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Le billet de la semaine
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L’association « Tamaris »
          En contrepoint aux scandales financiers et au reste… l’association « Tamaris »

L'actualité nous apporte son lot quotidien d'horreurs et de scandales. En même temps, elle nous permet parfois de rencontrer des personnes qui font un travail admirable en servant les autres dans des situations hors du commun. En voici un exemple.
Par Jean Delaunay

     Le Nigéria, ce grand pays africain anglophone, est secoué par des troubles divers. Sur son territoire qui recèle de grandes richesses mal partagées, il existe des zones défavorisées. Elles sont si pauvres que certains parents choisissent délibérément de sacrifier l’un de leurs enfants, une fille le plus souvent, pour subvenir dans la durée aux besoins des autres. Des filles sont ainsi vendues très jeunes avec mission de se débrouiller pour envoyer de l'argent à la famille. Après avoir été d’abord mariées à 13 ans et avoir eu des enfants qui, eux, restent au pays, elles aboutissent clandestinement en France, obligées de fait, de se livrer à la prostitution pour survivre et accomplir leur « mission familiale» imposée.
     L’effroyable destin de ces personnes vient de m’être rapporté en détail par l’homme au grand cœur qui s’occupe d’elles. Son récit m'a fait frémir d’indignation mais, en même temps, il m’a rempli d’admiration. D’où mon désir de faire connaitre son Association Tamaris.
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     Devenu en 1980 le chef de notre armée de terre, je me faisais présenter chaque jour l’un des problèmes en suspens par un spécialiste de mon état-major. Un matin, s’agissant d’un sujet délicat, un jeune lieutenant-colonel inconnu de moi m'a fait un exposé si lumineux que je l'ai félicité. Lui ayant demandé son parcours, je me suis réjoui qu’un garçon d’une telle classe ait choisi l'armée à sa sortie de l’X. Sans le lui dire, je lui ai prédit un bel avenir.
     De fait, après avoir, entre autres, commandé l'Ecole Polytechnique, Henri Marescaux a fini général à 5 étoiles, numéro 2 de notre armée.

     Longtemps après, arrivé à l'âge de la retraite, ce père de 5 enfants, est devenu mon voisin et, malgré la différence de générations, mon ami. Grand chrétien, il a été ordonné diacre en 2004 et, avec l’accord de sa merveilleuse épouse, a reçu mission de son Evêque d’accompagner et d'évangéliser les personnes prostituées. Je savais cela mais j’ignorais qu’après avoir découvert ce milieu et travaillé des années sur ce (dangereux) terrain, il avait choisi de se consacrer surtout à ces modernes esclaves nigérianes survivant clandestinement dans la région parisienne.

     Son action vient d’être mise en lumière par une récente émission du « Jour du Seigneur ». Ayant manqué ce reportage, je l'ai interrogé à ce sujet. J’ai admiré à cette occasion que cet homme de bien qui aurait pu continuer à exercer des responsabilités dans les hauteurs se soit mis au contraire complètement au service de personnes à tous égards méprisées.
     Il a créé l’association « Tamaris » pour les aider collectivement, en découvrant l’Evangile, à vivre leur déplorable condition - et si possible à en sortir. Il est amené, ce faisant, à suivre individuellement certaines d’entre elles particulièrement fragiles, notamment celles qui se retrouvent enceintes, ayant, dit-il, choisi de garder leur enfant, né d’un client, pour pouvoir donner de l’amour à quelqu’un et en recevoir.
     Il prend souvent le temps d’intervenir personnellement pour elles, anglophones, devant les administrations et à l’hôpital.
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     Le Pape François nous recommande de faire œuvre de Miséricorde, son objectif de l'année. J'ai retrouvé cette semaine avec joie un homme miséricordieux au plein sens du terme.
Le contenu de notre rencontre m'a fait du bien tant il détone avec l'attristante actualité.

Merci Henri !
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Association Tamaris
33 rue de Satory 78000 Versailles

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