
Chapitre après chapitre, je continue à réviser notre argumentaire. Aujourd’hui le Civisme. C’est ’un des piliers de la société mais il est, comme elle, en crise. L’actualité nous montre même que la situation s'aggrave et qu’il faut réagir. Ce billet voudrait nous y inciter.
Jean Delaunay


Le CIVISME

1/ DE QUOI S’AGIT-IL ?
« Le civisme, dit le Littré, c'est le sentiment qui fait les bons citoyens. C'est l'attachement à la Cité. » Non seulement respecter des codes mais surtout vouloir le bien commun, donc une affaire de cœur.
Le bien commun, ce n'est pas seulement l'air, la rue, le jardin public. C'est l'ensemble des conditions permettant à chaque citoyen d'atteindre son épanouissement : sécurité, santé, moralité publique, accès au travail, à l'éducation, à l'aide aux familles, libertés de penser, de parler, de s'assembler, de pratique religieuse. D’où, pour chacun, une certaine renonciation à sa propre liberté..

LES TROIS NIVEAUX DU CIVISME

Le Civisme est un ETAT D'ESPRIT qui pousse d’abord chaque citoyen à ne pas gêner les autres ; e pas souiller le trottoir, respecter pelouses et banquettes… C'est le premier niveau du Civisme.
Complémentaire, le deuxième niveau est celui de l'électeur, du contribuable,.. Il correspond à l’obéissance aux lois. Il s'applique également à tous.
Le troisième implique en revanche du goût et des dons pour accepter des responsabilités dans la Cité en fonction de ses possibilités physiques et intellectuelles. Du pompier volontaire au député...

2/ LA CRISE DU CIVISME

Le Civisme est en crise car avec le progrès matériel l'individualisme a envahi nos cités;-et le sens du bien commun n'est pas inné. Il faut le faire découvrir progressivement aux jeunes. Or, c'est ce à quoi beaucoup d'éducateurs répugnent ou ne prêtent pas assez attention.
Le résultat, c'est, pêle-mêle, le saccage des lieux publics, l'abstention électorale, la fraude fiscale, les affaires, la montée de la délinquance et la difficulté de trouver des bénévoles désintéressés...

3/ L’EDUCATION AU CIVISME

Le bambin est naturellement égoïste. Il faut lui apprendre certains réflexes: respecter les jardins publics, les murs, les trottoirs, les banquettes... Accepter les droits de l'autre ... payer son billet dans les transports en commun...A travers cela, lui faire acquérir un certain ETAT D'ESPRIT CIVIQUE.
Cette initiation doit être progressivement approfondie, élargie et consolidée C’est donc une création continue et la TV pourrait mieux participer à des campagnes d'incitation au civisme.

Après la famille, l’école est le lieu par excellence de la sociabilisation. Celui où les enfants apprennent à dompter leur envie de remuer ou de parler, à respecter le maître et les autres, à acquérir des notions d’ordre, d’hygiène, de discipline et les bases de la morale. Encore faut-il que les enseignants en soient convaincus et qu’ils soient formés en conséquence !

Appartenir à une équipe. Respecter les règles. S'incliner devant les décisions de l'arbitre... Le sport est une excellente école de vie. Les Anglo-Saxons, férus de démocratie, lui ont donné plus de place que nous à l'école et à l'université. Des progrès sont sensibles chez nous mais nous pourrions essayer d’inverser encore plus le rapport sport-spectacle télé et pratique...

L'appartenance à un mouvement de jeunesse ouvre des perspectives éducatives complémentaires, chez les scouts notamment le fait, petit ou grand, de tenir sa place dans une patrouille, petite communauté à taille humaine... Y découvrir progressivement B>la responsabilité et l'autorité conçues comme un service. Le tout dans une ambiance de vie simple et joyeuse, dans la nature…

Il y a plus. Aujourd'hui où l'on cherche les moyens de remédier à la crise des banlieues, ne faudrait-il pas se pencher sérieusement sur l'expérience de ces milliers d'hommes et de femmes qui ont été formés pour la vie dans les mouvements de jeunesse et les patronages ? Devant la misère des jeunes déboussolés, ils pourraient être adaptés aux besoins et aux réalités d'aujourd'hui.

Par-dessus tout, le civisme s’enseigne dans la famille.
Comment ? Il n'y a pas de recette spécifique. L'éducation est un tout. Elle implique, entre autres, un minimum de compétence, beaucoup d'amour et de la cohérence entre ce qu'on dit et ce qu'on fait. Attention aux contre-témoignages Les écrans, petits et grands, exercent aussi une sorte de fascination sur les jeunes. L'apprentissage de leur usage est donc une nécessité éducative nouvelle.

Comme le reste, le civisme s'enseigne très jeune, au fil des jours, à petites doses, gare à la saturation.

La politesse rejoint le civisme. Dire bonjour, notamment aux gens de la maison qu'on rencontre dans l'escalier; céder sa place à une personne âgée... ce sont des réflexes à retrouver car ils sont oubliés.

Expliquons aussi aux jeunes le POURQUOI des choses, saisissons chaque occasion favorable. Par exemple, commentons, si possible en positif, un fait divers caractéristique, aperçu dans le journal par un enfant. Ou l'attitude "sportive" d'un joueur vu à la TV. Expliquons l’acte de donner son sang.
Essayons de traiter le civisme sous forme de leçons de choses mais n'abusons ni du terme civisme ni du monologue, et cherchons surtout à susciter l'attention des enfants et à les faire parler. Au moment de la déclaration d'impôts, faisons-les bénéficier d’une initiation au civisme fiscal ! Montrons-leur à quoi sert l'impôt et que, le payer, c'est un devoir élémentaire de citoyen.

D'une façon générale, essayons d'expliquer aux jeunes comment marche la société dans laquelle ils vivent. Cet aspect des choses a été longtemps le seul auquel s'intéressaient les programmes scolaires avec l'étude du fonctionnement des Institutions et des collectivités locales. Les notions de bien commun et de responsabilité du citoyen en étaient évacuées. Suivons les nouvelles directives qui recommandent de former des citoyens responsables.

Comment faire pour préparer les enfants à accepter des responsabilités dans la Cité : sur le tas, de façon pragmatique et progressive. Confions très tôt de petites tâches aux enfants dans la maison et poussons-les à accepter ailleurs des responsabilités à leur mesure, au bureau des élèves, aux scouts, dans les équipes sportives. La préparation d'un camp ou d'une fête de classe est très éducative. L'initiation au civisme et l'apprentissage de la liberté et de la responsabilité vont de pair.

Nos maîtres-mots sont donc : Traiter du civisme à dose homéopathique, commencer par apprendre des gestes, dialoguer en permanence, enseigner les leçons de choses du Civisme, créer un état d'esprit,

Ayons surtout le souci d'une éducation globale et enracinée dans la vie ; nous convaincrons progressivement tous les parents et éducateurs...

Mais ce que nous appelons les Valeurs Fondamentales sont indissociables et l'éducation des jeunes au civisme resterait bien désincarnée si on ne la complétait pas par l’éducation à la générosité.

Par ailleurs, une notion plus charnelle et plus chaleureuse qui s'appelle le patriotisme est, selon nous, inséparable du civisme. Si on n'y introduit pas l'amour de la patrie, l'éducation au civisme resterait sans finalité profonde et sans âme ...
Nos Valeurs sont inséparables et indissociables.
Jean Delaunay

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