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Un pas de plus vers le transhumanisme
Un pas de plus vers le transhumanisme
Chronique de Jean-Marie Le Mené
Président de la fondation Lejeune
     Le Conseil Constitutionnel vient de valider, parmi d'autres points plus commentés, des dispositions de la loi santé sur les recherches en matière de procréation médicalement assistée (PMA), introduites par amendement du Gouvernement à l'Assemblée nationale.
     Le Conseil a considéré que « ces essais cliniques, menés au bénéfice de l'embryon lui-même ou de la recherche en matière de PMA, ne conduisent pas à exposer l'embryon à un risque sans proportion avec le bénéfice attendu» et aussi que «ces essais sont menés dans le respect du principe de l'intérêt de la personne qui se prête à une recherche ».
     Difficile de croire que des essais qui l'exposent à la mort, sur une paillasse de laboratoire, pour le plus grand profit de l'industrie procréatique, représentent un bénéfice pour l'embryon. Ce n'est pas tout.
    Il s’agissait en réalité de donner une base légale à un décret du 11 février 2015 qui avait créé un nouveau régime de recherche sur l'embryon. Ce décret sur la recherche biomédicale dans le cadre d'une PMA précisait qu'elle pouvait être menée sur les gamètes destinés à constituer un embryon ou sur l'embryon in vitro avant son transfert à des fins de gestation.
    Mais ces dispositions permettaient de créer des embryons pour la recherche (et non pas seulement d'utiliser des embryons surnuméraires) et de les implanter, ce qui n'est pas autorisé par la loi. Il était évident que le décret était illégal et que seul le législateur avait compétence pour instaurer un tel régime. C'est d'ailleurs ce qu'indiquait l'exposé des motifs de l'amendement : «Les dispositions existantes en matière de recherches biomédicales ne pouvaient, à elles seules, servir de base légale au dispositif réglementaire de recherches biomédicales en AMP. »
    Le Conseil d'Etat a considéré que les recherches de cette nature devaient être expressément prévues par le législateur». Sur un sujet aussi sensible qui a donné lieu à tant de débats en 2011 et en 2013, le Gouvernement n'a donc pas hésité à braver, par décret, l'interdiction de la création d'embryons pour la recherche et leur transfert in utero, puis (à la demande du Conseil d'Etat) à glisser un amendement abscons de couverture législative voté en cinq minutes, avant validation de la manœuvre par le Conseil constitutionnel.
     Subrepticement, la grossesse est entrée dans le champ de l'expérimentation. L'implantation utérine « expérimentale » est envisagée. On accepte l'éventualité du développement in utero d'un enfant dont la viabilité ou la normalité sera compromise.
    Ces manipulations pourront être destructrices de l'embryon mais aussi donner lieu à des corrections génétiques dans le but d' « augmenter » l'embryon.
    La Fondation Jérôme Lejeune avait vu le coup venir. Avant la loi santé, elle avait déféré le décret de février 2015 devant le Conseil d'Etat en demandant son annulation pour illégalité.
***

     Recours qui sera inutilement gagnant. La complaisance des institutions françaises pour les «illégalités fécondes» nous fait faire un pas de plus vers le transhumanisme.

Les premières victimes du transhumanisme,
Jean-Marie Le Mené,
Éd. Pierre-Guillaume-de-Roux,
février 2016
en vente sur le site www.ichtus.fr

paru dans Permanences de février 2016