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Le billet de la semaine
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Réfugiés et migrants
Réfugiés et migrants
Par Jean Delaunay

Je suis étonné et même scandalisé que la question des migrants ne tienne pas plus de place dans la campagne présidentielle française.

Pourtant, dès 1973, dans « le camp des saints », Jean Raspail décrivait déjà l’invasion pacifique de notre côte d’Azur par une nuée de pauvres gens arrivant par mer du Bengladesh. Son livre avait valu des critiques virulentes à ce « provocateur raciste ». Il constituait pourtant l’annonce, hélas prophétique, de ce qui se passe chez nous, dans des conditions à peine différentes.

Quantité de commentaires circulant sur ce sujet, je tiens à exprimer moi aussi ma position, partagé que je suis entre ma vision chrétienne des choses et celle d'ancien responsable militaire, soucieux surtout de la survie de notre France.

En tant que chrétien, je pense d’abord à ces malheureuses victimes des guerres, au Proche-Orient notamment. Elles ont tout perdu et n’ont sauvé leur vie que par miracle. Elles nous demandent asile. Je crois que c'est notre devoir de le leur accorder, aux familles surtout.

Ma conviction est partagée par beaucoup de français, animés cependant de sentiments divers. Les uns sont poussés exclusivement par la charité. D’autres y mêlent la mauvaise conscience de descendants de colonisateurs. D’autres enfin, vrais révolutionnaires, y voient l’occasion d’abattre les frontières (No borders) pour faire subir une vraie mutation aux nations Européennes, cherchant carrément à remplacer à terme la population du vieux continent par de nouveaux venus (le « Grand remplacement » évoqué par certains).
A l’inverse, croyant pouvoir éviter ce drame à nos descendants, d’autres français et beaucoup d’Européens de l’Est demandent qu’on ferme les frontières pour empêcher les migrants d’entrer.

Je n’accepte pas cette solution pour les réfugiés. Je ne vois pas d’ailleurs comment renvoyer chez eux ceux qui sont déjà chez nous.

Il n’empêche qu’il faut absolument contrôler l’immigration. Le Pape François lui-même nous recommande à cet égard la prudence

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J’adhère à cette attitude tout en mesurant la difficulté de sa mise en œuvre.

Je vois d’abord que tous les migrants ne rentrent pas dans la catégorie réfugiés. Beaucoup de ceux qui prennent tant de risques pour venir en Europe sont des hommes jeunes, apparemment en bonne santé et relativement évolués, avec un téléphone portable et parlant anglais. Ils viennent surtout d'Erythrée, d'Afghanistan, du Soudan, voire d’Afrique de l’ouest ou d’ailleurs.
Ceux-là exploitent la situation dramatique qui règne en Syrie et en Irak pour venir tenter leur chance en Europe. Ils la rêvent en effet comme un Eldorado par rapport à leurs pays d’origine où règnent mauvaise gouvernance, corruption, misère et violence.

Daech n’est pas étranger à cet immense déplacement d’êtres humains. Il favorise d’abord le trafic d’un scandaleux réseau de passeurs et de commanditaires maffieux qui organisent depuis des mois des milliers d’aventureuses traversées maritimes et terrestres. Il en profite pour infiltrer chez nous des terroristes en puissance.
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Comment nous défendre contre ce péril ?

En fond de tableau, je reprends trois évidences qu’il reste à traduire en actes :

1/ A l’échelon de la communauté Européenne, nous entendre enfin sur une stratégie commune, en liaison avec l’ONU. (Louée à l’époque pour sa générosité, l’initiative isolée de la Chancelière allemande a finalement aggravé la situation car adroitement exploitée par le dictateur Turc.)

2/ Dans ce cadre, agir dans les pays de départ pour dissuader les habitants de partir et pour cela travailler à leur faire une vie meilleure.

3/Simultanément, améliorer et harmoniser en Europe l’accueil des vrais réfugiés.

A partir de là, je discerne trois objectifs défensifs concrets que personne, à ma connaissance, n’ose évoquer :

A l’extérieur,
- intervenir (discrètement) sur les rivages de départ pour neutraliser, avant leur mise à l’eau, les rafiots de tous genres qui, depuis des mois, transportent les migrants au péril de leur vie.

- identifier et empêcher de nuire les passeurs et leurs alliés qui, des rives de la Libye et d’Egypte aux jungles françaises et autres, accomplissent leur sinistre besogne aux dépens des malheureux.

Et chez nous, neutraliser les militants « No borders », nouvelle 5ème colonne qui encourage de fait et facilite l’invasion de notre pays. Pour cela, commencer par une campagne de communication.

Enfin et surtout contrôler mieux le flux des migrants, donc essayer de les trier, en distinguant les réfugiés et les autres, ce qui est d’autant plus difficile qu’ils cherchent tous à se faire passer pour des réfugiés.
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Tout ceci suppose que l’on réalise un consensus, à l’échelon de la communauté Européenne, sur la façon de réagir ensemble face à cet immense problème qu’on ne relie pas assez, selon moi, à la montée de l’islamisme et à la menace terroriste.

Le résultat de l’élection-surprise américaine renforce, selon moi, la nécessité vitale de cet accord à obtenir entre pays européens sur l’essentiel, c’est-à-dire les conditions de notre survie.
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