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Le billet de la semaine
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La casse sociétale actuelle
    La campagne préparatoire à l’élection présidentielle escamote ou déforme des questions de société qui, à nos yeux, sont pourtant fondamentales car tournant autour de la vision de l’homme et de la vie humaine. Dans le même temps, parait un rapport alarmant sur la montée de la pornographie notamment chez les adolescents.
C’est pourquoi je juge nécessaire de diffuser ici ce qu’écrivent deux de nos amis, spécialistes de ces questions : leur points de vue sur « la casse sociétale actuelle » rejoignent et éclairent le nôtre.
Jean Delaunay
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Editorial de la Lettre de la Fondation Jérôme Lejeune
Par Jean Marie Le Méné
Président de la Fondation Lejeune

    Le vote sur le délit d'entrave à l'avortement est une mise au tombeau. Des enfants à naître d'abord. Mais aussi de la liberté de parler vrai et d'agir juste. Je ne peux m'empêcher de revenir sur cet événement qui est sans doute l'un des plus graves de ces dernières années.
     La loi crée un nouveau délit, puni de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 € d'amendes, pour «le fait d'empêcher ou de tenter d'empêcher de pratiquer ou de s'informer sur une IVG (ou les actes préalables) par tout moyen y compris par voie électronique ou en ligne, notamment par la diffusion ou la transmission d'allégations ou d'indications de nature à induire intentionnellement en erreur, dans un but dissuasif, sur les caractéristiques ou tes conséquences médicales d'une IVG :
- soit en perturbant l'accès aux établissements (etc.),
- soit en exerçant des pressions morales et psychologiques, des menaces ou tout acte d'intimidation à ('encontre des personnes cherchant à s'informer sur une IVG (etc.) ».


     Les parlementaires qui ont déposé un recours devant le Conseil constitutionnel ont insisté sur l'atteinte à la liberté d'expression résultant de cette nouvelle loi. C'est peu de le dire mais cela va plus loin. Ce nouveau délit conteste la possibilité même de décrire la réalité de l'acte d'avorter qu'il assimile à des allégations mensongères. Il considère que la dissuasion de l'avortement, par définition, ne peut procéder que de propos de nature à induire en erreur. En conséquence, parler de l'avortement, de ses caractéristiques ou de ses conséquences, par le seul fait d'être réputé « contre », devient délictuel.
     Pas un instant, le texte n'imagine qu'une femme puisse renoncer librement à un avortement après avoir entendu une information juste. Il n'envisage pas non plus de réprimer une information mensongère qui serait, elle, incitative de t'avortement.
     L'incitation est donc permise même par le mensonge. Lorsque la loi évoque « des pressions morales et psychologiques », le piège se referme. Il est évident que tout peut être retenu comme une pression morale et psychologique : montrer une échographie du bébé, faire écouter son cœur, prononcer le mot d'enfant, expliquer que l'avortement supprime une vie, que cette séparation sera souvent une source de souffrances voire de remords, qu'il y a d'autres chemins, que des aides soient possibles, etc.
     Les mots de la ministre d'ailleurs sont sans équivoque : « produire des témoignages émotifs et angoissants ne relève pas de la liberté d'expression ». Ceux qui ne souscrivent pas à la doxa officielle sont donc présumés coupables de vouloir induire intentionnellement en erreur. Mais quand la ministre affirme que « l'IVG n'est pas l'interruption d'une vie », alors le cours des choses s'inverse, c'est elle qui propage l'erreur. Car, dans le monde, il n'existe pas de scientifiques ou de médecins, dignes de ce nom, qui puissent contredire le fait - ce n'est pas une opinion - que « le petit de l'homme est un homme petit» et que l'avortement met un terme à sa vie.
     Sauf à entrer dans ce qui s'annonce après le transhumanisme, à savoir la «post-vérité», c'est-à-dire le renoncement explicite à toute certitude et à toute sincérité.
     A nous de rouler la pierre du tombeau mais jamais nous n'aurons la force d'y arriver sans vous.
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Paru dans la Lettre de mars de la Fondation Lejeune
37 rue des Volontaires
75725 Paris cedex 15
www.fondation lejeune.org _____
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Communiqué de l’Alliance Vita
A propos de la pornographie

L’Observatoire de la Parentalité et de l’Education Numérique a publié le 20 mars 2017 une étude qui concerne « la consommation de pornographie chez les adolescents et son influence sur les comportements sexuels ». Les chiffres en sont tout à fait alarmants.
(…)
    En effet, alors que la loi sur la protection des mineurs dit que les images pornographiques sont interdites aux moins de 18 ans, il s’avère qu’en pratique cette loi n’est pas appliquée : il n’y a aucun obstacle pour accéder à des sites pornographiques sur Internet. La plupart des jeunes les consultent même malgré eux au détour de leur navigation sur Internet. Par rapport à 2013, la proportion d’adolescents de 15 à 17 ans ayant déjà consulté un site pornographique est passée de 37% à 51%. La plupart des jeunes utilisent leur téléphone portable pour visionner ces vidéos.
    Ysabel Blervaque, sexologue, disait déjà en 2011 : « La pornographie est une véritable addiction qui va avoir une influence très néfaste sur la sexualité plus tard.» .
    Le Professeur Israël Nisand ne cesse d’alerter les pouvoirs publics sur ce drame et accuse les fournisseurs d’accès à Internet de laisser ces images libres d’accès. Interrogé sur France Info le 11 janvier 2017, il déplore : « Nous avons confié l’éducation des enfants à la pornographie » et alerte « Des jeunes en addiction par rapport à ces images en consomment deux à trois heures par jour. »
(…) La pornographie commence à sortir du silence sur le plan international. Ainsi, 6 célébrités ont dénoncé publiquement les graves conséquences de la pornographie également sur les adultes.
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Tugdual Derville, délégué général de l’Alliance Vita, écrit de son côté :
     « S’il existe une logique dans ce quinquennat chaotique, elle est effectivement sociétale: c’est celle d’une déconstruction tous azimuts, dont les plus fragiles font systématiquement les frais. Alors que plusieurs candidats promettent de nouvelles dérives biopolitiques, toute véritable alternance doit commencer par la réparation de la casse sociétale. Nous ne pouvons laisser la campagne présidentielle faire l’impasse sur les sujets-clés qui déterminent l’avenir de notre société. Nous sommes en mesure de montrer qu’une autre « biopolitique » répondrait à l’attente des Français.
    Nous demandons aux candidats de défendre la dignité et l’intégrité de la personne humaine, à tous les stades de sa vie, face à l’utilitarisme anglo-saxon et aux folies scientistes qui menacent l’essence de l’humanité
. »

Lanceur d’alerte sur l’ensemble des questions bioéthiques, Alliance VITA propose aux candidats qui récusent la casse sociétale d’oser opter pour quatre orientations majeures :

• Protéger l’être humain quand il est en situation de fragilité : gestation, maladie, handicap, dépendance, vieillesse.
• Soutenir les familles en valorisant la parité père-mère, en aidant les femmes enceintes et en donnant priorité à l’intérêt de l’enfant.
• Accompagner les personnes démunies, isolées, âgées, sans domicile, en témoignant qu’elles sont toujours dignes de prendre place dans la société.
• Relever le défi technologique en mettant le progrès scientifique au service de la personne humaine.