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Délit d'entrave numérique à l'IVG
Délit d'entrave numérique à l'IVG

Le projet de Loi portant ce nom vient, hélas, d’être voté par les députés. L'acharnement de nos adversaires idéologiques contre ceux qui osent proposer aux femmes enceintes d’autres solutions que l'avortement est bien la preuve de l'importance de cette cause.

S’agissant de la loi Veil du 17 janvier 1975, nous gardons, bien entendu, en mémoire, ses principaux arguments de départ, d’une part, l'angoisse de nombreuses jeunes femmes qui se retrouvent enceintes sans l'avoir voulu, souvent rejetées par leur famille et abandonnées par leur partenaire. D’autre part, la nécessité d’éviter les avortements clandestins pratiqués à la sauvette sans souci suffisant de la santé des patientes.

Ce sont ces réalités et la personnalité marquante de Simone Veil, alors ministre de la Santé, déportée très jeune, qui ont permis l'adoption de la Loi dépénalisant l’avortement après des débats houleux précédant le vote : 285 voix pour, 189 contre et 6 abstentions.

Nous nous souvenons aussi du discours de Mme Veil :
« Je le dis avec toute ma conviction : l'avortement doit rester l'exception, l'ultime recours pour des situations sans issue. Mais comment le tolérer sans qu'il perde ce caractère d'exception, sans que la société paraisse l'encourager ? Je voudrais tout d'abord vous faire partager une conviction de femme (…) : aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l'avortement.»

Dorénavant qualifié d’IVG, l’avortement pouvait dès lors être pratiqué selon des conditions très particulières et bien définies :
-volonté de la mère ; dans un délai en France de 14 semaines d’absence de règles ;
-autorisation d'experts ;
-absence d’autre alternative.
(Il ne faut pas confondre l’IVG avec l'IMG (Interruption Médicalisée de Grossesse)qui peut être pratiquée à tout instant de la grossesse dans le cas de malformations graves du fœtus ou encore en cas de danger vital pour la mère .)
La loi dépénalisant l'IVG était assortie d'un certain nombre de garanties visant à empêcher la banalisation de cet acte contre nature. Au fil des années, ces garanties ont été abrogées les unes après les autres et l'avortement, considéré longtemps comme un crime, est aujourd'hui revendiqué comme un droit et traité comme tel depuis 2001, avec remboursement intégral par la Sécu.

Visant initialement à faire face à des situations de détresse et à éviter le recours aux faiseuses d’anges clandestines, la Loi a abouti en fait à banaliser l'avortement qui est devenu une mesure de convenance, presque de confort, alors même que les moyens de contraception sont nombreux et que l'information sexuelle des jeunes commence très tôt.

Nous affirmons notre désaccord avec la mesure législative adoptée qui vise à interdire toute information en défaveur de l'IVG, et menace les auteurs d'entrave à des peines allant jusqu’à 2 ans de prison et 30.000 € d’amende.
Nous nous appuyons sur 2 types d’arguments. Le premier concerne le fond : le respect de la vie. Pour nous, celle-ci commence à la conception et les droits de l'homme doivent donc inclure les droits de l'embryon, déjà personne humaine à laquelle s’applique l’interdiction millénaire de tuer.
Le deuxième concerne la liberté d’expression. Nos adversaires en ont fait leur cheval de bataille au moment de l’agression contre Charlie Hebdo alors que ce journal multipliait les provocations à l’encontre des chrétiens et des musulmans et qu’il pouvait s’attendre à une réaction de ces derniers. Le gouvernement a alors orchestré avec le soutien des médias une mobilisation de la population au cri de « Nous sommes tous Charlie ».

Aujourd’hui, il interdit l’expression de toute opinion contraire au politiquement correct dans un domaine qui revêt pour nous un caractère sacré. Ce « deux poids deux mesures » constitue donc à nos yeux une injustice flagrante.

J’ajoute ma surprise de voir l'opinion publique si sensible aux massacres engendrés par les guerres, le terrorisme et les épidémies, sensible aussi à la maltraitance des animaux de compagnie et du bétail laisser se perpétrer le massacre annuel de 200.000 bébés d’hommes rien qu'en France.

Cette opinion a fait l'objet d'un véritable matraquage idéologique, depuis l’adoption du terme IVG pour enlever la connotation culpabilisante du mot avortement, jusqu’à la vidéo officielle récente où un médecin affirme que cette opération ne provoque pas de séquelles, notamment psychiques pour la femme. Ce que nous savons inexact, à partir de cruels exemples.

Nous contestons aussi le « mon corps m'appartient », argument majeur des milieux féministes. Nous pensons qu’à partir du moment où ce corps à engendré une autre personne, celle-ci n'appartient plus à celle qu'il faut bien appeler la mère. Le point essentiel du débat est donc la conception que nous avons de l'embryon. Pour nos adversaires idéologiques, Il n'est personne humaine que s'il a été désiré. Dans le cas contraire, Il ne s'agit que d'une espèce de tumeur dont on peut se débarrasser….

En conclusion, nous demandons au Sénat d’amender la Loi où nous croyons déceler un abus de pouvoir. Nous suggérons que, quand les circonstances le permettront, une réflexion de fond soit menée dans notre pays sur ce sujet éminemment douloureux.
Jean Delaunay

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NB. Notre position rejoint celle d’Alliance VITA. A la veille du débat sur le délit d’entrave à l’IVG, Alliance VITA a tenu à apporter son expertise sur ce sujet, maltraité à ses yeux. Tugdual Derville, délégué général, a explicité le décalage entre la démarche du gouvernement, qui confine à la censure des voix résistant à la banalisation de l’IVG, et le besoin d’une politique de prévention de l’avortement, qui réponde aux aspirations des Français, et particulièrement des Françaises. Il s’est appuyé en particulier sur le dernier sondage Les Français et l’IVG, réalisé par l’IFOP à sa demande. Sa conférence de presse a également été l’occasion de souligner à quel point le débat préalable à la primaire de la droite et du centre fut en décalage sur le même sujet.

Les responsables des services d’écoute d’Alliance VITA et d‘aide SOS Bébé ont explicité la situation réelle de l’avortement telle que les femmes le confient aux écoutantes d’Alliance VITA. Le site est consulté plus de 800 000 fois annuellement ; SOS Bébé écoute chaque année plusieurs milliers de femmes ou de couples sur des problématiques liées à la grossesse et principalement à l’avortement.

Le secrétaire général a enfin montré à quel point la loi de 1975 avait progressivement perdu toutes les dispositions qui prétendaient assumer une politique de prévention de l’IVG. Il a révélé la demande d’Alliance VITA de supprimer la vidéo d’un médecin qui y affirme que l’IVG ne laisse pas de séquelle psychologique à long terme pour les femmes, ce qui constitue une désinformation flagrante.

L’association a par ailleurs révélé que plus de 45 000 personnes ont d’ores et déjà signé son appel contre le délit d’entrave à l’IVG et pour une information ajustée sur ce sujet.

Lancement d’une campagne d’information
Enfin, Alliance VITA a tiré les premiers enseignements du lancement de sa campagne originale d’enquête et d’information, débutée la veille.
Alliance VITA, qui avait prévu de longue date cette campagne inédite, est fermement décidée à assumer, dans la logique de son guide des aides aux femmes enceintes, son travail de service public d’information en direction des femmes, sans se laisser intimider par les postures idéologiques de quelques responsables politiques qui prétendent réserver la parole aux tenants de la banalisation de l’avortement.
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