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Le billet de la semaine
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Migrants et réfugiés : le cœur et la raison.
par Jean Delaunay

    Comment se déterminer en vérité et en charité dans l’imbroglio actuel causé par l’afflux massif en Europe d’étrangers, réfugiés ou migrants ?
     Le Général de Gaulle écrivait dans ses Mémoires de guerre : « Vers l’Orient compliqué, je volais avec des idées simples. ”. Restant, quant à moi, au ras du sol, je vais tenter de simplifier les miennes en chrétien qui se souvient qu’il a été autrefois l’un des responsables de notre sécurité nationale.
Il va sans dire que je me limite ici à l’analyse de la situation dont je ne connais pas la solution.
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Le cœur.
Les éléments sentimentaux qui nous incitent à l’accueil des malheureux, compte tenu de nos traditions et de nos devoirs sacrés.
    Ces éléments sont d’abord évoqués à juste titre par les bonnes âmes, dont nous sommes a priori, sensibles en outre à l’appel du Pape François s’appuyant sur la doctrine chrétienne.

     Malheureusement, ils sont brandis aussi par de dangereux idéologues qui avancent masqués, férus de multiculture, voire de remplacement de nos populations vieillissantes par des migrants.

Ces éléments sont notamment :

1/ L’horreur de la situation imposée à des milliers de victimes directes de la guerre civile en Syrie et en Irak où la vie est devenue impossible et qui demandent, dès lors, le statut de réfugiés.

2/ A un degré à peine moindre, la situation imposée aux populations des pays voisins (le Liban surtout et la Jordanie) qui subissent une véritable invasion de réfugiés et doivent organiser d’immenses camps de fortune surpeuplés avec les conséquences sévères pour eux (dépenses, hygiène, sécurité…). La Turquie, victime mais engagée contre les Kurdes, présente un cas à part.

2/ L’horreur objective qui découle de la situation choisie par des milliers de migrants, en majorité de jeunes hommes qui, notamment, traversent la Méditerranée en prenant des risques fous.
Ce, indépendamment des raisons subjectives, humaines et économiques, qui les poussent à partir pour tenter d’avoir une vie meilleure. Les pays qui les accueillent en premier (Italie, Grèce,) souffrent également beaucoup, et, ce, depuis des mois.
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La raison
Les éléments rationnels incitant à la prudence

1/ Pour mémoire, la mauvaise situation économique française, la progression constante du chômage, la situation précaire de beaucoup de français pauvres et mal logés qui crient « et nous alors ! »
2/ Les dangers d’accroitre encore l’importante colonie musulmane de France. Elle est mal intégrée, revendicative et tend à se radicaliser de plus en plus. En son sein, beaucoup de jeunes déboussolés, sont haineux à notre égard et très sensibles à la propagande de Daesch. Des centaines l’ont rejoint.
     En plus, 80 % des 65.000 détenus incarcérés en France sont musulmans, ce qui crée une situation explosive (et occultée) dans nos prisons.

3/ Parmi ces dangers, compte tenu de ce qu’il faut bien appeler l’astuce diabolique de nos adversaires vérifiée depuis l’attentat du 11 septembre 2001 jusqu’à leurs succès récents en Syrie, il y a la possibilité pour eux d’infiltrer parmi les migrants des agents rompus aux actions terroristes.

3/ Sur un plan plus général, nous courons le risque d’amorcer une véritable « pompe à aspirer la misère du monde » sans aucune possibilité de contrôler son débit.

Difficultés supplémentaires

1/ Schengen. Par notre refus d’envisager (à froid) cette situation, pourtant annoncée par certains depuis des années, nous avons transformé l’Europe en passoire en confiant le contrôle de nos frontières aux derniers pays admis dans l’Union européenne qui se trouvent être aussi les plus démunis.
     Du coup, il s’avère actuellement très difficile de réaliser, à chaud dans l’urgence, un accord européen sur une attitude commune à tenir dans l’immédiat – et à maintenir dans l’avenir.

2/ Emploi des moyens militaires
Ce n’est qu’un élément parmi d’autres de la situation mais il ne faudrait pas se payer de mots là aussi en ce qui concerne leur efficacité. On constate d’ailleurs le souci de nos politiques (aux USA aussi) de ne pas se laisser enliser à nouveau par une intervention au sol.
Armée de l’air. En mai juin 1940, la Luftwaffe maitresse du ciel et intervenant au sol avec des centaines d’aéronefs a joué un rôle majeur dans notre défaite. La situation s’est renversée en 44/45.
    En revanche, il me semble illusoire d’escompter un résultat sérieux de nos frappes aériennes menées par si peu d’avions sur un territoire aussi étendu contre un adversaire aussi résolu que celui-là à qui tout semble jusqu’ici, hélas, réussir.
Vigipirate. A force de réduire le budget militaire et de vouloir continuer à donner priorité à la dissuasion nucléaire, l’on est arrivé en France à une situation d’extrême tension, notamment dans l’armée de terre. Je pense personnellement que le plan Vigipirate gaspille (inutilement ?) les effectifs de nos rares régiments qui devraient plutôt se préparer à aller combattre à l’extérieur.
    Si cette mission se comprenait en janvier pour rassurer la population, les veilles 24 X 24 devant les écoles et les synagogues et les patrouilles prolongées depuis 9 mois, devraient désormais être confiées à des unités de réserve ou des milices à créer pour ne pas courir le risque de casser le moral, et le savoir-faire de nos précieuses unités d’intervention.
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Quatre réflexions simplistes en l’absence de conclusion
1/ Je crois en matière morale à la théorie du moindre mal. Le problème qui se pose à nos dirigeants semble insoluble. Des solutions drastiques comme l’accueil incontrôlé d’innombrables inconnus au nom de la sacro-sainte générosité ou, à l’inverse, le « défense d’entrer, nous sommes chez nous ! » me paraissent l’une comme l’autre inacceptables. D’où la nécessité de choix et de compromis.

2/ Malgré la difficulté et l’arbitraire du tri, l’on n’échappera pas à la nécessité de distinguer les vrais réfugiés de guerre et les autres migrants en donnant priorité aux premiers.

3/ Il y a à cet égard des mesures indirectes d’accompagnement à prendre. Je lisais hier un reportage selon lequel, au Burkina Faso, un groupe d’hommes jeunes se prépare à tenter sa chance. Une campagne internationale d’information devrait pouvoir décourager dans l’immédiat ce genre de personnes à partir, campagne à appuyer par une action concrète les incitant à rester au pays.
     Par ailleurs, une action policière et militaire internationale d’envergure devrait pouvoir empêcher les passeurs et vendeurs de bateaux de continuer leur sinistre commerce.

4/ Par-dessus tout, pour que l’Europe survive à ce drame inédit, il faut que ses dirigeants réussissent à définir un objectif d’urgence commun, basé sur le moindre mal, et, dès que possible, un objectif à long terme. L’histoire humaine enseigne que les situations de crise ont souvent le mérite de susciter des hommes capables de surmonter les oppositions …
     Puissions- nous trouver dans feu l’espace Schengen un Winston Churchill Européen !
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