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Harcèlement sexuel et pornographie
Harcèlement sexuel et pornographie
Par Jean Delaunay

Quand le principe de précaution a été inscrit dans la Constitution, j’ai émis des réserves. Il me semblait notamment que la prise de risque (raisonnable) fait partie de la condition humaine et que, entre autres, derrière un paravent comme celui-là, Christophe Colomb n’aurait jamais découvert l’Amérique...

J’observe, en outre, que ce principe, discutable en soi, est appliqué de façon variable et fait l’objet d’étranges choix idéologiques. La campagne actuelle contre le harcèlement sexuel me parait révélatrice à cet égard.

Nul doute que, dans le présent contexte de laisser-aller général, des abus soient journellement commis à l’égard des femmes dans beaucoup de milieux et qu’une réaction s’imposait. Il est cependant étrange que ce soient des mouvements féministes – aux initiatives souvent libertaires - qui en prennent l’initiative.

Je déplore surtout que cette réaction (finalement salutaire) soit déclenchée alors qu’un silence assourdissant entoure la montée de la pornographie, phénomène social bien plus redoutable que l’autre et qui n’est, sans doute, pas sans lien avec lui.

Certes les graffiti obscènes dans certains lieux publics, la circulation d’images cochonnes, les propos de corps de garde (… et de salles de garde) ne datent pas d’hier mais le développement des réseaux sociaux disposant d’un équipement technique adapté permet la propagation inquiétante de ce mal qui, d’une part, menace les enfants et, d’autre part, crée des addictions chez de nombreux adultes.

Autrefois, la vie à la campagne préparait tout naturellement nos ancêtres enfants aux réalités de la vie : ils voyaient ce qui se passait entre animaux au poulailler et dans les prés et découvraient, j’allais dire, la sexualité à l’œuvre sans y penser à mal. L’urbanisation a changé la donne et pose aux parents le délicat problème de l’éducation sexuelle. Si, dans ma jeunesse, cet aspect de l’éducation tout court était carrément tabou, il me semble que, selon le témoignage de plusieurs mouvements familiaux, elle soit, depuis, dispensée de façon très variable dans les familles, et souvent mal.

Faisant le même constat, l’Education Nationale a cru de son devoir de s’en occuper, d’où des abus, notamment des excès de zèle de certains enseignants et, surtout, l’accent porté sur les aspects matériels, voire techniques , de la question. (L’on m’a rapporté que des séances de découverte des préservatifs auraient été proposées à des enfants de 10 ans…) Sans parler, encore plus grave sur le fond, de la présentation officielle aux jeunes de la théorie du genre.

Je m’en tiens là mais je suis persuadé que l’actuelle montée de la pornographie repose sur une double base déplorable : l’information sexuelle de trop de jeunes est mal faite, et j’allais dire, avec François Billot de Lochner, en partant du bas… S’y ajoutent une publicité omniprésente et hyper réaliste et des publications licencieuses, le moindre romancier se devant aujourd’hui de décrire par le menu des scènes qu’on se serait autrefois contenté d’évoquer.

Il en résulte, sachant que la plupart des jeunes ont un I Pad sous la main et d’autres écrans à la maison (et qu’ils maitrisent le déblocage des contrôles parentaux), une circulation importante d’images pernicieuses qui risquent d’aboutir, entre autres, à la banalisation des déviances.

Ce phénomène, je le répète, menace gravement les jeunes mais j’ai aussi reçu le témoignage direct d’adultes qui sont devenus dépendants de la pornographie, comme d’autres le sont de la drogue.
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Face à ce péril qui s’ajoute à bien d’autres facteurs de dégradation de la moralité privée et publique, je ne vois ni n'entends aucune trace de réaction officielle. Au nom du « il est interdit d’interdire » tout se passe comme si les limites de notre liberté reculaient sans cesse. J’entends même dire que le Gouvernement envisagerait de célébrer l’anniversaire de Mai 1968…

A l’inverse, je propose que, par tous les moyens, ceux qui partagent mon point de vue osent mettre cet aspect de la situation sur la place publique. Je salue, ce faisant, François Billot de Lochner, déjà nommé, animateur de notre association- sœur « Liberté politique ». Sur son site, il pose en termes très mesurés dans une brève vidéo le problème de la pornographie envahissante et en profite pour présenter son livre que je ne connais pas encore, « Les parfums du château ».

Il y développe notamment sa volonté (qui est aussi la nôtre) d’inciter les parents et les éducateurs à entreprendre enfin l’éducation sexuelle des jeunes par le haut.

France-Valeurs soutiendra à fond son initiative, même et surtout si des combats d’idées sont à prévoir en la matière et si nous risquons d’être taxés de dangereux défenseurs attardés de l’ordre moral. Depuis 32 ans, c’est bien là le sens de notre engagement, dans l’intérêt de la France.
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IFP – Institut de Formation Politique
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