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Billet de Noël
En cette période troublée où tant de problèmes s’additionnent et se télescopent, je veux consacrer ce billet à l’essentiel : la joie de Noël et celle d’avoir une famille.

Joie de Noël d’abord parce que c’est l’anniversaire de la naissance de Jésus qui, selon notre foi, a voulu être, un temps, l’un des nôtres et donc, Dieu, naître d’une femme. Par extension, c’est aussi, dans notre civilisation d’origine chrétienne, une fête des enfants et, par eux, de la famille.

Or, dans la sinistre actualité, marquée par le chaos des événements et des idées, la famille du type classique, à laquelle nous croyons, est la grande oubliée et maltraitée des institutions et des projets.
Ce, alors qu’elle reste, ou devrait rester, le pilier de la société.

Or, la crise actuelle de notre société se vit déjà dans la famille : diminution des mariages, multiplication des divorces, donc des familles monoparentales ou recomposées, ce qui aboutit au mal être de beaucoup d’enfants et d’adolescents. (En prison, j’ai vu que la majorité des détenus étaient issus de familles à problèmes...)
S’ajoute à tout cela le refus de certains couples de transmettre la vie, d’où baisse sensible de notre natalité, laquelle explose au contraire dans les pays pauvres.

Je développe tout cela dans le chapitre « Famille » de notre Argumentaire (à retrouver sur notre site www. francevaleurs.org ). J’en rappelle quelques points forts :

-La Famille « est la 1° école des vertus sociales nécessaires à toute société. » déclarait Jean Paul II. Ce qu’un sociologue traduit « c’est le principal amortisseur des difficultés sociales. »
-C’est le lieu normal d'apprentissage de toutes les Valeurs humaines.
-Et, par-dessus tout, elle est naturellement créatrice de bonheur.

- Pourtant cette réalité présente des aspects contradictoires.
La famille continue à occuper la 1° place dans les sondages mais la crise actuelle la touche de près : beaucoup de ses membres en rejettent les contraintes… Les ados en apprécient le confort mais cherchent à échapper à l’autorité parentale… Certains parents négligent leurs responsabilités d'éducateurs pour s'éclater…Par ailleurs, elle reste un lieu d'affrontements, parfois de crises et souvent d'échecs éducatifs.
J’ajoute que l'urbanisation, le matérialisme, l'individualisme, le travail de la femme et la maîtrise de sa fécondité ont abouti à modifier profondément sa vie d’autant plus que le politique y contribue : « Il n'y a pas de modèle familial; chacun invente le sien. » déclarait Mitterrand…

Malgré tout, la famille est perçue par beaucoup de gens comme un refuge qui leur assure une protection matérielle et psychologique contre une société froide et indifférente.
Elle offre au petit d'homme, très fragile, la sécurité matérielle et affective et, surtout, l'identité. C'est en son sein que, (dans les bons cas), il apprend le mieux, dans la tendresse et par osmose, les savoir-faire essentiels, les éléments culturels de base, langage notamment, les exigences de la vie en commun. C'est là qu'il s'imprègne le mieux et naturellement des valeurs de vie.

A tous égards, la famille, même quand elle est imparfaite, est irremplaçable pour l'enfant.
Elle contribue aussi à l'épanouissement des parents, hommes et femmes dont la plupart ont en eux le désir de fonder une famille.
C’est là où les adultes connaissent les joies les plus vraies et les plus profondes : réalisation de leur désir de maternité / paternité, émerveillement à la naissance de leurs enfants, fierté de les voir se développer et de les aider à progresse- avec les soucis correspondants. Les responsabilités contribue à les faire grandir, à exalter leur courage devant la vie et leur goût d'entreprendre.

Quant aux anciens, ils peuvent jouer à la fois le rôle de pilier et de trait d'union de la famille élargie, de phare, de mémoire, d'aide et quelquefois de recours. Ils peuvent souvent participer, discrètement mais efficacement, à l'éducation des enfants.
Même les personnes qui vivent seules y trouvent des éléments d'appui et d'affection.

En somme, elle est bien le pilier et le ciment de la société et l’amortisseur des difficultés sociales
En effet, c’est un fait que les familles heureuses aident les personnes à devenir heureuses et capables de rendre les autres heureux. A l'inverse, les familles malades font des époux blessés, des enfants vulnérables et une société déséquilibrée: drogue, délinquance…

La crise de la société française réclame donc un renouveau de la famille combinant - des efforts de la part de l'état, avec la mise en œuvre d'une vraie politique familiale pour rendre à la famille confiance en elle-même et lui donner les moyens de remplir son rôle car elle "travaille pour l'Etat" qui a tout intérêt à ce que les familles soient heureuses et équilibrées. Il est en effet incapable d'accomplir les tâches éducatives aussi bien qu'elle.
Point particulier important : les familles nombreuses sont défavorisées par la législation actuelle alors que ce sont elles qui ralentissent l'effondrement de notre démographie.

- et surtout les efforts individuels des hommes et des femmes qui constituent nos familles.

CONCLUSION

La famille est une réalité humaine éternelle. Elle porte la marque de la contradiction vivante qu'est l'homme, capable du meilleur et du pire. Elle est en permanence soumise à des forces antagonistes, donc en équilibre instable. Sa réussite dans la durée exige les efforts patients et permanents de tous, notamment des parents. Moyennant quoi, elle peut être un lieu de grand bonheur et une vraie cellule de société.
C'est pourquoi, au-delà de l'enjeu qu'elle constitue pour la pub, et malgré les critiques qu’elle suscite dans certains milieux, elle reste au plus haut niveau dans les sondages.

En plus de l’action de l’Etat, il nous appartient cependant à tous de renforcer et valoriser les familles en favorisant l'engagement responsable des parents. A cet égard, sachons comparer objectivement ce qu'on appelle la réussite dans le monde moderne et le bonheur d'une famille.
La première est fondée, entre autres, sur l'instantanéité, la performance, l'attrait du sensationnel, la massification des actions et le culte de la liberté (ou de la jouissance).
La construction familiale repose au contraire sur l'accomplissement, obscur mais dans l'AMOUR, de petites tâches qui exigent petits pas, longue patience et travail en profondeur, adaptation à la personnalité de chacun et surtout désintéressement total, don de soi permanent et fréquent appel à l'abnégation.
D'un côté, la civilisation mécanique, numérique et médiatique; d'un autre, ce que des catholiques appellent " LA CIVILISATION DE L'AMOUR"... Le grand problème des générations à venir sera de rendre possible la coexistence entre ces deux types de vie en donnant priorité à l’essentiel.
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A l’occasion de ce Noël dont les célébrations joyeuses doivent nous aider à dépasser l’attristante actualité, renforçons notre foi et notre espérance en la France par la Famille.
Travaillons à convaincre les pouvoirs publics de mieux la soutenir. Surtout, rendons les parents davantage conscients de leurs responsabilités éducatrices, aidons-les à s’épanouir en les assumant, et sachons montrer aux jeunes que
la vie de famille, c’est l’occasion majeure de donner et de recevoir du bonheur.

Bon Noël

Jean Delaunay

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