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Le billet de la semaine
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03/08/2016

Vive la vie !
Vive la Vie !
Par Jean Delaunay

   Ces jours derniers, nous apprenions la naissance de Pauline, quatrième enfant de notre petite-fille Julie, ce qui fait de nous, pour la 24e fois, d’heureux arrière-grands-parents.
   Simultanément, je lisais le même jour qu’en Europe en 2015, les décès ont dépassé les naissances.
Cette nouvelle attristante ne fait pourtant pas la Une des journaux écrits et télévisés.
J’ai même l’impression que, d’une façon générale, la question de la démographie n’est pas assez prise au sérieux chez nous alors qu’elle est vitale.
   Dans les pays pauvres où les enfants sont considérés comme l’essentiel de la richesse nationale, l’on constate, malgré une légère baisse de la natalité, son maintien à un taux élevé alors que les ressources n’augmentent pas en proportion. Il en découle de nombreux drames humains liés à la pauvreté - d'où cette immigration galopante. En revanche, il émane de beaucoup de peuples exotiques une impression de dynamisme et de joie de vivre qui fait défaut chez nous.
   Dans les pays riches, en effet, et notamment en Europe, la proportion des personnes âgées ne cesse d’augmenter du fait des progrès de la médecine et du déclin de la natalité. En découlent non seulement la montée des dépenses de soins aux anciens et des conflits inter générations mais aussi une tendance générale au pessimisme, celui-ci reflétant notre manque de confiance dans la vie.
   En France cependant, le politiquement correct nous incite à nous réjouir de notre taux de natalité, le deuxième en Europe. (On occulte, ce faisant, le fait que ce sont les femmes d’origine immigrée qui font le plus d’enfants : la liste des mères décorées en 2016 de la Médaille de la Famille Française est évocatrice à cet égard…)
   Le vieillissement de notre population est pourtant une sévère réalité qui s’ajoute aux problèmes liés au multi culturalisme (encouragé par l’idéologie régnante) qui nuisent à la cohésion nationale.
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   D’une façon générale, la baisse de la natalité est liée à la montée du matérialisme et des idéologies libertaires, particulièrement sensible en Europe, même dans les pays à forte tradition catholique.
   En France, dans tous les milieux, d’une part, les femmes exercent un métier à l'extérieur et, en outre, elles maîtrisent leur fécondité. Du coup, elles se marient moins qu’avant, ont moins d'enfants et plus tard... alors que les justes dédommagements financiers des familles nombreuses diminuent.
   La politique familiale, autrefois nataliste pour le bon motif, a subi une mutation complète et tout semble se passer comme si l’on encourageait davantage les avortements que les naissances…
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   Je suis persuadé, quant à moi, que, parmi toutes les réformes dont l’Europe et la France ont besoin, celle de la politique familiale devrait être prioritaire. Nous aussi, il faudrait nous convaincre qu'au delà de l'or et du pétrole... il n’y a de richesse que d’hommes.
   C’est en effet un étrange paradoxe que l’Allemagne, par exemple, ait incité officiellement des immigrés d’une autre culture à venir remplir le vide démographique subi et toléré outre Rhin.
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   Encore faudrait-il s’entendre sur l’esprit et le contenu de cette politique familiale à relancer.
   Malgré les incantations répétées du type : « il n’y a pas de modèle familial, chacun invente le sien » (M. Mitterrand), il me semble qu’il faudrait notamment, dans l’intérêt même de la société, mieux souligner les vertus de la famille traditionnelle qui offre aux enfants une vraie mère et un vrai père et décourager le divorce dont la conséquence néfaste sur l’équilibre des jeunes n’est plus à démontrer.
   Il faudrait en même temps n’encourager qu’une natalité responsable, et inciter chaque géniteur à ne mettre au monde que le nombre d’enfants qu’il peut raisonnablement pousser à l’âge adulte avec des chances de s’épanouir dans la vie.
   Je rappelle à cet égard, sans aucun racisme, le témoignage d’un journaliste africain venu faire une enquête dans la région parisienne et découvrant, traînant dans les escaliers de HLM surpeuplés, de nombreux enfants français par le droit du sol nés chacun d’un père polygame de fait, davantage soucieux d’envoyer au pays (selon leur tradition) le produit des allocations familiales perçues chez nous par ses épouses que de veiller à la formation équilibrée de ses rejetons, nos futurs concitoyens. (Et il ne s'agit là que d'un abus mineur par rapport à tant d'autres beaucoup plus inquiétants...)
   A cet égard, il est patent que beaucoup de nouveaux venus exploitent les insuffisances de notre législation. Par ailleurs, des questions socialement et humainement fondamentales comme la GPA (gestation pour autrui) mériteraient d’avantage d’attention et d’harmonisation à l’échelon européen.
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Tout cela, et des pratiques que je trouve inhumaines et génératrices de troubles comme l’avortement, mériteraient d’être réexaminés objectivement et sereinement selon un point de vue élevé. C’est ce qu’a courageusement entrepris notre ami Tugdual Derville.

Pour une révolution de l’écologie humaine
« L’avenir de l’homme est la grande question de notre temps.
Fragilisée par cinquante ans de déconstruction libertaire, l’humanité va-t-elle s’engouffrer dans la promesse du transhumanisme, de l’homme sans limites, unisexe, invulnérable et immortel ?   
C’est le nouveau fantasme totalitaire. Le défi du millénaire.
Il est temps pour l’homme de préserver sa liberté d’une dissolution dans l’absolutisme technologique, la vacuité consumériste et le déni de ses repères culturels et naturels.
   La solution ? L'Ecologie humaine, qui propose de revenir au réel – celui d’un homme fragile, sexué, enraciné corps et âme – et considère « tout l’homme et tous les hommes » comme critère de chaque décision.
   Encouragée par le pape François, ardente en France, cette révolution silencieuse est en marche, qui invite chacun à se relier aux autres pour « veiller au bien ».
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   Notre petite Pauline aimerait vivre sa vie dans ces conditions. Avec elle, nous disons « vive la vie ! »
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Diplômé de Sciences Po et de l’ESSEC, père de 6 enfants
, Tugdual Derville a d’abord travaillé pour une association d’aide aux personnes âgées avant de devenir consultant dans le domaine médico-social. En 1986, il fonde l'association À bras ouverts qui organise l’accompagnement en vacances de jeunes porteurs d’un handicap mental par des bénévoles.
En 1994, il rejoint l’Alliance pour les droits de la vie, fondée par  Christine Boutin. Cette association devient Alliance VITA, un des principaux mouvements pro-vie avec comme objectif  « le respect de la dignité humaine, particulièrement des plus vulnérables ». Il en est délégué général et, à ce titre, il intervient régulièrement dans les médias sur les questions bio-éthiques. À l'occasion des débats sur le mariage pour tous, il devient l'un des porte-parole de La Manif pour Tous. Il lance le Courant pour une Écologie Humaine, avec Pierre-Yves Gomez et Gilles Hériard-Dubreuil. Il est l’auteur de nombreux livres dont :
Le temps de l’homme
Pour une révolution de l’écologie humaine
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