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Le billet de la semaine
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Le discours sur les Valeurs
au cœur de la campagne présidentielle
10/01/2007

On peut lire dans La Croix du 11 Décembre sous la plume de Laurent de Boissieu

      ".... Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy et François Bayrou se réclament de valeurs dites de droite et de valeurs dites de gauche.
       En mai 1968, Ségolène Royal avait 14 ans et Nicolas Sarkozy 13 ans. Ni la jeune Marie-Ségolène - qui n'a pas encore tronqué son prénom -, pensionnaire de l'Institution Notre-Dame à Épinal, ni le petit Nicolas, élevé au Cours Saint-Louis de Monceau à Neuilly-sur-Seine, n'ont scandé qu'il était «interdit d'interdire». Que le président de l'UMP rejette l'héritage de Mai 68 n'est pas anormal, compte tenu de son positionnement politique. Que Ségolène Royal, candidate du PS, le fasse également est, en revanche, révélateur d'un changement d'atmosphère politique. «Le balancier est allé un peu loin sur la remise en cause de l'autorité dans la famille et dans certaines institutions», déclarait ainsi la présidente du conseil régional de Poitou-Charentes, sur le site Internet LCI.fr, le 12 avril 2006. Une thématique qui, jusque-là, n'était portée à gauche que par le «républicain» Jean-Pierre Chevènement.
       Or, ce n'est peut-être pas un hasard, ce dernier vient justement de se rallier, le week-end dernier, à la candidate du PS. De fait, aujourd'hui, les discours de Ségolène Royal et de Nicolas Sarkozy convergent pour mettre en avant les mêmes valeurs, au premier rang desquelles le travail et l'autorité (de l'État, des parents, de l'enseignant), en rupture avec l'héritage libertaire de 1968.
       A plusieurs reprises, Nicolas Sarkozy s'en est pris aux «soixante-huitards de gauche» pour proposer « une France nouvelle qui redonne vie aux vraies valeurs, celles du mérite, de l'effort, du travail, de la récompense, du respect, de l'autorité, et pourquoi pas le dire de la fermeté».
       Le président de l’UMP n'hésitant pas à se réclamer de « la gauche de Jaurès et de Blum qui connaissaient la valeur du travail», «trahie», selon lui, par la gauche, «héritière de 68».
       Des propos que l'on retrouve presque dans la bouche de Ségolène Royal lorsqu'elle affirme, notamment dans son discours de Vitrolles, le 29 septembre 2006, que «la liberté et la responsabilité individuelles sont aussi des valeurs de gauche quoique parfois trop délaissées» et en appelle à la «récompense de l'effort». Entre les deux candidats à l'élection présidentielle, le débat ne semble donc pas porter sur la nature de la société mais sur le moyen de la construire et sur la responsabilité des uns et des autres dans la perte de ces valeurs. «Ce sont la droite et les forces libérales qui détruisent la valeur travail» a ainsi martelé Ségolène à plusieurs reprises, à l'opposé de l'analyse de Nicolas Sarkozy.
       Enfin, l'un et l'autre en appellent dans leurs discours à des valeurs appartenant dans l'imaginaire collectif à la droite (l'ordre, l'autorité) et à la gauche (le mouvement, la justice). Ségolène Royal parle ainsi d'«ordre juste» et même, le 24 0ctobre, sur les chaînes parlementaires de «répression juste». Tandis que Nicolas Sarkozy a affirmé dans sa déclaration de candidature du 30 novembre, que « l'ordre n'est acceptable que s'il est en mouvement.» Un positionnement que ne renie pas François Bayrou. «On a coutume de dire que l'esprit d'entreprise et l'ordre sont des valeurs de droite que l'égalité et la solidarité sont de gauche, que la fraternité et la tolérance sont du centre», insistait-il dans Ouest-France, le 8 décembre. En affichant, lui aussi, sa volonté de « rendre compatibles les valeurs justes des camps différents»...."
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Voilà de quoi nous réjouir, à France-Valeurs !
Jean Delaunay
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