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Le billet de la semaine
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Union Sacrée
Union Sacrée
par Nicole BURON

     Le 15 novembre dernier, le Premier Ministre constatait solennellement que «nous sommes en guerre. Dans une guerre, ce qui est essentiel, ajoutait-il gravement, c'est l'union sacrée. Cette union sacrée, elle repose sur cet esprit de résistance qui est si français». L'«Union sacrée» nous renvoie à l'appel lancé par Raymond Poincaré devant la Chambre des députés le 4 août 1914. La référence à la Grande Guerre est on ne peut plus pertinente, car aujourd'hui encore la situation est grave et la France est divisée de croyances et de convictions politiques.
    De fait, la nécessité d'union sacrée, d'union pour la défense de ce qui nous est sacré, est impérative quand le sang de tant de nos jeunes coule dans les rues de Paris, sous les coups d'assassins musulmans fanatiques, ivres de haine, de massacre et d'absurde.
     Il est plus que naturel que les Français aient éprouvé viscéralement le besoin de se rassembler, de se parler, de se tenir chaud, de se consoler, pour tenir face à l'horreur et au nom de ce qu'ils ont en commun de sacré.
     Mais, en vérité, qu'est-ce qui est encore sacré pour nous aujourd'hui ? Qu'est-ce qui peut nourrir cet esprit de résistance qui est si français, selon Manuel Valls ? La joie de vivre, de consommer, le plaisir de boire, de danser, de chanter entre copains et de penser ce que bon nous semble ? Certes, cela fait partie de cet esprit français que nous aimons. Cependant, est-ce seulement cela qui est sacré pour nous, pour notre jeunesse ?
     Si tel est le cas, pensons-nous vraiment que la défense de ces biens puisse animer un quelconque esprit de résistance ? Constituent-ils vraiment une transcendance qui vaille la peine que l'on risque sa vie pour sa défense, à l'exemple du sacrifice des Poilus ?
    Aussi loin que nous remontions dans l'histoire des hommes, toutes les sociétés, quel que fût le niveau de leur vie, ont offert en partage à leurs membres la transcendance de valeurs sacrées qui fondaient leur unité. La vraie question que doit susciter les événements tragiques que nous venons de vivre, est de savoir quels sont les transcendantaux que nous avons encore en commun, quelle richesse ils représentent pour nous, et si nous serions capables de donner notre vie pour les défendre et pouvoir les transmettre à nos enfants.

LE SACRE... C'EST LA FRANCE
    Avons-nous en commun des biens qui fondent une transcendance ? Qui alimentent un dépassement de soi ? Qui constituent un bien sacré qui ne nous appartient pas, qui est au-dessus de nous, plus grand que nous ? Qui nous grandissent et nous donnent la fierté, la joie de vivre et le courage de mourir s'il le faut pour les protéger ? Voulons-nous les transmettre à tous les nôtres, depuis nos enfants les plus chers jusqu'à nos compatriotes les plus éloignés ? Ce bien transcendant, que l'on partage sans le diminuer, qui nous oblige et que nous devons transmettre, c'est la patrie, et pour nous, Français, c'est la France.
     La France qui nourrit encore en nous un amour inconscient, qui ressurgit à maintes occasions sans que nous en prenions vraiment garde : une coupe du monde de football, la beauté de nos paysages, de nos arts, la saveur de nos vins, le courage de nos héros, la grandeur de notre histoire redécouverte à l'occasion de spectacles qui l'exaltent, comme au Puy-du-Fou, et tant de choses encore qui parlent à notre cœur.
     Un peuple s'attache à la «communauté des objets aimés», ces choses, ces êtres, ce passé, cet héritage reçu de nos pères, ce commun transcendant «pour celui qui croit au ciel et celui qui n'y croit pas», comme le disait Aragon...
Le «commun» pour nous c'est la France, c'est d'être Français, chacun à notre manière mais tous ensemble. Reconnaître cela c'est s'abreuver à la source qui permettra le sursaut de notre peuple. Le faire redécouvrir à nos compatriotes est notre devoir de Français catholiques.
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Paru dans le numéro de PERMANENCES de décembre 2015. Permanences est la revue de notre association amie ICHTUS dont la vocation est de donner un complément de formation aux jeunes chrétiens appelé à prendre des responsabilités dans la Cité.

la revue permanences