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Le billet de la semaine
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A propos de l’Islam et du danger islamiste   (2e voix)
A propos de l’Islam et du danger islamiste, le point de vue de deux connaisseurs : 2e voix
Essayiste, ancien membre du Haut Conseil à l'intégration (dissous en 2012), Malika Sorel est née en France avant de suivre ses parents en Algérie. Après l'Ecole Polytechnique d'Alger, elle suit en France le troisième cycle de Sciences Po. En 2007, elle publie : le Puzzle de l'intégration (Mille et une nuits) Elle y explique que la question de l'immigration doit être traitée globalement et qu'il faut cesser d'octroyer la nationalité française à des personnes qui ne sont pas prêtes à l'assumer et, en revanche, faire respecter la loi française par tous. Depuis, elle a reçu le prix « Honneur et Patrie » de la Légion d’Honneur pour son livre « La décomposition française. Comment en est-on arrivé là ? »
   Je trouve remarquable son courageux témoignage.
Jean Delaunay
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Pourquoi avez-vous écrit ce livre ?
   Les émeutes de 2005 m'ont poussée à l’écrire parce que je me sentais responsable de n'avoir rien dit. Je ne supportais plus cette injustice : les Français sont bâillonnés et, quand ils osent s'exprimer, on leur fait un procès en racisme alors qu'ils veulent simplement préserver leur identité. Mes origines me permettent de dire que la véritable victime de l'immigration est le peuple français.

Vous parlez beaucoup du rôle délétère de la «repentance» pour les immigrés eux-mêmes.
   La décolonisation a traumatisé tout le monde mais il devrait être possible, cinquante ans après, de traiter sereinement du passé, avec ses ombres et ses lumières, au lieu de renier son histoire en se laissant enfermer dans la dialectique culpabilisation-victimisation. Or, le discours dominant ne parle que des « horreurs » de la colonisation et plus personne n'écoute le peuple français qui est pourtant le plus légitime pour parler objectivement des problèmes engendrés par l'immigration. De surcroît, transformer les Français de souche en bourreaux n'a fait qu'injecter le poison de la haine dans le cœur des enfants d’immigrés.
   La France s'autodétruit sans leur rendre service. (…) A partir du moment où l'on enferme des gens dans le rôle de victimes, on leur envoie le signal que tout leur est dû. Or, la France fait beaucoup pour les immigrés et leurs descendants, et ceux-ci ont encore énormément à faire pour se rapprocher des Français, en particulier les Maghrébins et les Africains dont la culture reste très éloignée de celle de leur pays d'accueil.
   Il fallait d'emblée affirmer que nos valeurs fondamentales ne changeraient pas. On a fait l'inverse. Dans ces conditions, ils développent de moins en moins d'efforts pour respecter les normes françaises. Ils sont convaincus que celles-ci vont changer pour s'adapter à eux.
   Il faut aussi leur montrer tout ce que l'Etat fait pour eux. C'est ainsi qu'on aidera leurs jeunes à se construire. Sans le socle de reconnaissance, rien d'harmonieux ne sera jamais possible. Ce n'est pas en se flagellant qu'on fera aimer la France aux enfants et aux ados des banlieues. Bien au contraire.

Pourquoi la « discrimination positive » est-elle dangereuse à vos yeux ?
Parce que c'est une escroquerie. L'intégration n'est pas un ascenseur automatique mais un parcours semé d'obstacles ! L'idée que l'on puisse progresser dans la société de manière passive est absurde. Du coup, aujourd'hui, beaucoup d'élèves ne font plus rien à l’école : il faut arrêter de leur mentir! Pour réussir, il faut se prendre en main. La discrimination positive est injurieuse pour eux. Leur faire croire qu’ils n'y arriveront pas seuls parce que les Français les détesteraient, c'est zéro pointé sur toute la ligne. Pour devenir légitimes, les personnes issues de l'immigration doivent se plier aux mêmes exigences que les autres.

Vous êtes très sévère avec la Halde !
Elle joue un rôle d'exaspération et de crispation entre les groupes en soutenant que les gens issus de l'immigration sont victimes de notre société, alors que c'est l'ignorance de nos codes sociaux et culturels qui empêche les jeunes d'être recrutés. Le fait qu'on accepte d'eux ce qu'on ne tolère pas des autres les enferme dans leurs propres codes culturels.

Qu'opposer, alors, aux doctrines que vous dénoncez ? Rien que le modèle d'intégration républicain qui fonctionnait très bien ! On doit accueillir les gens dans la communauté française et non l'inverse. Ils doivent respecter le système français. Si on avait fait ça, on aurait suscité le désir d'intégration. Mais comment y parvenir quand on injecte 200 000 nouveaux entrants par an dans une société en difficulté ? C'est irresponsable. Il est évident que là réside le défi des prochaines années. Trop de gens arrivés récemment ne respectent plus la loi Républicaine et reconstituent ici leurs sociétés d'origine. Si rien n'est fait pour y mettre un terme, la pression va devenir rapidement intenable.


Quelles pressions, justement, exercent ces sociétés reconstituées ?
Dans les cultures maghrébines et africaines, le groupe prend possession de l'individu. Or, plus une société est accommodante, plus les membres des groupes structurés s ont tentés de bafouer des règles qu'ils peuvent défier à moindre risque. La culture française que les enfants ramènent à la maison est rejetée car éloignée des normes culturelles d'origine.
   Le racisme anti-blanc est une réalité : l'insulte suprême, c'est "céfranc". Les professeurs nous disent qu’être sérieux en cours, c'est déjà, pour certains élèves, vouloir devenir français ce qui est assimilé à une traîtrise. Les bons élèves sont, de ce fait, de plus en plus soumis à des pressions par des enfants issus de la même origine culturelle. Or, on continue à excuser les auteurs de ces attaques, à les déresponsabiliser en invoquant leurs conditions sociales.
   Ces mêmes populations, avec des conditions sociales nettement inférieures, ne se comportent pas ainsi dans leur pays d'origine. C'est bien la preuve que l'attitude de notre société a joué un rôle déterminant dans l'apparition des problèmes que nous connaissons.

Vous accusez le droit du sol. Pourquoi ?
Devenir français est un processus qui doit être personnel : il faut être prêt à assumer le fait d'inscrire ses descendants dans un nouvel arbre généalogique. C’est difficile à assumer. C'est pourquoi, peu d’immigrés ont le désir de devenir français. Ils prennent les papiers parce qu'ils savent que c'est le sésame avec lequel ils n'auront plus jamais faim. Ils avouent : " Je ne suis pas français, j'ai juste les papiers !" C'est la classe politique, dans son ensemble, qui occulte la otion d’identité. La communauté française reste pour l'instant silencieuse, car elle est bâillonnée, mais, comme dans tous les pays du monde, elle n'est pas prête à accepter comme françaises des populations étrangères à son identité.

Quelle distinction faites-vous entre insertion et intégration ?
L'intégration, c'est le fait d'assumer l'héritage du peuple français, de porter soi-même les valeurs et les principes des Français, de les transmettre à ses propres enfants. Il y a là une forte dimension affective et morale qu’on ne peut exiger de tous car très personnelle
En revanche, l'insertion, c'est le respect des règles et lois de la société, elle est non négociable. L'insertion constitue l’étape indispensable avant l'intégration. Ce que ne respecte pas le droit du sol.

L'une des plus grandes erreurs a été, selon vous, de dégrader l'apprentissage de la langue et de la culture française. Pourquoi ?
L'école a un savoir à transmettre, qui crée un référentiel commun à tous les enfants. La langue est un passeport culturel pour naviguer dans la société. On l’empêche en revoyant nos exigences sans cesse à la baisse. Pis, l'école s'est mise à verser dans le relativisme et même à leur donner des éléments de leur propre référentiel culturel alors que c'est la seule chose que leurs familles leur transmettent.
   Aimer sa langue est un tremplin pour aimer un peuple. Au travers de la langue, des contes et des chansons enfantines, c'est la culture qui est transmise. Aujourd'hui, dans la rue et en récréation, on ne parle plus français. C'est un signe du refus d'intégration.
Sans compter qu'un enfant qui ne peut se faire comprendre du fait de la pauvreté de son langage a une plus grande propension à devenir violent.
   Commençons donc par accentuer l'effort sur la maternelle et le primaire, en réduisant les effectifs par classe et en mettant l'accent sur la transmission de la langue.
   Revoyons aussi le circuit des allocations. Il faut impérativement que cet argent aille au projet éducatif, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. A chaque rentrée, au lieu de remettre aux parents un chèque qui sera envoyé au pays, donnons des cahiers et des livres à l'enfant.

Que pensez-vous de la déchéance de nationalité ?
Il faut la mettre en place et cesser de donner la nationalité française à tout le monde. Les gens qui risquent aujourd'hui la déchéance de nationalité n'auraient jamais dû l'obtenir.
  
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