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De la porosité des esprits à l’euthanasie
De la porosité des esprits à l’euthanasie
Par Jean Delaunay

Dans un article consacré à l’actualité de la menace de l’euthanasie, notre amie Clotilde Brossolet utilise à juste titre l’adjectif poreux en l’appliquant à l’esprit de certains de nos contemporains.
L’image me parait excellente. Un récipient est conçu en principe pour contenir un fluide liquide ou gazeux. S’il est poreux, il en laisse sortir peu à peu une partie. C’est souvent aussi le cas de nos convictions. L’exemple de l’évolution des esprits à propos de l’avortement est typique à cet égard.
Au nom du principe « Tu ne tueras pas », reconnu notamment par les religions judéo- chrétiennes et l’islam, l’avortement était légalement considéré comme un crime. Il a cependant été dépénalisé en France par la loi Veil du 17 janvier 1975. Il s’agissait initialement de faire face à d’indéniables situations de détresse. Cependant, au fil des ans, ce qu’on a dès lors nommé IVG pour lui enlever son caractère pénalisant est devenu, chez nous et dans beaucoup de pays développés, l’un des aspects revendiqués du droit des femmes à disposer de leur corps. Cette évolution des idées est due à la perte d’influence des religions et à la montée du matérialisme et du féminisme militant.

Les médias, TV notamment, contribuent à diffuser une conception libertaire de la liberté des mœurs qui rejoint la propagande de puissants agents d’influence comme Le Planning Familial. Du coup, tous les garde-fous que prévoyait la Loi Veil ont progressivement disparu et s’opposer à l’avortement est même devenu un délit…

On pouvait dès lors craindre que, sur cette lancée, les effets pervers de la Loi Taubira n’aboutissent de même à l’extension des trafics liés à la gestation pour autruien voie de banalisation - en attendant celle de l’euthanasie. C’est ce que développe l’article cité dont je reprends ici des extraits.

« La loi fin de vie a été votée et l’aide active à mourir n’est pas passée, non plus que les amendements sur le suicide assisté, ce, malgré l’engagement de campagne du Président. On a eu peur mais l’interdit de tuer est maintenu ! Le gouvernement veut même mettre en place un plan de développement des soins palliatifs. Des unités de soins palliatifs seront créées dans les territoires qui en sont dépourvus… La ministre de la Santé a aussi annoncé la création d’un Centre national chargé de l’exploitation des données sur les soins palliatifs et la fin de vie en France.

Tout semble donc aller pour le mieux. Mais c’est trop vite faire confiance à nos adversaires idéologiques qui tiennent un double discours. Le Gouvernement considère la loi sur la fin de vie comme une étape. Sa loi ne dit pas qu’on renonce définitivement à l’euthanasie. Au contraire, les députés sont invités à continuer leur travail. Sous-entendu : une proposition de loi en faveur de l’aide active à mourir ne serait pas rejetée : le gouvernement a choisi la politique des petits pas.

Devant cette situation, l’opposition devient poreuse. La droite a d’autres préoccupations et son silence est éloquent. Alors que l’ADMD (Association du Droit à Mourir dans la Dignité), principale association militante en faveur de l’euthanasie et du suicide assisté, multiplie les conférences dans le pays où des catholiques eux-mêmes deviennent poreux.
Des médias catholiques ont fait la promotion du livre « Vous me coucherez nu sur la terre nue » de Gabriel Ringlet, un prêtre belge qui accompagne des personnes en fin de vie qui demandent l’euthanasie. A trop les fréquenter, il est devenu poreux et des catholiques de France se sont fait les porte-paroles de son ambiguïté morbide.
Vendredi 29 avril, la rédaction locale d’une radio chrétienne recevait le président de la principale association militante pour l’euthanasie. Il y déballait son argumentaire sans personne pour rappeler que l’euthanasie est « moralement irrecevable ». (article 2277 du Catéchisme de l’Eglise catholique).
L’idée d’euthanasie avance donc sous couverture de défense des soins palliatifs comme le montre la nomination de la Présidente du Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie. Ses positions en éthique et son livre paru au printemps dernier sont éloquents. (…)

C’est une fervente revendicatrice de l’aide active à mourir qui est désignée pour promouvoir les soins palliatifs. Et l’ADMD a fait de leur promotion un véritable cheval de bataille !

L’Association pour le Droit à Mourir dans la Dignité ne lâche rien.
La fin de vie ne fait plus la une des médias mais l’ADMD milite sur le terrain. Son président donne ses conférences publiques relayées dans la presse régionale. Chaque conférence lui offre au moins une demi-page dans la presse locale. L’ADMD formate ainsi les opinions en faveur de l’euthanasie et du suicide assisté. Du coup, l’opinion publique est aujourd’hui à 96% favorable à la dépénalisation du suicide assisté.
D’ailleurs, cette idée s’est tellement banalisée que l’expression « mourir dans la dignité » n’est plus accolée de guillemets dans la presse. L’ADMD a réussi la dédiabolisation de sa revendication…Si je veux mourir digne, je dois pouvoir choisir ma mort…
L’euthanasie est donc en embuscade et ses opposants semblent déclarer forfait.

Alors, cher ami, si tu fais encore partie des 4% qui refusent cet interdit de tuer, sois vigilant et dénonce toutes les infiltrations qui le banalisent. »

Clotilde Brossolet
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Cet article a été publié initialement sur le site de l'Observatoire Sociopolitique du diocèse de Fréjus-Toulon