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Le billet de la semaine
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Une médaille d’or … sans podium
Une médaille d’or … sans podium

    Mon frère Philippe vient de recevoir la médaille d'or de la ville de Neuilly pour 37 ans de dévouement en faveur des malheureux.

    Il faut dire qu'a la mort de nos parents, il a repris leur appartement de Neuilly et, en même temps, un certain nombre de traditions familiales, s'agissant notamment de rendre des services aux autres.

    Parmi bien d’autres activités bénévoles, notre père avait été, pendant des années, le président de la Conférence Saint-Vincent de Paul. J'ai moi-même été vivement incité par lui, dès l'adolescence, à rendre visite chaque semaine à des personnes âgées vivant seules et pauvrement dans des petits logements insalubres dans de vieux immeubles mal construits et mal entretenus qui détonaient avec un environnement plutôt cossu. Cela a constitué ma première initiation au service des autres.

    Philippe a donc repris les traditions paternelles et les a généreusement développées en devenant à son tour membre, puis responsable d'équipe.

    Ses qualités d'animateur passionné et dévoué et d'organisateur opiniâtre ne ménageant ni son temps ni son énergie - alors qu'il avait d'autres fers au feu - lui ont valu d'être repéré au fil des ans par ses camarades et élu président de la Société de St Vincent de Paul (son nom actuel = SSVP) à Neuilly, puis dans les Hauts de Seine.
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     (Parmi ses autres charges, je me permets de citer son important stage de valorisation professionnelle ( CPA) et celles qu’il a assumé dans l'armée. Après un service militaire accompli en Algérie comme pilote observateur sur avion léger opérant au-dessus des djebels lors des grandes opérations 1959/60, il a rempli dans la réserve des fonctions d’importance croissante qui l'amenèrent au poste de colonel du 8° Chasseurs, ses blindés légers étant armés par des réservistes très motivés. (Dissous)
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    Pour revenir à son action auprès des personnes démunies, après ses fréquentes visites chez elles, et les discussions hebdomadaires qu'il avait avec ses collègues sur le bilan de leur action caritative, il se persuada qu'il ne suffisait pas de déplorer la pauvreté des logements où vivaient leurs protégés, sur le plan de l'hygiène, du chauffage, de l'isolation thermique et phonique... mais qu'il fallait soit trouver les moyens de faire rénover ces presque-taudis et les mettre aux normes modernes, soit trouver aux occupants d'autres lieux de vie.

     Il se mit alors en rapport avec la municipalité qui était, de son côté, persuadée de cette nécessité, notamment sous l’impulsion du maire qui s’appelait alors Sarkozy.
    Un comité municipal des logements sociaux fut alors créé et Philippe n'eut de cesse que de trouver de nouveaux logements susceptibles d'être rénovés et mis à la disposition de nouveaux locataires nécessiteux, en même temps qu'il organisait la réfection de logement déjà occupés. Pendant la durée des travaux, il fallait souvent reloger provisoirement les bénéficiaires, ce qui les traumatisait souvent alors qu’ils vivaient là depuis parfois 50 ans.

    D'où des palabres, une action psychologique adaptée et des assurances données. Telle fut, l’aspect technique en plus, l’activité charitable de mon frère pendant des années, ce qui a impliqué pour lui des milliers de visites, des centaines de réunions et des dizaines de comités… avant qu'il ne soit obligé de passer progressivement la main à un successeur, en raison de la maladie de son épouse.

    Lors de la remise de sa médaille à la Mairie, il m’a semblé entendre le chiffre de 180 logements sociaux affectés à cette époque, plus une cinquantaine en cours de préparation à des stades divers : un beau bilan.
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    En tant que Président de France Valeurs, je cherche à citer en modèle des personnes qui consacrent une partie de leur temps à aider les autres. Il se trouve que mon propre frère est dans ce cas. Le maire de Neuilly l'a remarqué et vient de lui rendre un bel hommage.

     Je n'hésite donc pas à le citer, moi-aussi, en exemple.

    Philippe Delaunay, déjà chevalier de la Légion d'honneur et commandeur de l’Ordre national du Mérite à titre militaire, tu fais grand honneur à notre famille et à France-Valeurs.

    Bravo et merci.
Jean Delaunay

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Société de St Vincent de Paul
Fondée en 1833 par Frédéric Ozanam, universitaire et historien catholique
SSVP
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Tel.0142920810
Site Internet: Société de St Vincent