HTML> B 19-10-16 - Le billet de la semaine de France Valeurs : " A propos de l’Islam et du danger islamiste, le point de vue de deux connaisseurs : 2e voix"
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Le billet de la semaine
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En attendant le printemps… réflexions d’automne
En attendant le printemps… réflexions d’automne
par Jean Delaunay

J’aime l’automne. Cette année cependant, l’inquiétante actualité française m’amène à centrer ma réflexion davantage sur la crise de l’autorité que sur les admirables couleurs de nos forêts.

Ayant une assez bonne connaissance des hommes - et sachant que nous sommes souvent les responsables de nos propres malheurs- je souffre du désordre général des idées et des mœurs qui déséquilibre notre société où manquent désormais les repères. C’est pour tenter d’y remédier que j’ai fondé France-Valeurs. A ce titre et depuis, je m’insurge notamment contre les campagnes libertaires tous azimuts qui se succèdent et se renforcent mutuellement.

A l’inverse, je me réjouis que la Manif pour tous vienne encore de se faire entendre pour le bon motif alors que notre société est malade après des années du sabotage orchestré de nos Valeurs.

Depuis le fameux « Il est interdit d’interdire » ouvrant la porte au droit à l’avortement, au mariage pour tous et à la GPA, de la non-application des peines de prison aux salles de shoot, du bac accordé à 80 % des lycéens malgré l’échec scolaire patent, des paroles officielles d’abusive repentance à la désinformation qui sous-tend l’enseignement de l’histoire… jusqu’à la démission de trop de parents dépassés par leurs rejetons remontés très tôt par leur réseaux sociaux contre la dictature des vieux… tout cela a abouti à un déclin généralisé de l’autorité, à commencer par celle de l’Etat.

L’aggravation de la fracture sociale s’est traduite, ces jours-ci, par des manifestations inédites de violence à l’égard de personnes parmi les plus attachées au service du bien commun : policiers et enseignants. Alors que déferlent des milliers de migrants qui ne sont pas tous de pauvres réfugiés fuyant la mort, alors que beaucoup de musulmans français se radicalisent et que le terrorisme frappe souvent chez nous, alors que nos prisons surpeuplées sont des foyers d’agitation, alors que l’opposition à la Loi El Khomri a donné lieu à de nombreux débordements orchestrés, ces nouvelles agressions me semblent représenter le signal « grand danger ! ».

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Je laisse à d’autres la responsabilité de définir, d’inventer ou de rénover les moyens, humains et matériels, juridiques et administratifs, nécessaires à rétablir partout l’autorité. Je me focalise ici sur un seul point : tout commence à l’école et à la maison, et là surtout, nous sommes tous concernés.

En cavalier, je répète souvent : « l’autorité, comme un cheval, ça repose sur 4 pieds qui s’appellent compétence, exigence, amour et exemple et, comme le cheval, elle ne doit pas boiter d’un pied… »
Or, il me semble qu’à tous les niveaux, l’autorité boite souvent de deux pieds : exigence et exemple.
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En ce qui concerne l’école, je ne formulerais aujourd’hui qu’un vœu fondé sur ma petite expérience de catéchiste. Habitué à voir régner autour de moi la discipline, « force principale des armées », j’ai été surpris de l’agitation chronique et des bavardages des jeunes élèves. Je souhaite donc, qu’au vu de la menace qui pèse aujourd’hui sur ses membres, le milieu enseignant accepte de réintroduire, , un peu de rigueur dans ses enceintes. Progressivement et dans la joie, Il faudrait redonner, dès la maternelle, le réflexe scolaire aux jeunes enfants : en classe, on reste tranquille (au moins à certains moments), on garde le silence pour écouter le maitre ou la maitresse et, bien entendu, on les respecte. Plus tard, on apprendra à se lever quand ils arrivent. C’est ainsi que les enseignants du primaire prépareront le mieux le terrain pour ceux du lycée.
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Il en va de même dans la famille. Arrière-grand-père 25 fois, je suis très attentif aux jeunes que je croise dans la rue, attendri par les bambins qui découvrent le tricycle mais souvent choqué par le sans-gêne de beaucoup de leurs ainés, garçons et filles, dans leur tenue et leur comportement en public. Je regrette que, dans leur intérêt et dans celui de la société, l’on n’ait pas serré un peu plus les boulons à ceux-là, dans leurs familles.

Je sais qu’aujourd’hui, dans tous les milieux, les parents ont des enfants tard (d’où leur mentalité fréquente de presque grands-parents… et de trop rares familles nombreuses) , qu’ils travaillent tous les deux et donc qu’ils ne rencontrent pas assez souvent leurs petits, que, dès 2 ans, ceux-là savent mettre en marche la TV et, dès 7 ans, possèdent leur clé de maison, sinon leur portable… Tout cela crée et renforce l’actuelle tendance à aduler « l’enfant-roi », à qui l’on veut épargner toute peine et à qui l’on passe tout. Du coup, dès 12 ans, ils écoutent davantage leurs copains et leurs réseaux sociaux que leurs père et mère … surtout si ceux-là ne sont pas d’accord ou, pire, s’ils sont séparés.

Ce laxisme éducatif est justifié par les théories à la mode encourageant le laisser-faire. Elles sont pernicieuses dès lors qu’il s’agit de former, non pas des chiffes molles ni des SS, mais des hommes et des femmes debout, capables, entre autres, de respecter les lois, les usages et les autres personnes en menant leur vie de façon responsable dans un contexte qui s’annonce difficile.
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Cela étant, on sait, depuis la nuit des temps, que l’éducation, c’est du « sur mesures », et que les jeunes ont besoin de « butoirs » pour se construire. Des réflexes vitaux initiaux sont à acquérir (ne pas mettre les doigts dans la prise électrique, respecter le feu vert / rouge, se laver les mains… respecter les droits des autres, y compris leur dessert et leur joujou…) En cas de refus ou de manquements répétés, et jusqu’à un certain âge, une taloche, voire une fessée, administrée au bon moment et sans énervement à certains récalcitrants, me parait un élément salutaire d’éducation, même si l’ONU le bannit …

Face aux ados, la résolution au quotidien des inévitables oppositions est plus délicate mais je crois que les (bons) parents devraient toujours avoir le dernier mot. Ce combat exige d’eux beaucoup de patience et de sagesse mais le vrai amour me parait inclure une certaine dose de rigueur.
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Cela dit, la situation actuelle est si grave que c’est notre responsabilité à chacun de contribuer à amener à l’âge adulte des jeunes équilibrés dans leur comportement individuel et social, notamment dans le domaine de l’autorité.

Cela suppose qu’ils sachent tôt obéir pour, le moment venu, se faire obéir. Cela implique aussi qu’ils aient assez d’indépendance d’esprit et de courage pour être capables , le cas échéant, de prendre des risques pour agir pour le bien, osant par exemple dissuader leurs camarades d’amphi de faire grève - et a fortiori d’agresser le professeur - ou à l’extérieur de caillasser une voiture de police. Pour juguler la crise actuelle, (parmi d’autres moyens), c’est de ces jeunes-là dont nous avons besoin.

Heureusement, les filles et les garçons de ce type sont encore nombreux dans un grand nombre de nos familles. Aidons-les à se confirmer dans leur rôle de levain dans la pâte ! C’est grâce à eux, qu’après l’hiver qui vient, le printemps refleurira.

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On peut lire aussi le chapitre « Autorité »de notre argumentaire sur le site www.francevaleurs.org