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Le billet de la semaine
La générosité en 2018
Après le courage et l’honneur, je continue la révision de notre argumentaire. JD

La générosité en 2018
La générosité, c’est le complément indispensable de vertus comme le courage et l’honneur.
En corollaire, l'éducation du cœur est inséparable de celle de l'esprit et du caractère.
Déjà dit souvent ici: 'homme est indivisible et nos Valeurs -ou vertus- sont inséparables les unes des autres car complémentaires. Pour être un Homme, il ne suffit pas d'avoir un sens élevé de l'honneur et d'être courageux. Il faut aussi avoir du cœur et le montrer. La générosité, c'est la qualité de celui qui donne largement. C'est aussi la grandeur d'âme, la disposition à la bienveillance, à la largesse, à la bienfaisance. C'est un état d'esprit d'ouverture et de don de soi, tout le contraire de l'égoïsme, du calcul et de l'avarice. Mais la générosité ne concerne pas que le porte-monnaie…

Quelques façons d’être généreux

-Donner de son argent. Les trois religions du Livre* font de l'aumône une obligation pour le croyant. Mais la façon de donner vaut mieux que ce que l'on donne. Une pièce accompagnée d'un mot gentil et d’un sourire a plus de valeur humaine qu'un billet déposé ostensiblement lors d'une quête.
Mais être généreux, c’est aussi accueillir chez soi des amis en difficulté ou prêter sa voiture…

Donner de son temps
En un siècle où tout le monde court contre la montre, la générosité consiste aussi à donner gratuitement de son temps. Elle s'exprime au quotidien, au travail, et dans l'activité bénévole. Depuis les services de voisinage (changer les plombs d'une personne âgée, l'aider à rédiger sa feuille de sécu, lui faire une petite visite...) jusqu'au militantisme associatif, les occasions ne manquent pas. Le problème de la retraite se pose même souvent en termes de choix : où donner de mon temps ? En plus du temps, il faut fournir aussi sa compétence et son dynamisme. Le bénévolat ne garantit pas l'efficacité. Ne revendiquons donc des responsabilités qu’en fonction de notre expérience et de notre disponibilité : une secrétaire assidue est souvent plus utile qu'un président qui papillonne.
Donner de son temps, c'est donc se donner du mal. Mais j'atteste, comme visiteur de prison, que notre tâche éprouvante est aussi enrichissante et valorisante.

Donner de son cœur
Il est impossible de se dévouer sans y mettre de l'amour. On épuise vite son argent tandis que les réserves du cœur sont inépuisables. La routine et l'égoïsme (parfois à deux) mènent à l'endurcissement du cœur. Mais être généreux, c’est aussi savoir pardonner et reconnaître ses torts.

Transmettre la vie
Le rapport entre sexualité et transmission de la vie, apparemment simple, est en réalité complexe. Il existe encore heureusement beaucoup d’hommes et de femmes qui choisissent d'avoir plusieurs enfants parce qu'ils considèrent que la vie est un bien précieux et qu'il est bon d'appeler des enfants à la vie et de leur donner des chances d'être heureux. Ces gens-là renoncent à leur tranquillité et souvent à leur aisance car un enfant apporte de la joie mais aussi des soucis et des contraintes…
Ces « aventuriers du monde moderne », disait Péguy, ... ceux- là sont au plus haut point généreux.
Il en va de même de ceux qui travaillent pour la vie, notamment en aidant des femmes en difficulté à mettre au monde et à élever leur enfant, malgré la pression sociale en faveur de l'IVG
. Transmettre ses connaissances
Le retraité qui offre ses compétences à des lycéens en difficulté fait preuve de générosité. De même ceux qui aident des prisonniers ou handicapés au sein d’associations comme GENEPI ou Auxilia.

La crise de la générosité

On relève aujourd'hui une crise de la générosité, à commencer par le refus de la paternité/ maternité par beaucoup de nos contemporains D’où le terme US de couple DINK (double income, no kid…)
-C’est aussi la répugnance de beaucoup de jeunes à s'engager dans quelque chose d'exigeant et de définitif : comme le choix d'une carrière, l’entrée dans la vie active et, surtout, le mariage…
-Dans un autre domaine, bien des dirigeants d'associations se plaignent d'avoir du mal à recruter des bénévoles pour les aider, les relayer et les relever.
-La crise de la collecte du sang est typique. Les mêmes qui considèrent comme normal de recevoir du sang quand ils sont blessés ne se bousculent pas les jours de collecte….
-La générosité médiatique est ambigüe. Les "pros" de la TV savent émouvoir le bon peuple au point, l'effet d'entraînement jouant, d'amener chacun à signer un chèque. Il est en revanche difficile d'amener les mêmes personnes à soutenir régulièrement une personne ou une cause.

Dans ce contexte général d'individualisme, on note en même temps de merveilleux exemples de générosité moderne, chez les jeunes notamment. Des garçons et des filles sont moniteurs de colonies de vacances, éducateurs de rues, chefs scouts ou décident de consacrer aux autres un été ou un an de leur vie, souvent au loin... Des couples qui ont déjà des enfants, adoptent, en plus, un petit handicapé….Tous ces exemples sont très réconfortants.

L’éducation à la générosité

Elle repose, comme les autres domaines de l'éducation, sur quelques principes simples :
-L'éducation du cœur est aussi importante que la réussite aux examens…
-Chaque cas est particulier: dès les jeunes années, certains enfants apparaissent particulièrement généreux parmi des frères et sœurs plus intéressés. L’éducation, c'est du « sur mesures » ...
-L’exemple vaut mieux que les discours et, à l'inverse, le contre témoignage est une catastrophe ...
-Les jeunes ont besoin de modèles et de héros: sachons leur en proposer, même si ceux-là heurtent parfois ce que nous considérons comme le sens de la mesure ...
-Pour mettre en œuvre ces principes, semons la graine de générosité prudemment, progressivement mais opiniâtrement, délicatement et de façon réaliste.
-Prudemment car l'équilibre des jeunes est chose fragile et que se pose souvent pour eux un problème de sécurité. Ainsi, d’expérience, il peut être dangereux, sous prétexte d'ouvrir les enfants aux réalités de la vie, de les mettre trop tôt en contact avec des personnes marginales.
-Ce qui prime, c'est le bien de ceux qu'on éduque et, pour reprendre le sous-titre de l’un de nos livres « Les parents de Julie », l'éducation, c'est d'abord du bon sens. Par exemple, un père de famille se doit d'abord aux siens.
-Cherchons donc à apprendre aux jeunes à donner gratuitement mais sachons aussi leur crier casse-cou quand ils envisagent de prendre des risques inutiles ...
-Mais il nous faut tenir à la fois les deux bouts de la chaîne car l'éducation au risque mesuré est complémentaire de l'éducation du cœur ...
-Progressivement Si l’on a appris au bambin à prêter son jouet, on pourra inciter l'adolescent à donner aux autres un peu de son argent de poche ou de son temps.
-Opiniâtrement car l'éducation est une longue patience. Il s'agit ici, non pas d'imposer un comportement instantané mais de tenter de faire naître un état d'esprit qui durera toute l'existence et s'exercera de façon différente selon les personnes, les circonstances et les états de vie.
-Et ce, dans une optique de total désintéressement pour que le jeune ne se comporte ni en égoïste, ni en poire et qu'il ne s'imagine surtout pas recevoir d’office la reconnaissance de ceux qu'il aide.

Cela étant, une dernière idée me tient à cœur :
- Si l’on a eu de la chance dans la vie, « renvoyer l'ascenseur » aux autres, d'une façon ou de l'autre, c'est un devoir élémentaire de solidarité humaine.
- C'est aussi l'une des clefs du bonheur.
***

Encore que le Christianisme récuse souvent ce titre, et préfère celui de « La Parole »… •

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