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Le billet de la semaine
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Recherche valeurs désespérément
18/04/2007
C’est le sous-titre que Jean Sévillia a donné à son dernier ouvrage : «Moralement correct». (n1)
Ce livre est poignant car il ose décrire sans fard le délabrement de la société française.
Il confirme les thèses soutenues par France-Valeurs depuis 21 ans. Il est facile à lire.
Nous croyons donc utile de présenter ici sa conclusion en invitant nos amis à le faire lire.
Jean Delaunay

***
La morale, ce chaînon manquant

      « Nous pourrions détourner les yeux. Ne rien voir. Faire comme si de rien n'était. Mais ce n'est pas possible : tôt ou tard la réalité nous rattrape. Les bouleversements qui, depuis trente ans, se sont produits dans les mentalités produisent des conséquences dont nous sommes les victimes. Tous. De ces bouleversements, nous sommes aussi les complices. Nul n'échappe à son époque, on l'a dit maintes fois dans ce livre : sans nous en rendre compte, chacun à notre manière, nous reproduisons les travers du temps.
      Quelque chose s'est détraqué dans notre société, provoquant mille petits faits qui, accumulés, forment de grands effets. Une société où la moitié des jeunes se droguent et se distraient en regardant des films pornos est déréglée. Une société où les familles se déstructurent aussi vite est déséquilibrée. Une société où des individus perdent l'habitude de se lever le matin parce qu'ils n'ont pas de travail ne tourne pas rond. Une société où l'on n'est pas certain de monter dans un train sans risquer d'être agressé ne fonctionne pas. Une société renonçant à enseigner ses valeurs à l'étranger qu'elle accueille vit dans la confusion mentale. Une société n'ayant plus confiance dans ceux qui la dirigent se résigne à perdre la maîtrise de son destin. Une société qui ne possède plus de règles partagées se prive d'un langage commun.
       « La barbarie, remarque le philosophe Guy Coq, ne surgit pas forcément à travers des bouleversements tout de suite évidents. Tout aussi préoccupants sont ces phénomènes d'érosion dans nos manières d'être au monde. On fait des petits pas, on peut croire que cela n'est pas bien grave, et la barbarie peut s'imposer à l'occasion d'un de ces petits pas ! »n2
      Pour éviter la barbarie, petit pas après petit pas, il faudra corriger notre route. Non pour aller en arrière, en quête d'un paradis terrestre qui n'a jamais existé, mais pour retrouver le carrefour où nous nous sommes trompés, et repartir de l'avant vers des buts qui, si lointains et si difficiles à atteindre soient-ils, ne sont pas des mirages. Reconstruire l'autorité à l'école. Réinventer la famille stable. Redécouvrir la vertu des limites. Réinstaurer le goût de l'effort. Redonner le sens de la responsabilité. Redéfinir qui nous sommes. Réinventer des codes permettant de vivre ensemble.
      C'est d'une morale dont nous avons besoin. Pas de la monnaie de contrebande du moralement correct, mais de vraies valeurs éprouvées par le temps. De la « bonne vieille morale de nos pères », la seule capable, dans un pays divisé de croyances, de parler à des hommes d'origines et de convictions différentes.
       Même si elle n'est plus à la mode, même si les élites ne l'enseignent plus, cette morale n'a pas disparu : elle anime encore le coeur et l'esprit de millions d'êtres. Si l'école fait naufrage, des professeurs tiennent bon. Si l'éducation flageole, des parents n'abdiquent pas. Si la jeunesse dérive, des jeunes tiennent le cap. Si le travail est dévalorisé, des courageux ne baissent pas les bras. Si de nouveaux venus se conduisent mal, d'autres se comportent bien. Si les institutions défaillent, des élus ne flanchent pas. Si l'Etat recule, des fonctionnaires se battent. Si les égoïsmes triomphent, des ouvriers du bien commun oeuvrent en silence. A tous ceux-là il suffirait, les préservant du désespoir, de redonner confiance, et de leur dire qu'ils ne sont pas seuls.
      Nous sommes malades d'un manque d'idéal. Ce mal-là n'est pas incurable.»
***

Note de France-Valeurs. “J’aurais volontiers ajouté: “à condition que nous sachions découvrir le sens de notre vie. C’est là en effet le fondement de la morale. »
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JD
1 « Moralement correct » par Jean Sévillia éditions Perrin 2007
ISBN 978-2-262-02412- 3 , 18 €
2 Guy Coq et Isabelle Richebé,Petits pas vers la barbarie,
Presses de la Renaissance, 2002.
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