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Le billet de la semaine
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Les formes du courage français 1918 / 2018
Par Jean Delaunay

Paradoxalement, je vois une certaine convergence entre la vraie guerre d’il y a cent ans et la guerre des idées d’aujourd’hui : la victoire découle de la combinaison entre défensive et offensive.

Il y a un siècle, le courage de nos soldats, c’était d’abord celui d’attendre en défensive pendant des mois dans la boue des tranchées, sous les obus, avec les rats et le reste, et la peur au ventre. Et puis, lors des attaques, c’était celui de franchir le parapet en écartant les barbelés et en essayant d’échapper aux tirs adverses avec la perspective d’y rester ou d’avoir à affronter l’ennemi dans ses tranchées au corps à corps.
Au même moment, pour les femmes, le courage dans la durée, c’était celui de maintenir la famille et la ferme en état ou, entre autres, de tenir leur place dans la chaine de fabrication des munitions.

Rien de tel aujourd’hui où, malgré le terrorisme, le danger physique est relativement faible et où le moteur limite beaucoup nos contraintes corporelles. En revanche, les périls visant notre âme et notre cerveau sont actuellement nombreux.

Face à ces menaces, le courage dont nous avons besoin est principalement d’essence moral. Mais, comme en 1918, Victoire = défense + réaction offensive.
Mais le principal obstacle à vaincre, c’est précisément la crise multiforme du courage. Il existe certes des héros mais on rencontre aussi des lâches qui s’écrasent, qui laissent les loubards agresser des femmes dans le train et qui, même devant les copains, n’osent pas dire ce qu’ils pensent…
De même en politique. Les candidats aux élections ménagent soigneusement toutes les catégories d’électeurs de façon à ne pas perdre des voix…C’est particulièrement criant face aux revendications de certains militants extrémistes … De même que l’on a laissé Hitler attaquer ses voisins sans réagir quand il était encore temps, de même aujourd’hui l’on ménage trop l’Islam, qui ne nous ménage guère, et l’on ne semble pas tout faire pour limiter l’invasion migratoire (Voir billet du 20/06/18)

Cela dit, même si nous ne sommes pas responsables des affaires du monde, nous pouvons chacun allumer notre chandelle dans l’obscurité, c'est-à-dire à faire preuve de courage dans notre sphère.

Cela commence avec l’éducation des enfants car, pas plus que le reste, le courage n'est inné chez le petit d'homme : il faut l’enseigner...Apprendre dès 6 ans à ne pas avoir peur du noir ni d’une piqure d’ortie… c’est peut-être ce qui aidera demain le jeune à refuser un joint et l’adulte à tenir bon, comme cadre supérieur, quand on lui proposera un pot de vin… A l’inverse, l'idée de souffrir, même d’une ampoule au pied, fait horreur à trop de gens. Du coup, ils élèvent leurs enfants dans du coton et je vois tous les jours des mères porter le cartable de leur cher petit.
On m’opposera qu’avec des théories comme celle-là, on va droit au fascisme ! Je réponds : le bon sens doit prévaloir:..

J’en reviens à mon idée maitresse. En 2018, dans notre famille de pensée, le courage, c’est d’abord celui de résister aux innombrables tentations liées au soi-disant progrès : aux drogues, y compris la pornographie, à la désinformation, au lavage de cerveau médiatique, à la tyrannie de la majorité bien-pensante, y compris dans les AG d’étudiants grévistes.

Le courage, c’est aussi celui d’oser réagir par les paroles et des attitudes, et de nous unir en dépit des différences au lieu d’agir en ordre dispersé comme c’est trop souvent le cas actuellement.
Et ce, en restant réalistes et en évitant les extrémismes.

Un cas particulier me semble exemplaire. C’est celui de la femme enceinte à qui on dit, à l’échographie: « Vous devez avorter car votre enfant semble présenter un handicap» et qui répond, malgré les médecins, les copines (et quelquefois son homme) : « Même s’il y a un risque, je le garderai, je l’aimerai ! » et qui le garde…

J’aime aussi citer les jeunes qui se sont opposés cette année aux grèves, parfois seul ou seule de son amphi contre tous les gueulards de la Sorbonne...
Ceux-là donnent l'exemple…car, comme la panique, le courage est contagieux…
***

Je conclus : l'éducation au courage est un élément constitutif de la formation du caractère, qui passe d'abord par la maîtrise de son corps…
Je crois aussi que l’exemple est essentiel, là comme ailleurs, celui des parents notamment.
Mais il ne suffit pas. Les jeunes ont aussi besoin de modèles et il est important de leur en présenter. Malheureusement, ils confondent souvent idoles et modèles, et la TV les incite trop à ressembler à telle vedette de sport ou de rock…Elle devrait plutôt identifier des auteurs d'actes de courage authentiques; les citer et les donner en exemple.

Un mot encore pour les jeunes : vous aurez besoin de courage pour mener votre vie.
De courage physique parfois mais surtout de courage moral, et dans la durée.
Dans tous les domaines, du sport à la création d'entreprises, en passant par le mariage et la mise d'un enfant au monde, préparez-vous à vivre votre vie comme un combat (y compris contre vous-même) mais ne soyez pas inquiets… C’est pareil pour toutes les générations…
Mais au siècle de la sécurité à tout prix et de l'assurance tous risques, rappelez- vous le vieux proverbe : « La chance sourit aux audacieux »
. Ce que traduit bien la devise des Paras : Qui ose gagne ! ».

Cela dit, oser, c’est évidemment une condition nécessaire mais pas suffisante. Le courage ne vaut rien sans bon sens, sans réalisme et sans compétence ... Et aussi sans générosité…
***



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