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Le billet de la semaine
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Le testament du dernier des Mohicans
28/03/2007
Voici quelques passages des paroles adressées au milieu du siècle passé par le grand chef indien au président des Etats-Unis en réponse à une offre du président d'acheter les terres des Indiens.

       "Le grand Chef de Washington nous fait savoir qu'il voudrait acheter notre territoire. Le grand Chef nous envoie aussi des paroles d'amitié et de bonne volonté. C'est très amical de sa part, car nous savons qu'il n'a pas besoin de notre amitié. Mais nous allons réfléchir à son offre, car nous savons que si nous ne vendons pas nos terres, l'homme blanc viendra peut-être avec ses fusils pour prendre notre terre. Comment peut-on acheter ou vendre le ciel - ou la chaleur de la terre ? Nous ne pouvons nous représenter cela. Comment pouvez-vous nous acheter la fraîcheur de l'air et le scintillement de l'eau que nous ne possédons pas ?

       Les morts de race blanche oublient leur pays natal, lorsqu'ils partent pour leur voyage dans les étoiles. Nos morts, eux, n'oublient jamais cette terre, car elle est la mère de l'homme rouge. Nous sommes une partie de la terre et elle est une part de nous-mêmes. Les fleurs et leurs parfums sont nos soeurs, les chevreuils, le cheval, l’aigle - voila nos frères. Les hautes montagnes, les prairies verdoyantes, la chaleur du corps du poney et de l'homme, tout cela appartient à la même famille. C'est pourquoi le grand Chef de Washington exige beaucoup de nous, lorsqu'il nous fait savoir qu'il pense à acheter notre territoire...
      Mais si nous vous vendons notre terre, vous ne devez pas oublier que l'air nous est précieux, que l'air partage son esprit avec toute vie qui le reçoit. Le vent a donné à nos pères leur premier souffle et reçu leur dernier soupir. Le vent doit aussi apporter à nos enfants l'esprit de vie. Et si nous vous vendons notre territoire, vous devrez le considérer comme quelque chose d'unique et de sacré, comme le lieu où l'homme blanc sent que le vent transporte le doux parfum des fleurs de la prairie...
       Nous réfléchirons à cette demande d'achat de notre territoire, et, si nous nous décidons à l'accepter, alors seulement à une condition : l'Homme Blanc doit traiter les animaux de ce territoire comme ses frères.
      Je suis un Sauvage et ne peux penser autrement... Car, qu'est l'être humain sans les animaux ? Si tous les animaux disparaissaient, l'homme mourrait de sa grande solitude spirituelle. Tout ce qui arrive aux animaux, cela arrive un jour ou l'autre aux hommes.
      Toutes choses sont liées entre elles. Ce qui advient à la terre advient aussi aux fils de la terre. Vous devez enseigner à vos enfants que le sol qu'ils foulent de leurs pieds est fait des cendres de leurs aïeux. Racontez-leur que la terre est emplie des âmes de nos ancêtres, afin qu'ils respectent le territoire.
      Enseignez à vos enfants ce que nous avons appris aux nôtres. La terre est notre mère. Ce qui atteint notre terre atteint aussi les fils de la terre. Lorsque des hommes souillent la terre, ils se salissent eux-mêmes. Car nous le savons bien : ce n'est pas la terre qui appartient aux hommes, c'est l'homme qui appartient à la terre. Toutes choses sont liées, tout comme le sang qui fait les liens d'une famille. Tout est lié. Ce qui atteint la terre atteint aussi les fils de la terre. Ce n'est pas l'homme qui a créé le tissu de la vie ; il en est seulement une fibre. Le mal que vous faites à ce tissu, vous vous le faites à vous-mêmes.

       La race blanche disparaîtra elle aussi, peut-être plus tôt que toutes les autres races. Continuez à polluer, et vous vous asphyxierez dans vos propres déchets.
      Dieu Vous a permis de régner sur les animaux, sur les forêts et sur l'homme rouge pour une raison bien particulière - mais cette raison est pour nous un mystère.
       Peut-être pourrions-nous le comprendre si nous savions ce dont rêve l'homme blanc, si nous savions quelles espérances il décrit à ses enfants au long des soirées d'hiver et quelles visions il allume dans leur imagination, de sorte qu'ils attendent avec nostalgie le matin".

Demeter-Information numéro 4
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Adressé par Mme C. Schepens
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