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Le billet de la semaine
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« Maman bobo » ou capitaine courageux
04/04/2007

       La situation de notre pays en période préélectorale me semble ressembler un peu à celle d'une famille nombreuse autour de la maman, un mercredi après-midi.
      L’aîné demande qu'elle le conduise à sa leçon de son judo... Le numéro deux exige qu'elle recouse un bouton à son blouson... Le numéro trois réclame qu'elle lui installe son jeu vidéo favori sur la télévision familiale… Quant au «p'tit dernier» qui vient de s'écorcher sur son tricycle, il pleurniche : « Maman, bobo ! » pour se faire mettre un pansement qui sera une occasion de câlin…
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       Je souffre de voir qu’il en aille de même en France où toutes les catégories sociales, s'adressant aux candidats, les pressent de s'intéresser en priorité à leur sort.
      Le danger de cette façon de faire, c'est que, tentés par la démagogie, ils promettent tout ce qu'on veut, ajoutant chaque matin un article à leur programme, quitte à ce que, une fois élu, le futur président fasse ce qu'il peut, compte tenu de la situation et du lourd héritage de ses prédécesseurs.

      Un péril plus grand encore nous menace. C'est que, à force de regarder la France avec le petit bout de la lorgnette, pour ne pas déplaire au peuple, «Il» (1) en arrive à négliger, voire à oublier les problèmes essentiels de ce début de siècle.
       Ce sont notamment, sur des plans techniques, le vieillissement de la population, la réduction de la dette, la fracture sociale et l’insécurité qui en découle, la remise en chantier de l'éducation nationale, la place de la France dans l'Europe …
      Ce sont aussi, sur le plan moral qui nous intéresse surtout, à France-Valeurs : le manque de confiance des Français en eux-mêmes et en la France, la perte des repères ( y compris celui de nos racines ), l’oubli des Valeurs fondamentales que sont, entre autres, l’effort, l’honnêteté, l’acceptation d’un risque, l’amour de la famille en tant qu’acteur principal d’éducation et «d’amortisseur principal des difficultés sociales… » ( Evelyne Sullerot, sociologue )…

      Mais quel est l'homme (ou femme) politique qui osera traduire en français le fameux dicton anglo-saxon : « Arrête de demander ce que ton pays peut faire pour toi. Cherche plutôt ce que tu peux faire pour ton pays ! »
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      Certes, chaque famille a besoin d’une maman qui console et qui soigne.

       Mais le bateau France a surtout besoin d’un capitaine qui indique le cap, qui dynamise l’équipage, qui veille au grain… mais qui ose remonter au vent au lieu de prendre la cape à chaque avis de gros temps…
Jean Delaunay
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(1) ou « Elle »…
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