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Le billet de la semaine
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06/07/2016

En contrepoint de l'actualité

Nous venons de vivre un évènement familial douloureux, la mort d’une toute petite fille, la 23° de nos bientôt 24 arrière-petits enfants. Il m’a laissé une telle impression positive que je me permets d’en rendre compte ici.


Je le fais en contrepoint d’une actualité attristante de superficialité (de l’Euro 2016 aux divertissements télévisés entrecoupés de publicité), chargée de discordes (du Brexit aux batailles politiciennes franco-françaises), de violences (celles des terroristes et celles des casseurs en marge des manifs anti loi Travail), d’inquiétudes généralisées et souvent de rejet des autres, voire de haines.


Zélie, elle, n’a vécu que 2 mois et demi mais elle fût entourée d’amour, son handicap ayant été décelé dès avant sa naissance. C’est la 7° enfant de Florence et de Ludovic, l’ainé de nos petits-enfants, kinési-ostéopathe dans un village de Provence au nord de Toulon.
Leur famille vit isolée en pleine campagne dans un site superbe mais bénéficiant du soutien d’une communauté type premiers chrétiens, impressionnante de foi, de simplicité de vie et d’amour.


Par contraste avec ce qui se passe trop souvent en ville, la réussite de son immersion, pourtant assez récente, dans le milieu local nous a saisis quand, arrivant de Savoie, nous sommes arrivés samedi pour la cérémonie religieuse.


L’église était pleine : nombreux membres de notre tribu venus parfois de loin, villageois de tous âges et de toutes conditions venant témoigner leur solidarité à cette famille éprouvée et nombreux patients de Ludovic sans doute reconnaissants de son efficacité professionnelle (dont je témoigne aussi) et de sa gentillesse (idem)…

La cérémonie religieuse a été simple, très priante et vivante, animée par des chants joyeux typiquement charismatiques. On a d’avantage célébré l’accueil d’une nouvelle petite sainte au ciel que la douleur, pourtant déchirante, (nous en avons fait l’expérience en 1958 avec notre Pascale) de la séparation.


Elle s’est prolongée au cimetière et Ludovic, craignant pour moi la fatigue et la grosse chaleur, m’a fait monter, seul, dans le fourgon mortuaire que suivaient à pied les assistants. J’ai alors ressenti très fort le symbole que représentait pour moi, l’ancêtre, survivant étonné, ce moment d’ultime intimité avec Zélie qui me précède désormais dans l’Au–delà.


Par rapport à l’atmosphère urbaine où chacun vit un œil sur sa montre et l’autre sur son I phone, j’ai été frappé par le nombre et la ferveur des assistants qui continuaient à prier avec nous au cimetière, acceptant de nous consacrer du temps…


Nous nous sommes ensuite transportés à la maison de Ludovic et Florence où ils recevaient en toute simplicité leurs nombreux parents et amis en partageant des boissons et des victuailles… en majorité apportées par les voisins.


Nous avons fait là de nombreuses rencontres intéressantes dans une ambiance d’autant plus détendue que les frères et sœur de Zélie qui avaient la larme à l’œil en voyant le petit cercueil mis en terre s’ébattaient maintenant dans la piscine familiale…
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Revenant chez nous le lendemain par un temps superbe à travers les magnifiques paysages de la Haute Provence et des Alpes, je méditais sur notre chance multiforme, et d’abord celle de vivre en France.


Celle aussi et surtout de savoir pourquoi nous vivons et pourquoi nous mourons. Celle d’avoir réussi à créer et à maintenir à chaque génération de vraies familles avec des papas et des mamans aimants, fermes et férus de transmission.


Celle de vivre dans une relative simplicité en donnant la priorité à l’Essentiel. Celle de nous pouvoir nous appuyer les uns sur les autres, notamment quand nous sommes, comme tout le monde, soumis à des épreuves parfois très cruelles.


Celle enfin de servir les autres. Moi qui ai surtout servi la France sous l’uniforme, je viens de mesurer la beauté de métiers comme celui de Ludovic, kinési ostéopathe, et de Florence sage-femme. Des métiers où l’on prend soin des corps, tout en recevant, disent-ils, beaucoup de confidences, en mesure à la fois de donner des conseils et de témoigner modestement de ce que, soi, l’on vit.

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En conclusion, par contraste, je le répète, avec l’attristante actualité, j’ai rencontré ces jours-ci, dans ce petit coin de Provence, à l’occasion d’une cruelle circonstance, la foi et l’idéal vécus par des hommes, des femmes et des enfants bien dans leur peau.


J’ai éprouvé la joie de pénétrer un milieu humain qui vit simplement et souvent durement, dans la cohésion et l’entraide. De constater qu’il y a des familles unies où l’on ose notamment expliquer aux enfants que la mort fait partie de la vie dont elle est le sommet, en attendant beaucoup mieux.


J’ai vérifié là que les Valeurs humaines sont les piliers qui permettent aux hommes et aux sociétés de tenir debout.


Merci Zélie!


Ludovic a l’habitude d’ajouter : « Alléluia ! »
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